Bonjour à tous… « Si j’avais vingt ans de moins, j’aurais collé aux basques de Nicolas Sarkozy pour être de son gouvernement. Avec la tête et le cœur que j’ai maintenant, je saurais éviter beaucoup d’obstacles. » La femme qui dit cela ce matin au journal LA CROIX est commandeur de la Légion d’honneur. Avocate, elle a été ministre sous Giscard et membre du Conseil Constitutionnel sous Jacques Chirac. Elle est née en 1926, s’est mariée à vingt ans, a élevé sept enfants, et partage depuis des années, la vie d’un mari lourdement handicapé. A 80 ans, Monique Pelletier qui fut secrétaire d’Etat à la justice, puis ministre de la Condition féminine poursuit son activité d’avocat et lutte encore en exprimant cette liberté qui donne tant de prix à la vie. « J’ai eu dit-elle des années difficiles où je me raidissais face à la vieillesse. Aujourd’hui, j’ai accepté d’entrer dans cet âge. J’ai de moins en moins à perdre. Je n’ai plus peur. Je dis ce que je pense et je me sens totalement libre ! Quand on prend de l’âge, on acquiert une plus grande liberté. » Et la Présidente du Conseil national du handicap qui veut, elle aussi, que la loi de 2005, s’applique partout, dans chaque école, chaque département, chaque région, confie encore ceci à Pierre Cochez, qui l’interroge pour LA CROIX. « J’ai connu un grand bonheur, autrefois. Maintenant j’ai des tas de petits bonheurs. Avec la vie, j’ai appris, à profiter de petites choses, comme prendre un café ou aller voir un bon film. » Et Monique Pelletier, que l’on voudrait honorer d’un bouquet, en ce week-end de fête des Mères, conclut cette jolie interview d’un mot qui surprendra. « J’ai cru en Dieu, mais je n’y crois plus. Le Christ prophète, ça me va. Mais fils de Dieu, c’est trop pour moi. Alors je ne pratique plus. Pourtant dans ma jeunesse, j’ai failli entrer au couvent. Mais alors, comme m’a dit un de mes proches, il aurait fallu que je sois mère abbesse. » Comment ne pas rapprocher cette interview de Monique Pelletier, du propos tenu avant-hier, à Paris sous la coupole, par l’académicien Jean-Marie Lustiger, lors de la séance qui a vu l’élection à l’académie française de Max Gallo. LE FIGARO le reprend ce samedi, dans sa page société, avec ce titre : « Les adieux bouleversants de Monseigneur Lustiger à l’académie. » Les académiciens sont quarante, mais il y a eu six morts cette année, et il y avait le 31 mais beaucoup d’absents, c’est dire que peu ont assisté, à ce moment d’une grande intensité émotionnelle, comme l’écrit mon confrère du FIGARO Etienne de Montety. Extrait : « Soudain, la porte s’est ouverte et un retardataire a fait son entrée : le cardinal Jean-Marie Lustiger en fauteuil roulant, amaigri. Malade, hospitalisé dans une maison de soins palliatifs de la région parisienne, l’ancien archevêque de Paris s’est excusé de son retard et, d’une voix sobre, a pris la parole : « Je suis surtout venu pour vous dire adieu. » Ont suivi quelques propos très retenus où le cardinal a fait part de son attachement à l’institution qui l’avait accueilli au fauteuil de son ami le cardinal Albert Decourtray. Il a publiquement regretté ses absences fréquentes, séances du dictionnaires, absences justifiées d’abord par sa charge et ensuite par son état de santé : « Je serai plus assidu par mes prières que je ne l’ai été par ma présence. Je serai bientôt là où je suis sûr d’aller. » Et il a conclu, avec une pointe d’humour, en regardant le portrait du fondateurs des lieux qui orne la salle des séances : « Je vais retrouver là-haut le cardinal de Richelieu. » Bouleversés aux larmes, les académiciens présents ont gardé le silence avant que le directeur en exercice, Madame Florence Delay, ne prenne la parole pour saluer le cardinal et son courage. Puis, un à un, tous les présents se sont levés pour témoigner au malade leur affection, d’un geste ou d’une parole. Personne n’ayant à cœur de poursuivre la séance de travail, celle-ci fut promptement levée. La solennité du moment fut à la mesure des propos qui venaient d’être tenus : dignes, sobres, sans effet de théâtre. On est ici, aux frontières de l’intime, que certains traversent, sans gène et même allègrement. C’est ainsi que la presse a mis l’accent ces derniers jours, sur l’émission de télévision-réalité d’Endemol annoncée comme the Big Donor Show. C’est-à-dire « le grand spectacle du donneur », où une malade de 37 ans, en phase terminale devait offrir un de ses reins, à trois finalistes candidats d’une greffe salvatrice ! Tollé aux Pays-Bas et au-delà, et révélation aujourd’hui de la mystification. La malade donneuse d’un greffon, était en réalité une actrice bien portante, et les producteurs de l’émission se présentent aujourd’hui, comme des philanthropes, ou des publicitaires soucieux d’attirer l’attention du public néerlandais sur les greffes et la pénurie de dons d’organes dans leur pays. Faudrait-il dire Bravo Endemol, ou considérer avec nombre de médecins européens, que canular audiovisuel ou pas, on ne devrait pas jouer ainsi avec la maladie, l’éthique et des concours publics de survie. A chacun de juger néanmoins, des bonnes et des mauvaises publicités. Et beaucoup préfèreront j’imagine, voir mercredi prochain ici en France, sur France 3 Bernard Giraudeau, auteur du livre, les Dames de Neige, répondre aux questions de Mireille Dumas. Richard Canovo, du NOUVEL OBSERVATEUR a vu, l’enregistrement des confidences de l’acteur, rattrapé lui aussi, comme tant d’autres hélas par le destin. Cancer du rein en 2001. Cancer du poumon depuis… et Bernard Giraudeau qui dit… non, je me bats pas contre la maladie. Ce n’est pas un combat… je n’aime pas les guerres. Je préfère le terme d’apprivoiser. J’apprivoise cette période de ma vie… ce voyage avec la maladie. Une maladie qui me sauve de quelque chose, qui était un aveuglement, une cécité, une surdité totalement folle. » Encore quelques mots de Bernard Giraudeau, repris, dans l’éditorial Télé-Ciné-radio du NOUVEL OBSERVATEUR, par mon confrère Richard Cannavo… « J’avais dit-il, une grande inaptitude au bonheur, malgré la quête effrénée que je poursuivais. Mais tout ça, c’était par impuissance. Parce qu’il faut arriver à trouver le calme, et la sagesse, et savoir où se trouve l’essentiel… Aujourd’hui, ce voyage vers l’intérieur plutôt que tourné vers l’ailleurs est tout aussi passionnant, sinon plus. La mort ? Je me refuse à en avoir peur. Enfin, c’est pas si simple… Il rit encore, de son rire d’enfant. Et Bernard Giraudeau dit encore ceci : « Je n’arrive pas à croire que la vie puisse n’avoir aucun sens. Et ce sens, on le trouve. Etre, prendre conscience d’être, c’est déjà inouï. Mais peut-être que le voyage qui suit est encore plus inouï ... » La vie, la mort, l’amour, l’intime encore… Dans LE FIGARO… cette information aujourd’hui… oui… François Hollande et Ségolène Royal, attaquent comme ils l’avaient promis, pour atteinte à la vie privée et diffamations, les auteurs du livre La femme fatale… Ils réclament à Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué du MONDE, 150.000 euros de dommages et intérêts. Deux rendez-vous… Si vous le voulez bien… Cet après-midi à 15 heures, il y aura un hommage solennel qui sera rendu dans la clairière du Mont Valérien devant de nombreux élèves dont ceux du lycée allemand de Paris qui déposeront une gerbe. La cérémonie organisée par l’association pour le souvenir des fusillés du Mont Valérien, nous dit L’HUMANITE ce matin sera précédée à 14 heures 30 sur l’esplanade de L’abbé Stod d’une évocation historique d’une grande figure de la résistance Lucie Aubrac, disparue le 14 mars dernier. Et L’HUMANITE a joliment titré « Ce rendez-vous, ces étrangers et nos frères pourtant ». Faut dire que l’HUMANITE consacre aujourd’hui plusieurs pages à Louis Aragon. Louis Aragon qui écrivait dans l’Affiche rouge : Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes ni l’orge ni la prière aux agonisants. 11 ans. Le poème a été écrit 11 ans après l’assassinat des malheureux étrangers de l’Affiche rouge… 11 ans déjà, que ça passe vite 11 ans ! Vous vous étiez servi simplement de vos armes La mort n’éblouit pas les yeux des partisans Et le dernier rendez-vous que signale la presse aujourd’hui, dans LE FIGARO : lors du service religieux qui sera consacré à Jean-Claude Brialy, le président de la république Nicolas Sarkozy sera présent.

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