Bonjour à tous… et bienvenue à Prague, Messieurs les Présidents et les chefs de gouvernement. Après le G20 et le sommet de l’OTAN, vous allez consacrer votre dimanche au réchauffement climatique et ses conséquences politiques. You are Welcome ! Sont mal venus en revanche les casseurs de Strasbourg qui ont défiguré la manifestation pacifique des militants adversaires de l’OTAN. Mal venu également, le lancement cette nuit en Asie de la fusée à longue portée nord-coréenne, que le Président américain avait dénoncé par avance, samedi en Alsace… « Nous avons fait savoir clairement aux Coréens du Nord que leur lancement de missile est provocateur », avait prévenu Barack Obama, tandis que les Japonais promettaient d’abattre tout engin qui menacerait leur espace aérien. Attitude identique des Russes, dont les forces aériennes se déclaraient « prêtes à réagir » si d’aventure le missile nord-coréen retombait sur leur territoire. Mais malgré ces exhortations des grandes puissances, le gouvernement de Pyongyang a décidé de passer outre, après avoir déclaré qu’il assimilerait toute interception de sa fusée à un acte de guerre, et qu’en cas d’acte hostile, ou de sanctions de l’ONU, il n’hésiterait pas à rompre les négociations sur le démantèlement de ses installations nucléaires. Voilà des mois et des mois que les deux Corées, les Etats-Unis, le Japon, la Chine et la Russie débattent pour que Pyongyang détruise ces installations atomiques en échange d’une aide économique et de garanties sur sa sécurité ! Et comme par hasard, c’est aujourd’hui, après les sourires de Strasbourg, de Baden-Baden et avant les Welcome de Prague, que la Corée du Nord lance (comme elle en a le droit) une fusée de longue portée, destinéee à placer en orbite selon elle, un satellite de télécommunications ! Bienvenue donc dans l’espace pacifique aux ingénieurs Nord-Coréens, puisque à les en croire Américains, Japonais et Russes n’auraient aucune raison de s’inquiéter d’un missile partant pourtant théoriquement jusqu’à 6.700 Kms. Welcome au Président Obama, qui a conquis l’Europe comme s’en réjouit le JOURNAL DU DIMANCHE. Un président dont Howard Dean dit qu’il a la vision, le charisme et le leadership nécessaires pour effacer les dégâts causés par son prédécesseur George Bush. Vous verrez d’ailleurs, ajoute Pierre Prier, comment demain à Ankara et Istanbul, Barack Obama va jouer l’atout turc. Dans un pays où la jeunesse représente plus de la moitié de ses 72 millions d’habitants. Au passage, mon confrère du JOURNAL DU DIMANCHE souligne que le Président des Etats-Unis consacre sa deuxième visite officielle à un pays musulman, même si ce qualificatif ne convient qu’à demi à une République laïque. Welcome tout de même Mister Président, en dépit des réticences turques pour nommer le Danois Rasmussen au poste de secrétaire général de l’OTAN. Les Turcs, comme l’explique très bien le PARISIEN ce matin, reprochaient au Premier ministre danois son comportement en faveur de la liberté d’expression, lors de l’affaire des caricatures de Mahomet. Ils lui en voulaient aussi de protéger une chaîne de télévision kurde basée près de Copenhague. Bref, le nouvel OTAN avec français réintégrés selon la volonté de Nicolas Sarkozy, a failli buter d’entrée sur un cactus turc inattendu. Pour lever ce veto, Barack Obama aurait, selon Bruno Fanucchi, mon confère du PARISIEN, mis dans la balance sa visite en Turquie, ce soir et demain. De son côté, Silvio Berlusconi a tenté comme on l’a vu hier soir à la télé, une médiation téléphonique avec le Premier ministre turc, Monsieur Erdogan. Pendu à son mobile, le Président du Conseil italien a, du même coup, raté la photo de famille prise sur la passerelle des Deux-Rives, qui relie la France et l’Allemagne. Mais ce n’est pas cela qui émeut la presse italienne aujourd’hui. C’est l’image de 24 enfants afghans, sans parents, découverts dans les égouts de Rome. Une image de notre temps qui renvoie au film Welcome et aussi aux Misérables d’Hugo, quand Gavroche planquait des enfants dans l’éléphant géant de la Bastille et leur lançait en les quittant pour la nuit : « Soyez gentils… Pioncez les rats ! ». Les petits Afghans de Rome, rats bien malgré eux, dormaient sur des cartons dans les égouts et les sous-sols de la gare d’Ostiense quand la police les a trouvé lors d’une opération de contrôle des sans-abris. Ces gosses de dix à quinze ans sont, selon la REPUBLICA, de santé précaire, ne parlant ni anglais, ni italien, et ne permettant pas aux autorités d’établir leur identité et leur ville d’origine. Tout au plus, sait-on qu’ils rêvent d’Angleterre et ont traversé clandestinement l’Iran, la Turquie, l’Est européen et la Mer Adriatique aussi, cachés sur des embarcations pneumatiques, ou dans des camions embarqués sur des ferries. Selon la REPUBLICA, qui cite le chef de la police ferroviaire romaine, chargé de l’opération « Gare propre », ces autorités italiennes ne s’attendaient pas à trouver autant d’enfants. «C’est une situation choquante et pénible », a-t-il commenté ! Tandis que la branche italienne de l’association « Save the children » précise que le chiffre des petits Afghans échouant en Italie, est en augmentation constante, passant de 32 en 2004, à près de 300 désormais. Rome, aurait accueilli 1.152 gosses sans parents en 2007, sur un total de 7.800 mineurs étrangers non accompagnés. Et que dire de cette information que donnait au petit matin, Denis Astagneau sur France Inter… Oui, que dire des 43 corps découverts dans un conteneur au Pakistan. 43 asphyxiés au milieu d’une centaine de candidats à l’exil fuyant l’Afghanistan. 43 auxquels personne ne dira Welcome. 43 qu’il faut bien ajouter aux 200, 300 clandestins, on ne sait pas bien, qui se sont noyés l’autre jour en Méditerranée, alors que tous les médias mobilisés par le G20 et la crise regardaient ailleurs… Retour à Strasbourg, avec ce que Charles de Gaulle aurait appelé le chienlit et Jean-Pierre Chevènement, les Sauvageons et que la presse désigne sous un nom plus mode : Black Blocks… Appelons-les « cagoules noires », puisque c’est masqués ainsi qu’ils brûlent, cassent et pillent en se cachant à l’arrière des manifestants pacifistes. Qui sont les Black Blocks ? Les Black Blocks sont des groupuscules anarchistes européens dont la tactique est issue du mouvement autonome allemand des années 1980. En Allemagne, on estime à environ 6.300 le nombre d’extrémistes de gauche. Depuis les années 1980, ils opèrent sous le nom collectif de Schwarzer Block (Bloc noir), constitués de jeunes issus de la plupart des pays européens, surtout l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Les DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE titrent sur le sommet de l’OTAN à Strasbourg : « La contestation dégénère ». Le REPUBLICAIN LORRAIN parle de « Jour de chaos à Strasbourg ». Le COURRIER PICARD : « le sommet de la violence ». Le JOURNAL du CENTRE et la MONTAGNE parlent de « l’OTAN violemment contesté à Strasbourg ». NICE MATIN titre « le sommet de l’OTAN se termine en affrontements » mais aussi « Rush de printemps dans les jardineries ».

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