C’est ce qu’on se dit à la lecture de l’agenda politique du week-end.

Trois candidats à l’Elysée sont attendus d’ici demain dans la capitale des Gaules. Ce samedi : les discours de Madame Le Pen et de Monsieur Macron. Et, demain, ce sera au tour de Monsieur Mélenchon. Double-meeting pour celui-ci : il sera en chair et en os à Lyon, devant 7.000 personnes, et au même moment, virtuellement à Paris, aux Docks d’Aubervilliers, grâce à l’hologramme que son équipe a mis au point. Emmanuel Macron, lui, c’est devant 10.000 personnes qu’il devrait prendre la parole. Quant à Marine Le Pen, ce sera surtout devant les cadres du FN.

Mais pourquoi ces trois-là ont choisi de se rendre à Lyon ?

C’est la question que pose, ce matin, Etienne de Montety dans les colonnes du FIGARO, et pour répondre, il s’en réfère à l’étymologie : Lyon doit son nom au dieu gaulois LUG. Mais elle partage en prime avec le célèbre félin une flatteuse homonymie. Au XIXème siècle, un lion désignait ‘un personnage à voir’, un personnage évidemment ‘superbe et généreux’.

Et en voici donc trois qui descendent ce week-end dans l’arène, tous les trois fins prêts pour une joute électorale féroce et tous les trois aspirant à devenir le roi des animaux. Cela dit, qu’ils se méfient, note le chroniqueur : l’expérience a montré qu’on ne pouvait pas s’en remettre entièrement au crédit lyonnais. Et si, dans le combat qui les voit s’opposer, tous les trois veulent évidemment se tailler la meilleure part, sachez qu’à Lyon, la meilleure part ne s’appelle pas la part du Lyon : « on l’appelle la part Dieu ».

Le lion Mélenchon, c’est donc demain qu’il s’exprimera

Et peut-être reviendra-t-il sur les propos qu’il a tenu cette semaine dans un journal consacré, justement, à Dieu : l’hebdomadaire FAMILLE CHRETIENNE. « Avec la Manif pour tous, je fais le pari positif du malentendu. » : une citation mise en exergue par LIBERATION, qui s’étonne de la teneur de cette interview accordée par le leader de la France Insoumise à l’hebdomadaire catholique connu pour être assez réac…

Comme l’écrit le journal, « le candidat y multiplie les appels du pied, et manie l’ambiguïté avec un jésuitisme consommé ». « Je suis de culture catholique, je connais la maison », rappelle-t-il d’ailleurs dans le titre. Mais, dès lors, « Qu’a-t-il envie de dire aux militants de la ‘Manif pour tous’ ? » l’interroge l’hebdo - ceux qui, rappelle LIBE, ont participé à des cortèges homophobes. « Aucun responsable politique ne peut passer à côté du phénomène qu’a attesté ce mouvement.

C’est un phénomène social, autant que spirituel, qui exprime des convictions profondément enracinées dans notre peuple », répond Jean-Luc Mélenchon. Avant donc, de faire, je cite, « le pari du malentendu positif ». « La reconnaissance des couples homosexuels à l’état civil n’est pas le sacrement reconnu par l’Eglise. Nous ne parlons pas de la même chose, bien que l’utilisation en commun du mot ‘mariage’ prête à confusion. »

A l’en croire, résume LIBERATION, les militants de la ‘Manif pour tous’ auraient ainsi, tout simplement, été choqués par une banale confusion linguistique. Autre commentaire : « Mélenchon ratisse large ».

Mais les autres, eux aussi, cherchent à ratisser large. Notamment les deux lions qui vont s’exprimer ce samedi

« Macron et Le Pen veulent profiter de la crise à droite. » C’est le titre à la Une du FIGARO ce matin… Journal dans lequel Guillaume Tabard nous explique que ce duel à distance pourrait avoir « un avant-goût de finale ». Une finale Macron-Le Pen ? Aujourd’hui, et compte-tenu des tout derniers sondages, le scénario n’a rien d’impossible. Or, estime l’éditorialiste, « Un tel choc ne relèverait pas simplement de l’arithmétique. Il traduirait aussi l’explosion du cadre politique qui structure le paysage politique depuis des décennies. En désaccord sur tout, l’un et l’autre font le pari de la mort du clivage droite-gauche. »

Sachant que du côté du FN, on se réjouit aujourd’hui des tracas de monsieur Fillon – on fait mine d’oublier les affaires d’attachés parlementaires fictifs dans le parti. Quant aux amis d’Emmanuel Macron, ils ont également bien du mal à cacher leur satisfaction.

D’autant que c’est aujourd’hui que devrait être officialisé le ralliement de l’ancien juge anti-corruption Eric Halphen. « C’était dans les tuyaux depuis longtemps », affirme un proche, jurant ses grands Dieux que l’annonce n’a pas été calculée. Elle arrive en tout cas au moment le plus opportun. « C’est vrai que c’est assez marrant. Le moment où ça tombe n’est pas sans signification », reconnait finalement ce proche. Le ralliement du juge Halphen en plein PénélopeGate : effectivement, ce n’est pas sans signification.

Une nouvelle fois, d’ailleurs, François Fillon fait la Une d’une partie des journaux

« François Fillon, la dégringolade », titre ainsi LA PROVENCE. Dans les enquêtes d’opinion, il est donc maintenant devancé par Le Pen et Macron, et même talonné par Hamon. « Fillon est-il hors course ? » s’interroge LA VOIX DU NORD. Il y a quelques mois, le chanteur Renaud avait fait part de ses préférences politiques du moment. Et il avait ainsi confié qu'il voterait François Fillon pour la prochaine présidentielle. Ensuite, il était revenu sur sa position. Mais, ce matin, les deux hommes se retrouvent à la Une de LIBERATION : la photo de Fillon, et les mots de Renaud. Sur fond noir, la photo nous montre le visage du candidat de la droite, de profil, le regard absent. Et dessous, donc, le titre d'une chanson de l'homme au bandana rouge. Deux mots : « Laisse béton. »

Selon le quotidien, François Fillon doit désormais renoncer à se présenter à la présidentielle. Parce qu'avec les révélations sur l'emploi présumé fictif de son épouse Pénélope comme attachée parlementaire, il s'est disqualifié sur le terrain précis qui faisait sa crédibilité : celui de l'intégrité et de la droiture en politique. « Fillon doit partir », écrit ainsi Laurent Joffrin dans l'éditorial du journal. A ses yeux, il n'est maintenant plus en mesure de représenter la droite, et encore moins de présider la France.

Reportages, dans le journal, à Palavas-les-Flots, à Grenoble et Marseille : les Français rencontrés se disent dégoûtés, écœurés

Et l’édito de LA REPUBILIQUE DES PYRENEES n’est pas éloigné de celui de LIBERATION. « François Fillon pense-t-il sérieusement pouvoir faire une campagne présidentielle dans ce climat délétère ? Qui va lui dire qu'il est dorénavant carbonisé, et qu'il doit se retirer ? N'importe quelle autre solution sera meilleure », estime Jean-Marcel Bouguereau, tandis que Philippe Marcacci, de L'EST REPUBLICAIN, se montre encore plus pessimiste. Aujourd'hui, d'après lui, « les Républicains n'ont plus le choix qu'entre la peste et le choléra ». La peste étant de maintenir un candidat totalement décrédibilisé. Le choléra étant d'ouvrir la foire d'empoigne à sa succession.

C'est d’ailleurs l'angle choisi par LE MONDE, ce samedi : « Fillon, la bataille des plans B est lancée... »

Alors, qui pour le remplacer ? Une nouvelle liste dans LIBE, avec les atouts et les faiblesses de chacun. Alain Juppé, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, François Baroin… ou alors, bien plus audacieux : Pénélope Fillon ?

« Une autre femme dans la présidentielle, ça aurait de la gueule, et quelle gueule ! Une solide expérience en région, au plus près des Français, un CV en béton. Elle peut jouer à fond son rôle de femme au foyer qui a tellement bien élevé ses enfants qu’ils étaient même avocats avant d’avoir obtenu leurs diplômes. Digne dans l’épreuve, elle peut surfer sur l’image d’une femme blessée qui prend sa revanche sur les hommes. Atout supplémentaire : le parti n’aurait pas besoin de réimprimer tous les tracts de campagne. » Ses faiblesses, cependant : « Expérience politique insignifiante, quoi qu’en dise son CV. Autre faiblesse : son mari. Et puis elle ne regarde pas forcément tout ce qu’elle signe. »

Cela étant dit, ledit mari a diffusé hier une vidéo sur Facebook

Vidéo dans laquelle il promet, je cite, de « se battre de toutes ses forces ». Près de quatre millions d'exemplaires d'un tract titré « Stop à la chasse à l'homme » ont aussi commencé à être distribués.

La presse revient également sur l’attaque terroriste perpétrée hier à Paris

La Une du COURRIER PICARD : « Les soldats visés au cœur de Paris. » Un militaire a été blessé, et son assaillant neutralisé à l’entrée de la galerie du Carrousel du Louvre. La Une de LA DEPECHE DU MIDI : « Terrorisme, panique au Louvre. » La Une de L’INDEPENDANT : « Terrorisme, la menace est toujours là. »

Plus léger pour finir avec un dossier ‘mal de dos’ à la Une d'AUJOURD'HUI-LE PARISIEN.

Il y a quelques années, on l'appelait "le mal du siècle". C'est la première cause des arrêts de travail en France, et ce fléau coûte un milliard d'euros par an à la Sécurité Sociale. Pourtant, plusieurs méthodes efficaces pour le soulager existent. Présentation de trois d'entre elles dans les pages du journal : l'implant d'un neurostimulateur dans la colonne vertébrale du malade – ou comment annuler les signaux douloureux, les stages de gymnastique visant à remuscler le dos, ou bien encore la méthode Coué australienne – ou comment rester positif et actif malgré la souffrance. La méthode Coué australienne : je crois qu’on peut aussi conseiller ça François Fillon.

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