Bonjour à tous. Je ne sais pas si le bonheur est une idée neuve en Europe, mais il y a de la joie, même en temps de crise à lire les journaux dominicaux. Vous êtes à Brest, voyez dans le TELEGRAMME, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sortant hier, tout sourire, du mini-sommet de l’Elysée. Vous êtes à Metz, découvrez ce matin, dans le REPUBLICAIN LORRAIN, aussi détendus l’un que l’autre, Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn. La photo a été prise hier à Paris, mais la légende ne dit pas qui, du Président de la République ou du Directeur Général du FMI, a fait une plaisanterie. En tout cas, les deux hommes face à face, main dans la main, s’esclaffent. Donc ça va, ou ça va aller, suggère le REPUBLICAIN LORRAIN, persuadé que les Européens vont desserrer l’étau de Maastricht, soutenir leurs établissements financiers en difficulté, et en appeler à l’assouplissement du pacte de stabilité. A Lyon, le PROGRES renchérit avec ce titre : « Et si l’on arrêtait de se faire peur ». Un peu plus loin, dans son propos d’un jour, le chroniqueur de LA MONTAGNE de Clermont-Ferrand reprend la déclaration d’un ténor de la IIIème République : « Nous sommes au bord du gouffre, mais nous allons faire un grand pas en avant ». Et mon confrère de souligner que si François Fillon a bien évoqué le gouffre en question, rien n’est peut-être perdu si l’on avance avec prudence et circonspection. A condition, conclut le Montagnard de Clermont, que les politiques cessent de parler dans le vide. Robert Solé lui emboite le pas, à la dernière page du MONDE-DIMANCHE en se gaussant franchement de certains experts Nobélisés, pour avoir découvert le fil à couper le beurre ou l’eau chaude. « Vous aviez certainement remarqué », écrit-il, « que les puces de chiens sautaient plus haut que les puces de chats ». Et le chroniqueur du MONDE d’évoquer les Français récompensés pour l’avoir démontré, aussi bien que les Américains découvreurs Nobélisés après avoir prouvé que les cheveux s’emmêlaient dans les dents du peigne et que le Coca-Cola avait des vertus spermicides. Là-dessus, Robert Solé attend sans impatience les prochains prix qui seront décernés dans quelques jours et écrit : « le Prix d’économie 2008 ne manquera pas d’échoir au médecin urgentiste capable de ranimer Wall Street ». Quant au Nobel de Littérature, il reviendra certainement à l’un des grands phraseurs qui n’arrêtent pas de nous expliquer en prose et en vers, pourquoi cette année nos bas de laine ont filé. Naturellement, sur ce thème, les caricaturistes des journaux dominicaux, s’en donnent à cœur joie. Olivier Ranson, croque les quatre européens réunis hier, au mini-sommet de Paris. On reconnaît sur son dessin, Angela Merkel, Gordon Brown, Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy. « Bon », dit le Président français dans une bulle, « puisque nous sommes réunis, examinons notre marge de manœuvre ». Elle est plutôt réduite, selon Ranson, puisque les quatre sont représentés sur un à-pic, au-dessus d’un précipice. Toujours cette image du gouffre, et du grand pas qu’il convient de faire. D’ailleurs en page 3 du PARISIEN, face au dessin sceptique de Ranson, vous lirez le commentaire du Président de la Commission européenne, Monsieur Barroso, interrogé hier par Olivier Aubry, sur le sommet de Paris. Question de mon confrère : « Votre plan d’actions d’urgence est-il suffisant pour juguler la crise». Réponse du commissaire : « Nous sommes coordonnés. Aucun pays au monde n’est à l’abri, et je ne crois pas aux miracles, mais nous avons reconnu le besoin d’avoir une réponse européenne et présenté des mesures consensuelles. C’est un pas concret dans la bonne direction ! ». Textuel !... page 3 du PARISIEN DIMANCHE, à côté d’un sondage exclusif du CSA, où il apparaît que 90 % des personnes interrogées, sont inquiètes des conséquences de la crise sur leur pouvoir d’achat. Ils le sont moins sur l’avenir de leur épargne et moins encore sur l’emploi. C’est paradoxal, mais 55 % des personnes interrogées se disent peu inquiètes sur l’emploi. Comme si, crise financière et santé des entreprises étaient déconnectées !. Peut-être à cet égard doit-on considérer que l’argument du Président Sarkozy, selon lequel il faudrait distinguer le bon capitalisme entrepreneurial et le mauvais capitalisme financier, avait fait mouche, ou correspondait au sentiment du plus grand nombre. Wolinski quant à lui, ne fait pas le détail, quand il croque dans le JOURNAL DU DIMANCHE, les participants désaccordés du mini-sommet de Paris. Sur son dessin, on voit le britannique Gordon Brown qui se sauve en courant. Silvio Berlusconi qui, les mains jointes, prie la Madone et Angela Merkel qui grimpe aux rideaux. Seul Nicolas Sarkozy, assis, les bras ouverts, sourit et déclare : « Si nous voulons sauver le capitalisme, sauver les banques, sauver les meubles, sauver la mise, la face, les apparences, l’avenir, le système et l’économie européenne… nous devons montrer à quel point nous sommes amis et solidaires ». Quatre pages plus haut, le JOURNAL du DIMANCHE souligne sérieusement néanmoins, qu’un dogme a été brisé par le Président français. Entendez que la crise justifie, une modification des règles fixées par Maastricht. Les Etats vont pouvoir s’affranchir de la rigueur. Les banques seront soutenues dans chaque pays. Contrairement à ce qui s’est fait aux Etats-Unis où on a laissé Lehman Barthes faire faillite. Et puis, juré promis, les dirigeants fautifs seront sanctionnés et les intervenants du marché seront mieux contrôlés. Et voilà pourquoi, dit le PARISIEN, Sarkozy jubile. Tandis que résolument optimiste, le JOURNAL DU DIMANCHE recense français, françaises, dix raisons de ne pas paniquer. Parmi celles-ci… il y a le pétrole qui baisse, les taux d’intérêts bas, les épargnants protégés par l’Etat et la bourse pas chère. Bref, il faudrait faire comme Warren Buffet et acheter sous la grêle ! Le POINT donne d’autres conseils en recensant les bonnes affaires, à faire… grâce au low-cost et l’acheter malin. PHILOSOPHIE-Magazine va plus loin en évoquant l’éternelle question d’argent. L’argent tabou.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.