Copier-coller à tous les étages

Et vous, avez-vous déjà triché lors d'un examen ? C'est la question qu'a posée Le Parisien dans sa rubrique voix express . Question posée à des passants. Cinq passants. Les réponses varient... « Moi, je n'ai jamais triché, mais je viens de passer des partiels et j'ai vu beaucoup de tricheurs » , relate ainsi cet étudiant, un Versaillais de 24 ans. Il est dans une école d'ingénieur et certains de ses camarades se sont servis de leurs téléphones, sur lesquels ils avaient enregistré des formules... « Lors des examens , dit-il, il n'y a que trois surveillants pour 150 élèves. »

Autre témoignage : Chloé, 22 ans, étudiante de Clermont-Ferrand. « A la fac, j'ai des amis qui recopient leurs cours sur des feuilles de couleurs avant les examens, de la couleur des brouillons qu'on nous donne lors des épreuves. Ensuite, ils les ressortent au moment des épreuves. » Mais Chloé, est-ce qu'elle triche elle-même ? « Je pose parfois , dit-elle, des questions à mes voisins de table. J'appelle ça de l'entraide verbale… » De "l'entraide verbale", l'expression est jolie.

Plus étonnant encore, ce marchand de bien de 46 ans, qui habite à Strasbourg : « Je me suis fait remplacer pour l'épreuve d'athlétisme au bac. Remplacer par ami qui faisait les championnats de France. Il a mis mes lunettes et il s'est présenté avec ma carte d'identité. Personne n'a rien remarqué. Pour que ça reste crédible, il a juste ralenti à la fin du 100 mètres et j'ai eu 20/20 ! »

Des exemples qui viennent illustrer le dossier à la Une du quotidien : « Les copieurs passent le bac » : les chiffres de la fraude au bac de l'an dernier montrent une nette augmentation de la triche par copier-coller de textes trouvés sur Internet. Une augmentation d'environ 5% sur l'ensemble du territoire, mais en Ile-de-France, ce type de plagiat a littéralement explosé. La méthode est chaque fois la même : un copier-coller qu'on enregistre sur sa calculatrice ou sur son téléphone, lesquels sont maintenant interdits. D'après une enquête, près de 60% des lycéens reconnaissent avoir déjà triché pour un devoir sur table.

Toutefois, nous rappelle le journal, ces lycéens ont pléthore de mauvais exemples à suivre, notamment en politique. Dernier mauvais exemple en date : celui de la députée UMP Valérie Boyer, qui a dû reconnaître le mois dernier qu'elle s'était largement, très largement inspirée d'une page Wikipédia pour rédiger sa proposition de loi relative à la reconnaissance du génocide assyrien. Elle a donc reconnu un très grossier copier-coller.

"Nouveau succès pour le Rafale"

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Un copier-coller : c’est d'ailleurs également ce qu'on dû faire les journalistes chargés de la titraille du Figaro ce matin. Sur trois pages, en effet, on retrouve la même expression : c'est l'expression « nouveau succès » ... « Nouveau succès pour le Rafale » , à la Une des pages saumon. « Avec le Qatar, le Rafale remporte un nouveau succès à l'exportation » - toujours dans les pages saumon... Et à la Une du quotidien, propriété de Serges Dassault – Dassault qui fabrique le Rafale : « Un nouveau succès pour l'avion de combat français » ... Bref, Dassault est content. Donc Le Figaro est content. Après l'Egypte et l'Inde, le contrat avec le Qatar doit être signé lundi à Doha, en présence de François Hollande et de son ministre de la Défense. Du reste, Sud Ouest applaudit également, car ces nouveaux contrats devraient créer, au total, près d'un millier d'emplois dans la région.

Un autre d'histoire d'avion fait ce matin la Une de La Dépêche du Midi ... Histoire d'avion et polémique : c'est l'affaire de l'espionnage de hauts responsables français par les services secrets allemands, et ce, pour le compte de la NSA américaine. L'Elysée et le Quai d'Orsay auraient ainsi été écoutés. Mais le groupe Airbus l’aurait été également. Airbus, qui a déposé plainte contre X et attend aujourd'hui des explications de l'Allemagne. Une affaire qui illustre la recrudescence de l'espionnage industriel - milieu où, là aussi, on essaie de se préserver contre tous les copier-coller.

Un scandale sexuel dans l'armée...

Dans Le Monde , c'est une autre affaire qui fait la Une aujourd'hui : sombre affaire et scandale dans l'armée française. Le scandale de ces seize soldats accusés de viols sur mineurs en Centrafrique. C'était en 2013 et 2014, dans le cadre de l'opération Sangaris . Un scandale révélé par le britannique The Guardian . Reportage à Bangui, d'Arthur Danah, dans Le Figaro ... « Bien sûr que l'on savait » , soupire Sérita, en passant la tête dans l'entrebâillement de sa tente déchirée... « J'ai essayé d'alerter les autorités, mais personne ne nous écoute. » Sérita vit aujourd'hui dans le camp de déplacés de l'aéroport de M'Poko, un camp où se seraient donc déroulé les viols, et où les Centrafricains ne cachent pas leur colère, ni leur dégoût... « Les enfants étaient affamés, ils réclamaient de la nourriture et de l'eau aux soldats français » , explique Myramou... Les soldats auraient répondu : « Si tu veux manger, il faut que tu me suces d'abord. » Ils faisaient venir des filles, parfois des petits garçons. De la blague graveleuse aux abus sexuels, il n'y aurait eu qu'un pas. Le Monde parle, du coup, d'une « affaire embarrassante » pour l'armée française... Très embarrassante, en effet, c'est le moins qu'on puisse dire...

Sur le site Rue 89 , vous lirez, à ce propos, la tribune de l'avocate Laure Heinich-Luijer... « Viol contre nourriture : et au Rwanda ? » , interroge-t-elle, en rappelant qu'en 2005, des femmes tutsies avaient déposé plainte, victimes, elles aussi, de viols commis par des militaires français venus pourtant les secourir. Depuis, elles attendent toujours, et elles s'interrogent : pourquoi cet emballement médiatique à propos de la Centrafrique et aucun emballement pour ce qu'elles ont subi ? Parce que violer des enfants est immédiatement scandaleux... Certes, mais violer des femmes ?

On se dit que Charlie Hebdo devrait en faire ses choux gras dans son numéro de mercredi. Charlie Hebdo , qui recevra mardi prochain à New York un prix pour « pour le courage et la liberté d'expression » , remis par une société littéraire... Mais ça ne plait pas à tout le monde, comme le rappelle Libération : 145 auteurs anglo-saxons s'opposent à cette distinction, en se référant aux Unes controversées sur l'islam de l'hebdo satirique. Sur le réseau twitter , Salman Rushdie a vertement critiqué ses 145 collègues frondeurs, il les traite de « lavettes »... Quant à Gérard Biard, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo , il était hier l'invité d'une rencontre à New-York. Récit de la rencontre sur le site duMonde . A propos de ceux qui s’opposent à la remise du prix, il évoque « un malentendu » . Et sinon, quelle est l'ambiance, aujourd'hui, à Charlie Hebdo ? « Elle est mélancolique » , a-t-il résumé...

Et l'ambiance au FN?

Chaotique, dirons-nous. Toute la presse revient sur la journée d'hier ; le défilé et le discours devant l'opéra de Paris. Trois militantes des Femen qui ont déployé des banderoles avec l'inscription « Heil Le Pen » , l'intervention musclée du service d'ordre du parti, l'apparition inopinée de Jean-Marie Le Pen à la tribune, alors que sa fille allait entamer son discours, sans oublier des journalistes de France 5 et du Petit Journal de Canal+ frappés par des militants... « Pataquès en série pour le 1er mai du FN » , titre Le Courrier Picard , tandis que La Provence évoque, « Le 1er mai sous tension de Marine Le Pen »"1er mai contrarié" ,__ écrit Le Figaro . La Dépêche du Midi est plus claire et parle du « 1er mai pourri de Marine Le Pen » .

Sur l'action des Femen , les éditorialistes sont assez sévères.

Denis Daumin, dans La Nouvelle République parle d'une « opération commando topless au message sommaire » , et Hervé Chabaud, dans L'Union , d'une « provocation d'excitées peinturlurées qui n'est que le degré zéro de la politique » ... N'empêche, elles ont tout de même réussi à « voler la vedette à Marine Le Pen » , note Patrice Chabanet, dans Le journal de la Haute Marne... Lui voler la vedette, c'est d'ailleurs également ce qu'a tenté de faire son père, en s'incrustant sur la tribune afin de recueillir l'ovation de la foule. Une scène qui laisse penser que « l'affaire de famille est loin d'être réglée » , analyse Pierre Fréhel dansLe Républicain Lorain ... Elle laisser aussi penser que le long processus de dédiabolisation « n'a pas que des partisans au sein du Front National » ...

Pour sa part, Jean-Claude Souléry, dans La Dépêche du Midi , revient sur l'agression de l'équipe de télévision : « Quand un parti ne supporte ni la contradiction, ni la contestation, et que la politique devient une affaire de coups - coups, au sens propre du terme - voilà bien l'image déchirée de la démocratie. » Il dénonce également la violence des propos de la présidente du FN – car on en oublierait qu'elle a prononcé un discours : un discours qui d'après, donc, l'éditorialiste, « trahissait mal ses obsessions purement xénophobes » .

C'est aussi ce que relève Michel Bassi, de L'Eclair des Pyrénées , pour qui Marine Le Pen n'a pas su parler "avec mesure, comme doit le faire le futur chef d'Etat qu'elle ambitionne d'être » ... Pas de mesure, non, mais un discours qui ne rompait en rien avec ceux de son père, les dérapages en moins : rejet du système, rejet de l'Europe, et bien sûr, et surtout, rejet d’une immigration massive qui serait la principale cause à la fois du chômage et de l'insécurité. En somme, Marine Le Pen n’aurait fait que du copier-coller...

Quoi d'autres à retenir dans les journaux ?

Les autres défilés du 1er mai. Ceux de la fête du travail... « Un défilé dans l'unité » , commente Le Havre Libre . « Un 1er mai en ordre dispersé » , observe pour sa part L'Indépendant . Unité, dispersion : deux regards, deux points de vue sur des rassemblements qui, d'après la CGT, ont rassemblé 100.000 personnes à travers le pays - deux fois moins que l'an dernier. Pour L'Echo de la Haute-Vienne , il faut que les syndicats s'interrogent sur ce faible taux de participation... « Les défilés ont fait un flop » , confirme Le Parisien , qui enfonce le clou avec une enquête ODOXA sur l'image des syndicats... « Diriez-vous qu'ils ont su s'adapter aux enjeux économiques de notre pays ? » Les trois quarts des sondés répondent par la négative. « Et, en général, avez-vous plutôt une bonne ou une mauvaise opinion des syndicats ? » Les deux tiers des sondés répondent : « une mauvaise opinion ». En revanche, ils sont plus de la moitié à dire qu'ils ont une bonne opinion des chefs d'entreprise. « Les patrons mieux aimés que les syndicats » , titre ainsi le quotidien, comme une provocation. Mais le personnel politique est encore bien plus mal aimé. D'après, donc, cette enquête, près de 9 Français sur 10 ont une mauvaise image des hommes et des femmes politiques.

« Ils ont vécu le séisme au Népal. » Témoignages de touristes dans Paris Normandie . Des touristes normands, qui racontent ce qu'ils ont vécu : « L'enfer de Katmandou » . Désormais, d'après le gouvernement népalais, il n'y a plus aucune chance de retrouver des survivants.

Enfin, dans la presse outre-manche, tout le monde continue d'attendre la naissance du royal -baby ...

Sur le siteAtlantico , une interview santé : « Kate Middleton, l'attente qui n'en finissait pas. L'accouchement au-delà du terme, jusqu'où ça peut aller ? » Et là, on apprend qu'en Angleterre, on considère que le terme d'une grossesse est de 40 semaines. En France, on considère qu’il est de 41 semaines. On ne calcule pas le terme de la même façon. Raison pour laquelle les Anglais disent depuis déjà huit jours que la femme de William est en passe d’accoucher ! Et si jamais le bébé ressemble à son grand frère, on pourra dire alors que Kate a fait un beau copier-coller.

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