Bonjour à tous… Fatiguée de prédire et d’anticiper au risque d’être démentie par les faits, la presse préfère se souvenir. C’est ainsi que le JOURNAL du DIMANCHE rappelle aujourd’hui qu’on n’avait pas manifesté massivement en France, un samedi depuis… le 18 mars 2006 ! Ce jour-là, il y avait eu dans les rues, selon les syndicats, un million 200.000 personnes (trois fois moins selon la police) pour refuser le CPE, le fameux Contrat de Première Embauche cher à Villepin, qui ne s’en remettra pas. Aujourd’hui, selon mon confrère Nicolas Prissette, quelle que soit l’ampleur des manifestations organisées, l’Elysée ne reviendra pas sur les bornes d’âge fixé aux retraites : 62 ans pour le départ et 67 pour la pension à taux plein automatique. Ce qui n’empêche pas l’HUMANITE de s’appuyer sur un sondage CSA affirmant que 71 % des personnes interrogées par téléphone, les deux derniers jours de septembre, soutiennent ou ont de la sympathie pour le mouvement. Jamais, se réjouit l’HUMANITE, la population n’a autant apporté son adhésion aux mobilisations qui se préparent aujourd’hui dans tout le pays. Dominique de Montvalon dans France SOIR cite Bernard Thibault… lequel considère qu’une manifestation réunissant un samedi les familles concernées par la réforme des retraites est susceptible de mobiliser deux à trois millions de personnes. Une estimation qui agace l’éditorialiste de FRANCE SOIR lassé de ce qu’il appelle, la guerre des chiffres « Syndicats-police ». C’est aux médias, écrit-il, dont la fonction est d’informer, de mettre en place un instrument de mesure qui ferait foi. On n’y est pas camarade, mais on va aller voir cet après-midi à Paris entre République-Nation via Bastille… Et on verra s’il y a deux itinéraires ou un seul selon l’affluence manifestante. Car comme l’écrit le TELEGRAMME de Brest, une manifestation, troisième du genre, et un samedi, c’est un pari. On va voir ce que vont faire les jeunes, remarque l’éditorialiste du COURRIER de l’OUEST. C’est en effet, le tour des familles et des jeunes… renchérit le COURRIER PICARD qui recense quatorze manifs en Picardie, sur les 229 organisées dans tout le pays. Il peut très bien y avoir un effet week-end, pronostique Jacques Camus, dans la REPUBLIQUE du CENTRE, avant d’ajouter : « mais on ne sait pas dans quel sens ». Vous verrez, réplique à sa manière la MARSEILLAISE, le front du refus contre la réforme des retraites, va s’élargir avec la participation de ceux qui ne peuvent pas faire grève. Attendez-vous… à la fièvre sociale du samedi soir ! Attendez-vous à savoir, disait au siècle dernier la regrettée Geneviève Tabouis. Il y a ceux qui se souviennent de la chroniqueuse de Radio Luxembourg et les autres. Comme il y a ceux qui veulent se souvenir dans la presse aujourd’hui, de tous les couples, Présidents, Premiers Ministres de la Vème République, avant de se prononcer sur l’avenir du tandem Fillon-Sarkozy. On a connu des premiers ministres qui souffraient en silence (Michel Debré). D’autres qui piaffaient (Chaban-Delmas), ou ne se plaignaient jamais (Couve de Murville, Pierre Messmer). Certains voulaient prendre leurs aises et tout régenter, rétifs à l’humiliation des seconds rôles (Chirac sous Giscard, puis Mitterrand). Tel, qui battit des records de longévité, servait un maître qui contrecarrait en coulisses (Raymond Barre). Il y eut les serviteurs éblouis (Bérégovoy), les serviteurs renvoyés (Edith Cresson), les hauts de taille et d’ambition (Dominique de Villepin). A chaque couple son mode d’être ensemble… Tout, au fond, plus que de politique est affaire de personnalité (s). Quid de Fillon ? Avoir déjà tenu trois ans, écrit Frappat dans la CROIX, c’est un exploit. Il a, confie-t-il en privé, avalé « couleuvre sur couleuvre ». Il a passé l’éponge sur la formule utilisée quand son patron le présentait comme son « collaborateur ». Quel que soit l’avenir proche ou lointain de François Fillon, il restera, dans l’histoire de France… le premier à avoir secondé Nicolas Sarkozy, président de la République. Ce n’est pas rien. Il faut des nerfs. Il semble bien qu’il les ait. Si quelqu’un ou quelqu’une doit lui succéder prochainement, on lui souhaite de l’égaler en patience. Comme on dit dans nos campagnes : on « lui en souhaite ». Et que faut-il souhaiter à Alain Juppé. On dit beaucoup qu’il sera en novembre, ministre des Affaires étrangères, à la place de Kouchner. Ce n’est pas l’avis d’Anna Cabana, du POINT, qui considère que l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, serait tenté par Matignon… Seulement voilà, ajoute-t-elle, le maire de Bordeaux croit que Nicolas Sarkozy ne le nommera pas. Pour deux raisons, exprimées par Alain Juppé lui-même. Primo, le président pense que je ne suis pas assez populaire. Secondo, je lui fais peur ! Et Jean-François Copé, me direz-vous, suscite-t-il des craintes, au sommet de l’Etat ? Que non pas, selon Bruno Jeudy, du JOURNAL du DIMANCHE, Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy se sont vus, hier à l’Elysée officiellement pour parler du climat parlementaire et de la réforme des collectivités locales… Mais spécule mon confrère… ils ont probablement parlé aussi du remaniement. Au gouvernement et à l’UMP. Alors Copé, premier ministre, comme Rocard le fut autrefois de Mitterrand qui ne l’aimait pas. Je lis dans le JOURNAL du DIMANCHE, qu’en privé Monsieur Copé aurait déclaré : « Si on me propose la succession de François Fillon… j’espère avoir la force de lui dire non ! Bizarre cette phrase… « J’espère avoir la force de refuser le poste ». Au Brésil, l’héritière souhaitée par Lula, ne refusera pas les suffrages, qui feront d’elle Madame la Présidente. Sur elle et sur lui… c’était le cahier de Libé… mardi dernier… Lula où le Brésil réinventé. J’ai lu quelque part dans la presse ce matin, qu’un clown brésilien est candidat à la déportation fédérale et qu’il fait campagne sur ce thème à la télé… « Vous ne savez pas à quoi sert un député au Brésil… Votez pour moi, je vous raconterai ». Je me souviens de notre clown à nous, Ferdinand Lope… qui voulait prolonger le boulevard Saint Michel jusqu’à la mer et promettait l’extinction du paupérisme après dix heures du soir. Et vous, vous souvenez-vous d’un certain vendredi d’octobre. Tout allait bien, il faisait beau et chaud. Le Salon de l’auto venait d’ouvrir et le Président de la République avait félicité les deux grands constructeurs français, du marché Renault et Peugeot, avant de partir pour un week-end de chasse chez son ami Jean de Beaumont, en Alsace. 18h30, ce vendredi-là, 3 octobre 1980, rue Copernic, à Paris, devant la synagogue pleine à craquer, une moto piégée explosait… 4 morts… 48 blessés… Et cette phrase… terrible, malheureuse, du Premier ministre Raymond Barre : « Plein d’indignation pour cet attentat odieux qui voulait frapper les juifs se trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ». Le PARISIEN, consacre une pleine page ce matin à l’attentat de la rue Copernic. Le FIGARO… sous la plume du Président du CRIF, Richard Prasquier, s’efforce de tirer lui aussi les leçons de la rue Copernic. J’y reviendrai demain… 3 octobre 2010… trente ans après…

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