Bonjour à tous… « Biche ô ma biche, lorsque tu soulignes, au crayon noir, tes jolis yeux. Biche, ô ma biche, moi je m’imagine que ce sont deux papillons bleus… » … Si vous pouvez continuer, seul, et en musique, la preuve est faite, que vous êtes ou que vous avez été, dans les années soixante-dix, fou des Yé-Yé ! Et que du haut de vos cinquante, soixante, soixante-dix ans, vous êtes tout près de radoter sur le bon vieux temps ! Le Parisien-Dimanche a la bonne idée ce matin de titrer sur le succès fou, remporté ces jours derniers, par la tournée des douze gloires de la chanson française des seventies ! Richard Anthony, Franck Alamo, Michèle Torr, Leny Escudero, sans oublier, Gilles Dreu, François Deguelt, les Machucambos qui nous faisaient danser sur la Bamba, et Nancy Holloway, 73 ans au printemps qui nous amusait en s’écriant : « T’en vas pas comme ça ! » Et bien justement, les seniors d’Age Tendre est Tête de bois sont toujours là ! Ils cassaient des fauteuils quelquefois à l’Olympia, mais le plus souvent, c’est chez papa-maman, qu’ils écoutaient à la radio, SLC, Salut les Copains, de Daniel Filipachi et France Ténot. Tandis qu’ici à France Inter José Artur, Claude Dupont, Michel Godart tentaient de répliquer, à la concurrence d’Europe N°1, avec les Ardugos ! « Des tubes, des ovations, des dédicaces… La tournée yé-yé obtient un succès fou, s’émerveille ce matin, Le Parisien réagit en consacrant trois pages à l’événement d’une société qui cherche son âge ou le découvre ! Car c’est un fait, le mois dernier, Michel Drucker a obtenu le meilleur succès d’audience, de Vivement Dimanche avec les idoles du passé, en tournée depuis le printemps dernier. On a tout dit, sur cette star-academy des vieux, et même affirmé que c’était le Jurassic Park de la chanson française. Et bien non, le bouche à oreille a fonctionné, et le public répondu oui, mille fois oui à Richard Anthony et tous les autres. Résultats : 3 millions de téléspectateurs pour Drucker, et près de 25 % de part d’audience ! Un record. Des disques, un DVD pour retrouver les idoles comme on les appelait et le Zénith, mardi et mercredi prochain à Paris. Car comme le dit Le Parisien, « le temps des yé-yé refleurit. » Ce journal a même dépêché la semaine dernière, à Poitiers, une envoyée spéciale, pour voir, comment chez Ségolène Royal et Jean-Pierre Raffarin, on accueillait les vieilles tiges de la chanson française. Et ma consœur Elsa Fouillac d’interviewer Serge, soixante berges et Isabelle 23 ans. « J’adore les années 60, il y avait de vrais textes, de vraies mélodies, affirme la jeune Poitevine, qui a gagné ses places lors d’un jeu radiophonique. Pour moi, dit-elle, la Star Ac, c’est comme une boite de conserves, ça n’a pas de saveur. Je préfère voir les originaux. Ce soir, on a dansé, chanté, il n’y avait pas de temps mort. Le spectacle était dynamique et les artistes ont su faire participer le public. » A ce moment, Isabelle est rejointe par ses parents, Irène et Jean-Marcel, 60 et 62 ans. « Maman, c’est fou, j’ai retrouvé toutes les chansons que j’entendais à l’arrière de la 2 CV ! Mes parents m’ont élevée avec cette musique, précise la jeune fille. La maman est aux anges : « C’est toutes mes années lycée, la première chose qu’on faisait après les cours, c’était d’allumer la radio pour écouter Salut les Copains. » Et aujourd’hui, faut-il croire avec Michèle Fitoussi que l’on étudie à cors perdu ? Je lis, en page 7, du magazine Elle, qui consacre sa couverture à la belle Scarlett Johansson, la nouvelle muse de Woody Allen, cette petite annonce : « Homme distingué cherche jeune étudiante pour relation. Bien rémunérée si entente, et possibilité de suivi durant toute l’année scolaire. » Des offres d’emploi comme ça, s’émeut Michèle Fitoussi, on en repère un bon paquet sur Internet. Au milieu de sites qui proposent des jobs d’hôtesses, de masseuses érotiques ou d’escort-girls. En Angleterre, par exemple, une enquête révèle que 10 % des étudiantes se prostituent ou travaillent dans l’industrie du sexe pour financer des frais d’inscription qui ont triplé en dix ans ! Au Japon : le coût des études supérieures est béton. En Argentine, en Pologne, dans les pays de l’Est. Et en France ? Eh bien, les années passant, les amis des amies de l’amie se sont multipliées… Chez nous, selon une enquête du syndicat Sud-Etudiant 40.000 étudiants, en majorité des filles, se prostitueraient. Elles cherchent le type friqué qui paiera pour un soir, ou plus si affinités, le verre, les fringues, l’argent de poche, l’appart ou les études… Est-ce qu’elles l’envisagent comme du fric facile, et que le gagner ne prend pas trop de temps, de quoi passer tranquille une année de fac sans courir derrière les habituels petits jobs ? Ou est-ce parce que l’offre est forte, facilitée par Internet ? Ou encore ces jeunes filles ont-elles une morale différente, un rapport au corps plus « léger », ou plus consumériste ? On rétorquera, conclut Michèle Fitoussi, que la grande majorité gagne son argent différemment. Oui, mais, en Angleterre, le phénomène a augmenté de moitié en l’espace de six ans. Bonne raison pour se poser des questions ! » Bonne raison aussi pour s’interroger sur l’Etat de santé de la démocratie, avec ce dimanche, trois anciens premiers ministres qui réapparaissent au même moment dans les kiosques. Alain Juppé, Edith Cresson, interrogés par Dominique de Montvalon, dans le Parisien Dimanche, et Michel Rocard, interviewé par Pascale Marie-Deschamps pour le magazine Enjeux les Echos. La vitalité d’une démocratie, dit Rocard, ne se résume pas, au bien-être économique. Toutes les démocraties aujourd’hui connaissent la crise, mais comme l’explique Benjamin Barber, ancien conseiller de Clinton, partout où la démocratie a disparu, elle suscite des courages inouïs. Les individus sont capables de se battre pour elle jusqu’à la mort. Question alors de mes confrères des Echos, Quid de la démocratie participative, chère à Ségolène Royal. Réponse de Rocard : Ce qui cloche, c’est le choc de la vie de l’être humain faite de passions, avec la rationalité et la formalisation des choix publics d’une société fabriquée par et pour l’économie. Et l’ancien Premier Ministre de François Mitterrand d’ajouter : la démocratie participative, par ses tâtonnements, ses bricolages pallie l’absence de vie politique entre les scrutins. Nouvelle question alors, des Echos… Faut-il changer, notre Constitution, pour sortir de la crise actuelle… Réponse de Rocard : « J’ai longtemps été un farouche défenseur de l’élection du président de la République au suffrage universel, contre mon maître et ami Pierre Mendès France qui ne voulait pas en entendre parler. Je commence à penser que ce principe devient dangereux. Pour deux raisons. D’abord, quand le système médiatique en arrive à dominer le système politique au point de choisir le calendrier, de sélectionner les candidats et de déterminer les sujets de débat – ce dont on parle, et surtout ce dont on ne parle pas -, la porte est ouverte à toutes les dérives. Ensuite, poursuit Rocard, l’accès à la télévision est gratuit. Ce prurit de notre système égalitaire a pour résultat – et c’est plus grave encore à mon sens – de faire des petits candidats, qui se sont tous déclarés un an avant pour bénéficier des médias pendant qu’ils bavardent alors que la campagne n’a pas commencé, les grands bénéficiaires du système. Et c’est sa conclusion : « Par conséquent, notre élection présidentielle n’est plus à titre principal le choix du patron, mais l’étalonnage de l’influence de courant politique. L’accès au second tour est désormais réservé à celui des chefs de coalition dont le corps électoral est le moins éclaté. Autrement dit, le risque est plutôt que Ségolène Royal ne soit pas présente au second tour de l’élection présidentielle puisque la gauche compte six candidats. La France joue dont le choix du patron aux dés. C’est ultradangereux. » Moi, semble répliquer Alain Juppé… Je suis plus que jamais gaulliste, et j’exclus l’idée que nous ayons plusieurs candidats à l’UMP. Je pense là-dessus, comme Xavier Bertrand, le ministre de la Santé… Deux candidats UMP au premier tour, c’est zéro au second ! Deux pages, plus loin dans Le Parisien… Edith Cresson, pourquoi soutenez-vous Ségolène Royal ? Réponse d’Edith Cresson, Premier ministre sous François Mitterrand : « Parce quelle sonne la fin de mai 69 et puis elle est élue comme moi dans le Poitou-Charentes. Elle fait des choses très bien, qui préparent l’avenir, comme aider des entreprises à se créer. On a ricané quand elle parlait du Chabidou dans les Deux-Sèvres. Mais pour beaucoup de producteurs de fromage de chèvre, c’est important. Pour moi, Ségolène, c’est la fin de mai 76. La fin d’une époque sympathique mais avec ses dérives, ses bobos attachés à leurs privilèges, méprisants pour le peuple et qui pensent avoir la science infuse. D’une façon assez souriante, elle signe la fin de tout ça. Et Chirac… Il ne vous a pas échappé qu’il y avait davantage d’affinités entre Mitterrand et Chirac qu’entre Mitterrand et Balladur. Ils avaient une vision de la France, un vrai ancrage. Le bilan de Chirac est-il aussi nul qu’on le dit à gauche et parfois aussi à droite ? Ce qui se dit n’est pas juste. Sur le long parcours, Chirac a tenu sa place de président de la République. Il a sauvegardé l’unité nationale et la place de la France dans le monde. Dans l’affaire irakienne, il a été décisif. Faut-il qu’il se représente ? Non parce que je l’aime bien, et que je n’ai pas envie de le combattre. » Faut-il à 73… 74… 75… ou 77 ans tirer sa révérence. Non… un homme va manquer à cet égard au Nouvel Obs désormais… C’est Bernard Frank mort foudroyé, alors qu’il dînait vendredi au restaurant. C’était un hussard… avec Nimier et Blondin, un écrivain, auteur d’un siècle débordé… livre paru en 71 au temps des Yé-Yé !

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