Que 2016 soit une année qui vous plaise !

Que 2016 soit pour vous une année... mais une année quoi ? Après l'ambiance inquiète et lourde de l'année 2015, difficile de trouver les mots. Les mots justes et adaptés. Et plus difficile encore d'en trouver qui riment avec 2016. Pour 2016, on se souhaite quoi ? Une année pas mauvaise ? Une année sans malaise ? Une année pleine de pèze ? Une année à manger des fraises sur une chaise en charentaises ? Une année chaude comme la braise ? Ou bien, simplement, une année meilleure que celle qu'on vient de passer…

Mais l'actualité de ces dernières heures n'invite pas à l'optimisme, ainsi qu'en témoigne la Une du FIGARO ce matin. « France, Allemagne, Israël, Afghanistan : actes et alertes terroristes se multiplient. » A Valence, dans la Drôme, un automobilisme a foncé hier sur quatre militaires en faction devant la mosquée – cependant, ses motivations restent toujours mystérieuses. A Munich, deux gares ont été fermées jeudi soir par crainte d'attaque islamiste. A Tel-Aviv, un Arabe israélien a ouvert le feu à l'arme automatique sur des terrasses de café. Des scènes d'horreur : deux morts et six blessés, dont certains grièvement, et l'homme n'a, pour l'heure, pas encore été arrêté. Et puis à Kaboul, un attentat suicide, revendiqué par les talibans, a visé un restaurant français – un mort et des blessés. A quoi s'ajoute, au Pakistan, l'attaque, ce matin, d'une base aérienne de l'armée indienne par un groupe d'islamistes présumés.

Pas sûr, dès lors, que 2016 s'annonce vraiment comme une année plus sereine que la précédente. D'ailleurs, les journaux continuent, ce matin, d'évoquer les attaques subies par la France l'an dernier. Les attentats du mois de janvier, comme ceux du 13 novembre. Et c'est à lire à travers deux récits publiés dans AUJOURD'HUI-LE PARISIEN et dans LIBERATION .

Témoignage, dans LE PARISIEN , d'une jeune femme de 23 ans. Elle s'appelle Zarie et c'est elle qui tenait la caisse de l'Hyper Cacher de la porte de la porte de Vincennes à Paris lors de la prise d'otage menée par Amedy Coulibaly. Celui-ci lui a d'ailleurs tiré dessus, alors qu'elle s'était réfugiée sous sa caisse, mais elle n'a pas été touchée. Retour, donc, sur ce huis-clos tragique, qui a coûté la vie à quatre hommes. Elle raconte pour la première fois. L'entrée du terroriste et sa peur de mourir. Sa lâcheté, aussi, quand, lorsqu'elle a tenté d'ouvrir le rideau de fer du magasin, elle a lancé que c'était un autre otage qui le lui avait demandé. Zarie est une miraculée, mais, nous explique le journal, elle est finalement « otage à jamais de l'Hyper Cacher » . Parce qu'elle n'arrive pas à oublier. Parce qu'elle est rongée par la culpabilité. Et parce que les attentats du 13 novembre ont fait tout resurgir et que depuis, ses jours et ses nuits sont hantés par les cris, les bruits des détonations, le sang et l'odeur des balles qui l'assaillent. Son projet, désormais, une fois qu'elle ira mieux : quitter la France et partir en Israël pour devenir sage-femme. « J'ai, dit-elle, tellement vu la haine et la mort que j'ai besoin de me rappeler ce qu'est la vie. »

L'autre témoignage, l'autre récit, c'est celui d'Anne Hidalgo, la maire de Paris, qui raconte à Matthieu Ecoiffier, dans LIBERATION , de quelle manière elle a vécu la nuit des attentats du 13 novembre. Ce soir-là, elle était avec son premier adjoint à l’inauguration du village de Noël des Champs-Elysées. « On était dans un truc rigolo et improbable, il y avait Patrick Sébastien et Kendji. C’était le début d’un week-end chargé pour moi, il faisait doux, on était bien. » Elle rentre chez elle, dans le 15ème arrondissement, à 21H15. Puis dix minutes plus tard, son directeur de cabinet l’appelle. Il vient de recevoir un coup de fil de son homologue à la préfecture de police. « C’était juste après les fusillades des terrasses. On n’avait pas encore d’éléments sur le Bataclan » , précise-t-il… « A ce moment-là, poursuit Hidalgo, on ne sait pas encore si c’est un règlement de compte ou une attaque terroriste. Puis, très vite, on sait. »

Une fois sur place, la maire de Paris prend la mesure de l’attaque. « Les corps que j’ai vu, les visages hagards, les têtes de ces jeunes, c’était les têtes de mes gamins. » Son entourage murmure que ces événements l’ont changée et qu’elle a même changé de stature. Elle : « Vous savez, ce n’est pas seulement les attentats, mais la politique nationale, je ne supporte plus. Je suis dans un état où je ne supporte plus ce niveau d’affrontement, de jeux et de postures. » Derrière son bureau,_ raconte mon confrère de LIBE , on aperçoit un dessin encadré de Plantu, reprenant une citation de Sénèque : « Vivre, ce n’est pas attendre que l’orage passe. Vivre, c’est apprendre à danser sous la pluie. »_

On dit que le malheur des uns fait le bonheur des autres : l'expression se vérifie en matière de tourisme. Depuis les révolutions arabes de 2011, et surtout la propagation du terrorisme islamiste, les vacanciers ont déserté certains grands pays musulmans autrefois considérés comme des destinations de rêve. C'est le cas, notamment, de l’Égypte, de la Jordanie, mais aussi de la Tunisie. Or, dans le même temps, la cote des outremers français se portent de mieux en mieux. Réservations en hausse ces deux dernières années en Guadeloupe et en Martinique. Idem pour l'archipel polynésien, où les croisières ont augmenté de plus de 40%. Aucune île n'est d'ailleurs en reste : en 2014, la Nouvelle-Calédonie a ainsi attiré 22% de touristes japonais supplémentaires, comparé à 2013. Chiffres donnés par Mariana Grépinet dans PARIS MATCH , et commentés par George Pau-Langevin, la ministre des Outremers. « Aujourd'hui , estime-t-elle, la stabilité et la sécurité dans les îles françaises sont de vrais atouts. » Puis elle ajoute : « Dans les Antilles, on nous dit que certes, les serveuses ne sont pas aimables, mais que là, au moins, il n'y a pas de bombe. »

L'hebdomadaire nous donne par ailleurs des nouvelles du chien du président de la République. Et même des nouvelles des chiens des présidents de la République. Où l'on découvre que c'est le même homme qui a fourni un labrador à nos trois derniers chefs d’État : un vétérinaire, François Lubrina, président de la Fondation des anciens combattants français de Montréal. C'est lui qui, l'an dernier, a fait cadeau d'une femelle labrador à François Hollande : la petite Philae qui depuis, assure-t-il, s'est parfaitement acclimatée. C'est aussi lui qui, avant cela, avait offert un labrador à Jacques Chirac. L'animal s'appelait Maskou et le journal nous apprend qu'à sa mort, il a été enterré, dans le plus grand secret, au pied d'un arbre du parc de l’Élysée. Décision de son maître, lequel préférait de loin son labrador au braque d'Auvergne que lui avait donné Giscard, et qu'il avait rapidement choisi de surnommer Ducon . Là, je parle du chien. Et après Chirac, c'est donc encore ce vétérinaire de Montréal qui fit cadeau d'un labrador à Nicolas Sarkozy. Une gentille femelle blonde prénommée Clara. Mais la défaite de son propriétaire, en 2012, a signé son exil de la famille Sarkozy. Parce que chez Carla, où s'est installé Nicolas, il y avait déjà deux chats, et Dumbledore, un chihuahua. Chez Carla, pas de place pour Carla, et la chienne fut alors placée chez un couple auquel l'ancien chef de l’État continue, nous dit-on, de payer une pension. Il paraît même qu'il prend parfois de ses nouvelles.

Et puis à propos d'animaux, LE CANARD ENCHAÎNÉ a relevé ce tweet balancé le weekend dernier par l'inénarrable et pas toujours très inspirée Christine Boutin. Sa réflexion post-réveillon de Noël à propos de la polémique sur la déchéance de nationalité. Voilà donc ce qu'elle a écrit : « Le droit du sol est l'absurdité qui consiste à dire qu'un cheval est une vache parce qu'il est né dans une étable. » ' Mais où va-t-elle crécher tout cela ?', s'interroge l'hebdo satirique. A quoi j'ajoute que comparer à des chevaux et à des vaches les Français binationaux, ce n'est pas sans doute pas très chrétien.

Les Chrétiens, Madonna les a souvent choqués… Madonna dont on ne cesse de se gausser depuis maintenant quelques années, mais qui reste la plus iconique des pop-stars, et c'est l'écrivain Virginie Despentes qui lui rend hommage dans ELLE . C'est super bien écrit et ça montre également que vivre, comme le dit le dessin de Plantu, que vivre, c'est danser, même si ce n’est pas sous la pluie. « Madonna incarne à tour de rôle, écrit Virginie Despentes, la salope assumée, le droit à se réinventer, à être plusieurs personnes au cours d’une seule vie, le refus d’abdiquer, la liberté de désir, et par-dessus tout, l’exaltation du corps pour le corps, juste pour le plaisir de plonger à pleine eau dans cette exaltation d’être un corps en mouvement, rempli d’enthousiasme et en accord avec ce qui, en chacun de nous, déborde, dépasse et peut déranger. »

On évoquait la polémique sur la déchéance de nationalité… Ce matin, Serges Dassault, propriétaire du FIGARO, entre dans le débat dans l’éditorial que, chaque année, il offre à la Une du journal. Et sur le sujet, il apporte son soutien au président de la République : « La déchéance de la nationalité française pour les binationaux nés en France et condamnés pour des crimes terroristes est une évidence qui ne choque que les esprits aveuglés par l’idéologie. François Hollande, poursuit Dassault, a eu raison de la proposer. Et parce que l’intérêt national est en cause, le devoir de l’opposition est de le soutenir, contre ses propres amis. »

Le sondage du jour est à lire dans LE PARISIEN ... Enquête ODOXA sur les vœux des Français pour la prochaine présidentielle – ou, plus précisément, sur ce que les Français ne veulent pas. Or trois sondés sur quatre ne veulent ni de Hollande, ni de Sarkozy. Seul un quart des personnes interrogées disent souhaiter que les deux hommes se présentent en 2017. A l'inverse, elles sont une majorité - 56% - à souhaiter que le maire de Bordeaux, Alain Juppé, soit candidat. Quant à savoir quel politique incarne le mieux le renouvellement : c'est Emmanuel Macron si l’on en croit ce sondage.

Dans la presse régionale, retour, ce matin, sur les chiffres du dernier recensement de la population française. Une population estimée à 65 millions et demi de personnes, selon les chiffres publiés par l'INSEE avant-hier... Mais, dès lors, comment cela se répartit-il ? Avec des plus, avec des moins... "La Marne continue de gagner des habitant", se félicite ainsi L'UNION ... Et c'est aussi le cas de la Loire-Atlantique, nous explique LOIRE OCEAN d'habitants dans les communes et les régions ? A l'inverse, LE PROGRES et PARIS NORMANDIE soulignent que les Fécampois, de même que les Rouennais sont de moins en moins nombreux.

Pourtant, je suis sûr que 2016 sera l'année des Rouennaises. A moins que ce ne soit plutôt celle des Aveyronnaises : photo du premier bébé de l'année né dans département à la Une de CENTRE PRESSE - elle s'appelle Clara. Photo du premier bébé de l'année né dans l'Aisne à la Une du COURRIER PICARD : elle s'appelle Yliana. Et puis à la Une de LA NOUVELLE REPUBLIQUE : photo du premier bébé de l'année né dans le département des Hautes-Pyrénées : elle s'appelle Adixia. Clara, Yliana, Adixia : visiblement, la mode est aux prénoms qui se terminent en "A".

Et puis après les différentes rétrospectives de l'année qui vient de s'écouler, la presse multiplie les dossiers sur ce qui devrait faire l'actu dans les douze mois qui viennent. Ainsi JEUNE AFRIQUE , qui dresse la liste des personnalités qui feront l'Afrique en 2016 – une année marquée par une quinzaine d'élections présidentielles organisées dans les pays du continent... Ainsi, également, le mensuel artistique L'OEIL , qui offre son calendrier des expos à ne pas manquer, en France et dans le reste du monde... Une année au cours de laquelle seront notamment célébrés les 500 ans de la disparition du peintre néerlandais Jérôme Bosch. Ainsi, encore VOTRE BEAUTE , qui nous présente les produits phares de 2016 : soin du visage et maquillage, soin du corps et autres shampoings – mais oui, c'est top, en 2016, on aura de nouveaux shampoings ! Et moi, tout bien réfléchi, je souhaite tout simplement que 2016 soit une année… qui vous plaise.

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.