Bonjour à tous… et singulièrement aux poètes et paysans. Mais d’abord ce rappel destiné aux petits et grands ! « Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait Bien posé sur un coussinet, Prétendait arriver sans encombre à la ville. Légère et court vêtue elle allait à grands pas ; Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile, Cotillon simple, et souliers plats. Notre laitière ainsi troussée Comptait déjà dans sa pensée Tout le prix de son lait, en employait l’argent, Achetait un cent d’œufs, faisait triple couvée ; La chose allait à bien par son soin diligent. Il m’est, disait-elle, facile, D’élever des poulets autour de ma maison : Le Renard sera bien habile, S’il ne m’en laisse assez pour avoir un cochon. Le port à s’engraisser coûtera peu de son ; Il était quand je l’eus de grosseur raisonnable : J’aurai le revendant de l’argent bel et bon. Et qui m’empêchera de mettre en notre étable, Vu le prix dont il est, une vache et son veau, Que je verrai sauter au milieu du troupeau ? Perrette là-dessus saute aussi, transportée. Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ; La dame de ces biens, quittant d’un œil marri Sa fortune ainsi répandue, Va s’excuser à son mari En grand danger d’être battue. En ce temps-là, en effet, le fermier battait la fermière, et l’on n’en voudra pas au bon Jean de la Fontaine, d’en faire le constat. C’était en 1650, les temps ont changé. Mieux vaut noter sur nos agendas, que l’ouverture du Salon de l’agriculture, coïncide à quatre jours près, avec jeudi prochain, la journée internationale des femmes. De la même façon, l’inauguration du Salon de la porte de Versailles, par le Président de la République Jacques Chirac, précède de quelques heures, tout à l’heure, l’éclipse totale de lune, que nous pourrons observer, ce samedi, un quart d’heure avant minuit. Bonne occasion de marquer ce phénomène, d’une dévotion à Copernic, Giordano Bruno, et Galiléo… Sans oublier, Charles Trenet que l’ombre portée de Michel Polnareff hier soir à Bercy, ne doit pas nous cacher aujourd’hui. « Le soleil a rendez-vous avec la lune Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend Ici-bas souvent chacun pour sa chacune Chacun doit en faire autant La lune est là, la lune est là La lune est là, mais le soleil ne la voit pas Pour la trouver il faut la nuit Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit Le soleil a rendez-vous avec la lune Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend Papa dit qu’il a vu ça lui… » 23 heures 44… Eclipse totale de lune, ce samedi, visible à l’œil nu, sans les lunettes de soleil de Polnareff… Et dans un quart d’heure porte de Versailles, je le rappelle… Jacques Chirac au cul des vaches. Le cul des vaches, c’est le titre de l’éditorial de Gérard Dupuy, dans Libération aujourd’hui, avec ce rappel. « Depuis plus de 40 ans, Jacques Chirac, n’a pas raté dit-on, sauf une fois, un seul salon de l’agriculture. Eh bien, une dernière fois, ce matin, il ira palper le cul des vaches à titre officiel. Hélas, poursuit l’éditorialiste de Libération, pour les agriculteurs français, aussi, un cycle s’achève. Car notre agriculture n’est à l’aise, ni en France, ni en Europe, ni dans le monde. Minoritaires dans la population, nos paysans savent bien que les subventions européennes de la politique agricole commune s’ameunuiseront inéluctablement. Et même si la mondialisation offre des débouchés, les pressions de l’OMC, préfigurent la montée en puissance de l’agriculture des pays émergents… Et en plus, conclut Gérard Dupuy, Chirac s’en va ! » Stéphane Marchand dans Le Figaro, partage ce sentiment de l’éditorialiste de Libération quand il écrit que pour les exploitants, l’heure du retour à la réalité va sonner. Dans deux mois, le nouveau chef de l’Etat, écrit-il, qu’il s’appelle Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal, n’aura pas la même sensibilité agricole. L’Europe poursuit mon confrère du Figaro, va évoluer. L’Europe va évoluer jusqu’en 2013, la politique agricole commune continuera à déverser sur eux environ 9 milliards d’euros de subventions chaque année. 9 milliards ! Ensuite, c’est-à-dire demain, il faudra partager avec les nouveaux pays membres de l’Union, en particulier la Pologne, très gourmande. Préparons, conclut Stéphane Marchand ce choc en concentrant la production sur les cultures et les activités les plus rentables. Comment nier que, depuis dix ans, malgré un rebond en 2006, leurs revenus se sont étiolés. De plus en plus souvent, le conjoint est obligé de prendre un autre emploi, une révolution douloureuse pour le monde rural. Le malaise se lit dans les urnes. En 2002, ils avaient été 22 % à voter pour Jean-Marie Le Pen. En 2005, les agriculteurs étaient à 70% dans le camp du non à la Constitution européenne, eux qui ont tant reçu de Bruxelles ! Ne faisons pas, ajoute l’éditorialiste du Figaro, pour autant injure à nos agriculteurs : ils ne quémandent pas des aides, ils demandent du sens. Ils en ont assez d’être payés pour ne pas produire, d’être subventionnés pour entretenir les campagnes, en somme d’être devenus des fonctionnaires paysagistes. Quatre photos d’exploitants agricoles aujourd’hui illustrent la première page de La Croix. Celle de Claudine et Jacques, qui élèvent dans le Gers, des vaches de race blonde d’Aquitaine et des canards gras. Celle d’Odile, de Daniel et de Blandine qui privilégient dans le Cher la race charolaise. Et le quotidien chrétien de titrer ce matin… Au Salon, des paysans courtisés par tous les candidats à l’élection présidentielle. Ils vont défiler, souligne La Croix, dans l’espoir de convaincre, ces onze cent mille actifs, qui votent traditionnellement à droite, et dont le travail débouche sur une production, pesant 62 milliards d’euros. Au passage, « La Croix » rappelle, qu’aux élections des chambres d’agriculture, au mois de février dernier, la FNSEA et les jeunes agriculteurs ont obtenu 57 % des voix. La confédération paysanne (gauche) a reculé, un peu moins de 20 %. Dans son dossier, excellent dossier, La Croix indique aujourd’hui aussi, que c’est entre 1972 et 1974, que Jacques Chirac, s’est attaché définitivement les paysans… Et que c’est son sens de la convivialité avec les petites gens, qui a fait de lui, pour longtemps, une star des cours de ferme. On comprend mieux dans ces conditions la manchette de Libération : Paysans cherchent Président. Et aussi, le dessin de Philippe Delestre dans l’Est Républicain de Nancy. On y voit des vaches, des veaux, et des cochons en larmes, disant bye, bye, à Chirac qui s’en va. Billet comparable, d’Hélène Pilichovski dans le Dauphiné, et magnifique éditorial dans le Progrès de Lyon où je lis ceci : « Si les vaches votaient, Jacques Chirac serait président à vie. Parce que c’est à leur cul qu’il a fait sa réputation, et qu’il a gagné tant et tant d’élections. Mais conclut mon confrère du Progrès de Lyon, la vraie vedette du salon aujourd’hui, ce ne sera pas forcément Chirac, ce sera Titine, une rousse un peu enveloppée, elle pèse 850 kg, elle sourit sur l’affiche du Salon. Et Titine, vient du Limousin, forcément, comme le président de la République. Voilà les vedettes de la presse ce samedi… Ce sont encore et toujours, bien sûr, les candidats à l’élection présidentielle. Le Monde du week-end, titre sur François Bayrou. Lequel, s’il est élu, devrait créer un parti du centre et établirait la proportionnelle. Dans Le Figaro… Bayrou, encore ou plutôt son conseiller, l’ancien journaliste Philippe Lapousterle, (vous voyez, il n’y a pas que Cavada), Lapousterle qui fut autrefois, le Nicolas Demorand de Radio Monté Carl… Et dans Le Point… associé à SFR et Dell, un sondage, ce matin. Mais c’est un sondage particulier, puisque IPSOS, qui le réalise le fait évoluer quotidiennement jusqu’à l’élection. Donc tous les jours, on prend des mesures. Et le Point publie en fin de semaine la situation des candidats. Alors je vous donne le dernier sondage : Nicolas Sarkozy l’emporterait au second tour avec 54 % des voix face à Ségolène Royal qui serait à 46. Enfin, le plus intéressant, c’est quand même le premier tour… Si on votait demain, ça donnerait ça : Sarkozy en tête, 31 % des intentions de vote…il est un peu en baisse. Ségolène Royal, 25. Elle, elle perd un point. Tandis que François Bayrou conforte sa troisième position à 19 %. Il gagne un point. Et Jean-Marie Le Pen recule à 12 %. Et Loin derrière, loin derrière : Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, José Bové, Dominique Voynet, etc, etc. Vous voyez, je vous abandonne en vous disant que grosse fin de semaine pour François Bayrou, pas mal pour Sarkozy, un peu moins bien pour Ségolène Royal… Pour Bayrou, ça va bien parce que non seulement Duhamel a promis de voter pour lui. Patrick Sébastien a fait la même chose sur Canal Plus. Et Philippe Meyer sur France Culture, l’autre jour il a dit que les journalistes n’étaient pas courageux de ne pas dire pour qui ils allaient voter. Philippe Meyer, Sur France Culture, il a dit : moi, je voterai pour Bayrou… ça m’étonne un peu parce que, mon cher Philippe, est-ce que tu nous permets d’hésiter encore un petit peu ?

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