Bonjour à tous… La presse est gentille ce matin. Peut-être parce que flotte dans l’air, des douceurs de fête des mères, et un entêtant parfum de roses de juin. Ou bien parce que comme le croit le JOURNAL DU DIMANCHE, tout ou presque réussit à Nicolas Sarkozy ! « Il veut tout gagner. La gauche est à la peine, la droite écrase tout » prévient le JOURNAL DU DIMANCHE, à partir d’une enquête de l’IFOP, qui accorde dans la prochaine assemblée entre 80 et 120 députés aux socialistes, et entre 420 et 460 à l’UMP. » « La présidence Sarkozy, s’annonce très offensive, commente Florence Muracciole, après s’être demandée si oui ou non, trop de majorité peut d’aventure nuire à la majorité ? Et ma consœur du JDD, de citer Lionel Jospin, sorti hier de son silence, pour rappeler que les élections législatives ne sont pas faites, pour réélire le pouvoir exécutif, mais au contraire, pour faire du Parlement un lieu de diversité ! » Nicolas Sarkozy, n’est pas de cet avis et réclamait mardi dernier au Havre une forte majorité : il vous reste disait-il aux cinq mille militants venus le voir et le complimenter, deux semaines, pour décider ou non de me renouveler votre confiance. » Et selon Virginie Le Gay, envoyée spécial du JOURNAL DU DIMANCHE, à Brains-sur-Gée dans la Sarthe, le Premier Ministre, François Fillon, ne dit pas autre chose, à ses partisans… Sinon qu’il est à Matignon pour longtemps, et que si d’aventure, il y avait à l’automne d’inévitables difficultés sociales, eh bien, il les surmonterait posément, calmement. La presse est gentille, disais-je, en commençant et partage presque également ses compliments, entre le Président de la République vainqueur au mois de mai, et la candidate socialiste vaincue. Jacques Espérandieu dans son éditorial partage son regard entre les deux, avec ce titre, le Président et l’opposante. Et ce constat : les deux adversaires d’hier, écrit-il, ont profité de la semaine, pour effectuer une forte montée en puissance. Régime présidentiel pour le premier, présent sur tous les fronts. Et régime présidentiel aussi pour Ségolène Royal, qui a décidé de se situer au même niveau. Avec, cependant un souci, pour la seconde. « Comment s’y maintenir, pendant cinq ans. » D’autant qu’il y a des concurrents… Dominique Strauss Kahn, par exemple, qui répond ce matin aux questions de Dominique de Montvalon du PARISIEN, en appelant, une fois de plus, à une « refondation » du Parti socialiste. « Tout doit être repensé, en partant des réalités d’aujourd’hui… explique-t-il, avant d’exprimer, un souhait, sinon un pari… » La France mériterait bien une cohabitation, car laisser le pouvoir, à un libéralisme musclé, ce n’est pas bon pour le pays … Là-dessus, Dominique de Montvalon risque une question à DSK… Comment expliquez-vous alors, l’état de grâce dont bénéficient… François Fillon, comme Nicolas Sarkozy. Réponse du député du Val d’Oise… « Ce qui compte, ce n’est pas l’Etat de grâce… C’est sa durée. Or les difficultés sont devant nous. Et puis pour l’instant François Fillon, n’a que le titre de Premier Ministre. Nicolas Sarkzoy, est en effet non seulement Président, mais ministre de tout… de l’UMP, du logement, du travail, du budget, de l’éducation… J’en oublie sûrement. Ca porte un nom : le pouvoir personnel. » Ranson en page 2 du PARISIEN-AUJOURD’HUI, est plus aimable que Dominique Strauss-Kahn. Il a vu Nicolas Sarkozy, assister hier soir au match éliminatoire de l’Euro 2000, France-Ukraine avec les deux buts vainqueurs marqués, par les Français Ribery et Anelka. C’était, au Stade de France, à Saint-Denis, en présence du Président de la République, Nicolas Sarkozy, dans la loge officielle. Mais Ranson est caricaturiste, pas photographe… et c’est pourquoi, il a choisi de dessiner Nicolas Sarkozy visionnant le match, chez lui, devant sa télévision, à côté de son épouse. « Tout me réussit, depuis que je suis Président, hein Cécilia…, s’enthousiasme Nicolas. » C’est vrai, reconnaît-elle, avant de soupirer… tout de même, on aurait pu, suivre ce match-là à Brégançon. » Dessin-réplique de Wolinski, dans le JOURNAL DU DIMANCHE. Là, le décor a changé… Cette fois, c’est François Hollande qui dans son canapé, suit le match des Français, un œil sur la télé et l’autre, sur Ségolène qui s’en va et déclare : François, je pars en banlieue galvaniser nos militants… Est-ce que tu as un message pour eux ? Oui… dis-leur de nettoyer le sarkozysme au karcher ! » Et Wolinski, d’ajouter le détail qui tue, à sa caricature… car Hollande tient un livre entre ses mains, avec un titre : « Pensée unique. » Eric Le Boucher, dans LE MONDE daté dimanche-lundi écrit lui aussi « Vive la pensée unique » en citant d’ailleurs Nicolas Sarkozy qui la pourfendait en ces termes, mardi denier au Havre… » « Je vois bien que la pensée unique est de retour. Comme toujours, après avoir subi une défaite, elle revient à la charge. On la voit s’insinuer partout et s’opposer à tout. Je le dis tranquillement mais fermement, son règne est terminé. Je veux que l’on puisse penser librement, débattre librement, décider librement. Je suis pour la liberté de l’esprit et contre tous les conformismes. Je suis pour que l’intelligence soit libre, pour que l’imagination soit libre. » Fin de citation. Ca, c’était du Nicolas Sarkozy. Cette tirade laisse baba, commente Eric Le Boucher avant de s’inquiéter, de ce qu’il appelle, une mauvaise promesse de Nicolas Sarkozy, marqué d’un tropisme pour l’autre politique… Et le chroniqueur du MONDE d’expliquer à ses lecteurs, que depuis 1983, en France, tous les gouvernements, de gauche comme de droite ont dénoncé la politique économique européenne. Et avec ses trois axes : la rigueur budgétaire, le franc fort et la désinflation compétitive… Entendez le serrage des salaires, pour lutter contre l’inflation. C’est cela, la pensée unique, écrit Eric Le Boucher dans la bouche de Nicolas Sarkozy… Quand le président de la République dénonce, les experts, les notables, les frileux, et réclame de l’audace aux administrations. En réalité, on nous ramène aux débats trompeurs des années 90… sur la fameuse autre politique… mais prenons un exemple, conclut le chroniqueur économique du MONDE… « Si l’euro fort n’est pas la panacée et si, à 1,35 dollar, la monnaie européenne fait souffrir les exportateurs, le rôle d’un gouvernement n’est sûrement pas de râler inutilement contre Jean-Claude Trichet mais de décortiquer pourquoi les Allemands ont des exportations record et d’en tirer les leçons. A tort, M. Sarkozy écoute ceux qui lui disent que « tout est possible » parce qu’il croit tellement à l’action politique, à la réhabilitation du politique, qu’il va jusqu’à penser que c’est vrai. Hélas, non. Tout n’est pas possible et tout a un coût. Allons plus loin. M. Sarkozy a raison de vouloir des intelligences libres et de prôner le pragmatisme. Il a raison de vouloir chercher son chemin entre le marché et l’Etat. C’est son bon côté. Son mauvais côté est ce tropisme à l’ancienne. Il sera sa faiblesse future car c’est lui qui lui a fait faire des promesses non tenables : populistes, ouvriéristes, faussement volontaristes et infinançables. » Voilà, c’était la chronique, la moins gentille de la presse ce week-end. J’ai gardé le plus charmant, et aussi le plus émouvant peut-être pour la fin. D’abord, cette nouvelle aux frontières de la politique, et qui assez triste au fond, les difficultés du parti de Marie-Georges Buffet, difficultés électorales mais difficultés financières aussi, la conduisent à mettre sur le marché, quelques-uns de ses trésors… dont une fresque de Fernand Léger qui orne l’immeuble du parti communiste français à Paris, et peut-être la fameuse Joconde à moustaches… surréaliste : « LHOOQ » La reine d’Angleterre l’avait d’ailleurs emprunté, cela avait beaucoup étonné le Parti communiste français… Charmantes en revanche, charmantes les cinq ministres, mères de familles interviewées par LE PARISIEN ce matin sur la fête des mères… - Racontez nous Mesdames votre plus belle fête des mères. Alors, il y a Valérie Pécresse qui dit : C’est toujours formidable une fête des mères. Moi je me souviens du jour où Clément mon fils avait oublié son cadeau à l’école et il en pleurait c’est gentil. Christine Lagarde : ils ont 19 ans et 21 ans, ils vont me faire une paire de gros bisous. Christine Boutin : moi, je penserai jusqu’à mon dernier souffle. Alors Christine Albanel. J’espère que mon fils qui a 18 ans va quand même penser à me souhaiter la fête des mères. Autrefois, quand il était plus petit, il avait le souci que les cadeaux ne soient pas mis de côté. Et je sentais de sa part un grand suivi. Il fallait que les cadeaux vivent, que les bracelets soient portés, que les albums photos soient remplis... C’est mignon… Alors ça, je vous l’ai gardé pour la fin… C’est Roselyne Bachelot : ma mère était une militante féministe et une grande résistante. Elle a toujours considéré la Fête des mères comme une invention pétainiste dont le but principal était d’enfermer la femme dans un rôle uniquement maternel. Autant vous dire qu’il était hors de question chez moi, de célébrer cette date à la maison. Alors voilà gentil aussi… c’est merveilleux PHILOSOPHIE MAGAZINE, vous savez il y avait eu une interview formidable de Nicolas Sarkozy sur l’inné et l’acquis. Le numéro de ce mois-ci revient mais c’est un numéro spécial Bac. Je lis dans la VOIX DU NORD… c’est le lundi 11 juin. C’est cinq profs de philo qui écrivent une lettre à des candidats bacheliers en philosophie. Alros, j’en ai retenu une. Il leur dit : Bon n’ayez pas peur, la dissertation philosophique, ce n’est pas grand-chose, parce que la vie est complexe. Maintenant il faut apprendre à penser. Et il dit mais la puissance de penser, cher candidat bachelier, rappelle toi ça, ne se délègue pas. Alain exhortait ainsi celui qui serait tenté à renoncer à son pouvoir propre. Alors allez-y… jeunes, découvreurs des horizons philosophiques soyez vous-même, en pensant tout haut sans vous croire obligés de citer qui que ce soit. La seule parole qui vaille est celle qui éclaire ou qui illustre. Souvenez-vous de Spinoza : tout accroissement de la puissance de comprendre est aussi un accroissement de la puissance d’agir et ce gain-là est un enrichissement de l’être lui-même avec la joie qui en résulte.

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