Bonjour à tous… Que choisir… Zemmour ou Zola ? Carlos Ghosn, patron de Renault ou Bernard Arnaud, qui licencie Galliano ? Et l’on pourrait continuer… Faut-il préférer le ministre Patrick Ollier ou Alain Juppé ? Un débat sur l’islam ou sur la laïcité… la lecture du MONDE ou celle du FIGARO ? Les sujets de polémique ne manquent pas, et si vous les abordez en famille, ce week-end, vous risquez fort de vous retrouver dans la situation décrite par Caran d’Ache au siècle dernier. Premier dessin : une famille à table, et le pater familias qui conseille : « Surtout, ne parlons pas de l’affaire Dreyfus ». Second dessin : la table est renversée et tout le monde est par terre, fourchettes et couteaux plantés dans les fessiers et les dos. Avec cette légende : « Ils en ont parlé ! ». C’est dire, si je risque gros, même par ces temps bénis de totale liberté de la presse, si, après lecture des journaux… je me prononce pour Zola contre Zemmour, pour Bernard Arnaud et Sidney Toledano de Dior contre Galliano, pour le débat sur la laïcité, et pour la lecture comparée des grands journaux nationaux et régionaux. Ainsi, je ne saurais trop vous recommander aujourd’hui le double achat, même s’il en coûte, du MONDE et du FIGARO. Le MONDE, parce que trois hommes de qualité y débattent sur l’érosion de la fonction présidentielle et du corps politique, de Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy. Le premier, c’est le philosophe-écrivain Régis Debray, le second c’est le comédien-scénariste Denis Podalydès et dernier membre du trio : Olivier Py : metteur en scène, patron de l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Quant au FIGARO, s’il faut le lire, c’est parce qu’il offre ce matin une interview-programme de François Fillon, interrogé par la rédaction politique du journal et son patron, Etienne Mougeotte. Dans cet entretien de deux pages, François Fillon relativise les mauvais sondages du gouvernement et du Président, avant de plaider pour les 14 mois qui restent d’ici l’élection présidentielle. De la même façon, qui ne vous surprendra pas, le chef du gouvernement déclare que Nicolas Sarkozy est le meilleur candidat possible, pour la droite et le centre rassemblé. Et pourquoi lui ? Parce que selon François Fillon, la politique que le Président conduit est à équidistance des trois familles de la majorité… les gaullistes, les libéraux et les centristes. Au passage, le Premier Ministre invite Dominique de Villepin et les émules centristes de François Bayrou, à ne pas diviser la droite et le centre, car dit-il « quel que soit le candidat qui représentera la gauche en 2012, il sera redoutable ». Trois questions de mes confrères du FIGARO et trois réponses de François Fillon risquent de vous intéresser. La première, sur le couple Président de la République, Premier ministre. « Ca marche, malgré quelques nuages, comme dans tous les mariages ». Mais, déclare François Fillon, si vous cherchez dans l’histoire récente… vous ne trouverez pas beaucoup de couples exécutifs qui aient fonctionné aussi longtemps et aussi bien que le nôtre. Deuxième question… « Que ferez-vous aux cantonales et après, face au Front national ? ». Réponse de François Fillon : « Mon attitude sera sans ambiguïté… comme elle l’a toujours été ! Nous n’avons pas à faciliter l’ascension du FN ! ». Question enfin sur les déficits… et sur l’euro. Sur l’euro, le Premier ministre se félicite des convergences franco-allemandes, et précise : « Il n’y as pas d’alternative au renforcement de l’euro ». Quant au déficit, notre dette à tous, est de 2.000 milliards d’euros… Voici la question précise du FIGARO et la réponse complète du Premier ministre : « Etes-vous déterminé à inscrire dans la Constitution la fameuse « règle d’or » pour limiter les déficits publics ? » « Absolument. Le projet de loi sera présenté au Conseil des ministres le 16 mars. Je souhaite le soumettre au vote de l’Assemblée nationale et si possible du Sénat avant l’été. Ce texte est conforme aux propositions de la commission Camdessus, à laquelle participaient des représentants du PS. Il est donc consensuel. Si le PS est cohérent avec lui-même, il devrait le voter ». J’en viens au MONDE daté samedi, avec trois bonnes lectures. 1)L’éditorial qui considère que Monsieur Sarkozy dévoie le débat religieux… alors qu’il est selon la Constitution, gardien d’une République qui respecte toutes les croyances. Donc, Monsieur Sarkozy et Monsieur Copé, selon le MONDE se fourvoient ou se dévoient en ouvrant un débat sur la laïcité. 2)Lecture conseillée aussi du même quotidien : Simone de Beauvoir, l’auteur du Deuxième sexe, disparue il y a 25 ans… c’est le hors-série du MONDE… sur une femme libre ! Et last but not least… les deux pages de décryptage que j’évoquais tout à l’heure… sur l’incarnation du pouvoir, en France, de Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy… Débat entre Régis Debray, Denis Podalydès et Olivier Py… Rater cette lecture aujourd’hui… si vous êtes homme ou femme politique, candidat à une fonction de représentation, citoyen-électeur, nostalgique de la gauche, ou chaud partisan du trio Sarkozy-Fillon-Juppé. C’est passer à côté de l’intelligence, disons de la part de cerveau disponible, qui reste à chacun de nous, après l’invasion de la médiocrité ou de certaines publicités. Je n’ai jamais rien lu, d’aussi dur, d’aussi juste, d’aussi honnête… en deux pages… sur les animaux politiques qui nous ont enchanté, ou désenchanté, depuis 1958. Question du MONDE : « Comment peut-on incarner le pouvoir ». Denis Podalydès : « Mitterrand est à la politique ce que la Pléiade est aux écrivains ». C’est encore Denis Podalydès qui s’émerveille de la voix de Nicolas Sarkozy : « Guevara exerçait un sacerdoce. Nos chefs d’Etat ont un job… en attendant mieux, la dolce vita». Demain je vous inviterai à la lecture de Bruno Frappat de la CROIX qui dit beaucoup de bien de Bordeaux, de Mauriac et de Juppé.

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