Bonjour à tous… « Tous les jours de la semaine, je lis LIBE auquel je suis abonné. Puis le FIGARO, puis le PARISIEN et enfin les ECHOS. Et tous les jours je m’arrache les cheveux et promet de me désabonner d’un canard qui m’agace et dont je ne peux me passer ». C’est le professeur Bernard Maris, journaliste à France Inter et Charlie Hebdo, qui donne ainsi ses goûts de lecteur dans le JOURNAL du DIMANCHE en insistant sur sa vieille liaison faite d’amour et de haine pour LIBERATION. D’abord, dit-il, ces gens ne savent pas écrire et puis que signifient ces éditions du LIBE des philosophes, des écrivains, des artistes ? Pourquoi pas le LIBE des plombiers, des assureurs, des infirmières. C’est quoi cette attitude germanopratine, ce petit air malin et pour tout dire, de gauche un peu vaniteuse, du genre « Nous, on vous fait passer l’information nappée de crème intellectuelle ? ». Audacieux non, dans un pays où il ne fait pas bon taper sur un média, quel qu’il soit. Mais le camarade Maris n’a peur de rien. La preuve, il poursuit dans sa chronique du JOURNAL du DIMANCHE, en tapant d’un même mouvement sur Hubert Védrine, Alain Minc, et tous ceux qui s’effraient de la transparence, façon WikiLeaks. Est-ce la peine, écrit-il, de faire un fromage de la divulgation des documents secrets américains ? Est-ce la peine de crier, c’est la dictature de la transparence ! C’est Pol Pot ! C’est du fascisme. C’est Oswell. Un mensonge vaudrait-il mieux que la vérité ? Et bien non, s’écrie Bernard Maris, dont les idées sont claires en matière d’information. Tout sur la table. Et vive la transparence en économie, ou sur l’attentat de Karachi. Et Maris d’insister sur le secret qui ne sert que les puissants, le pouvoir et ses sbires. Et tant pis pour Hubert Védrine qui a osé déclarer sur France Inter, qu’on ne pouvait pas tout dire devant les enfants ! Certes conclut mon confère iconoclaste… « Ce qu’on ignore ne fait pas mal … comme dit un proverbe anglais, mais ce qu’on dit à demi-mot blesse à hurler ! Et ce n’est pas, parce que selon Roland Barthes – la langue est fasciste – qu’il faut s’interdire de parler ! ». Bruno Frappat dans LA CROIX, est en désaccord total avec ce point de vue et réplique dans une chronique intitulée « Révélations et civilisation ». Bonne chance, écrit-il et bonnes fouilles à tous ceux qui auront le temps et l’envie de mettre le nez dans ce tas énorme de révélations déversées sous nos yeux et dont se dégage des odeurs tenaces. Depuis quelques décennies, poursuit Frappat, l’activité journalistique devient une tâche de retournement des apparences et de chasse au dissimulé. On veut tout savoir. Que l’on nous révèle enfin ce que Poutine pense secrètement de Sarkozy et inversement. Que l’on nous dise tout, des frasques de Berlusconi. Avec s’il vous plait, enregistrements sonores et vidéos. On veut tout voir. On veut être partout où des puissances s’exercent et s’expriment. Même si, affaiblir aujourd’hui la seule Amérique, mais pas l’Iran, pas la Chine. C’est étrange, n’est-ce pas ? Et le chroniqueur de LA CROIX de rappeler le temps pas si lointain où le journal LE MONDE qui vient de publier les documents volés à l’administration américaine avait chassé de sa rédaction un journaliste de talent. Celui-là, dont nous tairons le nom, avait dérobé par le regard un document sur les drôles de manière de l’industrie pétrolière. Aujourd’hui, écrit Bruno Frappat, le journaliste en question serait promu et invité sur tous les plateaux de télévisions. Et il conclut : « Drôle de monde, que celui où tout le monde écoute tout le monde. Et où l’on ne peut plus se plaindre d’un vol, puisque tout le monde s’autorise à voler. Le malin est celui qui vole le plus, ou qui pêche le plus gros poison. La transparence y gagne, mais perdent la liberté et la civilisation. On a envie de hurler : « Halte au feu ». Mais qui dans la tempête entendra ? Vous, moi peut-être et beaucoup d’autres qui se souviennent de ce qu’il advint un jour de Blum matraqué dans la rue, de Roger Salengro, de Pierre Bérégovoy et de tant d’anonymes victimes de rumeurs et de faits mal établis. Peut-on à cet égard, lire bien au chaud ce que l’hebdomadaire MARIANNE appelle « la chute du couple Kouchner-Ockrent » avec en couverture, quatre sous-titres à charge. Comment Christine espionnait son patron. Comment Bernard protégeait son épouse. Comment ils ont naufragé France 24. Dans sa chronique, Jean-François Kahn, se garde pour sa part d’ajouter quoi que ce soit, à l’acte d’accusation ainsi dressé. Même s’il écrit… « Vive les feuilles de vigne », avant d’expliquer « que l’histoire des nations nous a appris que la vérité est sale et les apparences douces et trompeuses ». « Même ce que nous savons, nous ne voulons pas le savoir. Même ce que personne n’ignore, nous voulons l’ignorer ». Et Jean-François Kahn de rejoindre Bernard Maris à propos de WikiLeaks, quand il conclut : « Il s’agit bien d’une réhabilitation de la feuille de vigne. Tout le monde sait ce qu’elle cache, sauf ceux qui n’ont jamais rien vu. Qu’importe. Voilons les zizis, y compris les zizis diplomatiques. Ah, cachez ce sexe ou ce sein que je ne saurais voir ! Triomphe posthume du Tartuffe. Côte d’Ivoire. La presse est mal à l’aise et craint un dénouement violent avec cette élection paradoxale qui désigne deux Présidents. Espérons que la manchette du JOURNAL du DIMANCHE sur le risque d’embrasement et l’affrontement possible, des partisans du vainqueur Alassane Ouattara et des supporters de Laurent Gbagbo, président auto-proclamé sera commentée. Le Conseil de sécurité, Obama et Sarkozy ont choisi et s’efforcent d’éviter le pire. Le PARISIEN titre néanmoins sur la Côte d’Ivoire sous haute tension. Mais l’HUMANITE et le FIGARO semblent s’accorder quand le quotidien communiste parle de « putsch », en reprenant la dénonciation d’Alassane Ouattara. Le FIGARO renchérit en protestant contre le hold-up électoral de Gbagbo. Reste la glace et une idée de cadeau de Noël. Etant entendu que je reviendrai sur les magazines, l’EXPRESS, le NOUVEL OBSERVATEUR, le POINT demain matin. Avez-lu le livre de Vincent Nouzille intitulé : « Dans le secret des Présidents ». Ce livre vient de sortir. On en apprend beaucoup plus, sur les secrets de la diplomatie et là, c’est le travail d’un journaliste qui a recoupé ses infos. On en apprend beaucoup plus qu’avec WikiLeaks. C’est un livre sorti il y a un mois. Excellent !

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