Bonjour à tous…. « Pour promener Mimi, ma petite amie Mimi et son jeune frère Toto, j’ai une auto ! Je l’ai payée 300 balles chez Monsieur Hannibal, le marchand d’occasions de la rue de Lyon. » Voilà ce que chantait Georgius en 1938, quand les Renault s’appelaient Celta, Viva ou Juvaquatre, les Peugeot 201, et les Citroën à chevrons, onze légère, les fameuses tractions qui rouleront longtemps, pendant la guerre et même après. Qui eut cru alors qu’un jour, ce n’est pas la voiture qui serait trop chère, mais le carburant qu’on met dedans. Qui eut imaginé qu’un ministre de l’Economie français, inviterait à la Toussaint 2007, ses concitoyens à utiliser leur voiture uniquement quand c’est vraiment utile. Si vous ne me croyez pas, achetez LE PARISIEN ce matin, et lisez en page 6, dans la rubrique Economie, le propos de Christine Lagarde, repris d’une déclaration de la ministre sur RTL. Madame, je vous ai si bien compris, que j’ai pris ma Mini-mini tout à l’heure, pour venir de Dreux à France INTER, en m’arrêtant chez un distributeur de carburant bon marché, comme vous nous le recommandez, histoire de gagner 15 à 20% sur mon parcours. Il faut, avez-vous dit, faire preuve d’intelligence. Et vous avez ajouté, que de votre côté, vous alliez tout faire pour empêcher les mouvements spéculatifs sur l’or noir…. Parce que selon vous, il n’y a pas de raison particulière d’avoir de telles hausses sur le brut, et de frôler pour le baril, le prix de 100 dollars. Bref, conclut LE PARISIEN, notre ministre de l’Economie va demander au directeur exécutif de l’Agence internationale de l’Energie, de les inciter – je cite – à en faire un peu plus… Si, si…s’il y a du brut disponible. A la veille de la Révolution française, les accapareurs stockaient le blé, pour qu’il augmente en juillet au moment de la soudure. Aujourd’hui, s’il faut en croire Christine Lagarde, ce sont les pays producteurs qui ne mettraient pas sur le marché, ce qu’il faudrait, ou alors les distributeurs, allez savoir. Mais nous, à l’autre bout, avec nos autos, nos bateaux du Guilvinec, et notre intelligence, quand le prix s’envole à la pompe, que pouvons-nous faire, sinon prendre le train ou compter. J’ai compté ce matin… Avec la presse, du FIGARO à L’HUMANITE, et ma propre calculette. D’abord un baril, à 100 dollars, comme disent les radios… ça ne nous dit rien, à la pompe, ça marche en litre, pas au baril, et on paie en euros. 1 baril de brut représente 159 litres, qu’il faut évidemment transporter, raffiner, distribuer. 159 litres à 100 dollars… Retenez ça, cela vous met le litre de brut à 0.62 dollar. Je convertis tout cela en euros… des euros forts, puisque le dollar est faible. Bref, il me faut donner à peu près 90 centimes d’euro, pour un litre de brut. Bigre, allez-vous penser, heureusement que le cours mondial du pétrole s’exprime en dollars, si on devait le payer en euros, ça nous couterait bonbon. Mais passons un instant le raisonnement, de particulier à particulier. Quand on paie à la pompe le SP 95, 1.30 euro. Et le gazole 1.14 euro, je paie quoi Mimi, je paie quoi Toto. Réponse dans L’HUMANITE ce samedi… 65% de taxes avec le Sans Plomb 95, et 55% sur le Gazole. Et L’HUMANITE de conclure sur l’aubaine pour Bercy et l’Etat, en oubliant que l’Etat, c’est nous aussi, avec ce titre : « L’essence au plus haut, c’est une aubaine pour le ministère de l’Economie… La flambée des prix du baril, répercutée directement à la pompe, coûte d’autant plus cher à l’usager que les taxes amplifient le mouvement de renchérissement. Au total, résume mon confère de L’HUMANITE, Ludovic Tomas, pour 100 euros dépensés en Super 95, par un automobiliste, l’Etat prélève 53 euros pour la Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) et 16 euros de TVA… En 2005, selon des statistiques, à la disposition de tous, la fameuse TIPP a rapporté 20 milliards d’euros à l’Etat. Et vous saurez tout, quand je vous aurais dit que cette manne financière représente la 4ème rentrée fiscale, derrière la TVA, l’Impôt sur le Revenu, et l’Impôt sur les Sociétés. Il ne convient pas de cacher non plus, que Laurent Fabius, sous Lionel Jospin, avait, afin d’alléger la facture des automobilistes… instauré la TIPP flottante (Quand ça monte, on me rend un peu). Mais Jean-Pierre Raffarin a supprimé cela en 2002. Finissons-en avec les chiffres pour aujourd’hui, en évoquant la colère des marins-pêcheurs, de Guilvinec à la Turballe, telle qu’elle s’exprime aujourd’hui, dans OUEST France, PRESSE OCEAN, SUD-OUEST… Sacré casse-tête pour le gouvernement, explique Jacques Camus dans son Point de vue de LA REPUBLIQUE DU CENTRE. Le FIGARO-ECONOMIE est inquiet lui aussi devant ce qu’il appelle « la grogne qui gagne les professionnels, dépassés par le coût du mazout nécessaire pour toute sortie en mer. » « Les marins-pêcheurs sont particulièrement exposés, écrivent Fabrice Amedéo et Frédéric de Monicault. Le carburant, c’est 20 à 30% de leurs dépenses, et ils réclament des aides d’urgence au gouvernement. » Au moins, les accents des gens de mer sont-ils émouvants, quand on sait ce qu’est leur métier et ce qu’il devient, avec les quotas et la raréfaction du poisson. Visconti dans La Terre tremble , a montré autrefois tout cela… Et avant lui, Victor Hugo, dans ce poème que nous avons appris tout petit… « Il est nuit, la cabane est pauvre mais bien close… » En entendant les marins-pêcheurs du Guilvinec tout à l’heure, je me rappelai l’histoire du forçat au bonnet mouillé par la tempête, qui rentre… La voisine est morte… elle a laissé deux enfants, Guillaume et Madeleine… et Jeannie son épouse, est allée les chercher… « Nous avions cinq enfants, dit-il, cela va faire sept… Déjà dans la saison mauvaise, on se passait de souper quelquefois… Comment allons-nous faire... Bah tant pis, ce n’est pas ma faute… C’est l’affaire du Bon Dieu…Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons… » Et elle, dit en ouvrant les rideaux : « Tiens les voilà. » Avouez que c’est autre chose que les pauvres gens prisonniers aujourd’hui à N’Djamena au Tchad, et surtout les pauvres enfants de l’Arche de Zoé. La presse est très critique sur les soupçons qui s’accumulent sur toute cette affaire. LIBERATION publie « les parents des orphelins qui témoignent». Puisque les gosses ne sont pas orphelins. Mais il ne faut pas oublier qu’en Afrique, on n’est pas aussi facilement orphelin qu’ici puisque le père et la mère sont remplacés par les oncles et tantes. LE FIGARO qui titre « Les soupçons s’accumulent sur l’Arche de Zoé »…. Et on cite en particulier un couple de Perpignan qui a porté plainte pour escroquerie. Et je conclurai avec l’éditorial du Francis Lachat dans LE COURRIER PICARD, « Au-delà du cas d’espèce de cette affaire, peut-être ne faut-il pas que l’on perde de vue l’essentiel du problème de départ, à savoir la situation au Darfour. Parce le Tchad reste l’un des pays les plus pauvres de la planète et des enfants meurent au Darfour chaque jour, comme on le sait aujourd’hui. Il ne faudrait pas que l’arbre de l’Arche de Zoé nous cache la forêt de la grande misère de certains pays d’Afrique.

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