Bonjour à tous, et bravo au JOURNAL DU DIMANCHE qui donne la nouvelle, avec moins de mots que la célèbre épistolière Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné… (On apprenait ce texte par cœur autrefois dans les lycées) « … Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière… la plus secrète jusqu’à aujourd’hui… Je ne puis me résoudre à la dire. Devinez-là ! Jetez-vous votre langue aux chiens ? Je vous la donne en quatre. Je vous la donne en dix, je vous la donne en cent. Monsieur de Lauzun épouse dimanche au Louvre… Mademoiselle. La Grande Mademoiselle, fille de feu Monsieur. Mademoiselle, petite-fille de Henri IV, Mademoiselle, cousine germaine du Roi. Mademoiselle, destinée au Trône. Mademoiselle, le seul parti de France qui fût digne de Monsieur… » J’ai coupé un peu cette lettre de la Marquise à M. de Coulanges, en m’efforçant de lui conserver son parfum grand siècle et sa modernité. Vous verrez en effet aujourd’hui, une seule photo, en première page du JOURNAL DU DIMANCHE, avec ce titre inouï : « Ils se marient le 9 février ». Un point d’interrogation à propos de la date qui pourrait être avancée au vendredi 8 du même mois. Mais pas sur la nouvelle elle-même, du mariage présidentiel. Information née d’une indiscrétion de la maman de Carla Bruni, et relevée ce week-end par la presse italienne. Quant à la photo signée Reuters, que publie le JOURNAL DU DIMANCHE, je vous la décris… Elle a été prise hier après-midi à Pétra en Jordanie, et montre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni visitant main dans la main le célèbre site nabatéen, lui en jean, blouson et col ouvert. Elle en manteau de cuir. Légende du JOURNAL DU DIMANCHE : « Selon plusieurs sources, le président et l’ancien top-model seraient sur le point de se marier. » Vie publique, vie privée… Faut-il un commentaire ? Je m’en remets une fois encore à Madame de Sévigné, qui concluait en ces termes, sa lettre sur le mariage de Lauzun : « Voilà un beau sujet de discourir. Si vous criez, si vous êtes hors de vous-mêmes, si vous dîtes que nous avons menti, que cela est faux, qu’on se moque de vous, que voilà une belle raillerie, que cela est fade à imaginer ; si enfin vous nous dites des injures : nous trouverons que vous avez raison ; nous en avons fait autant que vous. » Mais rassurez-vous… la presse ce dimanche n’oublie ni la politique, ni l’économie, ni votre quotidien vécu sur le terrain. C’est ainsi que LE PARISIEN fait grand cas ce matin de la baisse de la côte de confiance du président. Elle a reculé de sept points en un mois, selon un sondage CSA, et situe Nicolas Sarkozy en dessous de la barre des 50%. Le sondage a été réalisé aux deux premiers jours de janvier et sonne, selon Dominique de Montvalon, comme un signal d’alerte, voire d’alarme pour l’Elysée et le gouvernement Fillon. Même si le Premier ministre à 42% de confiance, ne recule pour sa part, que de trois points. Olivier Ranson, le caricaturiste du PARISIEN dédramatise quelque peu la situation du président qui avait plaidé le 31 décembre dernier, pour une politique de civilisation. Ranson croque en effet un Nicolas Sarkozy, très colère, qui dit à son Premier ministre… « Je veux immédiatement une évaluation de compétences des instituts de sondages ». Quant à Claude Imbert dans LE POINT, il ne s’étonne guère de ce qu’il appelle la tornade Sarkozy qui selon lui, fait crépiter l’image et les valeurs de la fonction présidentielle. « Elle rompt, dit-il, avec la distance et les dignités d’antan et ne s’embarrasse d’aucun code ou rituel ». Mais voici la suite de l’éditorial de l’ancien patron du POINT, qui pronostique, néanmoins, une année 2008 agitée… « …Sarkozy lève le rideau sur une pièce à l’américaine où l’argent ne se cache pas, où la réussite plastronne. Où, depuis Kennedy, s’affichent les affinités de la politique et du show-biz, du peuple et des people. Il s’ébroue dans le populaire qu’on voit en effet chez Disney plutôt qu’au Collège de France. Pour autant, il ne néglige pas les devoirs de la présidence, et même il s’en invente de nouveaux. A n’épiloguer que sur le « coup d’éclat permanent », on oublie que Sarkozy secoue, avec des fortunes diverses, non seulement le modèle social mais aussi la fonction publique, la justice, l’immigration, l’éducation et quelques normes diplomatiques… Une ambition considérable, un défi inédit : ébranler un ancien régime politique et culturel, plombé par l’exception française ! » Dans OUEST France, François Régis Hutin considère lui aussi qu’il va nous falloir changer de regard… pour passer à ce que Nicolas Sarkozy appelle une nouvelle Renaissance. Mais l’éditorialiste de OUEST France retourne aux sources, c'est-à-dire Edgar Morin, qui avait le premier, souhaité une politique de civilisation. Morin d’ailleurs, l’entendait différemment du président, et s’en est d’ailleurs expliqué cette semaine dans de nombreux quotidiens, dont LA CROIX. François Régis Hutin reprend d’ailleurs une partie du propos du sociologue, quand il dit ceci à propos de l’élévation du niveau de vie, payée par la dégradation de la qualité de notre existence. « Cette dégradation de la qualité par rapport à la quantité est la marque de notre crise de civilisation. La logique qui est la nôtre, technique, économique, scientifique ne prend en compte que ce qui est quantifiable. Tout ce qui ne l’est pas est évacué de la pensée politique. Or malheureusement, ni l’amour, ni la souffrance, ni le plaisir, ni l’enthousiasme, ni la poésie n’entrent dans la quantification… Le visage lumineux de la civilisation occidentale présente aujourd’hui un envers de plus en plus sombre. Ainsi l’individualisme, qui est une des grandes conquêtes de la civilisation occidentale, s’accompagne de plus en plus de solitude, de dégradation des solidarités… » OUEST France ajoute à cela, l’envie de changement qui saisit aussi, aujourd’hui, les Etats-Unis… et un exemple édifiant de terrain… L’histoire vécue, de cette ex-cadre, responsable d’entreprises de parfumerie, Madame Blandine Sallabery, qui suite au décès de ses proches et au chômage, s’est reconvertie, en femme de ménage, et passe aujourd’hui l’aspirateur chez ses anciens employeurs… La presse, à Belfort comme à Paris, évoque également aujourd’hui l’ascenseur social, mais fonctionnant dans l’autre sens, pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, Raymond Forni. Il est mort hier à Paris d’une leucémie foudroyante à 66 ans. Italien d’origine, fils d’immigrés que la pauvreté avait chassés de leur pays… A 18 ans, il travaillait à la chaîne chez Peugeot. La Peuge, comme on disait dans l’Est… Et Françoise Murcciole, qui signe aujourd’hui, un joli portrait de Raymond Forni, en première page du JOURNAL DU DIMANCHE, salue son ascension d’un titre bien venu… : « De la chaîne au perchoir. » A part ça, la presse écrite… va mal… Soucis graves au journal LE MONDE … Et des voix qui s’élèvent pour dire que la presse est morte… dont celle d’Albert du Roy… interrogé hier par Frédéric Mitterrand sur France Culture… et celle de Jean-François Kahn qui s’exprime dans LE MONDE justement… c’est titré : « Secouons les journaux… tant qu’il en reste »… On sait que Jean-François aime bousculer les conformismes, manier les banderilles… Et voici ce qu’il répond lorsqu’on lui demande s’il faut scénariser les journaux comme les politiques scénarisent leurs discours : « Oui, sans doute, il y a trente ans, lorsque j’étais grand reporter, j’adorais écrire un feuillet de description. Aujourd’hui, s’il n’y a pas eu une action dans les trois premières lignes, le lecteur décroche. On est dans une société de mise en scène. Il faut donc nous y faire, nous aussi. Et écrire des romans à côté, si on veut faire des descriptions. Enfin, on ne peut plus avoir des journalistes pendant cinq ou dix ans sur une même rubrique… »

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