L’amour bien plus fort que la haine. Même au sommet de l’Etat !

"Vous n'aurez pas ma haine." C'est avec ces mots que le journaliste Antoine Leiris s'est adressé aux terroristes trois jours après attentats du 13 novembre à Paris. Sa femme Hélène a été tuée au Bataclan, ce qui, bien sûr, a plongé Antoine dans un infini désespoir, mais pour faire comprendre à ses assassins qu'ils n'auraient pas le dernier mot, et que l'amour était toujours bien plus fort que la mort, il a donc écrit ce message : "Vous n'aurez pas ma haine"... Une trentaine de lignes, douces et déchirantes, dans lesquelles il disait à la fois la beauté d'Hélène, la beauté de leur histoire, sa grande simplicité, et son choix de continuer à faire grandir Melvill, son petit garçon d'un an, dans un esprit dénué de tout ressentiment... Un vibrant plaidoyer pour la tolérance, partagé plus de 200.000 fois sur le réseau Facebook, puis repris à la Une du MONDE et du quotidien DER SPIEGEL .

"Vous n'aurez pas ma haine." : cette phrase est aujourd'hui devenue le titre d'un livre. Un bref récit qu'Antoine Leiris vient de publier chez Fayard. Le récit des douze jours qui ont suivi le drame et dans lequel, selon le JOURNAL DU DIMANCHE , il y est moins question de terrorisme que d'amour... L'amour bien plus fort que la mort. Le rêve d'Antoine de retrouver un jour Hélène "au paradis des âmes libres". Dans chaque pièce de leur appartement parisien, il a posé des photos d'elle. Et à Melvill, il a tout dit. Tout expliqué avec des mots simples, confie-t-il. Il lui a dit : "Notre famille, désormais, c'est nous deux." Un père avec son fils, et s'occuper de lui permet de rythmer le quotidien. Le lever, le repas, le coucher. Et puis à l'heure du bain, chanter la jolie mélodie qu'Hélène aimait lui fredonner... Un petit poisson, un petit oiseau s’aimaient d’amour tendre.

Plus d'amour que de terrorisme dans les mots d'Antoine Leiris... Mais dans la presse, évidemment, c'est le terrorisme qui domine. Dans LE PARISIEN , vous lirez le portrait de Reda Kriket, interpellé la semaine dernière en banlieue parisienne. Un homme qui s'était forgé une solide expérience criminelle, avant de devenir l'un des visages de DAECH... Et le quotidien raconte comment il passé de l'ultra-violence au djihadisme... Lire aussi, dans le JDD , le reportage de de Karen Lajon, qui a voulu comprendre comment les islamistes recrutent en Egypte. Et pour ce faire, la journaliste a tenté de se convertir auprès du cheikh d'une mosquée radicale.

Et puis, dans les colonnes de VANITY FAIR , passionnante enquête de Sophie des Déserts sur ce qu'on appelle aujourd'hui « la drogue des terroristes » . Ou bien « la pilule qui rend fou ».

Après quasiment toutes les tueries et les attentats perpétrés ces derniers mois, c'est elle que de nombreux spécialistes ont pointé du doigt : une substance qui désinhiberait la folie sanguinaire de ceux qui agissent pour le compte du groupe État Islamique. Cette substance, c'est le Captagon . Le tireur de la plage de Sousse en Tunisie avait pris du Captagon. Les tireurs du musée du Bardo également. Le Captagon : un très ancien médicament prescrit contre l'hyperactivité, et qu'aujourd'hui les djihadistes consommeraient non seulement pour tuer, mais aussi pour lutter contre la peur et la fatigue durant les combats.

Mais alors qui fabrique cette drogue ? Et de quelle manière s'est-elle retrouvée sur le front syrien ? C'est précisément ce que nous explique l'enquête de Sophie Des Déserts. Ou l'on apprend que le Captagon répand sa poudre blanche dans tout le Proche-Orient, et en premier lieu dans la jeunesse fortunée des pays du Golfe, où il serait utilisé afin de lutter contre le spleen. Un marché colossal, un trafic colossal... C'est ainsi qu'à Beyrouth, un prince saoudien a été arrêté avec dans ses bagages 2 tonnes de pilules – valeur estimée : 10 millions de dollars. Pour autant, lesdites pilules ne sont pas chères à fabriquer : il suffit d'une simple machine à bonbons. Quant au produit chimique de base, il s'importe pour trois fois rien. D'Asie, le plus souvent. Puis la préparation se fait dans des laboratoires mobiles cachés dans des caves, des maisons, des écoles.

Le Captagon finance la guerre, rapportant des centaines de millions de dollars à la fois aux rebelles et aux partisans de Bachar al Assad. Destin guerrier pour une substance qui, dans le passé, a su séduire d’autres publics. Et ma consoeur de rappeler que dans les années 80, l'homme d'affaire Bernard Tapie en distribuait aux footballeurs de l'OM. Pour donner l'exemple, il en avalait lui aussi. Et certains disent que c'est grâce au Captagon que le XV de France a réussi à battre les All Blacks en 1986. A l'époque, les petites pilules avaient la réputation d'être le meilleur des remontants. Excellentes pour l'énergie, la force, la concentration. Y compris pour les écrivains...

Philippe Sollers confie ainsi qu'il a lui-même longtemps écrit sous Captagon. Que Jean-Paul Sartre était accro, tout comme Bernard Henri-Lévy, ou bien encore Yves Mourousi, le présentateur de TF1 qui ne dormait que deux heures par jour, et maintenant on sait grâce à quoi.

Toujours dans VANITY FAIR, un autre article intéressant, consacré celui-ci aux héros récurrents du cinéma français. Aux États-Unis, ils ont Batmna, Iron Man, Superman... Et nous, nous avons Jacquouille la Fripouille, Patrick Chirac et Brice de Nice...

Jacquouille la Fripouille, incarné par Christian Clavier, super-héros des Visiteurs, dont le troisième volet sort mercredi prochain. Patrick Chirac, incarné par Franck Dubosc, super-héros de Camping , dont le troisième volet sortira cet été, précédant de quelques semaines la sortie de Brice 3... parce que j'ai cassé le 2 , avec toujours Jean Dujardin dans le rôle du surfeur niçois. Le numéro 1, puis le 2, puis le 3... En France, dès lors qu'un film fonctionne, on n'hésite pas à faire une suite. On pense également aux Bronzés , à La vérité si je mens ou bien encore au Cœur des Hommes .

Mais alors, donc, pourquoi ça marche ? Eh bien, précisément, parce que c'est typiquement français, nous explique Adrien Gombeaud, qui signe cet article. Exception faite des Visiteurs , il s'agit avant tout d'histoires d'amitié, le thème de la bande de potes, avec une certaine obsession pour le soleil et les vacances, les plages de Normandie, les jardins en Provence. Quand les franchises américaines emmènent les spectateurs dans des univers futuristes, les françaises donnent à voir un pays convivial, nostalgique, hors du temps... Une vision qui, d'ailleurs, touche rarement un public autre qu'hexagonal. Dans l'histoire des sagas tricolores, seule la série des films érotiques Emmanuelle semble avoir triomphé au-delà de l'Europe.

Qu'importe : en France, ça cartonne. Malgré la condescendance, voire le mépris des critiques. Mais d reste, parmi les fans, on compte aussi des gens qui passent pourtant pour très sérieux. Camping serait ainsi l'une des comédies populaires préférée d'Alain Cavalier, le réalisateur de l'ascétique Pater et de l'austère Thérèse . Quant à Michel Houellebecq, qui lui non plus ne fait pas figure de gai-luron, il est capable de jouer des dialogues entiers des Gendarmes de Saint-Tropez , en faisant toutes les voix : Louis De Funès, Michel Gallabru... C'est notamment ce qu'il s'était amusé à faire lors du repas de mariage de Frédéric Beigbeder et, selon les témoins de la scène, c'était vraiment le meilleur moment de la soirée. Conclusion : avec Michel Houellebecq, ça farte.

Et pour les Visiteurs 3 : un bon moment ou pas ? Est-ce que ça farte ou pas ? Eh bien la spécialiste cinéma du JDD confie ce matin sa déception. Pas sa déception devant le film, mais parce qu'elle n'a pas eu le droit de voir le film en avant-première. Pratique aussi détestable que répandue, explique-t-elle : les distributeurs ne veulent plus montrer leurs grosses comédies qu'à certains journalistes. Du coup, elle a interrogé ses confrères qui ont eu la primeur de le voir. Des avis contrastés... « Y a de l'action, mais tu ne te marres pas, ça met trop de temps à démarrer... La première heure patine, mais la suite se tient... Je m'attendais à une bouse, mais ce n'est pas le cas. » Le film sort mercredi prochain, et ça s'appelle "Les Visiteurs... Sous-titre : la révolution."

Parfum de révolution aussi sur la place de la République. Une place sur laquelle continue de se réunir les opposants à la réforme du code du Travail...

Pour la troisième nuit consécutive, des centaines de manifestants, en grande majorité des jeunes... Cette question à la Une de POLITIS cette semaine : "Est-ce une mobilisation à durée indéterminée ?" Tentative de réponse du politologue Eddy Fougier dans LE PARISIEN . Il explique que la période préélectorale est toujours propice au mouvement et que la loi El Khomri pourrait être la goutte d'eau de trop... Symbole d'une précarisation croissante de la jeunesse, laquelle jeunesse a le sentiment de vivre une "fin de règne"... Dès lors, interroge le journal, que doit faire le gouvernement ? Réponse du politologue : soit il maintient la loi, et alors la colère risque de se transformer en traînée de poudre... Soit il la retire, et dans ce cas, c'est la certitude pour François Hollande de ne pas être réélu.

En somme, il n'y aurait pas de deuxième épisode. Pas de « Hollande 2 ». Et pourtant, c'est ce à quoi appelle aujourd'hui Manuel Valls dans LE JDD ... Selon le Premier ministre, il n'y a "pas d'alternative à François Hollande à gauche et la logique, pour lui, c'est qu'il soit candidat puisqu'il est président". Président et "la voix de l'intérêt général", estime même le chef du gouvernement, en précisant qu'il doit "agir, emmener le pays, et lui proposer un chemin... La capacité de François Hollande à incarner ce chemin est intacte et je serai à ses côtés", conclue-t-il. En somme, entre Valls et Hollande, ça farte ! Et n'en déplaise aux mauvaises langues : aucune haine, que de l'amour.

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