Bonjour à tous. Kiosque à musique, kiosque à journaux, au fond c’est pareil. Un kiosque, c’est un pavillon ouvert de tous côtés, où la vie, la musique et l’actualité ne font que passer. Je m’étais proposé aujourd’hui de mêler le tout. De mixer paroles et musique, comme on le fait si bien à la radio. Aussi, Rio de Janeiro, qui accueillera les Jeux Olympiques de 2016, aurait mérité l’enthousiasme de Dario Moreno : « Si tu vas à Rio… n’oublie pas de monter là-haut, dans un petit village, caché sous les fleurs sauvages, sur le versant d’un coteau ». Si Obama et Chicago l’avaient emporté sur Madrid, Tokyo et Rio, je m’en serais remis bien sûr à Franck Sinatra : « Chicago… Chicago ». Il va de soi, que si l’on apprend ce soir la victoire du « oui » à l’Europe en Irlande, nous chanterons demain matin : « Un oranger sur le sol irlandais On ne le verra jamais Un jour de neige embaumé de lilas Jamais on ne le verra ». Kiosque à musique, kiosque à journaux, il y avait les deux autrefois à Vichy, face à l’Hôtel du Parc, où s’était réfugié le gouvernement de Philippe Pétain. Pétain qui fait cette semaine la couverture du POINT avec ce titre : « Quand la France aimait Pétain ». Double trouble, écrit Marc Lambron, à propos de ce qui reste du Maréchal dans la mémoire de la France mal remise du naufrage du 16 juin 1940. Dans son dossier bien illustré, François-Guillaume Lorrain, mon confrère du POINT, évoque le tube de l’époque : « Maréchal nous voilà », que chantèrent Andrex et André Dassary. Un tube qu’on apprenait aux enfants des écoles pour exalter la gloire d’un homme de 84 ans, qui fit avec Laval plus que céder aux exigences monstrueuses de l’occupant. Tu parles d’un hymne… visible et à pleure. « Une flamme sacrée Monte du sol natal Et la France enivrée Te salue Maréchal ! Tous tes enfants qui t’aiment Et vénèrent tes ans A ton appel suprême Ont répondu présent ». Bruno Frappat dans la CROIX, évoque opportunément ce samedi les enfants qui n’ont pas répondu présent, et dont les vies effacées dans les camps, n’ont pas laissé de traces. Dans sa chronique intitulée : « Fouilles au pays des ombres », le chroniqueur de la CROIX rend hommage aux survivants qui témoignent… et, je le cite, à tous ceux qui creusent, enquêtent et creusent dans les horreurs de la terreur, des camps et des charniers. C’est ce qu’a fait, écrit-il, notre consoeur Anita Rind. Pendant 30 ans elle a cherché la trace des dizaines de membres de sa famille, victimes de la Shoah. Elle a retrouvé 37 noms : des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des médecins, des commerçants. Son petit livre autobiographique qui a été publié à compte d’auteur, porte un titre sobre : « Ainsi étions-nous ». Si un éditeur veut publier ce mémorial de papier, fruit de son labeur, qu’il nous appelle. On lui fournira volontiers l’adresse d’Anita Rind. Chansons gaies, chansons tristes, s’élèvent parallèlement des kiosques à musique, des kiosques à journaux et des radios. On a appris ce matin la mort de Marek Edelman, dernier survivant des commandants de l’insurrection du ghetto de Varsovie. Adolescent, il avait voulu mourir debout, les armes à la main, contre les nazis qui déportaient les siens, parce qu’ils avaient commis le crime d’être nés juifs. L’insurrection du ghetto fut écrasée et 55.000 juifs polonais furent tués ou déportés lors de l’échec du soulèvement. On commémore cette insurrection chaque année à Varsovie. L’an passé, Bernard Kouchner éleva au nom de la France, Marek Edelman au rang de commandeur de la Légion d’honneur. Les journalistes ont quelquefois la chance de pouvoir assister à l’événement. C’est ainsi que j’ai vu et entendu Kouchner, dire au dernier commandant survivant du ghetto : « Marek, pour certains d’entre nous, tu es notre modèle, notre héros, notre résistant obstiné. Celui qui dit non ». L’Agence France Presse, précise la biographie d’Edelman, elle dit en particulier… « Né le 1er janvier 1919 à Homel, à l’époque dans l’Est de la Pologne et cardiologue à Lodz après la Seconde guerre mondial. Il rejoignit l’opposition démocratique et Solidarité, et fut interné en vertu de la loi martiale de décembre 1981 dirigée contre le mouvement. Sa femme, Alina Margolis-Edelman, travailla comme infirmière dans le ghetto de Varsovie puis devint pédiatre après la guerre. Avec leur fils, Alexandre, et leur fille, Anna, elle quitta la Pologne pour la France à la suite des purges antisémites de 1968. Elle mourut à Paris en mars 2008. Mais Marek Edelman ne voulut jamais quitter la Pologne. « Lorsque vous êtes responsable de la vie de quelque 60.000 personnes, vous ne partez pas et vous n’abandonnez pas leur mémoire », avait-il confié à l’Associated Press. Le Kiosque à journaux est un pavillon ouvert. Riche et varié comme l’actualité. Florilège : le FIGARO en trois photos de une : « Première vidéo du soldat Shalit trois ans après son enlèvement par le Hamas ». « Les robes de Dior qui tournent ». « Suicides à France Télécom : les psychiatres divisés ». Dans le PARISIEN le témoignage d’un violeur : « Pourquoi j’ai choisi la castration chimique ». L’HUMANITE : « Que reste-t-il de la révolution chinoise ? ». Le JOURNAL du DIMANCHE titre : « Amour, adultère et divorce… Le SMS, meilleur ennemi des couples ». Le NOUVEL OBSERVATEUR : « Le travail qui fait mal ». L’EXPRESS : « Logement, les privilèges de la République… Où sont logés les ministres ». Dans VALEURS ACTUELLES : « Déficits publics, l’explosion ». Le baromètre d’octobre 2009 du FIGARO MAGAZINE : Pour chacune des personnalités suivantes, souhaitez-vous lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir ? Bernard Kouchner : 45 Dominique Strauss-Kahn : 40 Rama Yade : 39 Bertrand Delanoë : 38 Jean-Louis Borloo : 37 Frédéric Mitterrand : 37 Michèle Alliot-Marie : 35 Martine Aubry : 35 Daniel Cohn-Bendit : 32

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