Bonjour à tous… Escherichia coli enterohémorragique… C’est moins facile à dire à la radio que Roland Garros. 60 milliards pour sauver la Grèce. France-sécheresse. Ou rumeurs de pédophilie. Tous ces titres font la une de la presse aujourd’hui, sans véritable hiérarchie. C’est la raison pour laquelle, avant d’évoquer les on-dit que… de Monsieur Luc Ferry, je commencerai par la victoire hier de Roger Federer sur Novak Djokovic, en demi-finale de Roland Garros. Un des plus beaux matches, jamais disputés aux internationaux de France, commente aujourd’hui l’EQUIPE, avant d’attendre une finale historique, demain entre Federer et Nadal. « Le tennis et le ping-pong, c’est pareil disait Coluche… Sauf qu’au tennis ils sont debout sur la table ». Je ne sais pas ce qu’aurait dit l’humoriste du philosophe Luc Ferry, très en verve l’autre jour au grand journal de Canal Plus pour rapporter une vieille histoire de pédophilie… Mais c’est sa fête aujourd’hui. Dans le supplément magazine du MONDE, Didier Pourquery parle de coup de pied de l’ancien ministre, sans aller jusqu’à dénoncer une ânerie. « Voilà, écrit-il, Monsieur Luc Ferry sur un plateau télé qui évoque un articulet lu dans un magazine, où il est question d’un ancien ministre pédophile en vadrouille au Maroc. Il affirme que tout le monde connaît ce ministre, et que lui-même en a eu confirmation. Bravo, conclut l’éditorialiste du MONDE, la campagne 2012 commence très fort ! ». Yves Durand dans le COURRIER de l’OUEST, fustige lui aussi le numéro moraliste-mondain de l’ancien ministre de l’Education nationale, qui vient accuser de pédophilie à la télé, un collègue passé. Qui ? Quand ? Il se garde bien de préciser, insinuant que politiques et médias entretiennent un secret de polichinelle. Et bien, conclut l’éditorialiste du COURRIER de l’OUEST, s’il était député, Luc Ferry mériterait un rappel au règlement. S’il était encore prof de philo, ce serait un zéro pointé avec dans la marge de sa copie : « Que voulez-vous démontrer ? Vérifiez vos citations. Réflexion insuffisante. Travail bâclé ». Yves Harté, dans SUD-OUEST, est tout aussi sévère quand il souligne, la fausse décontraction familière de Luc Ferry. Lequel écrit-il, n’a pas dénoncé une partie fine pour s’en indigner, mais pour faire l’intéressant. On connaît pourtant les détestables effets de la calomnie. On croyait que Luc Ferry était philosophe, spécialiste de Kant. Admirable de sagesse et de morale. Ce qui revient à nos oreilles, c’est le son d’un esprit creux, d’un tambour mondain qui dit pour paraître, et insinue pour exister ! Une rumeur peut tuer une vie, une réputation, l’histoire en fourmille d’exemples, s’insurge Michel Bassé dans l’ECLAIR des PYRENEES. Méfions-nous du scoop meurtrier. Faire mal pour faire mal, n’est pas digne des journalistes. Et la transparence totale, n’est qu’une forme du totalitarisme. Patrick Planchenault, dans l’EST-ECLAIR, dénonce lui aussi les bavassages repris des dîners en ville… Georges Tron… Luc Ferry… Tout cela, écrit-il, est parti du cyclone DSK. La parole est libérée, et le lit ouvert pour Marine Le Pen qui n’a plus, qu’à armer le piège du « Tous pourris ». Patrick Fluckiger dans l’ALSACE propose cependant que l’on attende, l’enquête judiciaire en France et au Maroc, avant d’accabler Luc Ferry. Mais, poursuit mon confrère mulhousien… « Ne laissons pas couvrir le bruit des bouches qui se sont ouvertes depuis trois semaines, et qui nous en apprennent de pas belles sur le sexisme qui règne dans la vie politique. Quand la ministre des Sports, Chantal Jouanno, dit qu’elle ne peut pas porter de jupe sans entendre des remarques salaces dans son dos, à l’Assemblée nationale, elle n’est pas dans la rumeur mais dans les faits. Inutile de déclencher de grandes enquêtes pour combattre, sans attendre, ces comportements humiliants et inadmissibles ! ». Jean-Marc Leclerc, dans la page société du FIGARO revient sur l’audition hier de Luc Ferry, à la brigade de protection des mineurs. Le philosophe n’aurait pas donné de noms de ceux qu’il accusait, mais renvoyé la balle, dans le camp policier. Suite à sa déposition, la police judiciaire pourrait interroger Yves Bertrand, l’ancien patron des RG. Le FIGARO relève encore que Jack Lang a réagi lui aussi hier sur le plateau du grand journal de Canal Plus, déclarant, à propos de personnalités mises à l’index par la rumeur et Internet : « Ce n’est que de la tambouille, que de la fange, que de la boue. Je suis révolté contre ceux qui mettent en cause l’honneur des gens, et attristé par le comportement de Luc Ferry ». En page 4 du même journal, le FIGARO, une bonne lecture à ce sujet. C’est un portrait de Béatrice Houchard, consacré à Dominique Baudis, le rescapé de la calomnie. L’ancien maire de Toulouse va devenir Défenseur des droits, en France et onzième personnage de l’Etat. Telle est la volonté de Nicolas Sarkozy, qui dans son choix de Dominique Baudis, marque peut-être aussi, son souvenir de ce que l’ancien maire de Toulouse a du subir en 2003. Quand on l’accusa de proxénétisme dans une enquête sur le tueur en série Patrice Alègre. On raconta, écrit Béatrice Houchard, qu’il était mêlé à des affaires de viol, de meurtre, d’actes de barbarie… J’en oublie.. Dominique Baudis qui présidait le CSA, était venu plaider sa bonne foi, au journal de Claire Chazal et avait beaucoup transpiré… Donc il était coupable, forcément coupable ! A propos vous souvenez-vous du Barbier de Séville et de l’air de la calomnie. « Calomnie : D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano piano, vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, je ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil. Elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne et devient, grâce au ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ? ». Et puisque j’y suis, vous souvenez-vous de le Troquer et de l’affaire des ballets roses. « L’affaire débuta avec la parution dans le quotidien Le MONDE daté de janvier 1959, d’une brève informant de la mise sous mandat de dépôt, d’un policier accusé de détournement de mineures. L’hebdomadaire politique « Aux écoutes du monde » étoffa l’information avec un écho intitulé « la petite folie » du Butard : le policier aurait avoué avoir organisé des parties fines entre des personnalités et des mineures en divers endroits de la région parisienne, dont le Pavillon du Butard. Or, ce pavillon de chasse situé tout près de Paris, dans la forêt de Fausses-Reposes, était alors mis à la disposition du président de l’Assemblée nationale ». Le procès : A l’issue du procès, vingt-deux des vingt-trois prévenus furent condamnés. L’organisateur écopa de cinq ans de prison ferme. D’autres peines de prison furent prononcées, ainsi que des amendes. On était gentil avec les agressions sexuelles en ce temps-là !

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