La revue de presse du samedi 3 juin 2017, par Frédéric Pommier

Emmanuel Macron plus fort que Cyril Hanouna. Plus fort en termes numériques. Jusqu’alors, c’était l’animateur de télévision qui détenait le record en France sur TWITTER : le record de « retweets » pour une photo prise avec les chroniqueurs de son émission – une photo partagée plus de 120.000 fois sur le réseau social. Or hier, le chef de l’Etat a donc détrôné Hanouna : il a explosé le record, avec son désormais fameux message « Make our planet great again » - ce qui donne, en Français, « rendez sa grandeur à notre planète ». Un message écrit après son intervention de jeudi soir, en réponse à l’annonce du président américain de retirer son pays de l’accord sur le climat. Un message en forme de pied de nez à Donald Trump, lequel n’a cessé, durant toute sa campagne, de dire qu’il voulait « rendre sa grandeur à l’Amérique »…

Et ce matin, donc, le slogan d’Emmanuel Macron a été partagé par plus de 217.000 internautes à travers la planète – plus de 217.000 « retweets », et 20% d’entre eux viennent des Etats-Unis… Alors, certes, on est encore loin du record de « retweets » pour un homme politique. Il reste détenu par Barack Obama : 900.000 partages pour son message « Four more years » - « quatre ans de plus », message écrit à l’occasion de sa réélection en 2012. On en est encore loin, mais tout de même, Emmanuel Macron a donc fait plus fort que Cyril Hanouna !

« Macron réussit une ‘great’ opération de communication », commente, du coup, LE FIGARO, tandis qu’AUJOURD’HUI LE PARISIEN détaille « les dessous du coup de com’ de Macron ». Avant d’intervenir à la télévision, et avant de poster son message sur Twitter, le président de la République s’était entretenu, tour à tour, avec Edouard Philippe, puis avec Donald Trump, puis avec Angela Merkel… Puis des consignes avaient été passées aux ministres, pour qu’aucun d’entre eux ne s’exprime, afin de laisser tout l’espace médiatique au chef de l’Etat… La suite est connue : le discours d’Emmanuel Macron, discours solennel, suivi donc d’une courte allocution en anglais, ponctuée par la formule « Make our planet great again »

Qui lui a soufflé la formule ? « Secret de fabrication », rétorque-t-on à l’Elysée, où l’on explique cependant qu’il s’agissait pour lui de s’adresser à l’ensemble du globe, d’envoyer un message au-delà des frontières. « Il a voulu avoir une relation directe avec le peuple américain », note l’un de ses communicants, précisant que l’on vit maintenant dans un monde médiatique mondialisé… D’ailleurs, l’expression d’Emmanuel Macron a également fait mouche auprès des entrepreneurs du Net : dès hier, elle s’est retrouvée floquée sur des tee-shirts… En vente à 15 euros.

Emmanuel Macron entend donc désormais se poser en leader sur les questions d’environnement. Pourtant, il en parlait très peu au moment de sa campagne. C’est ce que relève LIBERATION ce matin, sous la plume de Laure Breton et Jonathan Bouchet-Petersen… « A une semaine des législatives, écrivent-ils, la réaction en mondiovision du président français n’est pas dénuée de visées nationales… Face à Mélenchon ou Hamon, le candidat Macron a fait figure de moins-disant sur les questions écologiques pendant la présidentielle… Du reste, depuis qu’il est à l’Elysée, il s’est consacré à une séquence diplomatique pendant que son gouvernement bossait sur la loi travail et sur la moralisation de la vie publique… Mais d’écologie, point. La sortie de Trump offre donc à Macron une aubaine : se verdir à vitesse grand V… Mais au-delà des mots, au-delà des jolis mots, c’est du côté des actes qu’il est maintenant attendu. »

Une attente côté français, et une symphonie de critiques vis-à-vis de Donald Trump… 36 heures après son annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, le président américain s’est mis la quasi-totalité des autres dirigeants à dos… « Le monde tonne contre Trump », titre ainsi MIDI LIBRE… « Trump tourne le dos à la planète », constate à sa Une LE MONDE… Un « bras d’honneur à la planète », renchérit LA MARSEILLAISE… Et « la planète entière s’échauffe contre Trump », écrit ce matin LA PROVENCE, tandis que LE TELEGRAMME décrit « une planète en ébullition »… Les milieux politiques, comme les milieux économiques dénoncent la décision de Trump, et d’ailleurs y compris sur le sol américain. Cela dit, s’il a provoqué « une onde de choc planétaire », « un tollé international » - deux expressions du FIGARO, il a tout de même reçu le soutien de Vladimir Poutine. Le président russe a plaidé pour, je cite, « un travail en commun » avec les Etats-Unis, laissant entendre qu’il était prêt, ainsi que l’a suggéré Trump, à renégocier l’accord de Paris.

Mais dans les éditos, c’est cependant l’espoir qui domine : l’espoir que la décision américaine agisse comme un stimulant pour les autres pays signataires… « Ils ont l’occasion de montrer que prévoir l’avenir et construire un nouveau monde ne dépend pas seulement de l’ex-première puissance économique mondiale », note ainsi Bertrand Meinnel dans LE COURRIER PICARD… « A quelque chose, malheur est bon », estime également Didier Rose dans LES DERNIERE NOUVELLES D’ALSACE : « En claquant la porte si vivement, Trump offre aux opinions mondiales l’occasion de se fédérer autour de l’urgence climatique. »

De son côté, le HUFFINGTON POST revient sur une enquête publiée dans le GUARDIAN… Les 22 sénateurs américains qui ont exhorté Trump à quitter l’accord de Paris ont touché, ces dernières années, 10 millions de dollars du lobby pétrolier… Un secteur pas spécialement fan des régulations imposées par Barack Obama pour limiter le réchauffement climatique… Et ceci pourrait donc, en partie, expliquer cela…

L’autre homme qui fait la Une ce matin, c’est l’astronaute Thomas Pesquet. On retrouve sa photo un peu partout dans les journaux… Téléphone à la main à la Une de CENTRE PRESSE, qui décrit un « atterrissage en douceur pour Thomas Pesquet »… Assis, les bras tendus à la Une du COURRIER PICARD, qui constate que Pesquet a désormais « les pieds sur terre ». « Pesquet a retrouvé le plancher des vaches », confirme LIBERATION CHAMPAGNE, tandis que L’UNION évoque « un retour en superstar »… Après six mois d’expédition, Thomas Pesquet et son collègue russe Oleg Novitski ont donc atterri sur une steppe du Kazakhstan, où ils ont été pris en charge par une équipe médicale… Une arrivée sans anicroche, mais il leur a fallu se réhabituer à la pesanteur – retrouver l’équilibre et comment coordonner leurs gestes, car leurs muscles ont fondu, notamment au niveau des jambes… Se réadapter à la vie terrestre : voilà désormais l’objectif, sachant que, comme le note à sa Une l’INDEPENDANT, Thomas Pesquet est aujourd’hui devenu « un excellent ambassadeur de l’exploration spatiale ». Lui également, d’ailleurs, c’est le roi des réseaux… Comme Cyril Hanouna… Comme Emmanuel Macron… 1 million 378.000 abonnés sur Facebook… 400.000 sur Instagram… 570.000 sur le réseau Twitter… Et il a très rapidement reçu les félicitations du président Macron…

Félicitations également d’AUJOURD’HUI LE PARISIEN, avec ce joli titre : « Merci Thomas pour le voyage ! » Et le quotidien d’expliquer pourquoi son aventure a autant passionné… « N’oublions pas qu’on sort d’une période politique particulièrement dure, avec une campagne électorale nauséabonde, analyse le sociologue Gérard Mermet… Durant ces derniers mois, Pesquet, avec ses qualités, son plaisir à communiquer, a fait l’effet d’une bouffée d’oxygène… Alors que l’avenir semblait sombre, il a montré, à sa façon, par sa capacité à s’enthousiasmer, que l’on pouvait être un petit Français tout en participant à de grandes choses », ajoute l’expert… « En tout cas, pour tous ceux dont l’envie était de ne plus patauger dans la glaise d’en bas, il est devenu celui qui prenait de la hauteur, celui qui avait la chance d’échapper à tout cela, tout en regardant loin devant… » Thomas Pesquet aurait de la sorte eu l’effet d’un remède antimorosité. Et il a même fait plus que ça, de l’avis du photographe écologiste Yann Arthus-Bertrand : « A lire ses messages, on le sentait touché par ce qu’il voyait de la planète, touché par ses splendeurs et ses fragilités. Ce qu’il a fait pour la Terre, c’est vraiment très bien », dit-il… Sans doute serait-il bon de tenter d’expliquer au président américain qui est Thomas Pesquet.

Pour le reste, le quotidien revient sur la polémique provoquée mercredi au tribunal de Nanterre. Lors d’une audience pour violence conjugales, et alors que le prévenu comparaissait pour « menaces de mort réitérées par conjoint », le juge a insisté sur le fait que la victime, l’épouse de l’accusé, ne respectait pas son « devoir conjugal »… Par trois fois, il y revenu. « Mais enfin, le devoir conjugal, ça n’explique plus », s’est émue l’avocate des parties civiles… « On est plus dans les années 60 ! » Le magistrat risque aujourd’hui des poursuites disciplinaires…

Enfin, dans la presse des Hauts-de-France, NORD ECLAIR et LA VOIX DU NORD, un sujet inquiétant, sujet qui désole les deux journaux… Ils s’alarment d’une espèce en voie d’extinction : ce sont les baraques à frites. Elles seraient de moins nombreuses… Une tradition qui serait donc en train de disparaître. Dès lors, nous lançons ce message : rendez leur grandeur aux baraques à frites !

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