Bonjour à tous… Nuit blanche. Matin blême et Noir Désir. Voilà pour les titres ! Ne reste plus qu’à s’efforcer de séparer les faits des commentaires. Dans la rubrique « Rock à Bègles », SUD-OUEST Dimanche s’intéresse au public, qui s’est pressé en masse hier au retour de Bertrand Cantat sur scène. Le chanteur de Noir Désir n’était plus apparu depuis la mort, il y a 7 ans, de sa compagne Marie Trintignant. Marie, il faut le rappeler, victime des coups qu’il lui avait portés lors d’une dispute violente à Vilnius en Lituanie. Hier soir, à Bègles, sa dette payée à la société, Bertrand Cantat, devant une salle comble, a déclaré d’entrée : « Ca fait plaisir de se retrouver avec des amis, à la maison ». Puis il a chanté trois chansons avant de s’éclipser, rapporte ce matin l’Agence France Presse. Une d’Iggy Pop : «Search and Destroy ». L’autre, en duo avec Romain Humeau du groupe Eiffel : « A tout moment la rue », avant de conclure sur une reprise « du Temps des cerises ». Le PARISIEN Aujourd’hui met ce matin l’événement à la une de son site en ligne, avec photo et titre-constat : « Bertrand Cantat longuement acclamé pour son retour sur scène ». Voilà pour les faits. En ce qui concerne les commentaires nombreux dès avant-hier sur les radios périphériques, la presse dominicale s’est attachée à les éviter. On peut néanmoins se demander s’il ne conviendrait pas de penser un instant aux Trintignant : Nadine et Jean-Louis, avec le poème d’Eluard : « Comprenne qui voudra ». Georges Pompidou, l’avait cité autrefois, en réponse à la question d’un journaliste qui l’interrogeait sur le suicide de Gabrielle Russier, la jeune prof de lettres, condamnée pour avoir aimé un de ses élèves, dans la fièvre de mai 68. « Moi mon remords ce fut La malheureuse qui resta Sur le pavé La victime raisonnable A la robe déchirée Au regard d’enfant perdue Découronnée, défigurée Celle qui ressemble aux morts Qui sont morts pour être aimés Une fille faite pour un bouquet Et couverte Du noir crachat des ténèbres ». Nuit blanche, matin blême… C’est une autre star qui fait la une du JOURNAL du DIMANCHE… Johnny Hallyday accusant un chirurgien de l’avoir trahi ! Mais curieusement, c’est à la page onze du grand journal dominical que l’on s’arrête, sur le cri d’alarme des mandarins de l’hôpital public, effrayés par ce qu’ils vivent comme une paupérisation de leurs services. Nous sommes, disaient-ils, à Cochin vendredi, contraints de faire tourner nos services avec des bouts de chandelle. Or, rappellent mes consoeurs du JOURNAL du DIMANCHE, l’Assistance Publique, c’est 10 % de l’hôpital en France et 30 % des praticiens. Parmi eux le professeur Bernard Debré, député UMP de Paris et chef de service d’urologie à Cochin. Question du JOURNAL du DIMANCHE au professeur, qui opéra Mitterrand autrefois… « Vous partagez les inquiétudes du mouvement de défense de l’hôpital public. Pour un élu UMP, ce n’est pas banal ». Réponse de Bernard Debré : « Je suis Sarkozyste et je le reste. Mais je ne demande pas la carte de militant à mes patients avant de les soigner. Est-ce ma faute si je constate qu’il y a une ambiance épouvantable à l’Assistance publique. Manque de moyens. Vétusté. Grèves perlées. On ferme des lits, des blocs, on reporte les interventions. C’est l’hôpital public qu’on assassine ! Vingt ans d’erreurs politiques. Et aujourd’hui un bateau ivre qu’il faudrait ramener au port. Trop facile d’accuser les mandarins. Nous voulons bien revoir notre organisation. Ce que nous rejetons, c’est la logique comptable. Avant de faire des économies, il faut restructurer ! » Et s’il n’y avait que le professeur Debré pour crier ! Hier, le vent du mouvement contre la réforme des retraites soufflait fort, à Paris, comme à Toulouse, et à Marseille comme à Grenoble. La DEPECHE-Dimanche, qui fête ce week-end ses 140 ans, titre sur la rue qui ne faiblit pas, avant de consacrer quatre pages aux manifestations et de chiffrer bizarrement, je cite : « Entre 125.000 et 28.000 manifestants à Toulouse ». Le DAUPHINE-Dimanche titre sur la bonne vieille querelle des chiffres, syndicats-police, avant d’affirmer qu’à Grenoble, il y avait plus de monde ans les rues que le 23 septembre dernier. 45.000 ! 15.000 à Perpignan, selon l’INDEPENDANT-CATALAN. 20.000 au Mans, pour le MIDI-LIBRE… 25.000 à Montpellier. Mobilisation forte et familiale, samedi réussi, à Nevers et dans le Morvan selon le JOURNAL du CENTRE. Mobilisation intacte à Clermont-Ferrand, souligne LA MONTAGNE-Dimanche… Jusqu’à NICE-MATIN, pour qui le mouvement n’a pas faibli. Le JOURNAL du DIMANCHE se contredit un peu, d’une page à l’autre, à partir du grand écart syndicats-gouvernement. Les premiers recensent près de 3 millions de manifestants dans tout le pays, et le second, un peu moins d’un million. Selon mes confrères, une question se pose aujourd’hui, 48 heures avant le débat sur la réforme au Sénat : « Quelles suites, pour un mouvement qui stagne… après ce qui fut (selon le JOURNAL du DIMANCHE) la manif de la dernière chance ». Question subsidiaire du JOURNAL du DIMANCHE… « Sénateurs et ministres concernés, vont-ils assouplir une réforme qui passe mal ? ». Réponse, la semaine prochaine et le 12 octobre, puisque les syndicats préparent une nouvelle grève et de nouvelles actions. En attendant, Jean-Pierre Raffarin met en garde le gouvernement et déclare que Nicolas Sarkozy, François Fillon et Eric Woerth n’ont pas le droit de mésestimer la contestation sociale. Qu’ils ont un devoir de compréhension. Certes, ajoute-t-il, il ne faut pas renoncer à la réforme parce qu’elle n’a pas été appréciée, mais il faut sauver le système de la retraite par répartition. Trouver des alliés. Dur, dur ! Selon le MONDE daté dimanche-lundi qui met l’accent sur la mauvaise passe que traverse Nicolas Sarkozy. Selon l’institut TNS-Sofres, la cote de confiance du Président est au plus bas. Son offensive sécuritaire lui a fait gagner quelques points à l’extrême droite et lui en a fait perdre au centre. D’où cette manchette : Réforme des retraites… offensive sécuritaire, ça ne va guère : Monsieur Sarkozy ne peut être réélu en 2012 sans tous ses soutiens. Et Plantu d’ironiser d’un dessin, où l’on voit le brésilien Lula et sa dauphine Dilma Roussef, hilares et vainqueurs, avec ce chiffre… 4 % des Brésiliens seulement mécontents… Tandis que Nicolas Sarkozy défie face à eux le monde avec ce chiffre… 72 % des Français, mécontents de Sarko. Jusqu’à Georges-Marc Benamou, qui, évoquant les scènes de rupture sous la Vème République, écrit dans sa chronique de NICE-MATIN, qu’il y a rejet de Nicolas Sarkozy et promotion gagnant-gagnant pour François Fillon. Encore faut-il renvoyer tous les camps, au penseur britannique du Labour, Will Hutton, qui analysant dans le MONDE, daté dimanche-lundi, la politique française d’aujourd’hui, écrit que dans tous les camps on se trompe, à gauche comme à droite, dans l’affaire des retraites… Tout le monde se met le doigt dans l’œil en quelque sorte.

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