Egypte: de quoi demain sera-t-il fait ?

Inquiétude en Egypte alors que "la journée du refus" hier a fait une vingtaine de morts parmi les manifestants pro ou anti-Morsi. "Les Frères musulmans choisiront-ils la voie de la violence?" interroge Mediapart. "La question, pour les Frères musulmans, a toujours été, depuis des décennies, les moyens de la conquête du pouvoir: par le bulletin de vote ou par les balles. " rappelle Thomas Cantaloube. Dernièrement, c'est plutôt les urnes et la voie démocratique qui ont été retenues. Mais la destitution de Mohamed Morsi pourrait bien tout remettre en cause."Les partisans des armes proclament depuis longtemps que la violence est le seul chemin et que la démocratie est le terrain des infidèles " analyse un chercheur de la Brookings Institution de Doha. Et dans Libération, les supporteurs de Morsi mettent en garde "S'il ne revient pas, tout peut arriver ".Ils sont des milliers à hurler: "Morsi, n'aie pas peur, nous arrivons " raconte le correspondant au Caire du quotidien. Des manifestants, des blindés, des hélicoptères, des fils de fer barbelé et le président déchu juste derrière "les hauts murs de pierre beige et le porche à colonnades ". Alors Mediapart de conclure: les Frères musulmans se retrouvent devant le même dilemne qui fait leur histoire: comment réagir? Devenir un grand parti d'opposition de centre-droit, sur le modèle de l'AKP turc ou ... choisir le terrorisme et la guérilla. Et plonger alors l'Egypte dans des années de tourmentes.

Autre dilemne : celui de Nicolas Sarkozy

"Sortir du bois ou rester dans l'ombre? " interpelle Yann Marec dans son édito du Midi Libre, "Un pied dans l'UMP, un pied dehors pour lancer de loin l'opération de reconquête ".Une opération dont l'agenda vient d'être bouleversée par la décision du Conseil constitutionnel: rejet des comptes de campagne qui prive l'UMP de 11 millions d'euros de remboursement de frais. Alors la grande souscription annoncée par Jean-François Copé est déjà lancée. 300 000 euros récoltés hier à la mi-journée selon l'Opinion, près de 636 000 euros à 19 heures, lit-on dans le Figaro: le Sarkothon porte décidément bien son surnom. 2000 euros versés par un parlementaire et son épouse, 1000 euros donné par un préfet en retraite. L'Opinion rappelle tout de même que ces élans de générosité sont encadrés par la loi : pas plus de 7500 euros pour un même parti. 15 000 euros maximum par foyer fiscal s'il l'on donne à plusieurs mouvements. Les dons sont déductibles d'impôts, l'UMP le rappelle à ses contributeurs. Ce qui fait souligner à L'Opinion cette "ironie de l'histoire ": l'Etat gagne 11 millions d'euros d'un côté en ne remboursant pas les frais de campagne de Nicolas Sarkozy. Mais peut, du fait de cette niche fiscale, en perdre 6 millions de l'autre.

Serge Dassault, Corbeil-Essonne et les dossiers judiciaires

Pour lui, il n'est pas question de retour sur la scène politique, mais Serge Dassault, 88 ans, partage avec l'ancien président les dossiers judiciaires gênants.Une information judiciaire pour corruption, blanchiment, abus de biens sociaux et achat de vote, cinq enquêtes en cours dont deux pour tentatives de meurtre. Mais c'est un léger sourire que l'ancien maire UMP de Corbeil-Essonne affiche en une de Libération. Il faut dire que le Sénat a refusé mercredi de lever l'immunité parlementaire de cette homme pour qui tout s'achète. "La paix sociale ", écrit Olivier Bertrand, "les convictions, parfois les votes ".Pas toujours avec succès si l'on en croit la difficile conquête de la cité des Tarterêts et ses 8500 habitants. Le milliardaire a payé locaux associatifs, équipements sportifs et vacances au bout du monde. Il a gagné des caillasses, des points de suture. Mais aussi sa réélection en 2001. "Un mandat plus compliqué" résume le quotidien. Et pour cause: le système se fissure, les magouilles se dévoilent, la mairie se transforme en bunker. L'épilogue du "système Dassault ", comme le qualifie Libération pourrait être signé aux prochaines municipales.

"Je pense terrorisme, je mange terrorisme, je dors terrorisme"

Confession de Marc Trevidic dans La Croix qui nous offre une rencontre avec le juge antiterroriste. Visage fermé, regard sévère, il s'accorde même avec la pièce austère dans laquelle il pose. Et raconte: la Bretagne de ses origines, l'erreur judiciaire de ses débuts qui le hante encore - à l'époque tout juste sorti de l'école de la magistrature, il réclame le placement en détention provisoire d'un jeune accusé de viol par sa soeur et qu'il a frappée après sa convocation. L'affaire se révèle une invention et Marc Trévidic apprend la nécessité du doute. La nécessité de s'endurcir aussi. Lorsqu'il assiste à l'autopsie d'une enfant de six ans, l'âge de son fils aîné à l'époque. La nécessité de travailler, encore. Lire le Coran, comprendre le fonctionnement d'Al Qaïda. Et porter sur ses épaules certains des plus lourds dossiers d'instruction français: de l'affaire Karachi au génocide rwandais en passant par les moines de Tibéhirine.

"Deux papes pour une encyclique"

Titre du Parisien et une première dans l'histoire de l'Eglise catholique qui découvre la vie à deux ... papes. C'est à quatre mains qu'a été écrite la première encyclique de François, "missive à caractère solennel qui rappelle la doctrine catholique ", selon le quotidien.

Doctrine qui justement confirme son opposition au mariage homosexuel: "le mariage est l'union stable d'un homme et d'une femme ", écrit le pape François "la différence sexuelle par laquelle les conjoints sont capables d'engendrer une nouvelle vie ". "Union stable " souhaite l'Eglise.L'Insee y oppose sa froideur statistique dans Marianne: "cinq ans en moyenne, avant que l'amour ne s'effrite ". Ajoutez à cela une once de cynisme: et déjà l'on prépare les futurs divorces de couples homosexuels. Un site internet est déjà là pour ça: divorce-gay.frCar l'hebdomadaire le souligne: la crise n'épargne rien, même les divorces. "20% de dossiers en moins au premier semestre 2013 par rapport à la même période en 2010 " selon un avocat. Et des couples qui proposent de payer en 5 ou 6 fois. "On s'étripe pour l'aspirateur ou le bureau Ikea ". Alors ce père de famille s'est résigné: il continue de vivre avec une épouse qu'il n'aime plus et raconte: "le divorce est un grand saut dans la précarité ".

Quelle est la couleur politique de votre lieu de vacances?

Dites-moi où vous partez, je vous dirais pour qui ils votent, c'est le pari de Slate.fr avec sa "météo politique des plages"Rose, Bleu , rouge ou gris selon que le vote au premier tour de la présidentielle 2012: 830 villes et villages du littoral cartographiées. Alors si vous êtes adepte de l'UMP, choisissez plutôt le Mont-Saint-michel ou le Sud-Est. Si vous êtes plutôt majorité présidentielle, sachez que la commune d'Ogliastro, en Corse, a voté à 85% pour François Hollande.

La délivrance, le rire ou les larmes

Si certains récupèrent peut-être encore d'une nuit festive, les résultats du bac s'affichent en une de la plupart des quotidiens régionaux."215 : mentions très bien ", comptabilise la République des Pyrénées, "du jamais vu ", "un record ", renchérit son voisin, L'Eclair.Record de la meilleure moyenne également : par le truchement des options et des coefficients, une lycéenne de Calais s'affiche en une de Nord Littoral avec une moyenne de 21,5 sur 20. Et si Le Parisien se veut rassurant: "Sans bac tout n'est pas perdu"Ivan Drapeau de la Charente libre estime que les bacheliers "devront refaire le monde, au sens propre. "

En ces temps d'"économie chaotique ", de "politique engluée dans les affaires ", l'éditorialiste somme la jeune génération de "s'indigner ". Et surtout "ne pas sombrer dans le moule de ses aînés ".De quoi méditer pour ces vacances qui débutent.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.