Bonjour à tous… Cinq – Sept – Onze - Quinze – Vingt - Trois. Retenez bien ces chiffres, vous qui faites comme moi, partie des six milliards et demi d’êtres humains qui peuplent la planète. Cinq – Sept – Onze - Quinze – Vingt - Trois ! Non, ce ne sont pas les morts imputables à la responsabilité du virus de la grippe A, que psalmodient les medias. Cinq – Sept – Onze - Quinze – Vingt - Trois… Ce sont les six bons numéros du loto qu’il fallait cocher ce week-end, pour empocher la cagnotte de 19 millions d’euros. Cinq – Sept – Onze - Quinze – Vingt – Trois… plus le Un pour le numéro chance et vous aviez d’un coup, quatre fois, les revenus annuels du joueur de l’Olympique Lyonnais, Karim Benzema. Dix neuf millions d’euros ! Mieux qu’une retraite-chapeau, mieux que les 17 millions-record ramassés en février, par un couple de retraités provençaux… Et de quoi payer vos impôts sans frémir, contribuables mes frères, jusqu’au siècle prochain ! Quel est ce bienheureux ? Et qui a gagné cela ? Un joueur de Haute-Savoie qui a soixante jours pour se faire connaître des services de la Française des jeux et toucher son chèque, lourd de chez lourd, avant de provoquer le sourire du banquier qui va l’investir dans des produits d’avenir. Cinq – Sept – Onze - Quinze – Vingt – Trois… Le pire, c’est qu’il m’arrive à moi aussi de passer à Annecy et même d’y rêver à la façon de Cabrel : « Quand je serai fatigué De sourire à ces gens qui m’écrasent Quand je serai fatigué De leur dire toujours les mêmes phrases Quand leurs mots voleront en éclats Quand il n’y aura plus que des murs en face de moi J’irai dormi chez la dame de Haute-Savoie ». En attendant, sachez que pour une fois, les nouvelles de la presse sont bonnes. La grippe mexicaine qui nous a fait si peur, n’a rien à voir, avec la peste noire de 1346 qui a tué un Européen sur trois. Rien à voir, non plus, avec le choléra de 1832… la grippe espagnole de 1918 qui fit 50 millions de morts dans le monde, au lendemain de la guerre. Rien à voir avec la grippe de Hong-Kong dont nous eûmes à souffrir à l’automne 68. Pour l’instant, nous sommes dans les limites du SRAS… le symptôme respiratoire aigu sévère, qui parti de Chine en 2003, fit 500 morts dans le monde, et une victime en France. Quant à la grippe aviaire de 2005, fausse alerte elle aussi, qui conduisit les medias et les responsables de la santé publique, à guetter les canards et les cygnes atteints de mort suspecte… Le JOURNAL du DIMANCHE rappelle qu’elle fut une fausse alerte, qui aurait tué, entre 200 et 300 personnes sur la planète. Que tout cela ne nous empêche pas d’entendre ce soir, et dans les jours qui viennent, les conseils de précaution donnés par Roselyne Bachelot. Comme l’écrit en manchette, la VOIX du NORD, dimanche… « Mieux vaut prévenir que guérir ». Avis partagé par le COURRIER PICARD, qui considère que les prochains jours seront déterminants pour évaluer l’évolution de la pandémie et qu’en attendant la prudence est de mise. L’EST REPUBLICAIN de Nancy, se félicite quant à lui des réactions de la population inquiète, mais qui n’a pas paniqué… Contrairement aux autorités chinoises qui ont pris hier, des mesures de quarantaine… Et contrairement aux Egyptiens, qui ont abattu dans un premier mouvement, 250.000 porcs destinés à la conception des coptes chrétiens. Rassurant néanmoins, mon confrère lorrain titre : « La grippe semble être stabilisée ! ». Le JOURNAL du DIMANCHE lui fait écho, avec un titre, « sur les malades français qui se portent bien ». Idem au PARISIEN, qui titre sur les deux malades français officiellement porteurs du virus, qui vont bientôt quitter l’hôpital, s’il recense 658 cas avérés ou non, dans le monde. Il évoque d’une part, des bagagistes d’Orly qui boycottent les vols mexicains… et une employée d’une boucherie des Batignolles qui a répondu hier matin à une cliente : «Mais non, Madame, il n’y a pas de grippe porcine… c’est la grippe A… la viande de cochon n’a rien à voir là-dedans ». Concluons provisoirement avec la dernière dépêche de l’Agence France Presse ce matin. Une dépêche qui souligne que l’OMS continue de parler de pandémie imminente, avec un virus fragile mais imprévisible. Mais l’AFP rapporte aussi le dernier propos du ministre mexicain de la santé qui s’est félicité de voir une baisse des cas graves enregistrés. D’ailleurs, a-t-il déclaré, aucun nouveau décès n’a été enregistré à Mexico, ces dernières 48 heures. Prudence tout de même du Président Calderon pour qui entreprises et administrations doivent rester fermées pendant cinq jours. Bilan global de l’OMS, 15 pays touchés, 615 cas avérés… Mais on peut se faire peur en attendant l’automne, et en relisant cet été « la Peste » d’Albert Camus ou « Le Hussard sur le toit » de Jean Giono. Dans le premier roman magnifique, c’étaient des rats qui provoquaient la mise en quarantaine de la population d’Oran. Dans le second, c’était le choléra. Mais allez savoir pourquoi la presse, ce dimanche, se relance sur d’autres effrois… Dans NICE-MATIN, Georges-Marc Benamou chronique sur Bayrou-la-menace à cause des sondages qui le place près de Ségolène Royal et de son pamphlet « Abus de pouvoir ». A Montpellier, c’est le journal MIDI-LIBRE qui s’inquiète du danger que font planer les pesticides… Et à Mulhouse, le journal l’ALSACE évoque à son tour le rosé français, menacé par les vins coupés européens.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.