Bonjour à tous… La rubrique people est vieille comme le monde, et Franz Olivier Giesbert a raison de rappeler dans LE POINT ce matin, que Suétone et Saint Simon entre autres ont illustré dans le passé, la vie privée des princes. «On appelle ça, la petite histoire. Pour autant, remarque Giesbert, le people ne doit pas imposer sa loi. C’est pourquoi notre vocation n’est pas d’aller chercher l’information sous les draps en désordre des petits matins blêmes. Nous laissons cela à d’autres, nous contentant de rester à la porte de la chambre à coucher». Et l’éditorialiste du POINT de féliciter Nicolas Sarkozy d’avoir décidé de ne pas dissimuler sa vie privée derrière les hauts murs des palais officiels. «En vivant sa vie au grand jour, écrit-il, il nous a obligé à repenser notre métier. C’est tant pis pour les petits marquis du droit de savoir et de l’investigation. Leur travail est mâché. Il n’y a plus de vérité à déterrer. Le people est banalisé et conditionné». Patrick Besson s’amuse beaucoup néanmoins de la situation dans VSD qui publie cette semaine un reportage sur Carla Bruni, illustré d’une photo à la Doisneau prise, semble-t-il aux Tuileries, où l’on voit Nicolas Sarkozy et son amie enlacés pour un tendre baiser. «Comme s’ils étaient seuls au monde» dit la légende du cliché. Et Besson d’en profiter pour saluer l’Italienne, future première dame de France, d’une plume légère, mais pas toujours élégante quand il écrit, je le cite : «On aura une présidente tranquille dans ses baskets. Elle a connu tout le monde, pas seulement au sens biblique. Elle parle toutes les langues comme le diable. Elle sait s’habiller vite. Se changer ne lui pose aucun problème. Il lui est arrivé de le faire dix fois en une demi-heure.» La suite est dite sur un ton moins persifleur, moins merle blanc, et le président appréciera. «Pas de faute de goût chez Carla, insiste Patrick Besson. Tout lui va. Madame Blair n’a jamais su se coiffer, Madame Perón était malade. Madame Khrouchtchev était énorme. On voit bien que Madame Poutine a tout le temps peur. Madame Bush ne bouge plus. Quant à Madame Castro, elle est morte, c’était Che Guevara». Plus sérieusement, plus banalement, Frédéric Gershel constate à la page politique du PARISIEN ce matin – je le cite – Nicolas Sarkozy ne change rien. Explication de mon confrère : le président pense que seule, une amélioration de l’économie le fera remonter dans les sondages. Il laisse donc passer l’orage, mais ses conseillers aimeraient qu’il se marie rapidement afin de sortir de la rubrique people. Et LE PARISIEN d’illustrer ce propos d’une photo du couple Nicolas-Carla, marchant main dans la main dans les rues de Paris, et de cette petite phrase signée Patrick Balkany. «Ce serait pas mal que Nicolas se marie vite. D’ailleurs je suis prêt à lui ouvrir discrètement ma mairie de Levallois s’il le souhaite». A la page politique voisine du même PARISIEN, Valéry Giscard d’Estaing fête allègrement ses 82 ans, en justifiant la ratification du traité de Lisbonne par la voie parlementaire lundi à Versailles. VGE regrette seulement que l’Europe à 27 soit sans symbole : ni devise, ni drapeau, pas même d’hymne à la joie. «Pourtant, s’écrie le président Giscard d’Estaing, libéral et européen depuis 1969, la France doit revenir dans le groupe de tête». Henri Vernet conclut l’interview d’une question peopolisante : «Jugez-vous, comme Tony Blair, Sarkozy très énergétique ?" «L’énergie est une qualité d’homme d’Etat, corrige gentiment Giscard. Je suis heureux que le président français en fasse la démonstration». Vous avez dit people ? Comme c’est bizarre, mon cher cousin… Dans France SOIR week-end, les photos de vingt célébrités, présentes sur les listes électorales du prochain scrutin municipal. Certains sous les couleurs socialistes, d’autres UMP et MoDem. Et ce titre de France SOIR : «Les peoples en campagne». Fabien Pelous à Toulouse. Henri Leconte à Levallois. Le rameur Gérard d’Aboville dans le XVème. Guy Roux à Appoigny. Philippe Torreton dans le IXème. Philippe Meyer dans le Vème pour le MoDem, Marc Jolivet, couleur verte dans le XIVème. Andrea Ferreol à Aix. Et aussi les gloires absolues, descendues de ce que le CANARD ENCHAINE appelait autrefois les petites lucarnes : l’adorable Yasmina Benguigui, la charmante Denise Fabre, la pétulante Danièle Gilbert, et le marcheur du siècle, Cavada Jean-Marie. Foin de tout cela me direz-vous. Parlez-nous plutôt de l’argent fou… Puisque l’argent gouverne tout. Encore dois-je indiquer à l’adresse des 577 députés et des 330 sénateurs, qui se rendront lundi, en congrès à Versailles, qu’une inscription au centre de la galerie des glaces, précise qu’au siècle des lumières, c’est le roi qui gouvernait. Et dépensait aussi… pour notre bonheur de visiteur aujourd’hui. Sur l’argent-fou, trois lectures valent le détour ce week-end. Dans LES ECHOS, cette information-anticipation. «La résistance de la Société Générale fait hésiter BNP-Paribas, même si la banque prédatrice réfléchit au lancement d’une OPA». Elle n’est pas seule. Crédit Agricole étudie aussi le dossier. Seconde lecture, la défense de la Société Générale au tarif publicité des journaux du week-end. Je lis à la dernière page de LIBERATION : « Message à nos clients : Madame, Monsieur, La Société Générale aujourd’hui, c’est 10 millions de clients en France (…) nous venons d’affronter un accident hors normes et tout à fait regrettable (…) Nous sommes prêts à relever avec vous les défis à venir. » Dans le NOUVEL OBSERVATEUR, l’analyse de Jacques Julliard, Dans LA CROIX, cette chronique de Bruno Frappat : «Banquiers. En peu de jours, nous sommes tous devenus banquiers (…) Normal. L’argent, quelle que soit la complexité des systèmes inventés pour en dérégler le sens, le flux et l’usage, tout le monde doit gérer «en bon père de famille», et ceux qui n’en ont pas (ou trop peu) voient voler les milliards d’euros avec colère, avec envie parfois, avec rage. Ils voudraient quelques miettes.» Dans le QUOTIDIEN DU MEDECIN, une proposition des médecins pour aider les traders, car il y a eu plusieurs suicides à la Société Générale. Et puis, un mot du Tchad car c’est grave ce qui s’y passe, même si ce n’est pas la première fois. Je voudrais vous lire un message du ministère des Affaires Etrangères et Européennes, qui n’est pas dans les journaux. Ce message s’adresse aux expatriés: «Les ressortissants français présents dans N’Djamena doivent, dans toute la mesure du possible, rejoindre par leurs propres moyens le point de regroupement dont ils dépendent : le lycée français Montaigne, la cité du Beguinage (proche du lycée français), la cité Lamy (proche du Novotel)». Je lis dans LIBERATION qu’Idriss Deby est menacé par les rebelles. Un article de Thomas Hofnung : «Le soldat Deby qui a conquis le pouvoir au Tchad les armes à la main en 1990, joue sans doute la partie la plus difficile de sa vie.» J’ai voulu savoir qui était ces rebelles. On a connu dans le passé des rebelles aidés par Kadhafi. Eh bien là, les rebelles en question qui encerclent N’Djamena aujourd’hui, sont soutenus par le régime de Khartoum, au Soudan. Et ce n’est pas un régime sympathique, ça ?

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