Par Frédéric Pommier

Oui’ ou ‘non’ ?

Alors, donc :‘oui’ ou ‘non’ ? Quelle sera l'issue du scrutin de ce référendum en Grèce ? Ses 10 millions d'habitants doivent dire si ‘oui’ ou ‘non’, ils acceptent les nouvelles mesures d'économie que veulent leur imposer les créanciers du pays... Les bureaux de vote ont ouvert il y a maintenant deux heures et demi, et tous les journaux, ce matin, continuent de s'interroger sur les conséquences de ce vote. Ses conséquences pour la Grèce et son Premier ministre. Ses conséquences pour l'Europe. Car c'est bien l'avenir de l'Europe qui se joue ce dimanche à Athènes, ainsi que l'affirmeLE MONDE , qui imagine, du coup, les deux scénarios.

Que se passera-t-ilen cas de victoire du ‘oui’ ? Vraisemblablement,un ‘oui’ entrainera un retour de la Grèce à la table des négociations . Il entrainera aussi la jubilation de l'Allemagne et des hourras au FMI. Et puis il pourrait provoquerla chute d'Alexis Tsipras , mais rien ne dit que ça sauvera la Grèce de la noyade.

Que se passera-t-ilen cas de victoire du ‘non’ ? Le choc, assurément, si l'on en croit LE MONDE . Et le début d'une nouvelle ère. Unsommet de l'Eurozone en urgence à Bruxelles , et la Grèce sans doute condamnée à quitter la monnaie unique . Et pour la suite, on n'en sait rien.

Deux scénarios et à cette heure, impossible de savoir celui qui s'imposera – les tous derniers sondages donnaient le ‘oui’ et le ‘non’ au coude à coude.« La Grèce retient son souffle » , titreLE TELEGRAMME . « La Grèce fait face à son destin » , titre de son côté SUD OUEST , tandis que LA DEPÊCHE DU DIMANCHE évoque un référendum « au goût de tragédie grecque » . Goût de tragédie, car comme l'écrit OUEST FRANCE , les Grecs sont partagés« entre la colère et la peur » . La colère contre ceux qui leur demandent de faire toujours plus de sacrifice. Et puis la peur de l'inconnu, en cas de victoire du ‘non’...

Illustration dansLE PARISIEN , avec ce reportage dans un quartier résidentiel de la banlieue d'Athènes. Au sixième et dernier étage d'un immeuble, vivent les Siamantas. Elle est avocate et lui dirige un cabinet de conseil de patrimoine. Duplex de 200 mètres carrés, ils se savent privilégiés, et pour eux, il faut voter ‘oui’.« Si la Grèce sort de l'euro, les loups vont arriver » , disent-ils... Et même si la situation est dure, « ce n'est pas une raison pour tout faire sauter » ...

Au premier étage de l'immeuble, vivent les Boukas. Un couple d'enseignants, dont le salaire, depuis la crise, a baissé de 30%. Pour eux, il faut évidemment voter ‘non’ au référendum, parce qu'on a « trop demandé aux Grecs » . « Que les gens de Bruxelles viennent voir ici les dégâts de leur prétendus plans d'aide ! » Les pensions des retraites ont diminué d'un tiers, les taxes ont explosés, comme d'ailleurs les suicides et les gens n'ont plus les moyens de ses soigner.

DansLA VOIX DU NORD ,Jean-Michel Bretonnier estime que ce référendum montre surtout l'inconstance d'Alexis Tsipras. « Un dirigeant atypique qui n'a pas pris conscience des responsabilités qui sont les siennes et qui fait aujourd'hui payer son impuissance par les autres. » Mais il en est toutefois qui continuent de prendre fait et cause pour le Premier ministre grec.« Un référendum populaire contre un putsch financier » , titre ainsi à sa Une L’HUMANITÉ DIMANCHE , dans lequelPatrick Le Hyaric écrit que son hebdomadaire est aux côtés « du peuple et du gouvernement grec » . Soutien doublé d'admiration. « Qu'une population de 10 millions d'habitants soit parvenue à créer un tel rapport de force mérite le respect » . Et l'Europe devra donc respecter leur choix.‘Oui’ ou ‘non’ : la réponse ce soir .

En attendant, la Grèce continue de faire rêver comme destination de vacances. Et c'est à lire dansLE JOURNAL DU DIMANCHE . Plus 10% de réservations venues de la France cet été.Malgré la crise, les vacanciers privilégient encore Athènes et les îles des Cyclades ... Nette augmentation également des réservations pour l'Espagne, Chypre et l'Italie.En revanche, les pays du Maghreb, l'Egypte et la Turquie sont de plus en plus délaissés . Des réservations en baisse de plus de 40% en Turquie. Moins 33% au Maroc et moins 38% en Tunisie...

Conséquence, bien sûr, des derniers attentats – celui du musée du Bardo et la tuerie, la semaine dernière, sur la plage de Sousse. Raison pour laquelle président tunisien a décrété hier l'état d'urgence . Une décision motivée notamment par l'interception de communications entre djihadistes dévoilant une quinzaine de sites touristiques – des bars, des hôtels, des restaurants – fréquentés par des Occidentaux. Des« soupçons de nouveaux attentats » que nous expliqueLE PARISIEN .

A ce propos, vous lirez dans LE JDD que le groupe Etat Islamique aurait, semble-t-il, pour projet de s'emparer du canal de Suez. Dans l'hebdomadaire, vous lirez également le témoignage édifiant des parents d'un jeune homme de Vesoul parti faire le djihad en Syrie. Il serait impliqué dans le meurtre commis par Yassin Sahli en Isère, et sa mère, comme son père, abonné à Charlie Hebdo, sont tout simplement accablés. En moins d'un an, six jeunes de Vesoul, issus de la classe moyenne, de parents catholiques pour la plupart, ont pris un allez-simple pour Raqqa en Syrie.

Lire également, à ce sujet, la passionnanteinterview qu'a accordée Michel Houellebecq à LA REVUE DES DEUX MONDES , la plus ancienne revue d'Europe, dans laquelle l'écrivain s'exprime, pour la dernière fois, prévient-il, sur son roman Soumission , un roman d'anticipation, imaginant une France soumise à l'islam. Il dit avoir été« assez peu satisfait » - la formule est jolie -« du traitement médiatique de ce livre » dans l'Hexagone ... Au final, Houellebecq ne retient que deux articles, parmi les milliers publiés, dont celui d'Agathe Novak-Lechevalier paru dans les colonnes deLIBERATION , papier qui proposait une lecture du roman sous l'angle du cogito cartésien. « Je pense, donc je suis » , écrivait Descartes...Mais si « je ne suis pas » , pourquoi donc « penserais-je » , se demande le héros du livre. « Je ne suis pas, donc je ne pense pas. » La maxime est à méditer, comme d'ailleurs l'ensemble des propos de Michel Houellebecq, lequel confie qu'il est de plus en plus tenté par une vie de reclus. Son rapport à la religion ?«Dieu , dit-il , ne veut pas de moi. » Le rapport de la société française avec l'islam ? « L'angoisse à l'état pur. » Il estime, du reste, que le terrorisme est, comme le militantisme, « un moyen de socialisation » . « L'impression d'être ensemble contre tous, ça doit être très sympa, et on est davantage ensemble quand on a beaucoup d'ennemis. »

Quoi d'autre à retenir dans la presse aujourd'hui ?

‘Oui’ ou ‘non’, peut-onvandaliser des bornes à incendie pour provoquer des geysers et s'arroser pour avoir moins chaud . Les cas se sont multiplié ces derniers-jours en Ile-de-France. Mais non, on ne doit pas le faire. C'est un jeu non seulement très dangereux, mais aussi très couteux pour les collectivités , nous explique LE PARISIEN ...

Oui’ ou ‘non’, le gouvernement est-il un bon recruteur ? Non. Policiers, militaires, enseignants :les effectifs de fonctionnaires accusent un déficit des 50.000 postes par rapport aux promesses. C'est à lire dansle JDD .

Enfin, c'est l'été et la presse se lâche. Supplément« spécial sexe » dans COSMOPOLITAN , qui propose, dessins à l'appui, sept« positions hot » pour un max' de plaisir, mais sans trop transpirer par ces temps de canicule. Je ne vous décris pas les dessins, je vous laisse imaginer. En revanche, une info qui intéressera ceux qui cherchent s'affiner un peu pour entrer dans leur maillot de bain. Sachez qu'une partie de jambes en l'air « normale » permet de brûler en moyenne 200 kilocalories . Alors il n'est pas précisé ce que c'est qu'une partie de jambe en l'air « normale » , mais200 kilocalories, c'est ce que représente un avocat, ou un bol de maïs, ou bien un demi-hamburger ... Alors, c'est ‘oui’ ou ‘non’ ? Pour le demi-hamburger…

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