Bonjour à tous… « Les sanglots longs Des violons De l’automne Blessent mon cœur D’une langueur Monotone Tout suffocant Et blême, quand Sonne l’heure ; Je me souviens Des jours anciens Et je pleure… » 6 juin 1944 : il y a soixante six ans, en entendant sur la BBC, les premiers vers du poème de Verlaine, chaque résistant comprit que c’était le jour J. Le D. Day, comme l’écrit en titre OUEST-France aujourd’hui, en se demandant s’il ne faudrait pas « classer » les plages d’Utah Beach, d’Omaha Beach et d’Arromanches où tant de jeunes soldats alliés sont tombés pour notre liberté. « Les sanglots longs des violons de l’automne… ». Les Allemands aussi avaient compris que « la bataille suprême était engagée ». Mais ils ne voulurent pas le croire. Rommel, lui-même était parti en congé à Berlin, retrouver sa très chère Lu : son épouse. Quant à de Gaulle, il écrira plus tard dans ses Mémoires de guerre, que la nouvelle du débarquement allié avait donné aux Maquis, le signal d’une action généralisée. Actions prévues dès le 16 mai précédent, dans un plan appelé Caïman et parvenu à tous les chefs de la Résistance. Mardi 6 juin 44… La guerre, dont le ministre des anciens combattants, Hubert Falco, rappellera ce qu’elle fut au Mémorial de Caen, aujourd’hui. Sait-on seulement que pour chasser les Allemands, les avions alliés déversèrent sur la Normandie 500.000 bombes ! Sait-on aussi que la Corse fut la première partie du territoire, libérée dès 1943. Libérée par elle-même, comme le rappellent opportunément aujourd’hui les élus UMP de Haute-Corse, cités par NICE-MATIN. Dans les Mémoires de Guerre, De Gaulle précise ce que fut « cet élan guerrier » dans le Midi, à l’Ile d’Elbe et dans l’île de Beauté. « La résistance et la gloire de nos troupes d’Italie rendaient sa chance à la France ». Le magazine chrétien LA VIE, inspiré par le livre de Georges-Marc Benamou, sur les premiers Français libres, paru chez Robert Laffont, donne cette semaine la parole aux derniers témoins de l’époque. Parmi ces résistants de l’aube, il faut lire ce que disent aujourd’hui Robert Galley, Hubert Germain, Gérard Théodore, Yves de Daruvar. « Moi », dit le dernier cité, « j’avais 16 ans en 39 et je le dis en toute loyauté. J’étais fasciné par l’Allemagne d’Hitler. Mais j’ai miraculeusement viré ma cuti en terminale, grâce à un livre : Dieu est-il Français ». « Quand j’ai décidé de partir chez De Gaulle, après avoir entendu Pétain chevroter à la radio », explique de son côté Pierre Simonet. « J’ai fait mon choix seul. Papa était en Indochine et Maman m’a dit d’agir selon ma conscience. J’avais 17 ans ». Hubert Germain, qui fut ministre de Chirac, était en plein examen. « Mais je me suis dit », explique-t-il à mes confrères de LA VIE, « Qu’est-ce que tu fous là ? Les Allemands sont à Paris et toi tu veux faire Navale ou l’Ecole de l’air ? Mais quelle France et sous les ordres de qui ? Je me suis levé et j’ai décidé de quitter mon pays ». Robert Galley qui fut ministre lui aussi… dit simplement qu’à la veille du 8 mai 45, fou de la guerre, avec sa compagnie de chars, il prenait Berchtesgaden, le repaire de Hitler. Mission accomplie, sans une égratignure… Cynthia Fleury, qui enseigne la philosophie à l’université américaine de Paris, s’interroge justement sur le courage, dans le NOUVEL OBSERVATEUR, en réponse aux questions de Gilles Anquetil et François Armanet. Est-ce une idée neuve ? Et comment faire pour convertir les découragements des citoyens d’aujourd’hui en reconquête de l’avenir ? Car, insistent mes confrères, le courage c’est une vertu démocratique. Certes, répond Cynthia Fleury, mais cette vertu privée et publique ne peut être imposée de façon sectaire. Mais elle est exemplaire et peut être un instrument pour réguler nos sociétés et les protéger. A court terme, ajoute Cynthia Fleury, le courage ne sert pas à grand-chose. C’est pour cette raison qu’il a mauvaise réputation. C’est l’anti-réussite. Le courage est sans victoire. Mais ce qui compte dans le courage, c’est l’acte lui-même. Pas ce que vous obtenez. Seulement, si le courage ne s’occupe pas de votre réussite sociale, il s’occupe de votre salut. Sur le long terme, le prix de la lâcheté est bien plus élevé que celui du courage. Dimanche 6 juin 2010… Tous les médias, journaux, radios, télés… évoquent les guerres de l’actualité sans poser, hélas, ce type de bonnes questions ! Guerre du thon rouge, à Malte ; un militant de Greenpeace blessé… Assaut sur Gaza, neuf morts par la première flottille et un dénouement pacifique par le Rachel Corrie. Le PROGRES de Lyon, le MONDE daté dimanche-lundi et toute la presse régionale, y reviennent ce matin après les manifestations pro-palestiniennes d’hier, en France. En France et dans la plupart des grandes capitales étrangères. Il faut éviter les nouvelles violences… écrit Laurent Zecchini dans le MONDE et ses confrères soulignent avec lui, la phrase du porte-parole de la Maison Blanche… à propos du blocus de Gaza, intenable… Une page complète dans le MONDE pour le Courrier des lecteurs avec les meilleures lettres, qui réclament une solution politique et moins d’hypocrisies… A propos, savez-vous ce que disait l’historien grec Hérodote au 5ème siècle avant Jésus Christ de la guerre et de la paix ? « Personne n’est assez fou pour préférer la guerre à la paix : dans la paix, les fils ensevelissent leur père. Dans la guerre, les pères ensevelissent leurs fils ». Voilà je n’ai rien dit des primaires socialistes, rien des retraites, rien des bleus, rien des orages à venir. Un mot tout de même, du grand Charles. Toujours sur les « Mémoires de guerre » qu’il ne faudrait pas (parait-il) mettre au programme des terminales. Voici ce qu’il écrit, après avoir fait 15.000 fois le tour du petit parc de Colombey sur la vieille terre de France. « Vieille Terre, rongée par les âges, rabotée de pluies et de tempêtes, épuisée de végétation, mais prête, indéfiniment, à produire ce qu’il faut pour que se succèdent les vivants ! Vieille France, accablée d’histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, allant et venant sans relâche de la grandeur au déclin, mais redressée, de siècle en siècle, par le génie du renouveau ! Vieil homme, recru d’épreuves, détaché des entreprises, sentant venir le froid éternel, mais jamais las de guetter dans l’ombre la lueur de l’espérance !"

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