Bonjour à tous… «… Y’a qu’un ch’veu sur la tête à Mathieu. Y’a qu’une dent dans la mâchoire à Jean. Mais Y’a deux testaments : l’ancien et le nouveau… ». Et dans l’actualité de ce dimanche, deux présidents à Abidjan, deux femmes capitaines au PS et deux reines de beauté couronnées à la télé. LE MONDE daté dimanche-lundi consacre une page-portrait à la dame au chapeau qu’il appelle Sainte Geneviève de Fontenay. Page dans laquelle Frédéric Potet explique pourquoi Miss France n’est plus tout à fait Miss France. Il y a trente ans, Sœur Geneviève hérita de l’institution créée par son compagnon, un grand résistant. Depuis c’est elle qui sut donner à l’enseigne familiale sa forte notoriété. Jusqu’à ce que certaines miss se dénudent dans les magazines à sensation et jusqu’à ce que les portes claquent entre Endemol et la Sainte patronne des reines de beauté distinguées. Et voilà pourquoi, hier soir à Caen, Laury Thilleman, Brestoise de 19 ans, est devenue « Miss France 2011 », devant un jury présidé par Alain Delon, mais en l’absence de la Sainte Patronne. Et voilà pourquoi le PARISIEN parle ce matin de la première élection de l’ère post-Geneviève de Fontenay. Selon mon confrère, l’icône au chapeau, fatiguée, n’a pas regardé la retransmission sur TF1 de l’élection de Miss Endemol. Contrairement à Valéry Giscard-d’Estaing, supporteur affiché de sa petite nièce, Miss Normandie. Il faut dire que la belle en question mérite l’attention de l’ancien Président de la République, puisqu’elle est étudiante à HEC et à Normale Sup. On verra ce soir, salle Wagram, lors de la désignation de la Miss Nationale, rivale de Miss Endemol, s’il en est de même pour les belles distinguées. La cérémonie sera retransmise sur BFM-TV et enregistrée probablement par W9, mais l’événement a déjà bénéficié de l’attention du New-York Times et du Wall Street journal. En attendant que lundi, la presse hexagonale publie deux photos rapprochées : celle de Miss Endemol, couronnée samedi à Caen. Et Miss – Geneviève de Fontenay, distinguée Salle Wagram, dimanche soir. OUEST-FRANCE, le plus important de nos quotidiens régionaux, n’y reviendra pas, et on peut le comprendre, puisqu’il s’arrête aujourd’hui, en grand et photo à l’appui, sur la jeune Bretonne désignée hier avec un titre exclamatif : « Miss France est Brestoise ». En plus petit, et en bas de page, deux photographies de deux Présidents, pour la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, avec cette légende : « Imbroglio à Abidjan ». C’est le pire des scénarios, selon le PARISIEN qui souligne que « lâché par la communauté internationale, Gbagbo, battu dans les urnes, s’accroche au pouvoir, au risque de voir son pays basculer dans la violence ». « Gbagbo, seul contre tous », titre de son côté le JOURNAL du DIMANCHE, avant de dresser la liste des dirigeants du monde entier, opposés au mauvais perdant. Gbagbo a tout le monde contre lui sauf la Russie… Obama, Sarkozy, l’Union européenne, Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations Unies, Dominique Strauss-Kahn et le FMI. Tous ne veulent reconnaître que le président ivoirien, élu avec 54 % des voix, Alassane Ouattara. « Gbagbo a fait un putsch constitutionnel », écrit Antoine Malo, envoyé spécial du JOURNAL du DIMANCHE à Abidjan… Et son journal à Paris, de titrer cruellement : « Gbagbo, c’est Ubu Roi ! ». Sévère aussi, l’éditorialiste du MONDE écrit que le Président ivoirien doit admettre sa défaite. « Il peut », ajoute-t-il, « continuer de refuser le verdict des urnes, s’enfermer dans une situation de rupture avec la communauté internationale, mais cela ne pourra pas se passer sans violences. Il peut aussi permettre à un pays divisé de bénéficier de l’effet apaisant d’une élection exemplaire, admettre sa défaite et quitter le pouvoir la tête haute. La période où les coups de force électoraux s’opéraient dans l’indifférence générale est révolue. L’Afrique est en voie d’intégration accélérée dans les échanges de la planète. Cela créé des responsabilités nouvelles. L’histoire, si chère au président Gbagbo, oubliera rapidement les arguties juridiques en cours à Abidjan pour tenter de justifier son hold-up électoral. Elle n’oubliera pas, en revanche, celui qui ferait plonger la Côte d’Ivoire dans le chaos ». L’hebdomadaire JEUNE AFRIQUE consacre un dossier passionnant aux dessous de la bataille d’Abidjan et s’interroge sur le destin du premier ministre ivoirien, Monsieur Soro, considéré comme un OVNI politique, aujourd’hui, mais auquel d’aucuns prêtent un avenir au sommet de l’Etat ivoirien. Martine Aubry, invitée à s’exprimer longuement sur toutes les questions politiques du moment, dans le JOURNAL du DIMANCHE, prend position elle aussi sur la Côte d’Ivoire. Elle indique tout d’abord, à Cécile Amar, que les socialistes qui sont allés en Côte d’Ivoire, l’ont fait en leur nom propre. Elle ajoute ensuite, qu’on a voté, que Ouattara a gagné et que Laurent Gbagbo doit respecter la choix de son peuple et de tout faire pour garantir la paix civile. « C’est un souhait », précise la première secrétaire du PS. Et sur le reste… Son silence ces derniers jours… Sur Ségolène, sur le calendrier des primaires… Sur l’euro… Lisez vous-même, surtout, si comme de nombreux éditorialistes, vous avez piaffé… « Parlez, Martine. Parlez ». Elle parle, et je retiens deux phrases... « J’annoncerai ma décision personnelle en juin prochain». Et celle-ci… « Je suis capitaine, et mon devoir, c’est de préparer la gauche à gagner». Wolinski, dans le JOURNAL du DIMANCHE, lui aussi, a sa propre lecture de la vie interne au PS. Il représente une Scénic Renault embourbée dans les congères de l’hiver. Avec Dominique Strauss-Kahn au volant, et Martine Aubry en pull et bonnet de laine qui pousse derrière. Pousse Martine, crie le directeur général du FMI, pas encore candidat. Accélère Dominique, réplique Martine Aubry. On peut dédier ce dossier du JOURNAL du DIMANCHE à Valéry Giscard d’Estaing, qui expliquait cette semaine au PARISIEN que notre société était tristounette. On ne rit pas assez, disait-il, on ne chante pas assez, non plus.

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