Quelle est la solution ?

Et si la solution, la solution pour être en forme, la solution pour aller mieux – être mieux dans son corps, être mieux dans sa tête – et si la solution, donc, c'était la nature ? Ça paraît ballot, dit comme ça : tout le monde sait que ça fait du bien de se promener au milieu des sapins et des chênes, ou sur la plage, ou dans les prés, ou sur les crêtes des montagnes, ou dans les vallées enneigées. Tout le monde sait que ça détend, que ça apaise, que ça décrispe... Mais à la lecture de l'enquête publiée par le NATIONAL GEOGRAPHIC , il apparaît que la nature a sur l'homme des pouvoirs proprement sidérant. Non seulement elle réduit le stress provoqué par la vie moderne, mais en outre elle fait progresser les performances intellectuelles. Conclusions de plusieurs études scientifiques recensées par le mensuel. Des études, donc, qui révèlent que l'on réfléchit mieux, on se concentre mieux, on pense mieux après s'être immergé quelques jours ou mêmes quelques heures dans un milieu naturel. Du reste, on est plus créatif, parce que le cerveau s'est reposé.

Ces études montrent également que la nature a des incidences sur le bien-être général. Risques fortement diminués de maladies cardiaques, d'asthme, de diabète, et même de migraine chez les individus vivant à moins d'un kilomètre d'un grand espace vert. Et ce, y compris s'ils ne s'y rendent jamais. Quant aux enfants dont les fenêtres donnent directement sur de l'herbe ou des arbres, ils seraient globalement moins agressifs que les autres, et meilleurs à l'école, et ils guériraient plus vite quand ils sont à l'hôpital.

Ces bienfaits du grand air, certains pays les mettent d'ailleurs en avant à travers des politiques de santé publique. Ainsi la Finlande, qui affiche des taux très élevés d'alcoolisme et de suicide et qui recommande à chacun cinq heures de nature par mois ! Et en Corée du Sud, où 70% des habitants se disent déprimés par leur travail, il existe dorénavant des forêts thérapeutiques – érables et ruisseaux, clairières au milieu des rochers. Le gouvernement de Séoul a prévu d'en faire émerger une trentaine d'ici l'an prochain. Des forêts pour déconnecter. Quitter la ville et son portable. Faire corps avec les éléments. Grâce aux plantes et aux paysages : redonner du sens à sa vie.

Mais comment redonner du sens à sa vie quand on a perdu la personne qu'on aimait et qui nous aimait depuis près de cinquante ans ? C'est bien cette question qui sous-tend l'interview de Maryse Wolinski dans les colonnes de FEMME ACTUELLE . Maryse Wolinski, veuve de George Wolinski, l'un des dessinateurs assassinés le 7 janvier à CHARLIE HEBDO. Et dans quelques jours, cela fera donc déjà un an... Un an que Maryse Wolinski essaye de s'habituer à l'absence d'un homme qui ne cessait de lui écrire des mots d'amour sur des post-it. Comment donc supporter l'absence ? Le vide et le chaos ? C'est cela qu'elle raconte, toujours inconsolable. Tout d'abord nier l'évidence en imaginant que son époux est juste parti en voyage. Refaire son lit, ranger ses livres, son bureau, remettre en place ses cravates. Et puis pour rendre encore plus palpable sa présence : écouter des enregistrements, afin de réentendre sa voix. Et puis relire les post-it, ces mots d'amour qu'elle a recollés un petit peu partout sur les murs de son nouvel appartement. Ensuite, il y a la colère : colère immense contre les services de l’État qui, d'après elle, n'ont pas su protéger comme ils l'auraient dû les locaux de CHARLIE HEBDO . Colère qu'elle exprime dans un livre, à paraître la semaine prochaine, et où elle s'en prend notamment au syndicat de police 'Alliance' qui, explique-t-elle, a fait pression sur les autorités pour alléger la sécurité des dessinateurs, prétendant que c'était « du luxe » de surveiller ce journal. Pour elle

« Et aujourd'hui, lui demande l'hebdomadaire, comment allez-vous ? » Question simple mais à laquelle Maryse Wolinski dit ne toujours pas savoir répondre. Du coup, elle cite Victor Hugo, qui, à propos de la mort de sa fille, écrit, dans « Les Contemplations » : « Vivre ou mourir, je serai celui qui va. » Autrement dit celui qui vit. Et Maryse Wolinski a choisi de vivre. Meurtrie, mais toujours debout. Son livre s'intitule "Chérie, je vais à Charlie", il est publié aux éditions du Seuil et sortira jeudi.

Un an, donc, après la tuerie à CHARLIE HEBDO et la sanglante prise d'otage porte de Vincennes à Paris... Pour l'occasion, LE JDD fait le point sur l'enquête, sous la plume de Stéphane Joahny. Depuis un an, la justice a accumulé plus de 50 tomes d'instruction. Sept personnes ont été mises en examen, dont six sont toujours écrouées. Mais pour l'instant, les enquêteurs sont impuissants à mettre la main sur les trois principaux complices connus, et à identifier le probable donneur d'ordre du tueur de l'Hyper Cacher... Du reste, la double revendication de ces attentats reste un mystère : au nom d'Al-Qaida dans la péninsule arabique pour les frères Kouachi, et au nom du groupe Etat Islamique pour Amédy Coulibaly.

De son côté, LE NEW YORK TIMES s'intéresse à l'enquête sur les attentats de novembre... Et le quotidien américain met en avant les failles de la police et des services de renseignement. Si les terroristes ont pu si facilement passer à l'action, c'est notamment, selon le journal, à cause des lourdeurs de la bureaucratie française.

Lire, aussi, dans LE MONDE, le récit sidérant que dresse Aline Leclerc... Le deuil impossible des parents et des proches de Justine Moulin, 23 ans, tuée le 13 novembre à la terrasse du Petit Cambodge... A la suite d'une erreur d'identification, on les a invité à se recueillir devant la corps d'une victime méconnaissable - un visage entièrement bandé - mais une victime qui n'était en réalité pas Justine... Et cela, il ne l'ont su que quelques jours plus tard. Sa mère raconte qu'elle s'est sentie très maltraitée par la cellule d'aide aux familles. Elle dit aussi que lorsqu'elle a su que le corps était celui d'une autre, c'est comme si sa fille venait de mourir une deuxième fois.

Et puis, bien plus anecdotique, mais tout de même, dans L'ACTU, quotidien pour ados, cette question qui tourmente aujourd'hui la Française des Jeux : que faire à l'occasion du prochain vendredi 13 ? En 2016, il n'y en aura qu'un : ce sera au mois de mai. Or traditionnellement, la FDJ propose au Loto un jackpot de 13 millions d'euros. Mais suite aux attentats du vendredi 13 novembre, lesquels ont donc coïncidé avec le tout dernier jackpot, est-il décent ou pas de perpétuer la tradition ? Plusieurs pistes sont à l'étude : maintenir le tirage, mais sans en faire la pub, ou alors l'annuler, ou bien le transformer en hommage. Sachant que la solution, la solution pour être mieux dans son corps et sa tête – c'est rarement une question d'argent...

Mais si la solution s'appelait Alain Juppé ?__ C'est en tout cas ce que suggèrent régulièrement les sondages... Et c'est aussi ce que rêve d'incarner le maire de Bordeaux, qui accorde une longue interview au JOURNAL DU DIMANCHE. Et ainsi que le titre l'hebdomadaire, "Juppé choisit la fermeté". Candidat à la primaire de la droite qui se déroulera en novembre, il publie mercredi un livre, "Pour un Etat fort", et ce sont ses propositions qu'il dévoile dans le JDD. Juppé résolument à droite... Plaidoyer pour un durcissement des conditions du regroupement familial, rétablissement des peines plancher, construction de 10.000 nouvelles places de prison et mise en cause des "abus scandaleux" auxquels donnerait lieu, dit-il, l'aide médicale de l'Etat... Et l'ex-Premier ministre, pour une fois, se laisse aller, au lieu de resté calé droit dans ses bottes... "Ma France, écrit-il, c'est d'abord ma terre. La terre de mes pères... Ma patrie." Et d'invoquer aussi, lui le laïque revendiqué, "les racines chrétiennes" du pays. Juppé propose par ailleurs la création d'un délit d'entrave à la laïcité... Aux urgences d'un hôpital, dit-il, on n'est pas fondé par exemple à s'opposer à ce que ce soit un médecin homme qui vous soigne... Quant à la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme, il estime que ce n'est pas une réforme utile, mais qu'il la voterait s'il était député.

A la rubrique politique, on notera également la manchette duCOURRIER PICARD nous explique qu'avec la fusion des régions Nord-Pas de Calais et Picardie, les conseillers de l'Assemblée élus le mois dernier seront plus grassement rémunérés : "Une région plus grande, des indemnités plus grosses", résume le quotidien.

Et si la solution, la solution pour être en forme, la solution pour aller mieux, c'était de faire davantage l'amour ? C'est en cas ce que semble penser ce boulanger du Mans, en photo à la Une du MAINE LIBRE . Il a décidé de placer des fèves classées X dans les galettes des rois qu'il vendra ce dimanche : des fèves pour adultes, représentant les différentes postures du Kamasoutra : l'abeille, l'amazone, la grenouille, le roseau... Pas forcément à reproduire juste après la galette - la frangipane, c'est un peu lourd et donc pour les acrobaties, mieux vaut sans doute laisser passer le temps de digestion.

Et si la solution, c'était le sport ? Le sport pour aller mieux... Et cette année, nous serons servis, avec l'Euros 2016 - 10 juin, 10 juillet : pendant un mois, la France vivra au rythme du football, se réjouit déjà LE PARISIEN , qui profite de ce 3 janvier pour lister tous les événements qui marqueront les prochains mois... Un Français dans l'espace - le jeune Thomas Pesquet : décollage le 15 novembre... Un saut sans parachute à plus de 7.000 mètres : défi fou que tentera de relever un Américain... Le procès de Jérôme Cahuzac, accusé de fraude fiscale : ce sera en février... Ou encore le come-back de Michel Polnareff, avec un tout nouvel album et une tournée qui débutera le 20 avril à Epernay.

Et si la solution, c'était tout bonnement la chanson ? Hommage à Michel Delpech, partout dans la presse ce matin... Il est mort hier soir, à 69, d'un cancer de la gorge... "Merci et adieu", titre ainsi NICE MATIN , tandis que le blogueur Dider Pobel écrit ceci : « Qu'est-ce que c'est, un chanteur populaire ? C'est quelqu'un qui chante même quand il ne chante pas... Entendez par là qu'on n'a pas besoin de sa voix pour qu'elle nous arrive soudain... Mais oui, Delpech, c'était bien, c'était choue-e-tte. »

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