Bonjour à tous… Prenez un ambassadeur de France à Malte, romancier, éditeur et auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont beaucoup ont compté. Mettez-le en face d’un chanteur-vagabond de 67 ans, revenu de beaucoup de choses, mais survivant… Et vous obtenez, la plus formidable interview de l’été. C’est le JOURNAL du DIMANCHE qui publie ce matin sur cinq pages et en exclusivité l’entretien imprévu, qu’ont eu à Saint-Barthélemy aux Antilles, Daniel Rondeau et Johnny Hallyday. Je vous fiche mon billet, que cette interview-là, va faire plus de bruit que le tout-va-bien d’Eric Woerth, affirmé hier à Chantilly, par l’ancien ministre du budget. Plus de bruit aussi que les révélations de LIBE et du FIGARO selon lesquelles, Jean-Louis Borloo ou François Baroin pourraient hériter bientôt à Matignon de la succession Fillon. Plus de bruit enfin, que la manchette de l’EQUIPE aujourd’hui, saluant les pauvres bleus de Laurent Blanc, d’un « Bienvenue chez les petits », aussi retentissant que méchant. C’est le père Hugo qui disait : « Vivre est une chanson dont mourir est le refrain ». Johnny Hallyday dans ses confidences au JOURNAL du DIMANCHE, donne de la chair à ce propos, avec un titre-testament : « Ma mort, ma vie ». Pourquoi aujourd’hui, alors que le chanteur admis aux urgences de Los Angeles, en décembre dernier, va mieux et que sa voix perdue est revenue après son coma ? Et pourquoi Daniel Rondeau, et pas un journaliste spécialisé pour l’interviewer ? L’ambassadeur de France à Malte, qui avait publié, il y a une douzaine d’années dans LE MONDE, alors qu’il était écrivain plutôt classé intello, une interview intitulée : « Les Confessions de Johnny Hallyday », explique au JOURNAL du DIMANCHE qu’il a été surpris cette fois-ci. Car c’est Johnny qui l’a appelé au privilège d’une amitié qui dure. C’est pourquoi au lendemain de la 18ème conférence des ambassadeurs, réunie cet été par le ministre des Affaires étrangères, Rondeau a renoncé à ses vacances en Champagne et est parti pour Saint-Barth. Avec comme viatique, ce mot de Kipling, rappelé par Bernard Kouchner et bien adapté au projet de Johnny Hallyday. « Il y a deux sortes d’hommes dans le monde. Ceux qui restent chez eux. Et les autres ». Dieu sait si Jean-Philippe Smet, belge, français, amoureux des Etats-Unis et passager de la nuit, aura bougé tout au long de sa vie, avant de revenir en France. Rondeau l’écrit dans la conclusion de ce qu’il appelle, histoire d’une interview-imprévue : « Johnny Hallyday est un homme lucide qui pense n’exister que parce que son public le souhaite encore ». Extraits… « C’est miraculeux que je sois là… Si vous saviez, en décembre dernier, j’ai souffert à un point tel que je me tapais la tête contre les murs… Le médecin m’a raconté que la nuit, j’avais appelé mon père : Papa vient me chercher… C’est étonnant car mon père m’a laissé tomber quand j’avais 6 mois. Ma mère, mannequin-cabine chez Lanvin, est rentrée chez nous un soir, rue Clauzel dans le 9ème et m’a trouvé seul, protégé par une couverture sur le plancher. Mon père avait vendu le berceau, nos tickets d’alimentation et était parti avec la crémière du quartier ». Extraits encore… de Johnny dont on sait tout. Et rien en réalité. « Chaque nuit, après mon coma, j’ai eu peur de m’endormir et ne plus me réveiller ». Tu te souviens Daniel, dit-il à Rondeau, son intervieweur privilégié. « Tu m’avais parlé d’un écrivain à qui l’on devait cette phrase : « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes ». J’étais plein de larmes. Il suffisait qu’on me dise… Alors comment vas-tu, pour que je m’effondre »… Je ne pouvais plus me voir dans la glace. Je n’avais plus de voix. Je murmurais avec une voix de petite fille ou de fausset ! Extrait encore… Car la voix est revenue et Johnny prépare la sortie d’un album avec Mathieu Chédid, avant de reprendre en 2011, sa route de vagabond du rock… « Je dois la vie, à ma dernière femme Laetitia… C’est elle, ma dernière femme, qui a organisé mon anniversaire, en juin dernier, sur une péniche… Ce soir-là, j’ai chanté « Gabrielle »… « Toute la musique que j’aime »… C’était le test pour moi… Ma voix est sortie, effaçant des mois d’ombre et de blessures, même si je sais qu’il est des cicatrices qui ne s’effacent jamais ». Chante, oui, chante Johnny, avec tes vieux amis, Aznavour, Line Renaud et tant d’autres qui chantent juste ou pas, pour dire à leur manière la vie, la mort, l’amour. Justement hier, il y avait quelques milliers de Français, selon la police… 100.000 dans plusieurs villes, selon les organisateurs des manifs, en faveur des Roms, comme l’affirme en première page ce matin OUEST-FRANCE Dimanche, avec cette manchette : « La rue soutient les Roms »… Au-dessous de ce titre, que ne désavouent ni le PARISIEN, ni le journal l’ALSACE à Mulhouse, ni le MIDI-LIBRE à Montpellier, ni le MAINE-LIBRE au Mans ou l’INDEPENDANT CATALAN à Perpignan… Tous, voient en effet s’enfler la protestation contre la xénophobie et ce que le journal l’ALSACE appelle, la politique sécuritaire du gouvernement… Xénophobie : le grand rejet des citoyens… C’est du moins ce qu’affirmait en manchette le quotidien LA MARSEILLAISE hier. Voire, car dans le FIGARO-MAGAZINE, Alexis Brézet suggère à ceux qu’il appelle les processionnaires, de lire les mémoires de Tony Blair. Brézet écrit en préambule ceci qui mérite également d’être lu. « Dans la longue procession qui s’est formée cet été pour laver l’offense faite aux Roms et exorciser le démon sarkozyste prêt à déchaîner partout son « hystérie sécuritaire » chacun avait trouvé sa place : l’évêque de Toulouse portait la croix ; Dominique de Villepin, la bannière ; Martine Aubry, avec la foi des anciens jours, entonnait le cantique de la « stigmatisation » ; et le chœur médiatique reprenait à l’unisson. Ne manquait plus que quelques ministres pour donner à la pieuse cérémonie une onction républicaine. C’est désormais chose faite. Bernard Kouchner, Fadela Amara et Hervé Morin ont rejoint le cortège : voici, cloches tintinnabulantes et dalmatique ministérielle, les charitons du gouvernement ». Un mot encore, sur les nomades que nous sommes tous. C’est Jacques Attali, qui confiait cet été sur France Inter, qu’il y a trois catégories de nomades dans le monde aujourd’hui. Nous, les nomades de luxe, qui partons en vacances… D’autres, qu’il appelait nomades de la misère… et enfin, ceux qui voyagent devant l’écran de leur ordi… les nomades virtuels… Voilà qui dérange et permet de mieux cerner, le débat qui continue d’agiter la presse, sur les tziganes, de nationalité française, et les autres. Ceux qui chantent, et qu’on aime, et les autres, venus de Roumanie, de Bulgarie ou d’ailleurs, qui mendient et qu’on n’aime guère. Au moins soutient-elle les bons, les musiciens… Les Gipsys de chez nous… (extrait Maria Dolorès)

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