Il y a deux semaines, on apprenait que Pénélope Fillon était « prête à parler »....

Elle était « prête » à s’exprimer dans la presse. C’est son mari qui le confiait – une petite phrase dans PARIS MATCH. Mais il ajoutait alors qu’il n’y était pas favorable. Pour l’instant, « je ne suis pas pour », expliquait François Fillon. Suite à quoi Pénélope Fillon a donc continué à se taire. « Je veux la protéger », justifiait le candidat devant ses conseillers. Mais, ces derniers-jours, et ainsi qu’on a pu le lire dans les journaux, sa communicante Anne Méaux lui a dit que le moment était venu, je cite, de « sortir Pénélope », notamment afin de faire taire les rumeurs sur de supposées difficultés du couple. Et il apparait que François Fillon a décidé de lever son véto, comme en témoigne ce matin la Une du JOURNAL DU DIMANCHE. Photo pleine page de l’épouse de l’ex-Premier ministre, et ce titre, en trois mots :

« Pénélope Fillon parle ».

Et il s’agit donc d’une première depuis le début de l’affaire qui empoisonne la campagne du candidat : cette affaire d’emplois présumés fictifs, affaire révélée par LE CANARD ENCHAÎNE. Quelques mots, tout d’abord, du contexte de l’interview. Elle a eu lieu hier, à l’heure du déjeuner, dans le cabinet de l’avocat de Pénélope Fillon, et en présence de la communicante Anne Méaux, celle qui conseillait donc de « sortir Pénélope ». Un entretien mené par Anna Cabana et Hervé Gattegno. « Autour d’une table en verre sur laquelle trônent sandwiches et barquettes de salades, elle est telle qu’on l’imaginait », rapporte la première. Une femme « parlant trop bas, et se précipitant pour ranger une fois que tout le monde s’est sustenté. ‘Je peux vous débarrasser ?’, demande-t-elle en regardant ses mocassins en daim. C’est tout juste si elle ne tire pas sur la robe chemise à carreaux, laquelle lui arrive pourtant sous les genoux. Puis elle commence par dire qu’elle n’a ‘pas encore décidé’ si elle accompagnerait son mari au Trocadéro ce dimanche, pour le rassemblement destiné à le sauver. Mais, cinq minutes plus tard, elle lance : ‘Je vais y aller !’. On lui fait remarquer qu’on annonce de la pluie. ‘Le parapluie me cachera’ », répond-elle alors.

Se cacher : c’est un peu ce qu’elle a fait depuis un mois, sortant encore moins que d’ordinaire. « J’étais tellement surprise par la violence et l’hystérie que je me suis renfermée dans ma coquille. » Elle décrit son effroi quand, pour la première fois, elle a lu dans la presse le mot « Pénélopegate ». « L’association de mon nom avec cet immense scandale, ça m’a fait très mal. Je me suis sentie traversée par la foudre. C’est ce que j’ai vécu de pire dans ma vie. » Elle explique en outre que ce qui la fait tenir, ce sont les courriers de soutien, des courriers qui la font « pleurer presque tous les matins ». Ce qui la fait tenir, c’est aussi sa croyance en Dieu. Cela dit, elle refuse d’accréditer l’idée que l’on ait fomenté contre sa famille « un complot », elle affirme également qu’elle a confiance en la justice et chez elle, « rien ne larmoie », rapportent mes confrères, précisant que se cache en elle une force étrange, une vraie solidité. D’ailleurs, elle se déclare « têtue comme une Galloise »…

Voilà donc pour le contexte de cette interview.

Quant au fond, on peut dire qu’il tient en deux mots : défense et soutien : défense de son travail et soutien de son mari.

Et donc son travail, tout d’abord. Il fut bien réel, assure-t-elle. Un travail réel de conseillère littéraire pour LA REVUE DES DEUX MONDES. On a dit qu’elle n’avait rédigé que deux notes de lecture. Or, Pénélope Fillon affirme qu’elle en a fait bien davantage. Travail réel, aussi, comme attachée parlementaire auprès de son mari puis de son suppléant. Certes, elle reconnaît qu’elle n’a jamais mis les pieds à l’Assemblée Nationale. N’empêche : son emploi d’assistante parlementaire n’était pas fictif.

« Et en quoi cela consistait-il », l’interroge l’hebdomadaire.

Réponse de l’assistante : « Je traitais le courrier avec la secrétaire. Je préparais pour mon mari des notes sur les manifestations de la circonscription. Je lui faisais aussi une sorte de revue de presse locale et je le représentais à des manifestations. Et puis je relisais ses discours. »

Mais n’auriez-vous pas pu faire cela sans être payée ?

« Si cela n’avait pas été moi, il aurait payé quelqu’un d’autre pour le faire. Donc on a décidé que ce serait moi. Et contrairement à d’autres, moi, je ne le lâcherai jamais. »

Et l’on arrive ici à l’autre objet de cet entretien : montrer que Pénélope Fillon soutient corps et âme son mari. « Je suis avec François depuis 36 ans, et je serai encore là tout le temps qu’il nous reste à vivre. » « Il n’y a que lui qui peut être président », poursuit-elle. « C’est le seul candidat qui ait l’expérience, la vision, le projet et la détermination nécessaire pour diriger la France. » Du reste, tous les jours, elle dit à son mari qu’il doit « continuer jusqu’au bout ». Mais François Fillon écoute-t-il les autres ces jours-ci ? « Il écoute, oui, mais il prend ses décisions seul. C’est lui qui décidera. »

« Le compte à rebours a commencé »

Défense et soutien, donc, dans LE JDD, où l’on a « sorti Pénélope »… Comme une ultime cartouche, alors que tout s’écroule autour du candidat. Ce dont témoigne aujourd’hui LE PARISIEN DIMANCHE : « Le compte à rebours a commencé ». C’est le titre à la Une. Très peu de responsables des Républicains se rendront au rassemblement place du Trocadéro, et pour cause : en coulisse, explique le journal, les divers scénarios d’un retrait de l’actuel candidat se préparent… Tractations pour savoir comment obtenir que François Fillon jette l’éponge, mais sans toutefois l’humilier. Sinon, témoigne un ténor du parti, « ses électeurs se sentiront humiliés, et ils ne voudront pas voter pour le candidat qui aura été choisi à sa place »… Visiblement, ce qui se dessine, c’est une alliance Juppé/Borloo. Mais oui : Jean-Louis Borloo ! Un tandem qui s’engagerait conjointement pour un mandat unique… C’est notamment ce que préconise le centriste Yves Jégo, proche de l’ancien ministre de l’Ecologie. Yves Jégo, qui lance cette petite phrase à propos de François Fillon : « En 2022, il n’aura que 68 ans. S’il sort par le haut aujourd’hui, ça le re-légitime pour la prochaine présidentielle. » Fillon 2022 : le projet peut sans doute prêter à sourire…

« J’ai honte de travailler à Aulnay »

Pas de sourire, en revanche, à la lecture du témoignage que publie ce matin le site MEDIAPART. Témoignage d’un policier du commissariat d’Aulnay-sous-Bois, qui dénonce les dérives de ses collègues. Selon lui, certains de ses collègues étaient coutumiers des dérapages qui ont conduit à « l’affaire Théo ». Notamment les quatre agents mis en examen pour les violences et le viol subi par le jeune homme. Des anciens du commissariat leur avaient d’ailleurs dit plusieurs fois « d’y aller moins fort ». « J’ai honte de travailler à Aulnay », confie-t-il, en ajoutant que si le viol de Théo est avéré, il espère bien que ses collègues prendront 20 ans de prison fermes !

Enfin, rien à voir, mais je vous conseille la lecture du reportage de Christophe Faunier dans le mensuel NEON : « Ils ont voulu me rendre hétéro. » Depuis le début des années 70, des associations américaines organisent, partout dans le monde, des stages pour « accompagner » des homosexuels vers l’hétérosexualité. Et mon confrère a donc déboursé 500 dollars, et passé trois jours dans l’un de ses campus. On y fait parler les stagiaires de leurs traumatismes infantiles, on les bouscule, on les humilie, mais on les déculpabilise et on leur apprend à se faire des câlins virilement. Comme si, donc, être homosexuel était une maladie que l’on pouvait soigner. Cela dit, au début du stage, chaque participant doit signer un papier stipulant que la thérapie n’aboutit pas toujours aux résultats escomptés.

C’est donc à lire dans NEON, où l’on apprend aussi, à la page géniale des « savoirs inutiles, donc totalement indispensables », différentes choses inutiles, donc totalement indispensables…

- 87% des écoliers des écoliers français ne savent pas reconnaître une betterave – c’est tout de même assez inquiétant.

- A Hong-Kong, une ancienne loi autorise une femme à tuer son mari adultère, mais seulement à mains nues – c’est tout de même assez effrayant.

- Pour produire un kilo de miel, un essaim d’abeilles parcourt 145.000 kilomètres, soit plus de trois fois le tour de la terre – c’est tout de même assez stupéfiant.

- Les hommes se regardent en moyenne 23 fois par jour dans une glace, alors que les femmes ne s’y regardent que 16 fois – c’est tout de même assez… important de se regarder dans une glace…

Cela dit, j’avoue que ce matin, je me demande ce que François Fillon voit dans la sienne quand il s’y regarde. Si tant est qu’il s’y regarde encore…

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