Bonjour à toutes et à tous… Ce matin, la presse se souvient de Jacques Chirac et des salons de l’agriculture d’autrefois. Quand il y en avait pour un comme pour trois, et qu’on ne pouvait choisir à table, entre le vin et les lithinés du docteur Gustin. Ah, les lithinés du docteur Gustin ! Georges Perec les évoque dans son fameux : « Je me souviens… ». … Je me souviens de Gaston, Y’a le téléphon qui son… … Je me souviens de Parisiens, têtes de chien, parigots, têtes de veau ». … Je me souviens de là-haut sur la montagne, y’avait un vieux chalet… Et me souviens pareillement de j’en ai marre, marre à bout, bout de ficelle, selle de cheval, cheval de course, course à pied, pied à terre, terre de feu, feu follet, lait de vache, vache de ferme, ferme ta gueule… Et la suite qui appartient à la petite histoire du président Sarkozy. Mais aujourd’hui le Chef de l’Etat est à la peine et le PARISIEN titre sur la cote d’alerte pour trois raisons. 1) La confiance est au plus bas. 2) L’UMP est largement devancée dans les derniers sondages. Et si la perspective d’une forte abstention s’exprime dans les sondages, celle-ci affecte surtout la droite. Et le PARSIEN de conclure… En cas de lourde défaite aux régionales, Nicolas Sarkozy qui fait le gros dos cette semaine devra sacrifier des têtes… Le FIGARO ne va pas jusque là et veut croire qu’en s’exprimant cette semaine, le Chef de l’Etat mobilisera son camp… « sans provoquer de sursaut à gauche », écrit Jean-Baptiste Garat. Et mon confrère d’affirmer que l’abstention fait trembler tout le monde, avant de reconnaître que tous les sondages, publiés actuellement montrent néanmoins une gauche dominante dans les intentions de vote ! C’est pourquoi sans doute, le FIGARO consacre une pleine page aux pièges et aux difficultés que devrait rencontrer Martine Aubry… une fois les élections gagnées. Je me souviens, à cet égard… des piles ou face de l’école communale, quand les malins nous invitaient au jeu « perdant-perdant »… « Pile, je gagne, face tu perds ». Les DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE doivent se le rappeler elles aussi, puisqu’elles publient aujourd’hui un sondage TNS-Sofres qui donne un bel avantage à la liste de la majorité présidentielle conduite par Philippe Richet (41% des intentions de vote, contre 17 à l’écologiste Jacques Fernique, 17 au socialiste Jacques Bigot, et 9 au front national Patrick Binder). Commentaire prudent des DNA : « La majorité présidentielle l’emporte dans tous les cas. Mais le suspense reste entier ». LIBERATION est prudent lui aussi dans son dossier consacré ce samedi à la région Franche-Comté, où Monsieur Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la coopération, espère triompher de la Présidente sortante, Madame Marie-Guite Dufay. Laquelle déclare à l’envoyé spécial de Libé : « C’est ça, Joyandet considère que je ne suis qu’une intérimaire… ». Mais c’est Pierre Moscovici qui signe pour son amie socialiste la réplique la plus sévère, quand il s’écrie : « Alain Joyandet, c’est un mini-Sarkozy avec ses tics, ses simagrées et la même attirance pour le monde de l’argent ». LIBERATION ne tranche pas, mais souligne que mardi, Nicolas Sarkozy viendra dans le Haut-Doubs, officiellement, pour y parler de l’emploi. C’est dire, si entre Haute-Saône et Jura, l’élection va compter. Et LIBERATION, à qui l’on doit, les titres-jeux de mots que l’on trouve partout dans la presse désormais, d’écrire Comté comme on le fait chez le fromager. Notez au passage, que le quotidien dirigé par Laurent Joffrin, publie aussi aujourd’hui un grand dossier qui devrait plaire aux éleveurs et à tous ceux qui comme Jacques Chirac sont allés longtemps au cul des vaches. Le dossier illustré d’un bifteck saignant est intitulé : « l’Ecologie contre la viande ». En effet, les éleveurs s’inquiètent d’une baisse de la consommation carnée, alors que les défenseurs de l’environnement préparent un jour sans viande. D’où ce titre de LIBERATION avec un point d’interrogation, à prendre cette fois au premier degré : « Mort aux vaches ! ». Cri de guerre, aussi vieux que les troisièmes classes des chemins de fer, que l’on appliquait aux flics d’autrefois, quand ils poursuivaient à bicyclette les gangsters en traction ! Maurice Ulrich, l’éditorialiste de l’HUMANITE, se souvient lui aussi, comme Pérec, d’un passé-présent hélas… Quand on chantait ! « Aujourd’hui on n’a plus le droit, d’avoir faim ni d’avoir froid ». On connaît la chanson, écrit-il, c’était il y a 25 ans. Il y a une génération. Et l’éditorialiste de l’HUMANITE poursuit : « Paris, 2010, dans le 10ème arrondissement, certains jours désormais devant la camionnette des Restaurants du cœur, la file d’attente s’étire sur 150 mètres, avec trois à quatre personnes de front. Même chose devant l’Eglise Saint-Eustache, dans le 1er, tous les soirs, des dizaines de personnes, des jeunes, des personnes âgées, attendent une soupe chaude. Et Maurice Ulrich de commenter, comme aurait pu le faire Coluche ou l’Abbé Pierre… « Dans l’une des plus belles villes du monde, la pauvreté s’étend… Mais l’indignation ne suffit pas… Car la misère relève de la solidarité et de la lutte politique ». Et de l’action aussi, comme s’en félicite François-Régis Hutin dans OUEST-FRANCE en revenant sur les mouvements qui ont porté les Français vers les Haïtiens et aussi cette semaine, vers les Vendéens endeuillés et inondés. On prend conscience, écrit-il, de nos fragilités et on veut y remédier, comme on veut tenter de vaincre l’adversité… Seulement voilà, en Vendée, rien n’est terminé. La solidarité doit demeurer…. et la lucidité aussi… Action, lucidité… je me souviens… Vous vous souvenez de Simone Veil, ministre de la santé de Valéry Giscard d’Estaing. Simone Veil, qui a changé la vie des femmes et celle des hommes aussi, et à laquelle le JOURNAL du DIMANCHE, rend bel hommage aujourd’hui… Il faut dire que Madame Veil est classée première au sondage IFOP-Journal du Dimanche, qui établit aujourd’hui le top-35 des femmes préférées des Français. Simone Veil, première devant Valérie Lemercier et Mimie Mathy… Ségolène Royal ferme la marche. Mais ne n’est pas cela qui compte. Ce qui compte c’est ce que fit Madame Veil au JOURNAL du DIMANCHE, quelques jours avant d’entrer à l’Académie française. Simone Veil – Modeste… je suis une femme alibi. Simone Veil – Battante… il est urgent de faire appliquer la loi sur l’égalité salariale. Simone Veil – militante du 8 mars. Question du JDD : la Journée de la femme, qui fête ses 100 ans lundi, a-t-elle encore un sens ? Simone Veil – C’est une très bonne initiative, mais elle est entachée, cette année, par la nomination d’un homme au Conseil constitutionnel sur un poste auparavant occupé par une femme. Désormais, il n’y a plus qu’une seule femme dans cette institution où j’ai moi-même siégé. Je trouve cela honteux. Quel cadeau pour un 8 mars ! Je me souviens enfin de Pierre Desproges et de sa lettre-réponse au percepteur qui lui renvoie un chèque de 1,30 franc au titre du trop versé. « Mon Trésor… Merci de ta gentille lettre… Elle m’a fait bien plaisir. Pour les 1,30 franc que tu me dois, tu serais sympa de les virer à mon compte bancaire le plus vite possible. Ce serait pour acheter une demi-baguette à 1,90 franc avant que ça augmente encore. Avec mes 5 centimes en trop, je pourrais avoir un roudoudou ou deux Carambar, à moins que je décide d’aider la recherche contre le cancer. Ici il fait un temps dégueulasse. J’espère qu’à Cédex 09 vous avez beau temps. Je te prie d’agréer, Mon Trésor, l’expression de mes sentiments distingués ».

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