Bonjour à tous… Il reste 80 jours d’ici le premier tour de l’élection présidentielle fixée au 22 avril prochain. 80 jours, c’est long, c’est court pour une campagne électorale que certains voient démarrer le 11 février, tandis que d’autres annoncent l’arrivée d’un troisième homme, face à Ségolène Royal « qui patine » et Nicolas Sarkozy « qui ratisse. » La formule est de Jean-François Kahn, lequel Jean-François Kahn considère dans « Marianne », que l’on a vu jusqu’à présent un drôle de match opposant un joueur de tennis professionnel à une joueuse de ping-pong amateur. Résultat, selon lui, il y une béance entre le Ministre de l’Intérieur dont la côte reste stable malgré les réticences qu’il suscite, et la candidate socialiste engagée dans une campagne indécise, et sans aucune ligne de force. Bref, dans le trou, le creux, la béance constatée entre le candidat de la droite, et la candidate de gauche, il y aurait place pour François Bayrou. Guillaume Tabard, s’interrogeait hier sur ce point dans Le Figaro… Bayrou peut-il être élu Président de la République ? Il y a peu, ajoutait-il, le simple fait de poser la question aurait fait sourire. Aujourd’hui, même si l’hypothèse, n’est pas la plus crédible, force est de constater que les sondages mettent François Bayrou, au-dessus de 10 %, parfois devant, et parfois derrière Jean-Marie Le Pen. Et le rédacteur en chef adjoint du Figaro de se demander, si au bout du compte, Bayrou ne pouvait pas rééditer le coup victorieux de Chirac en 1995 ou connaître, la déconfiture de Chevènement en 2002. Avec Bayrou tout est possible… assure au contraire Nicolas Domenach dans « Marianne », même si les observateurs de droite et de gauche certifient, que la bulle Bayrou fera pschitt, au mois d’avril. « Et si c’était lui », qui ferait émerger le centre poursuit mon confrère de « Marianne », avant de noter que Bayrou et son exigence de République démocratique honnête, suscite des soutiens parfois inattendus. Et Domenach de conclure… « François Bayrou avance calmement à son rythme. Jusqu’à présent, il s’est opposé. Il va proposer le programme du centre. Un programme qu’il peaufine actuellement en s’inspirant de Vaclav Havel, le tchèque : « Patience… patience…les impatients sont comme des enfants, qui pour faire pousser les arbres plus vite, tire sur leurs feuilles. » Raymond Barre, dont le journal du Dimanche nous dit qu’il suit la campagne électorale de son domicile de Saint-Jean Cap Ferret en Gironde… Oh, la belle bourde médiatique ! Mes confrères du Journal du Dimanche ont confondu, le Cap Ferret, et Saint-Jean Cap Ferrat dans les Alpes Maritimes. Monsieur Barre, UDF, qui publie un livre intitulé l’Expérience du Pouvoir, fait curieusement savoir aujourd’hui, dans le JDD, qu’il aurait pu gouverner avec les socialistes. D’où la question de Virginie Le Gay, à l’ancien Premier Ministre… Que pensez-vous, Monsieur Barre, du positionnement ni gauche, ni droite de François Bayrou… « Je suis sur ce point, d’accord avec François Bayrou, répond Monsieur Barre. Si j’avais été élu en 1988, je n’aurais eu aucune objection à gouverner avec des socialistes. J’ai toujours pensé qu’une UDF forte avait vocation à être une force d’équilibre entre les dérives dangereuses de la gauche ou les attitudes excessives de la droite. Mais, quand on appartient au centre, il ne faut jamais rompre avec sa majorité. Si l’on refuse l’alliance, on prend le risque de l’isolement. Intéressant ! Question subsidiaire de ma consœur du Journal du Dimanche à Monsieur Barre, à propos d’un 3ème homme éventuel… un autre, pas François Bayrou… « Jacques Chirac, demande-t-elle, pourrait-il se représenter… ? » Fine réponse de l’observateur de Saint-Jean Cap Ferrat… « Jacques Chirac n’est pas homme à renoncer facilement au pouvoir. Il a montré de 1981 à 1995 sa volonté tenace de le conquérir. Je ne serais pas étonné qu’il soit, une fois encore, candidat, et voici la réserve : s’il pense qu’il a la moindre chance d’être élu. Eh bien, deux lectures politiques encore. Dans Le Parisien, ce matin Jean-Pierre Chevènement épingle sévèrement, très sévèrement Nicolas Sarkozy, et applaudit vigoureusement, très vigoureusement Ségolène Royal. « Elle a eu dit-il, un excellent mois de décembre. C’est seulement depuis le 15 janvier dernier, que Monsieur Sarkozy marque provisoirement son avantage. » J’ai vu Ségolène Royal mercredi en tête à tête : elle se tient tout à fait ferme et droite dans sa démarche. Elle a conservé tout son sang-froid, sa bonne humeur, son humour. Je lui fais confiance pour s’affirmer dans cette bataille qui est une bataille de mouvement. Pour bien des électeurs de gauche, s’interroge tout de même Dominique de Monvalon, les choses ne sont pas aussi claires et nettes que vous le dites. Réponse de Jean-Pierre Chevènement au Parisien : « Madame Royal a choisi dans une première phase de privilégier l’écoute à travers des débats participatifs. Le 11 février, elle fera ses premières propositions, et lancera l’offensive, à la fois dans la critique et dans la proposition. Elle s’exprimera au fond, car c’est une femme qui a du fond. La situation ajoute-t-il, me fait penser à ce formidable film « Alexandre Nevski ». Vous vous souvenez ? C’est toujours Chevènement qui parle : « On voyait l’armée des chevaliers teutoniques s’avancer sur le lac gelé avec des airs terribles. Je vois le grand maître casqué de cet ordre. Il est aussi terrifiant que Monsieur Sarkozy. Et comment ça s’est terminé ? Le poids des chevaliers sur leurs montures lourdement caparaçonnées a fait craquer la glace, et tous ont été emportés. Et bien, Madame Royal est aujourd’hui dans la situation d’Alexandre Nevski. Elle attend patiemment un adversaire trop sûr de lui. Et pour faire bon poids, le même Jean-Pierre Chevènement d’ajouter… Monsieur Sarkozy, qui parle de la valeur travail, veut supprimer l’ISF, et l’impôt sur les successions. Il est le candidat du grand capital financier mondialisé, et il ose récupérer Jean Jaurès et Léon Blum. » Et oui, mais à qui la faute, réplique Jacques Espérandieu dans son éditorial du Journal du Dimanche… Le terrain est libre à gauche, puisque l’entrée en lice de la candidate socialiste n’a pas été réussie. Dix sondages, depuis l’investiture de Nicolas Sarkozy et dix « victoires » pour le candidat UMP. Victoire entre guillemets. Alors, poursuit Espérandieu, le candidat de droite s’enhardit, il pousse son avantage, il s’approprie la « valeur travail ». On l’attendait sur la sécurité, il se précipite, à l’aube, dans les usines, les prisons pour femmes ou les urgences d’un hôpital ordinaire. Il lance, lyrique, des appels répétés aux ouvriers, invoque les mannes de Blum et Jaurès. Et ça marche. Certains « milieux populaires » comme on dit, accueillent avec intérêt ses envolées sociales. Et leur défection, annoncée par les sondeurs risque de s’ajouter à celles de représentants du corps enseignant, traditionnel bataillon de gauche, mais cette fois écartelés, oui, entre la drague spectaculaire du candidat de droite. Alors, la presse régionale, a propos de cette drague de Nicolas Sarkozy sur les enseignants reproduit la colère de Gilles de Robien… Vous savez que Gilles de Robien est en voyage en Chine, il est en déplacement, il a tancé Nicolas Sarkozy en disant : « Je n’accepte pas qu’on parle de faillite et de désastre quand il s’agit du travail des enseignants : ce sont des propos très inspirés, maladroits. Moi, moi, j’ai fait beaucoup de réformes depuis que je suis ministre de l’Education depuis vingt mois ! » Et Jacques Dion dans « Marianne », s’en prend lui aussi, mais à la mode Jaurès… Jaurès cité par Nicolas Sarkozy… et aussi par Madame Laurence Parisot, patronne du Médef… Et Jacques Dion dit : c’est curieux quand Madame Parisot, a cité Jaurès, elle a cité : « Il n’y a de classe dirigeants que courageuse. » Seulement voilà, ajoute Jacques Dion, elle a oublié la suite de Jaurès qui disait : « A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité, en prenant sur soi les dangers. » En voilà une leçon de choses, écrit Jacques Dion, citant complètement, lui, Jean Jaurès. Alors est-ce qu’il faut changer les mots… eh oui, lisez dans le Monde la page 3 … sur la campagne présidentielle qui est aussi une affaire de voix… Il faut chuchoter désormais à l’oreille des électeurs et je lis ceci. C’est le conseil du professeur de diction du cours Simon qui est coach d’interprétation auprès de professionnels de la télévision. C’est une femme, elle s’appelle Christine Dia. Elle dit : « vous avez vu le timbre de Nicolas Sarkozy ? Il est resté le même mais la voix est placée différemment, et elle ajoute, instinctivement Nicolas Sarkozy parlait sur les molaires. Désormais, il parle sur les dents de sagesse. La tonalité est donc différente. » Et sur Ségolène Royal, la même Madame Dia dit : Vous avez vu, elle Détache soigneusement mots et syllabes, elle impose un phrasé de métronome, presque traînant, c’est assez inhabituel dans l’univers politique actuel. C’est très singulier. Ca s’est dans le Monde. Et dans le supplément Radio Télé du Monde… Je lis… N’écoutez pas Jean-Pierre El Kabbach, ça va vous faire de la peine… parce que je lis : « La bonne rentée de RTL et de France Inter et la moins bonne rentrée d’Europe numéro 1… » C’est Martine Delahaye qui écrit ça pour les derniers sondages et elle dit : « si Europe-1 voit s’effriter sa part d’audience et sa durée d’écoute, il n’en va pas de même pour France Inter. Après quatre d’érosion douce de son audience, la radio publique repart à la hausse et récupère sa part de marché il y a un an, c’était 8,8 %... Non, non, c’est maintenant ! « Beaucoup de travail reste encore à faire insiste Monsieur Schlesinger, mais si les tranches 16 heures 18 heures sont à revoir… les tranches du matin avec Demorand, ça marche du feu de Dieu. Bref, tout le monde est content…

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