Bonjour à tous, en ce 6 décembre de Saint-Nicolas marqué par le début du pèlerinage à La Mecque pour les Musulmans et par l’affliction des orthodoxes russes qui pleurent la mort d’Alexis II, leur patriarche. Ce brillant théologien, souligne « Le Figaro » ce matin, élu à la fin de l’ère soviétique, aura marqué la Renaissance de la Russie, et guidé son Eglise pendant deux décennies. Mais nous n’en avons pas fini, avec les célébrations de décembre, puisque, le quotidien « La Croix », comme l’hebdomadaire « Réforme » et France-Inter, marquent ce samedi avec quelques jours d’avance le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des Droits de l’Homme. Dans « La Croix », portrait de Stéphane Hessel qui a reçu deux Prix cette semaine : le Prix Jean-Zay et le Prix de l’Unesco, pour le travail accompli en 1948, aux côtés du regretté René Cassin. Dans l’hebdomadaire protestant « Réforme », le titre : « Droits de l’Homme : au secours » traduit l’effroi de Robert Badinter dans « Le Nouvel Observateur ». A savoir que depuis dix ans, les droits de l’homme sont contestés dans une grande partie du monde et trahis en Occident. « Il y a dix ans », écrit l’ancien Garde des Sceaux de François Mitterrand, « c’était l’apothéose. Les droits de l’homme étaient reconnus comme la dimension morale de notre temps. Tocqueville l’avait emporté sur Marx, et depuis la chute du Mur de Berlin les conceptions idéologiques des droits, à l’Est et à l’Ouest ne s’opposaient pas, ne s’opposaient plus. Hélas, poursuit Robert Badinter, le 11 septembre 2001 a sonné le glas de cette parenthèse enchantée. Crime contre l’humanité le 11 septembre et faute historique de George Bush ensuite. Faute dont on supportera longtemps, le coût moral et politique ». Et Monsieur Badinter ne s’arrête pas là, puisqu’il évoque aussi la manière dont la Chine d’aujourd’hui considère que les droits de l’homme, sont un moyen d’ingérence, une machine idéologique, et un impérialisme culturel, au service des intérêts occidentaux ; bref, une machine de guerre, dirigée contre Pékin, et la propre conception des droits de l’homme qu’ont les Chinois. Et c’est aujourd’hui, à Varsovie, où l’on célèbre le 25ème anniversaire du Prix Nobel décerné à Lech Walesa, que Nicolas Sarkozy, doit rencontrer le Dalaï-lama, et s’entretenir avec lui, une petite demi-heure, au grand dam des responsables chinois. « Le Figaro » et « Libération » évoquent, comme de nombreux quotidiens ce matin, les menaces de rétorsion commerciales vis-à-vis de la France, brandies par Pékin. « Le Figaro » n’y croit guère, parle de menaces savamment dosées, et souligne aussi que Pékin sait depuis le mois de juin dernier que la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï-lama aurait lieu avant la fin de l’année. François-Régis Hutin, n’est pas le seul ce matin à féliciter le chef de l’Etat qui passe outre aux menaces, et voit le Dalaï-lama, qui n’a, écrit-il, « qu’une seule arme, son sourire. Un sourire et une sagesse, qui lui valent l’estime des siens et l’admiration du monde ». Michel Schifres, est plus réservé, vis-à-vis du célèbre bouddhiste pacifiste et globe-trotter. La preuve ? Ce petit billet aussi ironique qu’empoisonné, qu’il signe à la page Opinions du « Figaro » : « Quels que soient le respect et l’empathie que l’on éprouve à l’égard du dalaï-lama, ses propos ne sont pas parole d’évangile. Ne vient-il pas de déclarer : ″La pression sexuelle, le désir sexuel, je pense, procurent une satisfaction de courte durée et, souvent, conduisent à davantage de complications ?″ Sans doute n’a-t-il pas complètement tort, encore que la durée soit une notion fort subjective. Où puise-t-il un tel savoir ? De fait, l’amour procure bien des tourments. Mais ce que le camarade dalaï-lama ignore, c’est qu’en ce domaine l’homme ne déteste pas les embarras. Qu’on appelle aussi des chinoiseries ». Ironie... chinoiserie... le super-casse, réalisé jeudi dans le triangle d’or de l’Avenue Montaigne à Paris ? Toute la presse y revient, et « Le Parisien » lui consacre même un dossier de trois pages, tant les 85 millions de bijoux, dérobés en un quart d’heure par des professionnels à l’accent slave, correspond bien à notre temps de crise. Olivier Ranson, ironise sur ce thème, de la pointe de son crayon, en dessinant un gangster masqué, apportant son butin, chez lui, à sa compagne qui décore l’arbre de Noël. « Chérie », dit le braqueur, « balance tes vieilles guirlandes, cette année on va décorer le sapin de Noël, comme personne, avec les bijoux du joaillier Harry Winston ». Il y a un an, se souvient « Le Parisien », la même joaillerie, avait reçu la visite d’un gang tout aussi audacieux, qui avait raflé pour 44 millions de pierres, de montres, de colliers, inaccessibles, aux salariés, même correctement rémunérés. J’ai calculé, pour bien nous représenter les 85 millions d’euros, envolés d’un coup jeudi dernier à Paris, ce qu’on pourrait faire avec cette somme. C’est simple, 800 à 850 maisons Borloo, à 100.000 euros... Une cité pour 3.000 personnes ! Ce qui nous amène au plan de relance de Nicolas Sarkozy, et à celui qui sera chargé d’y veiller, le nouveau ministre de François Fillon, Patrick Devedjian. Un sondage FIGARO-LCI, réalisé par Opinion Way, assure que les mesures annoncées par le Président français bénéficient de la confiance de 61 % des personnes interrogées. 61 %, qui considèrent que le plan devrait permettre de limiter les effets de la crise. « Le Monde », et « L’Humanité », sont plus dubitatifs. Quant au « Nouvel Observateur », il titre : « Spécial Corse... Qui va trinquer ? Qui s’en tire, et qui en profite... ? ». Ne répondez pas tous à la fois. Deux éditoriaux joyaux, pour illuminer votre week-end, et une pétition pour éventuellement vous mobiliser… entre Téléthon sur France Télévisions, et l’élection des Miss Reines de beauté sur TF1. Dans « Le Nouvel Observateur », « Le salut par la beauté » de l’éditorialiste Jean Daniel : « Je ne sais quel mot trouver à la place de ″ miracle ″. Disons qu’il y a des instants que l’on perçoit comme miraculeux. Par exemple, lorsque Simone Veil, dont nous venons de saluer l’entrée à l’Académie française, n’est encore qu’une très jeune fille, une adolescente, et se trouve à Ravensbrück, avec sa sœur et sa mère. Elle est placée dans une file où toutes les déportés attendent un interrogatoire par une gardienne impénétrable. La jeune Simone est soudain contemplée avec une surprise irritée : ″ Qu’est-ce que tu fais là, toi ? ″ demande la gardienne. C’est que la petite Simone est fine, frêle, fragile, lumineuse, qu’elle a les blondeurs de l’innocence et un regard bleu ciel qui rend sa beauté mélancolique. Et la gardienne décide, en un instant, de lui réserver un sort différent. Dans le film qui lui a été consacré il y a quelques années, on demande à Simone Veil : ″ Donc, vous croyez aujourd’hui encore que vous n’avez été sauvée que parce que vous étiez belle ? ″. Sans hésiter, elle répond : ″ Oui, je crois bien que c’est seulement pour cela ″. Dans « Le Point », « Un monde trop plein », l’éditorial de Claude Imbert : « Libre à vous d’écouter ou d’éviter Cassandre ! Voici, ces jours-ci, Claude Lévi-Strauss dans sa gloire. Guetteur centenaire, vieillard de tragédie antique campé sur les remparts d’un siècle de fer, il voit s’engloutir peuples et cultures dans les remous de la centrifugeuse mondiale. Il nous contait jadis, chez les Bororo, l’incomparable valeur de la diversité humaine ; il contemple aujourd’hui l’équarrissage qu’engendre le mimétisme mondial. Il s’alarme du déferlement de la marée humaine. Et, du lointain de sa barque, il glisse un adieu sans regrets à un ″monde trop plein″. Ce monde-là, c’est le nôtre ». La pétition… Nous sommes tous « pour le pluralisme des médias ». L’ont signé des politiques, Martine Aubry, Ségolène Royal, François Bayrou, François Léotard, Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan, Jack Lang, Noël Mamère, Jean-Luc Mélenchon, Marielle de Sarnez, des syndicalistes, et même Michèle Cotta et Hervé Bourges. J’ai aussi entendu sur Europe 1 ou RTL Jean-Marie Cavada déclarer « les organismes de régulation de l’audiovisuel ont été libres deux fois quand ils ont choisi Philippe Guilhaume et Jean-Marie Cavada ».

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