Bonjour à tous. « Je reviens sans nouvelles chansons. J’ai tout dit dans mes anciennes qui n’ont pas pris une ride. Je suis une sorte de Nostradamus moderne ». C’est Jacques Dutronc qui dit cela à Olivier Maison dans MARIANNE. Jacques Dutronc, le père de Thomas. Le mari de Françoise Hardy. Le faux retraité de Monticello, là-haut non loin de Calvi, en Corse où il vit près de ses amis et de ses trente chats. Dutronc qui jure n’être en rien provocateur remontera sur scène au Zénith vendredi prochain, dans son répertoire des années 60, quand le futur avait de l’avenir ! Ce sera ma dernière tournée, dit-il à MARIANNE. Il faut savoir s’arrêter. Je ne veux pas faire comme Johnny ou Aznavour et chanter… dans mon dentier Y’a des cactus… Il faut que la voix puisse suivre. Il y a 40 ans les chansons étaient courtes. 2 minutes trente. Je chantais seul 45 minutes. Aujourd’hui, c’est trop long. Deux heures ! On emmerde les gens. En plus avec les rappels. C’est une connerie… Je rêve d’un spectacle où je finirais sur une chanson inconnue. Rideau ! Pas d’appel, on se quitte sans regret. Et voilà comment, écrit Olivier Maison, Jacques Dutronc qui a tout dit dans les soixante ans, sur ce que seraient les années bling bling, l’égotisme triomphant, s’amuse des frilosités ambiantes et négocie avec la direction du Zénith, le droit de fumer sur scène. Et voilà comment, ce silencieux a inspiré Pompidou à l’Assemblée et Jacques Brel dans sa chanson : « Tu voulais voir Vesoul… et on a vu Dutronc ! ». Et voilà comment nous autres, éveillés du petit matin, arrivons à la radio en fredonnant sur les routes verglacées des mois de janvier ! « Je suis le dauphin de la place Dauphine Et la place Blanche a mauvaise mine… Les camions sont pleins de lait Les balayeurs sont pleins de balais Il est cinq heures Paris s’éveille ». Vous pourriez tous, auditeurs anciens, auditeurs modernes… continuer au-delà du refrain : « Les travestis vont se raser Les stripteaseuses sont rhabillées Les traversins sont écrasés Les amoureux sont fatigués Le café est dans les tasses La Tour Eiffel a froid aux pieds Les banlieusards sont dans les gares Il est cinq heures Les journaux sont imprimés Les ouvriers sont déprimés Les gens se lèvent, ils sont brimés ». Allons donc, cher Jaques Dutronc, pas un dimanche 3 janvier, quand on a tous pris nos résolutions vertueuses de début d’année. J’ai lu dans la presse féminine… Elle… Marie-Claire… Grazia… Femmes atmosphères qu’il fallait commencer vite fait, une cure détox… avec légumes cuits, pistaches, noix, radis noir et brocolis. Pour triompher des oxydants et des radicaux libres. J’ai lu de la même façon, que la mode 2010 serait anticrise, donc que vous seriez femmes de France, habillées cette année de couleurs vives, au-dessus des genoux et avec des grosses ceintures, pour marquer la taille et dégager les hanches. Quant à nous les hommes, nous porterons, selon le FIGARO quotidien et le magazine, de la maille sous toutes ses formes, pour un meilleur confort et marquer la poitrine. Un nouveau monde commence s’enthousiasme aussi Jean-Louis Servan-Schreiber dans PSYCHOLOGIE, tandis que le JOURNAL du DIMANCHE s’écrie sur cinq colonnes à la une : «Nous allons vivre 100 ans !». La France est en effet le pays qui compte le plus de centenaires en Europe. Il y en avait 200 au lendemain de la guerre. Il y en aura 63.000 en 2050, quand Nicolas Sarkozy fêtera ses 95 ans ! Préparons-nous, écrit Anne-Laure Barret, à cette ère nouvelle des super centenaires, avant de s’interroger sur les secrets de cette longévité. Ma consoeur du JOURNAL du DIMANCHE, interroge là-dessus le doyen de l’Académie de Médecine, Monsieur Emile Aron, bon pied, bon œil à 102 ans. « Quel est votre secret », demande-t-elle, à ce passager régulier du TGV, Paris-Tours. « Je vis », dit-il, « autant que possible comme si j’avais 20 ans. J’aime rire, j’ai comme mon père une nature joyeuse. Mon optimisme m’a sauvé la vie à trois reprises durant la dernière guerre. Mais je n’ai jamais fait d’excès. Jamais d’alcool. J’ai arrêté le tabac quand j’ai vu les dégâts qu’il causait. Et je n’ai jamais oublié qu’un destin s’inscrit dans l’assiette. Dans ma jeunesse, on ne mettait pas de beurre sur la table dans les restaurants. Aujourd’hui je vois les gens s’enfiler des tartines de foie gras. Oh là là… gare à l’obésité et aux maladies cardio-vasculaires ». Ouais, commente Wolinski, dans un petit dessin illustrant la page du JOURNAL du DIMANCHE consacrée à la France championne du vieillissement… « Ouais, il faut savoir durer, mais il ne faut pas s’éterniser ». D’autant que, prolonge ma consoeur Anne-Laure Barret, si votre espérance de vie s’allonge, l’espérance de vie professionnelle aurait plutôt tendance à diminuer. Avec trois conséquences. On n’échappera pas à la réforme du système de retraite. Il faudra envisager un rôle pour les retraités et inventer une protection sociale pour les plus âgés. Car tous n’ont pas bon pied, bon œil, hélas et sont victimes d’un mal terrible, pour eux et leurs proches, la dépendance ! Mais Marcel Proust nous a prévenu : « C’est avec les adolescents qui durent longtemps que la vie fait des vieillards ». On doit trouver ça, quelque part dans la « Recherche du temps perdu ou retrouvé ». Je ne sais plus, non plus, quel humoriste disait : « Vieillir n’est pas grave. Moi par exemple, je fais tout comme à vingt ans ! Tout… mais ça me prend plus longtemps ». Allez, je ferai court, en signe de juvénilité. Dans le PARISIEN, ce matin, on apprend, tenez-vous bien, que la France, va comme la Suisse, et comme les Pays-Bas revendre les lots de vaccin en trop, qu’elle avait prudemment et chèrement acquis, contre la grippe A. Cinq millions de Français vaccinés, mais 79 millions de doses restantes, en stock. Roselyne va tenter de les revendre au Qatar, en Egypte, en Bulgarie, en Roumanie, en Ukraine au prix coûtant… Entre 6 et 10 euros la dose. Ca va être dur, l’Ukraine est en faillite et cherche le soutien du FMI. Le réel… l’irruption du réel, c’est terrible ! Le MONDE Magazine, nous y renvoie lui aussi, avec Jean-Pierre Gené, qui se demande pourquoi, notre goût du beefteak affecte le climat de la planète. 1,5 milliard de bovins qui ruminent, rotent et défèquent… Sus au beefteak.. Nous en mangeons 60 millions de tonnes. Arrêtons, ont dit à Copenhague Corinne Lepage, Alain Bougrain-Dubourg et Yves Cochet. Ouais, sourit Jean-Pierre Gené, arrêtons aussi les vaches laitières qui donnent aux enfants… 600 millions de tonnes de lait. Absurde, aurait dit Camus… Le MONDE Magazine s’interroge : « Sera-t-il au Panthéon, comme le souhaite Nicolas Sarkozy ». Le PARISIEN lui consacre deux pages aussi, avec une interview de Pierre Vavasseur qui demande à Catherine, la fille d’Albert Camus, ce qu’elle pense des commémorations de la mort de son père. « L’utilité immédiate, telle qu’on la pense aujourd’hui, je n’y crois pas du tout. Je pense que les choses se font à long terme, que le temps prend son temps à lui, qui n’est pas le nôtre. Et puis, mon père se défend très bien. Il a fait son chemin tout seul ».

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