Bonjour à tous… Neuf minutes pour braver les interdits et « la force injuste de la loi »… comme disait le Président MITTERRAND… ou parler de la pluie et du beau temps ! Bruno THEVENY, dans le journal de la Haute Marne, a choisi et propose, avant l’ultime geste dans l’isoloir, demain soir, une petite révision des dictions associés aux saints du calendrier. Et mon confrère Haut-Marnais de rappeler les trois apôtres : Saint-Mamert, Saint Pancrace et Saint-Servais, dont les seuls prénoms, faisaient (doux Jésus) frémir, tous les jardiniers. On les fêtait, les 11, 12, et 13 mai… jusqu’à ce qu’ils soient remplacés par Estelle, Achille et Rolande. Fini donc de les implorer pour éviter refroidissements et gelées. Restent Saint-Médard, fêté le 8 juin et Saint-Barnabé, héros du dicton que les Frères Jacques ont joliment chanté : « S’il pleut à la Saint-Médard il pleut 40 jours plus tard, à moins que Saint-Barnabé lui coupe l’herbe sous le pied ! ». La Saint-Barnabé, c’est le 11 juin, le lendemain du premier tour des élections législatives… Car Français, Françaises, électeurs, électrices, mes frères et mes sœurs, nous n’avons pas fini de voter cette année. Ni de cogiter, comme l’écrit Michel RICHARD dans Midi Libre… « Une compétition n’est pas achevée qu’une autre se prépare. C’est pourquoi, sans attendre le vainqueur de dimanche, les partis politiques travaillent déjà la suite. Entendez, les élections législatives des 10 et 17 juin prochains. Car tous savent bien qu’un Président aussi fraichement élu soit-il, ne dispose de la plénitude de ses pouvoirs, que s’il a une majorité parlementaire pour le soutenir. » Et voilà pourquoi, selon Michel RICHARD, l’UMP réfléchit à la structure, susceptible d’accueillir les centristes ralliés à Nicolas SARKOZY, afin de s’ouvrir au centre, et assécher le Mouvement démocrate de Monsieur BAYROU. De la même façon, François HOLLANDE évoque tout haut des assises ou une refondation de la gauche pour bâtir quelque chose qui rassemblerait tous les progressistes. Bref, la campagne a été longue… et ce n’est pas fini, comme le souligne aussi Patrick FLUCKIGER, dans le journal « Alsace ». « Une longue, très longue campagne s’est achevée officiellement, cette nuit à minuit. Elle a pris ses racines, dès 2002, lors de la confrontation avortée entre Jacques CHIRAC et Lionel JOSPIN… Mais cette fois, remarque mon confrère, des deux côtés, la gauche et la droite ont tout fait pour éviter un deuxième accident LE PEN. Mais pas seulement. Ils ont aussi rajeuni la donne, renouvelé le look de la classe politique et fait participer une majorité de Français à la remise à neuf. Comme on la vu, avec la participation massive enregistrée au premier tour de l’élection présidentielle. « Certes, ajoute l’éditorialiste de l’Alsace, il y a eu des traumatismes, mais les Français ont applaudi des deux mains, la déchiraquisation de l’UMP, réussie en cinq ans, par Nicolas SARKOZY, et la mise au rancart des éléphants du PS, réalisée en une année par Ségolène ROYAL… Reste à l’élu de dimanche, de ne pas décevoir, et de prouver que le changement n’est pas de façade, sinon gare au retour de bâton ». L’historien Jean-François SIRINELLI, propose une analyse voisine aux lecteurs de Libération, quand il salue une relève de génération, avec deux candidats en finale dont l’adolescence n’a pas été franchement troublée par mai 68. Nicolas SARKOZY, écrit-il, a fait son apprentissage politique dans les années 70, et Ségolène ROYAL qui avait 15 ans quand le quartier latin s’enflammait, n’a guère été effleurée par l’incendie contestataire. Et l’historien qui considère, que les années 65-85, qu’il qualifie de « vingt décisives », parce qu’elles constituent le passé proche de notre avenir, en profite pour souligner deux choses. Primo : … mai 68 n’a jamais été bien vu, par la droite française. Parce que nous sommes dans une société en crise, et qu’il faut bien trouver des boucs émissaires. Secondo : Dans cette campagne 2007, l’électorat UDF sera resté « spirituellement de centre droit… Et deux hommes âgés de 61 ans, auront dû passer leur tour, au profit de deux quinquagénaires. Leurs noms ? Alain JUPPE et Laurent FABIUS, Alain DUHAMEL, dans « Nice-Matin », ajoute à cela un constat, critique, sur ce qu’il appelle « la nouvelle mode du dialogue direct ». Son éditorial intitulé Ségolène contre Nicolas… commence ainsi… L’élection présidentielle de 2007 aura été marquée par un degré de pus dans l’extrême personnalisation de la compétition. Ce ne sont pas en effet seulement le président de l’UMP et la candidate du PS qui s’affrontent demain pour le second tour, mais avant tout Nicolas SARKOZY et Ségolène ROYAL, qui s’opposent et se mesurent. D’ailleurs, l’un et l’autre ont démontré à maintes reprises depuis le début de la campagne leur grande autonomie vis-à-vis de leurs partis politiques. Nicolas SARKOZY domine tellement au sein de l’UMP qu’il peut se permettre une grande latitude d’action et d’expression sans que quiconque puisse y faire obstacle. Quant à Ségolène ROYAL, est a multiplié les tournants (vis-à-vis de François BAYROU et des centristes, des 35 heures, des régimes spéciaux de retraite par exemple), en mettant les dirigeants socialistes devant le fait accompli. Les duellistes n’ont cessé d’afficher leur liberté comme jamais lors de présidentielles précédentes. Et voici la chute. « En outre, le débat s’est organisé autour des valeurs, des postures et des symboles, au détriment des programmes, des idéologies et des projets. Cela ne pouvait qu’accentuer l’hégémonie du face-à-face entre deux personnalités. Les commentaires qui ont précédé et suivi le duel télévisé rituel d’entre-deux-tours le prouvent abondamment ; il a surtout été question de l’attitude et du comportement des deux protagonistes. Ségolène était-elle trop agressive ? Nicolas était-il trop retenu ? Etait-elle trop floue ? Etait-il plus précis ? La colère jupitérienne de la candidate socialiste était-elle spontanée ou préméditée ? La courtoisie affichée, soulignée, mimée de Nicolas SARKOZY n’a-t-elle pas finalement été plus efficace ? Les électeurs français sont en somme conviés à se métamorphoser en quarante-quatre millions de psychanalystes amateurs, donc à choisir une personnalité plutôt qu’un projet. » François Régis HUTIN dans « Ouest-France » ne s’arrête pas à tout cela. Pour lui, les deux candidats ont entrepris de convaincre jusqu’au bout… Et dès lundi, avant notre choix, l’élu quel qu’il soit, va ses trouver engagé dans les dossiers de politique étrangère… Et découvrir, s’il ne le sait déjà, que le monde est dangereux. Attention danger, titre aussi l’Humanité… en faisant compagne contre l’un des deux candidats au suffrage, considéré comme dangereux. Le Figaro… préfère interroger… Ce sera qui ?... Et Libération, titrer le Pari, sur une photo de Madame ROYAL qui applaudit. Le Parisien préfère titrer en rouge J moins 1, en racontant sur deux pages, l’histoire proprement ébouriffante d’une interview hors la loi… En vertu de l’article 10 du décret du 8 mars 2001…

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