Bonjour à tous, «Comme nos voix. Nos cœurs y voient. Encore une fois. Comme une chance. Comme un espoir». «Comme nos voix. Nos cœurs en joie. Ont fait le choix d’une romance. Qui passait là». Pour un peu, on croirait, que le duo Nicole Croisille-Pierre Barouh, s’est construit aujourd’hui, spécialement pour Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Mais, rappelez-vous : c’était à Cannes en 1966, qu’«Un homme et une femme», le film de Claude Lelouch, a décroché la Palme d’Or… Rappelez-vous : Anouk Aimé, Jean-Louis Trintignant, la Ford Mustang, les planches et la plage de Deauville… 1966… Chabada Bada… «C’est une longue histoire, un homme, une femme ont forgé la trame du hasard». On venait de voter, l’année précédente, et largement, pour Charles de Gaulle, lequel pourtant, avait été mis en ballotage au premier tour par François Mitterrand et Jean Lecanuet (le François Bayrou du moment). Rappelez-vous, six ans plus tard, le congrès d’Epinay, et la gauche refondée, après la présidentielle « bonnet blanc-blanc bonnet », qui avait vu Georges Pompidou triompher du président du Sénat, Alain Poher. 1971 : l’année de l’inventaire, de Michel Delpech, lassé, mais assez audacieux pour chanter sur toutes les ondes : «Un minishort, une nana kitch… Un débardeur et un Sapritch… Une mamie Blue… Un Jésus-Christ en superstar… Un faux Chaban, un vrai Luron… Gérard Nicoud au violon et Giscard à l’accordéon… Et toujours le même président !»… C’est encore lui, Delpech, qui chantait l’autre semaine pour le dixième anniversaire de l’hebdomadaire de Jean-François Kahn : «Dieu ! Mais que Marianne était jolie… Quand elle marchait dans les rues de Paris… En chantant à pleine voix « ça ira, ça ira toute la vie !»… Jolie chanson, historique à souhait, dont le premier couplet traçait deux siècles de République française… «Elle est née dans le Paris 1790… Comme une rose épanouie au jardin des fleurs de lys… Marianne a cinq enfants… Qu’elle élève de son mieux… Marianne a cinq enfants (cinq Républiques)… Marianne a maintenant quelques rides aux coins des yeux»… Eh bien non, justement… ce soir, 20 heures, c’est une France rajeunie qui aura choisi un Président, ou une Présidente, quinquagénaire, né après la guerre, et dont Le Figaro-Magazine précise aujourd’hui, à l’heure du vote, quelques traits du portrait. Elle… Marie-Ségolène est née à Dakar, il y a 53 ans… Fille de Jacques Royal, militaire en garnison… et d’Hélène Delahaye, mère au foyer. Le grand-père était général et polytechnicien… L’arrière grand-mère maternelle, bourgeois nancéen enrichi dans le textile, se distingua, nous dit le Fig-Mag, par son engagement militant auprès des plus pauvres. Le reste est connu… Ségolène est parachutée en 88 dans les Deux-Sèvres. Elle est réélue trois fois députée. En 93, 97, 2002. On lui a donné un surnom « Babylang » pour son sens de la communication. Elle aime Jeanne d’Arc et Mitterrand. Vierge, ascendant Verseau, elle lit Yourcenar et Victor Hugo. Ses chansons préférées son «Rain and tears» des Aphrodite Child, «This Melody» de Julien Clerc et «L’été indien» de Joe Dassin. Le Figaro-Magazine trace aussi le portrait de Nicolas Sarkozy… Papa Hongrois, descendant de Mihaly Sarkozy, qui s’est illustré dans la lutte contre les Turcs, et en a été remercié par le titre de «Noble authentique», décerné par le roi Ferdinand II de Hongrie. Blason familial (hongrois), un loup dressé sur ses pattes arrière, sabre au poing et gueule ouverte. En Hongrois, Sarkozy se dit « Charkeusy. Charkeu : marais ou endroit proche d’un fleuve. L’Y était signe de noblesse dans les noms très anciens. Autrement dit : Nicolas du Marais. Grand fan de la chanson française, Nicolas Sarkozy connaît tout du répertoire de Brassens, Brel, Barbara. Pour retrouver son équilibre, il écoute sur un I-Pod téléchargé, ses chanteurs préférés : Johnny Hallyday, Mariah Carey, Chimène Badi, Elton John, Calogero, Aznavour. Et quand il est fatigué : «Mon pays» du chanteur Faudel. On disait qu’en France tout fini par des chansons, mais non, tout commence par des chansons. Combien sommes-nous à posséder sur le bout des doigts, le répertoire de Brassens, du «Gorille» au «Faussaire»… des «Amours d’antan» à «La mauvaise réputation». L’Express, justement, a eu la bonne idée, cette semaine, de démêler la vérité des mensonges amplement diffusés sur les deux impétrants, Ségolène et Nicolas. Info ou intox ?... Nicolas Sarkozy s’énerve et pète les plombs… C’est vrai ou c’est faux ?… C’est vrai, selon L’Express… Il est inculte, c’est faux !… La preuve, Céline et Albert Cohen l’ont longtemps fasciné… Pendant la campagne, au détour d’un entretien avec les journalistes de Télérama, il glisse qu’il est en train de découvrir Curzio Malaparte. Face au scepticisme de ses interlocuteurs, il ouvre son sac de voyage et en sort un exemplaire de «Kaputt». Le fameux dialogue avec Michel Onfray lui donne l’occasion d’une autre confidence : en 1995, il aurait lu «Les lettres de Sénèque à Lucilius». Il ne lui manquait plus que de citer Sophocle dans un discours… c’est fait ! Sarkozy a changé… c’est vrai. Sarkozy est facho… c’est faux. Sarkozy a la main mise, sur certains médias… c’est vrai. Dans L’Express, toujours… la vérité sur Ségolène Royal… Même système ! Elle est sectaire… c’est vrai… selon L’Express… C’est la fille de Mitterrand, c’est faux. Elle s’est fait refaire les dents… c’est vrai. Elle adore la poésie… c’est faux. Elle admire Tony Blair et Zapatero… c’est vrai… Elle est de droite… c’est faux… mais ! Ont signé, ce double tableau : Elise Karlin, Eric Mandonnet… Corinne Lhaïk et Philippe Bidalon. Mais, comme l’écrit Pierre Taribo, dans son éditorial de L’Est-Républicain de Nancy… «Chut, on vote… Silence… il y a des choses, à ne pas dire aujourd’hui !» Ce qui n’empêche pas le caricaturiste Ranson de dessiner dans Le Parisien, une famille, allant voter, et s’arrêtant devant les deux panneaux électoraux, affichant Ségolène, et Nicolas… Finalement, dit le père : «C’était un joli couple »… « Oui, ajoute la maman… on va regretter leur séparation». Yvan Levaï

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.