Bonjour à tous. Dire ou ne pas dire ? Et s’il faut dire, comment le faire ? A quel moment et avec quels mots ? Fait-on la guerre en Afghanistan, où sommes-nous là-bas pour assurer la paix et la sécurité des Afghans ? Et la taxe carbone ? Est-elle un impôt ou une contribution nécessaire aux économies d’énergie et à l’amélioration du climat ? Et que dire des bonus, des comptes en Suisse, de la grippe H1N1 et de toutes les normes nouvelles introduites ici et là, pour nous sauver vous et moi ? Du PARISIEN au FIGARO MAGZINE et de LIBERATION à la CROIX, toute la presse agite aujourd’hui ces sujets de rentrée, faits de risques à courir ou à conjurer. « C’est fou », écrit Bruno Frappat, « les risques que l’on a pris cet été. Mais au fond c’est formidable d’être rentré de vacances, puisque avec tout ce qui nous a guetté, on a échappé au pire ! » . Et le chroniqueur de la CROIX, après avoir remarqué qu’en vacances on consacre moins de temps à Internet et à la télé, qu’en cours d’année, d’interroger : « Alors que reste-t-il de nos étés, sinon un étirement du temps. La durée longue des disponibilités. Un goût de terre, de ciel et d’eau. La lumière avec le plaisir simple d’exister. Rien qui mérite qu’on en parle dans les journaux… Quoique » ! Et Frappat d’embrayer alors sur les normes. La mise aux normes sanitaires ou écolos… le frigo aux normes, le plafonnier, la fromagerie, la chambre d’hôtel obéissant aux hantises de notre temps. Et la chronique est titrée, façon hymne national : « Aux normes citoyens ! ». Sentiment voisin de Jean Teulé à la page 31 de LIBERATION : « Quinze heures hier », écrit-il, « j’arrive gare Montparnasse. Une voix dans un haut-parleur m’intime de me laver les mains et ajoute : si vous avez du mal à respirer, contactez votre médecin traitant ». Et l’écrivain-chroniqueur de commenter : « On prend vraiment les gens pour des imbéciles. En attendant, je n’arrive pas à savoir si on balade les populations, avec cette histoire de pandémie afin qu’elles pensent à autre chose, ou si c’est vraiment dangereux la grippe A. Les infos que j’entends sont tellement contradictoires. Bref, selon lui, les médias qui en font trop ou pas assez seraient aussi coupables que les ministres. Extrait de la chronique de Jean Teulé : « J’allume la radio. Rama Yade, sur RMC, déclare que les spectateurs d’un match de foot pourront obtenir gratuitement un masque à l’entrée du stade. Je zappe sur RTL où sa chef, Roselyne Bachelot, dit que pas du tout. Rama Yade, elle s’y connaît en sport ? Roselyne Bachelot, elle s’y connaît en santé ? Elle est médecin ? Elle a son brevet de secourisme ? J’apprends qu’elle a tenu une pharmacie à Angers. Espérons que ça suffira. Préservatifs, masques… les films pornos vont devenir très curieux » Et François Fillon me direz-vous ? A-t-il eu raison de donner lundi dernier, au FIGARO MAGAZINE qui le publie aujourd’hui, le montant de la taxe carbone… pardon, de la contribution climat-énergie ! Question du FIG-MAG au Premier ministre : « Quel prix de la tonne de carbone, fixerez-vous ? » François Fillon : « Nous avons décidé d’appliquer de façon progressive cette taxe. En partant du prix de la tonne sur le marché, soit 14 euros. Ensuite nous mettrons en place une commission indépendante chargée de mesurer les effets de la politique mise en œuvre, et de proposer des correctifs. La taxe entrera en vigueur en 2010 ». On trouve çà page 28 du FIGARO-MAGAZINE daté 5 septembre et c’est titré : « Fillon : je m’engage à ne pas augmenter les prélèvements obligatoires ». Mais c’est la cata. Parce que le Président de la République n’a pas tranché. Parce qu’à gauche, comme au sein de l’UMP, on n’est pas d’accord, pas d’accord avec Rocard, Ségolène Copé, Juppé. D’où ce titre méchant à la une du journal la TRIBUNE ce matin : « A quoi sert Fillon ? ». Et ce constat de mes confrères : « Le Premier ministre avait cru pouvoir dévoiler la future taxe carbone. Le Président de la République en a décidé autrement. Retour sur une cacophonie d’état ». Et la TRBUNE d’ajouter au dossier de la taxe, à 14, 23 ou 32 euros, cette proposition de Jean-François Copé… « pour que le produit de la taxe, quelle qu’elle soit, fléchée vers des investissements favorisant le développement durable, et non pas redistribué aux ménages ». Je ne sais pas si Jean-François Copé lira dans la CROIX ces réflexions du philosophe Michel Serres à propos du développement durable justement. « On fait semblant », écrit-il, « de le chercher mais aucun pouvoir temporel donc partiel, n’accède jaus au durable ». Et Michel Serres d’en profiter pour assigner à ses confrères philosophes une mission : anticiper. « Voyez Aristote », écrit-il, qui anticipe le Moyen-Age. Voyez Descartes qui anticipe le Monde Moderne ». Faites comme eux, sinon vous êtes historien ! Nous autres journalistes, le sommes un peu… Et pas seulement historien du présent. J’ai retrouvé dans « la comédie du pouvoir » que Françoise Giroud écrivit en 1977, trois ans après son entrée au gouvernement de Giscard. On est en pleine crise pétrolière. Et Giscard de déclarer à ses ministres : « Les gens ne comprennent pas que les équilibres sont rompus en profondeur. Ils se figurent qu’on pourra les rétablir dans l’état antérieur. En fait, nous allons vers un appauvrissement de l’Occident. Il s’agit de savoir comment va s’organiser l’appauvrissement. Il est temps de faire des restrictions sur la consommation d’énergie. Mais on ne peut pas le dire. On ne peut pas parler d’appauvrissement inéluctable, les Français ne comprendraient pas ». Et Françoise Giroud de commenter : « On ne peut pas le dire. Dans ces 6 mots que tout ministre entend énoncer fréquemment tient un drame : le drame français. Car il ne s’agit pas d’une manie. Ceux qui ont institué cette règle et qui s’y tiennent doivent considérer que 1) les Français sont malins mais stupides. Que 2) ils n’ont pas envie de savoir la vérité. 3) Ils veulent un pouvoir fort qui décide pour eux. A lire l’EXPRESS, le NOUVEL OBSERVATEUR et le PARISIEN ce matin sur le Gabon, sur l’Afghanistan la presse nous aide à voir plus clair, en opposant les points de vue… Ainsi sur l’Afghanistan, Paul Quilès, ancien ministre socialiste de la défense considère que la stratégie est mauvaise. Et Axel Poniatowski, député UMP du Val-d’Oise demande ne pas oublier le 11 septembre.

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