Bonjour à tous… « L’hypocrite sourit, l’énergumène aboie ». Cette remarque de Voltaire, ne devrait pas trop déplaire à Michèle Alliot-Marie. Laquelle a fort à faire avec les deux catégories : celle des vertueux souriants qui ont toujours payés comptant leurs billets d’avion (et d’hélicoptère)… ! Et celle des chiens méchants qui ont toujours aboyé, au lent passage des caravanes… L’ennui, pour la ministre des Affaires étrangères, c’est qu’on a appris hier, qu’elle n’avait pas fait un seul petit tour d’avion, au mauvais moment en Tunisie, mais deux. Vingt minutes pour le premier, dans le jet privé de l’homme d’affaires tunisien Aziz Miled, pour aller de Tunis à Tabarka. Et un second voyage aller-retour dans le même « Challenger 600 » de son ami milliardaire, pour une escapade à Tozeur dans le désert tunisien. Cette révélation publiée hier, sur le site du NOUVEL OBSERVATEUR et reprise aujourd’hui par les journaux dominicaux et les grandes radios, alimente évidemment la polémique médiatique et politique. Comme François Fillon, Monsieur Henri de Raincourt, ministre de la coopération, est venu au secours de Michèle Alliot-Marie. Mais à sa façon, en déclarant que lui, ne partait en vacances que dans sa région : l’Yonne. Michèle Alliot-Marie de son côté, et après avoir reconnu le second voyage incriminé, a déclaré au micro de France Info qu’à l’avenir elle passerait ses vacances en Dordogne. Reste, comme l’écrit aujourd’hui Marie-Christine Tabet dans le JOURNAL du DIMANCHE, que «ces nouvelles turbulences » autour d’un second voyage de MAM, en avion privé, fragilisent la ministre des Affaires étrangères. Et s’il y avait, écrit ma consoeur, comme on le murmure à Tunis, une troisième affaire de voyage en jet à Saint-Jean-de-Luz et ailleurs … ? Et s’il apparaissait que l’ami Miled, à l’origine petit marchand de Kairouan, devait sa fortune et ses décorations au clan Ben Ali-Trabelsi ? Le JOURNAL du DIMANCHE, affirme à cet égard, que les nouveaux pouvoirs tunisiens enquêtent sur les relations d’affaires qu’entretenait Aziz Miled, avec son partenaire Slim Chihoub, gendre d’une des filles de Ben Ali. Tout cela, commente ce matin le PARISIEN, met à mal la défense de Michèle Alliot-Marie. Et permet à Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, de dénoncer l’indécence des vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie et Patrick Ollier. « Allons »… écrit Georges-Marc Benamou dans sa chronique de NICE-MATIN… « Va-t-on reprocher à MAM d’avoir des amis tunisiens… Il serait inquiétant, qu’un ministre si ancien de la République, n’ait pas de relations à l’étranger ». Ce qui n’empêche pas le même chroniqueur, compréhensif, d’ajouter … « Quelle est la vraie faute de MAM… Sa seule faute… c’est de s’être trouvée là, en Tunisie, au moment où le pays basculait dans la guerre civile… En oubliant qu’elle était ministre des Affaires étrangères… Et par conséquent : la France, comme on dit dans sa famille gaulliste ». Et Georges-Marc Benamou d’enfoncer le clou, en écrivant que l’on a vu ces derniers jours, sur tous les écrans, MAM se défendre mal et patauger avec une énergie désespérée dans la boue médiatique. Elle paraissait sincère, émouvante même, écrit mon confrère… avant de conclure, sur ce qu’il appelle, la vraie faute de la ministre : « Elle l’était… Jusqu’à ce que sur ce plateau du 20 heures, elle assène, comme pour visser sa plaidoirie : « Et puis quand je suis arrivée, les événements n’avaient pas commencé ! C’était avant le suicide de Sidi Bouzid ». Elle parlait du suicide de ce marchand ambulant qui mit le feu aux poudres du pays… Patatras. Voilà que sa défense s’effondrait. Car ce qu’il est convenu d’appeler les « événements de Tunisie » débutèrent le 17 décembre ; et le suicide du marchand ambulant le 19 décembre. Soit près d’une semaine avant l’arrivée en Tunisie du couple Michèle Alliot-Marie – Patrick Ollier. Mensonge terrible ? Ou méconnaissance tout aussi terrible ? Un ministre de la République, et particulièrement ce ministre-là, doté d’un directeur de cabinet, d’une foule de conseillers, d’un réseau d’ambassadeurs, pouvait-il ignorer ce qui se passait alors en Tunisie ? Dans les deux cas, le ministre des affaires étrangères s’était disqualifié. Mais cette grave infraction à la vérité, et aussi à la diplomatie la plus élémentaire, a dû échapper à certains, trop paresseux pour vérifier les dires du ministre et au Président soucieux d’une République irréprochable ». Rien à ajouter sur le sujet, sinon ce mot de Madame de Maintenon au Cardinal de Noailles, « le péché vaut mieux que l’hypocrisie ». Il y a moins classique… j’ai oublié le nom de l’humoriste qui commençait son tour au cabaret par cette question : « Que ceux qui n’ont jamais fait pipi dans un lavabo, lèvent le doigt ». Pardon, il y a ce dimanche dans les journaux de bonnes interviews et des sondages intéressants. Interview d’Eva Joly dans le PARISIEN, avec une méchanceté pour Jean-Louis Borloo et une douceur pour Nicolas Hulot. Borloo, dit la candidate à la primaire des Verts… est disqualifié à tout jamais en matière d’écologie… Quant à Nicolas Hulot… qu’il se décide… Est-ce qu’il y va, ou pas ? Hulot… Il se prépare, selon le JOURNAL du DIMANCHE… Et il n’est pas sûr que, comme certains veulent le croire, au second tour de l’élection présidentielle il se prononcera pour Nicolas Sarkozy. (Ce sont ses proches qui l’affirment). Le même JOURNAL du DIMANCHE a commandé à l’IFOP un sondage sur leur candidat-écolo favori, Nicolas Hulot ou Eva Joly. Hulot : 61 % des Français le plébiscitent… Eva : 30 %. Commentaire du JOURNAL du DIMANCHE… « Eva, va dans le mur ». Dans le même JOURNAL du DIMANCHE… une interview de Laurent Fabius que je résume. 1) Il relativise la baisse sondagère de Dominique Strauss-Kahn. 2) Il met en garde Mélenchon, l’anti Strauss-Kahn. 3) Il dénonce rudement la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, en Egypte et en Tunisie. Et il conclut, en 4 : « Je ne vois pas pourquoi un quinquennat supplémentaire de Monsieur Sarkozy changerait la donne pour notre pays. Là-dessus, ne ratez pas, ce dimanche, un sondage plus philosophique sur le sens de la vie. Il est dans le PARISIEN, inspiré de la sortie du film mercredi prochain : « Qui a envie d’être aimé ? ». Avec deux questions, croyez-vous en Dieu ? Une personne interrogée sur trois, répond oui ! Et en l’amour… ? Trouver l’amour, avoir des enfants, s’épanouir dans le travail… Là les Français s’écrient en réponse aux questions d’Harris Interactive… « Oui… oui… mille fois oui ! ». A noter aussi dans le MONDE daté dimanche-lundi en première page un dessin de Plantu illustrant l’église allemande, qui appelle à la fin du célibat des prêtres… avec un cardinal sur les genoux duquel, Plantu a dessiné une petite Gretchen blonde radieuse… Déclaration du cardinal : « C’est ma femme qui va être contente ». En page 3 du même quotidien, une enquête intéressante sur ce que Thomas Wieder appelle, le silence des intellectuels, face aux révolutions-évolutions, en Egypte et Tunisie. Selon le MONDE, obnubilés par l’islamisme, incapables de penser une démocratie arabe, ou ignorants, les intellos français, se font discrets sur les révoltes actuelles. Enfin, amis de la poésie, sachez que Xavier Darcos publie une nouvelle anthologie que salue Bernard Pivot, dans le JOURNAL du DIMANCHE. Parce qu’elle est anticonformiste, et puise largement dans La Fontaine et dans Verlaine. De La Fontaine, connaissez-vous « le Gland et la Citrouille ». De Verlaine, je suis sûr que vous avez lu et récité l’Art poétique. Au moins les premiers vers : « Que ton vers soit la bonne aventure… ».

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