Au début, il n’y croyait pas. Quand il a décidé de se lancer dans l’aventure, il ne croyait pas en ses chances.

Trop d’adversaires face à lui. Trop de concurrents dans la partie depuis bien longtemps que lui. Pourtant, c’est lui qui a gagné. Jeudi soir, Sami Bouattour a remporté le Grand Prix de la baguette de tradition française ! On retrouve son portrait dans AUJOURD’HUI LE PARISIEN, et c’est l’histoire d’une reconversion réussie.

Né à Maisons-Alfort, d’un père restaurateur originaire de Tunisie, Sami Bouattour a tout d’abord suivi le chemin de paternel : il est devenu directeur d’un restaurant porte Maillot. Mais approchant de la quarantaine, il a eu envie de changer de vie et de réaliser le rêve qu’il avait depuis tout petit : se lancer dans la boulangerie. Six mois de formation, brevet professionnel, une première boutique dans le Val d’Oise, puis une deuxième dans le 13ème arrondissement de Paris.

Mais, franchement, il n’y croyait pas lorsque jeudi matin, accompagné de sa femme, il a pris le bus 57 pour aller porter deux baguettes au siège du syndicat des boulangers du Grand Paris, là où se déroulait le concours. « J’ai dû prendre les plus moches », confie-t-il à Philippe Baverel, précisant que les plus belles l’auraient d’emblée disqualifié : « Elles pesaient 10 grammes de trop par rapport aux critères de poids fixés par le jury. »

Pourtant, donc, sur le coup de 18H45, il a appris que c’était lui qui avait remporté le Grand Prix de la baguette 2017. A la clé : 4.000 euros, mais aussi le privilège de fournir, pendant une année, le palais de l’Elysée !

Un palais où il croisera sans doute Guillaume Gomez

Lui, c’est le chef cuisinier de la résidence présidentielle et c’est dans VSD qu’on retrouve son portrait. Portrait d’un homme de 38 ans, à la tête d’une brigade d’une vingtaine de personnes chargées de préparer 200 repas par jour, et dont la devise témoigne de son souci des produits hexagonaux : « Tu bois un canon, tu sauves un vigneron ! »

C’est il y a vingt ans que, pour la première fois, il a mis les pieds dans les dépendances du Château – à l’époque, celui-ci était occupé par un Jacques Chirac grand amateur de tête de veau, et Guillaume Gomez n’imaginait vraiment pas finir sa vie entre les murs du palais. Mais le gastronome a finalement pris goût aux ors de la République comme aux traditions… Nommé chef des cuisines de l’Elysée en 2013, il dit que ce qu’il aime par-dessus tout dans son métier, c’est qu’il n’y jamais de « routine ». « Le vendredi, tu peux croiser Kate Middleton… Et le samedi Miss Univers… » En somme, il est content d’aller bosser !

Cela dit, il y a parfois des moments difficiles, comme lorsqu’il y a trois ans, quand à l’issue d’un dîner officiel organisé pour la visite du président chinois, la ministre du Commerce Extérieur Nicole Bricq avait lâché, très désinvolte : « Le repas était dégueulasse. » Suite à cet incident, le jeune chef avait proposé sa démission. Démission refusée par François Hollande. Et désormais Guillaume Gomez attend de pied ferme le futur locataire des lieux…

Le soir du premier tour de la présidentielle, il a posté sur Instagram une photo de carte d’électeur tamponnée. Dessous, il avait écrit : « Quand tu as le power d’aller choisir ton boss ! »

C’est donc demain soir qu’on connaîtra le nom du nouveau boss de l’Elysée

Et, bien sûr, le sujet fait la Une de quasiment tous les journaux. « Ouf ! La campagne est terminée », titre ainsi L’UNION ce matin. « La campagne est finie, c'est le grand soulagement », abonde L'ARDENNAIS, qui en avait visiblement ras-le-bol d’avoir à commenter les petits plats sacrément salés de la cuisine électoral. En l'occurrence, la campagne s'est donc achevée à minuit, et c'est demain que les électeurs vont devoir décider du sort des deux candidats se disputant la fonction suprême.

« Macron-Le Pen : l'heure de vérité », annonce LA CHARENTE LIBRE. « L'heure du vote », précise OUEST FRANCE, alors que LA PROVENCE se demande si ce second tour sera, je cite, « cousu de fil blanc ». Au premier tour il y a deux semaines, 1,8% des électeurs ont choisi de voter blanc. Et l’on prédit qu'ils seront encore plus nombreux demain. Une forme de vote-rejet, qui bien sûr pèse sur le scrutin, mais garde cependant, de l'avis du journal, « l'effet d'une balle à blanc ». Tous les éditoriaux sont sur la même longueur d’onde, dénonçant à la fois l’inutilité du bulletin blanc comme de l’abstention.

Du reste, certains titres n’hésitent pas à donner leur consigne de vote.

consigne dont, toutefois, je ne peux me faire l’écho, car nous sommes entrés en période de réserve électorale. Tout juste puis-je vous dire qu’une fois n’est pas coutume, LIBERATION et LE FIGARO plaident pour le même candidat.« Il ne faut oublier qu’on ne vote pas seulement pour soi-même, mais aussi pour les autres, ceux qui n’ont aucun moyen civique de défense », peut-on lire dans le premier, tandis que le second évoque « un choix de la raison ».

De son côté, LE PARISIEN revient sur la jeunesse des deux finalistes. De leur enfance à la course à l'Elysée, portraits croisés d'un homme qualifié d'« ovni politique » et d'une femme présentée comme « l'héritière d'une saga familiale hors norme ». Le journal dresse par ailleurs le plan de travail des candidats : décryptage de leurs principales propositions. Dossier identique dans L’ECHO REPUBLICAIN, qui indique quelles seraient « Leurs huit premières mesures ».

Deux autres angles d’attaque dans LIBERATION

Tout d’abord, un papier sur le manque d’assesseurs pour les bureaux de vote. Normalement, ce sont les partis politiques des candidats en présence qui fournissent les assesseurs, mais comme l’explique André Laignel, vice-président de l’Association des Maires de France : « Aujourd’hui, on a d’un côté un parti dont les militants ne souhaitent pas forcément se montrer, et de l’autre un mouvement pas encore très organisé… »

Les deux formations sont donc incapables de fournir les dizaines de milliers d’assesseurs nécessaires au bon fonctionnement des 66.000 bureaux de vote. Dès lors, si besoin, les électeurs eux-mêmes pourraient bien être réquisitionnés demain matin. Et, a priori, a moins de ne savoir ni lire ni écrire, pas moyen de refuser !

Dans le journal, vous pourrez lire aussi ce reportage dans un commissariat du Xème à Paris. Les agents croulent sous le nombre de demandes de procurations.« La file d’attente ne se réduit pas depuis deux semaines, je n’ai jamais vu ça », explique l’un d’eux. Un habitant du quartier raconte qu’on lui a conseillé, pour ne pas trop attendre, de se présenter dès 4 heures du matin.

Afflux de procuration mais manque d’assesseurs et partout des questions sur le taux de participation. La seule certitude finalement, et ainsi que le titre LA REPUBLIQUE DU CENTRE, c’est que « La fin du suspens, ce sera demain soir ! »

En revanche, pour la Turquie, l’inquiétude, c’est maintenant

« Trois semaines après son référendum, Erdogan resserre sa poigne » : c’est le titre à la Une du FIGARO. Le président turc continue de durcir son régime et les arrestations d'opposants ne cessent de croître. Lisez le reportage de Delphine Minou : une crispation sécuritaire qui paraît sans limite, et qui va de pair avec de récentes prises de décisions qui réduisent encore plus l’espace d’expression. « Le blocage de l’accès à l’encyclopédie en ligne Wikipedia – dans un pays déjà connu pour son contrôle tatillon des réseaux sociaux – ou encore l’interdiction soudaine d’émissions télé de rencontres amoureuses. » Fin avril, 9.000 policiers ont été suspendus, tandis que plus de 100.000 fonctionnaires ont été mis à pied depuis l'été dernier.

Allez, plus léger pour finir. Avec d’abord deux jolies phrases relevées dans les pages de PARIS MATCH. Un chanteur, une actrice.

L'actrice, c'est la belle Monica Bellucci, qui sera la maîtresse de cérémonie du prochain festival de Cannes. « Aujourd'hui, confie-t-elle, je trouve qu'un homme qui a des rides est plus intéressant qu'un homme qui n'en a pas. Les signes du temps sur son visage me plaisent. » Elle dit aussi qu'on voit mieux l'âme à travers « les froissements du corps ».

Le chanteur, c'est Julien Doré. Il est actuellement en tournée et sur scène, il défend les titres de son tout nouvel album... 6.000 spectateurs en moyenne chaque soir, et lui aussi, il parle bien. « Je suis convaincu de la grande utilité des artistes, explique-t-il. Plus l'époque est hostile, plus la culture est essentielle. » On ne peut que lui donner raison.

Cela étant, les hommes – avec ou sans ride – ont également parfois des formules très bizarres. Petit échantillon dans le numéro de mai du mensuel COSMOPOLITAIN... Echantillon rédigé par deux consœurs : visiblement, ce sont les propos de leurs conjoints qu'elles retranscrivent ici. Propos typiquement masculins.

  • « Pour laver du coton, je mets le programme coton ? »
  • « J'ai une tendinite aux deux pouces. »
  • « L'étagère, c'est quand même pas grave qu'elle soit fixée de travers. »
  • « Je peux emprunter ta crème visage pour mes mains ? »
  • « T'inquiète pas pour l''odeur de bière, c'est qu'on a bossé super tard. »
  • « Je ne vois pas ce que tu lui trouves, à Ryan Gosling.»

Et ma préférée, pour finir : « Est-ce qu'il reste du pain pour finir la pizza ? » Mais bon, de toute façon, si du pain, y en a plus, je suis certain qu’il doit rester un peu baguette…

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