Vous avez forcément entendu parler d’elle : Amma – signifiant ‘maman’ en hindi – Amma, cette gourou indienne, qui passe ses journées à dispenser des câlins à la chaîne.

36 millions de personnes enlacées ces dernières années… Elle attire les foules aux quatre coins du monde, elle inspire les artistes et côtoie les plus grands dirigeants de la planète qui, tous, s’agenouillent devant elle. On dit qu’elle a fait des miracles. On dit que se serrer contre elle procure un bonheur immédiat. On l’appelle « mère divine »… Une « mère divine » qui était à Paris il y a quelques jours, et qui sera à Toulon à partir de demain. Amma est célébrée partout, Amma est vénérée partout, invitée par le pape, honorée par l’ONU… Mais dans LE MONDE DIPLOMATIQUE, Jean-Baptiste Malet propose ce mois-ci une longue enquête qui présente l’envers de la médaille… Enquête sur « l’empire du câlin », et sur le business du câlin… Car si les câlins sont gratuits, les produits dérivés que propose l’ONG dirigée par Amma rapportent des millions. Gros profits mais des employés qui, tous, travaillent bénévolement… Sans doute faut-il parfois se méfier de ceux qui semblent à ce point généreux.

Eux, pendant leur campagne, ils ne seront pas faits de câlins… Donald Trump et Hillary Clinton font bien évidemment la Une d’une partie des journaux. Avec cette question à la Une du MONDE : « Donald Trump peut-il encore gagner ? » Pour l'emporter, le magnat de l'immobilier doit absolument gagner les Etats incertains, comme la Floride, l'Ohio, le Nevada ou la Pennsylvanie... Les sondages donnent les candidats au coude à coude… Dans le journal, vous lirez d’ailleurs qu’en Russie, tous les médias proches du pouvoir militent pour que ce soit lui qui l’emporte, car Trump, à leurs yeux, serait le « candidat de la paix », à l’inverse d’Hillary Clinton, « candidate de la guerre »… Elle est même souvent tournée en dérision sur les télévisions russes, et fut nommément citée lors d’un débat à propos de la Syrie, comme la fondatrice du groupe Etat Islamique… Vladimir Poutine a lui-même fait état de sa préférence, lâchant que Trump représentait « les intérêts d’une partie significative de la société américaine, fatiguée des élites au pouvoir depuis des décennies ».

Mais en France, c’est un autre sentiment qui domine, ainsi qu’en témoigne SUD OUEST… « Dans l’Hexagone, un rejet massif de Donald Trump »… Dans l’opinion publique française, le milliardaire fait quasiment l’unanimité contre lui et la quasi-totalité de la classe politique a exprimé sa préférence pour Hillary Clinton… Pour preuve aussi, la Une du JOURNAL DU DIMANCHE : « Pourquoi Clinton doit gagner »… Grand dossier détaillant comment la candidate démocrate a prévu de gouverner les Etats-Unis, et ce que son élection pourrait changer pour l’Europe et la France.

Sachant que si c’est Trump qui l’emporte, nombre d’entreprises françaises ont du souci à se faire, comme l’explique Jean-Baptiste Duval sur le HUFFINGTON POST… Le candidat républicain a en effet annoncé des mesures protectionnistes qui auront des répercussions sur plusieurs grands groupes tricolores… Dans l’automobile notamment… Renault, Peugeot et Citroën devraient s’attendre à une hausse des taxes à l’exportation. Idem, dans la pétrochimie… Total, de même que toute la filière, risque de voir se compliquer l’accès au marché américain. En revanche, rien à craindre pour l’industrie alimentaire, ni pour le secteur du BTP…

Envisageant, cette fois, la victoire d’Hillary Clinton, le site pose par ailleurs cette question, certes pas cruciale, mais pas non plus sans intérêt : comment donc appellera-t-on Bill ? Une femme à la Maison Blanche, le fait est inédit, et ce serait donc la première fois qu’un homme occuperait le rôle de « First Lady »… « First gentleman » semble être le terme favori de la candidate démocrate, qui ne manque pas de rappeler que son mari conserve de toute façon son titre de « Président Clinton »… Elle a d’ailleurs indiqué qu’elle pensait le charger de « revitaliser l’économie », mais sans, cependant, lui confier de véritable ministère. « Et je vais probablement m’occuper moi-même du choix de la vaisselle et des fleurs pour les dîners importants », confiait-elle il y a quelques mois. Cela étant, Bill Clinton n’a pas échappé à l’une des traditions les plus emblématiques pour les conjoints des candidats, en livrant dans un magazine sa meilleure recette de cookie. Mais l’ancien président ne s’est pas trop foulé, se contentant de reprendre la recette que sa femme avait donnée lorsque lui-même était candidat.

Eux non plus ne sont pas faits de câlin : cette semaine, François Hollande et Manuel Valls ont eu une franche explication… Une explication suite aux mots employés par le chef du gouvernement à propos du livre ‘Un président ne devrait pas dire ça’… Il avait fait part de sa « colère » et évoqué la « honte » ressentie selon lui par les militants socialistes… Depuis, afin de faire oublier les conséquences politiques de ses confidences, François Hollande a multiplié les tête-à-tête avec ses ministres. Et il s’en est donc également expliqué avec le Premier d’entre eux. « Tes mots ont été très durs », lui a-t-il reproché, si l’on en croit le JDD, qui précise toutefois qu’aujourd’hui, aux dires de l’Elysée, la crise est terminée. Du reste, d’après Hollande lui-même, ce livre est de l’histoire ancienne. « J’ai voulu restituer le sens des décisions que j’ai eu à prendre tout au long du quinquennat. Il n’y a plus à y revenir », confie-t-il au journal.

Autres confidences : celles d’Emmanuel Macron qui, hier à Paris, réunissait les troupes de son mouvement « En marche ! » « En octobre, explique-t-il, on a posé un socle idéologique clair. Sur tous les sujets, on a donné un regard, une couleur. Et ce, avec une cohérence que n’a aucun parti. On a structuré le mouvement. Maintenant, c’est la mobilisation générale pour porter l’alternative. » Alors, certains, bien sûr, diront que le socle idéologique n’est pas si clair que cela, et surtout qu’il y a plein de sujets sur lesquels on ne sait pas du tout ce que propose l’ancien ministre. Mais c’est ce qu’il devrait préciser dans le livre qu’il a commencé à rédiger au début de l’été 2015. Un livre dans lequel il parle à la fois de lui-même et de sa vision de la France, du monde et de la politique… Livre qui pourrait bien paraître dans les jours qui viennent. Prélude à sa déclaration de candidature à l’Elysée qui, elle aussi, devrait intervenir avant la fin du mois. « Il faut qu’il se déclare avant le 20 novembre », estime le sénateur du PS François Patriat, qui compte parmi ses soutiens. Pourquoi avant le 20 novembre ? « Pour perturber les équilibres avant le premier tour de la primaire à droite. » Soit. Mais va-t-il le faire vraiment ? « Avec Emmanuel, on ne peut être certain de rien », rétorque Patriat. Et, d’ailleurs, c’est peut-être l’un de ses problèmes.

Qu’ont en commun Patrick Pelloux, Marc Lévy et Didier Deschamps ? Qu’ont en commun Marcel Ruffo, Nagui et Alexandre Jardin ? Qu’ont en commun Youssou N'Dour, Philippe Geluck, Maud Fontenoy, Frédéric Lefebvre ? Qu’ont en commun Plantu, Elie Chouraqui, Jean-Vincent Placé, Stéphane Bern et Valérie Damidot ? Qu'ont donc en commun tous ces gens-là ? Eh bien, ils appartiennent à la liste des cent personnalités qui, ce matin, publient un appel dans les colonnes du PARISIEN... Quasiment un an après les attentats qui ont endeuillé la France et sa capitale, c'est « L'appel des 100 à la fraternité »... Des responsables associatifs, des artistes, des médecins, des sportifs, des animateurs et puis de simples citoyens... Ils ont expliqué au journal leurs idées pour tenter de retisser des liens dans une société fracturée. Retisser des liens. Sans pour autant se faire des câlins.

De son côté, MEDIAPART revient en longueur sur l’enquête concernant, cette fois, l’attentat perpétré dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Un prête assassiné, le père Jacques Hamel, et un paroissien grièvement blessé par deux jeunes hommes de moins de 20 ans, qui se connaissaient à peine et se sont donc mués en duo terroriste. Michel Deléan a eu accès aux centaines de procès-verbaux établis par les policiers, et il voit dans cet attentat le symbole de l’apparition en France d’un « djihad du pauvre », un mélange effrayant d’amateurisme juvénile et de froide détermination… Radicalisation express via les réseaux sociaux, de simples couteaux et le choix de la mort en kamikaze.

Récit détaillé de l’attaque de ce mardi 26 juillet. Coups au thorax et à la gorge et le prêtre qui crie « Va-t’en, démon ! », avant de s’effondrer. Récit détaillé de l’assaut de la brigade d’intervention. Récit détaillé du parcours des auteurs de l’attentat, qui l’un et l’autre rêvaient d’aller combattre en Syrie, avec les troupes du groupe Etat Islamique. Deux jeunes en échec scolaire, en galère de petits boulots, en manque d’argent, de reconnaissance et de statut social, avec certaines failles affectives et fascinés par les images violentes du djihad. Pour l’un, la radicalisation s’est faite en prison. Et pour l’autre, sur internet et la messagerie Telegram – il était en contact avec Rachid Kassim, combattant de Daech à Mossoul, en Irak.

Lavage de cerveau, frustration et désœuvrement, fanatisme et fuite en avant se mêlent dans le processus de passage à l’acte. Et ils ont donc choisi de tuer et d’être tués. Comme si perdre la vie, et perdre la sienne pouvait lui donner un sens.

Cependant, les délires religieux ne concernent pas que l’islam, ainsi qu’en témoigne le reportage que publie CAUSETTE ce mois-ci. « Au secours ! Ma fille s’est radicalisée chez les cathos ! » Reportage d’Antonin Rouget, qui s’inquiète pour les membres du petit carmel Notre-Dame-de-la-Rencontre, situé à Simacourbe, aux confins du Béarn… Une quinzaine de jeunes femmes recluses sous la coupe d’une mère supérieure qui traîne une sale réputation... Autoritarisme et coupure du monde extérieur… Une tentative de suicide dans la précédente communauté qu’elle dirigeait. On évoque aussi des séances d’humiliation, et une plainte pour abus de faiblesse vient d’atterrir sur le bureau du procureur de la République de Pau. Plainte déposée par les familles des jeunes religieuses, dont certaines seraient aujourd’hui totalement méconnaissables. Apathiques, éteintes, perdant la mémoire et tenant des propos par moments délirants… « Je ne la reconnais plus », témoigne la sœur de Justine. « Elle est devenue mièvre et totalement cul-cul, me demande de me méfier des hommes pour ne pas être happée par les flammes de l’enfer. Elle dit même que le rock & roll est une danse diabolique. » Un homme d’église qui a fréquenté la communauté explique qu’il s’agit là de la même démarche que pour les djihadistes : « On prend une fille généreuse mais fragile, qu’on coupe de son milieu et qu’on met sous la coupe d’un gourou. »

Evitons les gourous. Mais pas forcément les câlins.

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