Bonjour à tous en ce lendemain d’éclipse de lune magnifique. Beau jour pour lire de jolies choses et éventuellement s’en souvenir. C’est ainsi que je retiens ce matin dans le supplément féminin du « Journal du dimanche », cette réponse de Gérard Depardieu à Anne Michelet, qui lui demande ce qu’il souhaite désormais… « Moi, répond Gérard, j’aime ce que je fais. Je voyage. Je découvre des cultures… je n’envie personne. Je tâche de vivre mon quotidien pas à pas avec joies, car la vie m’intéresse. « La gloire, c’est le deuil éclatant du bonheur », comme l’a si bien dit Madame de Staël. Je ne cours pas après ça. Je cours après la vie. » Je viendrais dans un instant, aux candidats-présidents qui courent après la gloire ou les applaudissements… et à Jacques Chirac, ovationné hier quatre heures durant, par ses supporters fidèles et constants du monde paysan. Auparavant, je voudrais vous inviter à découvrir le bloc-notes politiques de Catherine Pegard, page neuf, du Point et d’y lire cette critique du livre de Bernard Debré. Bernard, professeur de médecine, député de Paris est le frère jumeau de Jean-Louis Debré, le nouveau président du Conseil Constitutionnel. Il est le petit-fils du professeur Robert Debré, père de Michel Debré, l’académicien qui fut Premier Ministre du général de Gaulle en 58. Or Bernard Debré publie aux Editions du Rocher un petit livre intitulé « Et si l’on parlait d’elle ». Petit livre qui commence ainsi… « Longtemps, j’ai accepté de n’être que le fils de mon père… » Mais sitôt après ce préambule qui justifie un ouvrage consacré à Anne-Marie Debré que tout le monde appelait Minette… Bernard raconte cette belle histoire, que retient ce matin ma consœur du Point. Un jour de juin 1961… Le Président Kennedy est en visite officielle à Paris. Il est là, avec son secrétaire d’Etat, Robert Mac Namara. Le Premier Ministre du Général de Gaulle Michel Debré, reçoit M. Mac Namara à dîner, hôtel Matignon… et là patatras… on frôle le scandale diplomatique… A la fin du dîner, on a alerté en effet Madame Debré, que les couverts placés à la place du secrétaire d’état américain ont disparu. Mc Namara les avait emportés ! Dès le lendemain matin, sans en référer à l’Elysée, Michel Debré prenait sa plus belle plume pour réclamer l’argenterie de la France. Et une semaine plus tard, les couverts étaient rapatriés. Robert Mc Namara, dans une lettre d’accompagnement, expliquait qu’il avait l’habitude de rapporter à ses enfants les couverts des palais nationaux du monde entier en guise de souvenirs. Et il précisait que c’était bien la première fois qu’on lui demandait de les rendre. « Quitte à être cruel avec mes contemporains, commente Bernard Debré, je ne peux m’empêcher de comparer l’attitude un peu rigide de ma mère avec celle des femmes de ministres qui, ces dernières années, ont tellement défrayé la chronique, telle en exigeant l’aménagement d’une salle de remise en forme dans les locaux du ministère, telle autre, en changeant trois fois de mobilier national en deux ans (…) Et que dire des robes du soir jamais payées au motif qu’on ne réclame pas d’argent à l’épouse d’un personnage officiel, la seule présence chez un grand couturier valant publicité. » Fin de citation, c’est dans Le Point, Catherine Pégard. Jolie chose, aussi, dans l’Humanité datée d’hier samedi à propos de la culture, dont les candidats-présidents ne débattraient pas assez si j’en crois mes confrères des pages culturelles des quotidiens. Et bien, c’est le point de vue du sénateur, animateur des Etats Généraux de la Culture, Jack Ralite, qui félicite la cinéaste Pascale Ferrante – laquelle saluée par 5 Césars, l’autre soir, pour son dernier film Lady Chatterley, n’a pas oublié de remercier, après avoir crié, tonné même contre une production cinématographique normalisée. Des grosses productions très chères, et des petites parquées dans un enclos. Avec au milieu… Rien, ou presque rien. Des films, moyennement chers… en voie de disparition totale de nos écrans. Eh bien, c’est le cri… et le grain de sable aussi dans la campagne électorale, écrit Jack Ralite avant de souligner la solidarité entre les auteurs-créateurs, et les regardeurs d’images que nous sommes. Les uns et les autres se respectant et se comprenant. Mais l’ancien ministre de François Mitterrand va plus loin… en prolongeant l’analyse de Pascale Ferran. Cette analyse de Pascale Ferran, écrit-il, se vérifie dans tous les secteurs de la culture et des arts de notre pays. Dans le secteur du livre. Jusqu’ici il y avait trois types de littératures éditées : les best-sellers, les œuvres qui ont fait et font l’histoire de la littérature française, et les livres rares que proposent des petits éditeurs. La numérisation de la distribution, dans un secteur culturel largement financiarisé, attaque directement, écrit Jack Ralite « les livres du milieu », qui ont un temps d’exposition de plus en plus court et partent de plus en plus vite au pilon. Là aussi la mutualisation est très gravement atteinte. Le train de la diffusion de la littérature est tiré par une motrice de TGV tandis qu’il voit le nombre de ses wagons diminuer si l’on tient compte de la rotation ultrarapide des titres désormais. Idem, pour le patrimoine, l’archéologie, la musique. Selon Jack Ralite, aucun secteur n’échappe, à ce qui n’est pas une mutation selon lui ; mais une violence des grandes affaires, sur fond de renoncement gouvernemental. Et il conclut, sur ce mot magnifique de Jean-Pierre Vernant, le philosophe… « Le vrai courage c’est au-dedans de soi de ne pas céder, de pas plier, de ne pas renoncer. Etre le grain de sable que les plus lourds engins écrasant tout sur leur passage ne réussissent pas à briser. » Joli… très joli… aussi aujourd’hui l’équilibre harmonieux réussi par le Journal du Dimanche… Feuilletez-le… Et vous verrez qu’il consacre sa première page, à l’homme qui monte dans les sondages, comme la bêbête… avec un titre… Tous contre François Bayrou ! Page 3… Jolie relation, de l’ultime tour de piste de Jacques Chirac au salon de l’agriculture…hier avec une belle photo du Président de la république face à une jolie vache Holstein, grise et noire… Belle relation aussi, signée Marie Quenet qui commence ainsi : Jacques Chirac a passé plus de quatre heures à tapoter les vaches, à embrasser les enfants et à goûter une multitude de produits du terroir. En une trentaine d’années, il n’a jamais manqué ce rendez-vous. Sauf une fois : en 79, à cause d’un accident de voiture. Pour ce bain de foule comme il les affectionne, conclut ma consœur, le chef de l’Etat, âgé de 74 ans, a même débarqué très en avance. Et en route pour quatre heures de cohue, cerné de caméras. Quatre heures à signer des autographes et des livres d’or. A goûter de la tête de veau, des huitres, du kiwi et autres merveilles gastronomiques et à descendre des verres de cidre, de lait-fraise, de vin blanc et de bière. Comme tous les ans. Bon au passage, il y a eu un message très fort puisque Jacques Chirac a prôné « une fermeté de roc » face à L’union européenne et face au commissaire européen Monsieur Peter Mandelson, qui donnerait beaucoup de gages aux Américains et pas tellement aux Français. J’évoquais le merveilleux équilibre du Journal du Dimanche. Je vous invite à regarder page 5, une jolie photo, c’est celle de Nicolas Sarkozy souriant. Il est avec Jean-Pierre Raffarin, Michelle Alliot-Marie, Alain Juppé, Monsieur Dominique Bussereau et l’académicien Maurice Druon. C’était un meeting à Bordeaux. Et alors vous tournez, page 6, très belle photo, très équilibrée aussi… Ségolène Royal, souriante… c’était hier. A ses côtés, il y a Hubert Védrine, Alain Richard, Jean-Pierre Masseret, Jean-Pierre Chevènement et Paul Quilès… ils évoquaient tous ensemble la défense et ils disaient que la défense, c’est l’affaire de tous. Le Parisien publie lui aussi ce matin son banc d’essai des candidats, mais alors pas au salon de l’agriculture ni même à celui des armements, ni même encore au milieu de leurs partisans. Banc d’essai du Parisien sur les candidats et l’ISF… Les impôts qui baisseront peut-être, peut-être dans quelques mois… Vous savez ce que disaient les hommes politiques en province autrefois. Ils disaient : « il faut demander plus à l’impôt et moins aux contribuables. » Voilà je conclurai en félicitant aujourd’hui la presse du midi qui s’est associée pour publier un livre magnifique, c’est Midi-Libre et l’Indépendant. C’est tous les journaux du Midi qui font ça… ils évoquent tout simplement la saga des viticulteurs, depuis la révolte du Midi en 1907 à la mondialisation. La saga de la vigne et du vin, à l’époque où les rouges du Midi et les blancs royalistes du Midi se sont accordés pour défendre cette boisson merveilleuse qu’est le vin de qualité. Ah oui, encore un petit signe aussi, un hommage à La Croix parce que le journal La Croix, eh oui, qui pratique… comment dire ? Et bien, la bonne relation avec les autres religions, consacre une page ce matin à la fête des juifs. Parce que tous les Juifs de France et d’ailleurs fêtent Pourim aujourd’hui. Et La Croix rappelle ce qu’était Pourim. C’est un épisode très heureux des Juifs. On en parle dans la Bible. Il évoque tout simplement l’intervention d’Esther. Esther qui sauva le peuple juif de l’anéantissement. C’était autrefois sous l’empire perse. Il y avait l’Ahmadinejad de l’époque qu’était le grand vizir amant. Il avait signé un décret qui ordonnait l’extermination des Juifs. Et le décret avait signé par Assuérus, le roi des rois… Or le roi des rois avait épousé une femme très belle, Esther, elle était juive elle-même, ce qu’il ignorait. Et quand Esther apprit qu’on allait tuer tous les juifs de Perse…. Elle implora la grâce de son peuple auprès de son mari en lui disant : tu sais je suis juive… au risque de sa propre vie. Que fit Assuérus ? Et bien, il retira son décret et il condamna son vizir à mort. Eh bien, depuis les Juifs mangent pour Pourim des oreilles d’Assuérus. Mais ce sont des oreilles en pate d’amende.

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