Bonjour à tous…. en ce premier samedi sans école… mais pas sans journaux. Ni sans radio, Dieu merci, et avec le couple du week-end, Sandra Freeman et Stéphane Paoli, vos amis, auditeurs mes frères, auditrices mes sœurs. Quoi de neuf ? Molière bien sûr, et Mozart, et le vieil Hugo, et les héros habituels des journaux dont quelques nouveaux, sur lesquels vous ne m’en voudrez pas d’attirer d’entrée votre attention. Voici leurs noms : Monsieur Jean-Christophe Parisot. Vous ne le connaissez pas, moi non plus… une demi-page et une photo ce matin dans LE FIGARO. M. Daniel Lincot… Il n’est jamais passé au 20 h de la Télé, le journal LE MONDE de ce samedi consacre une page à ce breton très singulier, et à son activité. Troisième et dernier héros peu connu, mais qui va l’être, M. André Faller auquel LE PARISIEN consacre une demi-page, juste au-dessous de la visite de Nicolas Sarkozy, hier, aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Réveillez les enfants en âge scolaire, car la vie de ces trois héros modernes, distingués par trois quotidiens hexagones, se raconte comme les belles histoires de l’oncle Paul. Monsieur Faller est mort en juillet dernier, à Echirolles, près de Grenoble dans l’Isère. C’était le patron de l’entreprise de prêt-à-porter Karting. Il me revient que des ministres féminins de Valéry Giscard d’Estaing portaient des pantalons Karting, à meilleur prix que les Saint Laurent, mais à la mode et élégants. «Eh bien, nous dit Serge Pueyo dans LE PARISIEN ce matin, les salariés de l’ancien PDG de Karting ont appris à leur retour de vacances, par lettres de notaire, que M. André Faller, sans héritier, leur léguait une partie de sa fortune, pour les récompenser de leur fidélité à l’entreprise». Commentaire d’une salariée d’Echirolles, estomaquée, qui va toucher, comme 350 employés de Karting, entre 5 et 10.000 euros. «C’est incroyable. Mais cela ne me surprend pas tout à fait, car Monsieur Faller était vraiment un grand homme. La preuve, avant de mourir, il a voulu nous récompenser de notre fidélité à l’entreprise. Une chose comme ça n’arrive pas partout». «Avec le pouvoir d’achat en berne, confie une autre ouvrière, la générosité de Monsieur Faller, c’est du beurre dans les épinards». Commentaire supplémentaire du nouveau PDG de l’entreprise, Monsieur Lemoine, qui a racheté la société il y a cinq ans. «J’ai eu peur quand le notaire m’a annoncé la nouvelle, mais je ne suis pas étonné, tout le monde admirait ici Monsieur Faller dont la gestion était paternaliste. Il considérait ses salariés comme sa famille». Il en est d’autres probablement, même si Maurice Ulrich dans le journal L’HUMANITE s’émeut à juste titre aujourd’hui, du suicide le jour de la rentrée scolaire, à Istres, dans les Bouches du Rhône, de Morgane, 33 ans, une mère de trois enfants, chassée de son HLM par un huissier venu réclamer des arrières de loyer impayés. Dix mille euros semble-t-il. «Qu’est-ce que c’est que cette barbarie moderne, demande l’éditorialiste de L’HUMANITE. Et la loi sur le droit opposable tant vantée par le gouvernement. Comment peut-on continuer à expulser, aujourd’hui, tant et tant de locataires en difficulté». Selon les chiffres de la Fondation Abbé Pierre, 100.000 décisions d’expulsion prises chaque année. La moitié d’entre elles sont assorties d’un commandement à vider les lieux. 20.000 avec autorisation de recours à la force. 10.000 au total sont réalisées, soit une sur dix. Morgane, la désespérée des Bouches du Rhône était une de celles-là. Chiffres aussi dans le NOUVEL OBSERVATEUR, qui donnent à penser sur ce que Lionel Jospin et François Morin appellent dans LE MONDE daté de ce samedi «l’écart insensé actuel entre la finance et l’économie réelle». «Il faut, disent ensemble l’économiste François Morin et l’ancien premier ministre Lionel Jospin, faire face à la déraison financière, et imposer des régulations monétaires internationales». Illustration avec cette question que pose Thierry Philippon dans le NOUVEL OBSERVATEUR. «Les banquiers sont-ils dangereux ? Comment se protéger de l’avidité des banques, grisées par des profits exceptionnels.» Et mon confrère de citer M. Charles Prince, l’américain, patron de Citigroup dont les pertes s’élèvent à 37 milliards d’euros. Indemnité de départ de M. Prince : 26 millions d’euros ! Le patron de Merril Lynch fait mieux. Son entreprise a perdu 35 milliards d’euros, il part avec une poire pour la soif de 105 millions d’euros. Notre Bernard Tapie fait figure de parent pauvre à côté de lui. Tout cela n’empêche pas le soleil de luire pour tout le monde, en dépit des atrocités cycloniques que subissent les populations d’Haïti. Et voyez à cet égard, l’excellent dossier du MONDE, consacré à l’énergie solaire, qui devrait s’imposer comme l’énergie du futur… Et elle est démocratique ! Comme le faisait remarquer, il y a peu, Shimon Peres à Nicolas Sarkozy. Reste à développer le secteur photovoltaïque et toute la filière qui amènera les photons lumineux jusqu’à nos radiateurs, appareils ménagers et les moteurs de nos autos. Le dossier du MONDE explique très simplement tout cela et souligne aussi que 4.000 chercheurs étaient rassemblés jusqu’à hier, vendredi, à Valence en Espagne, pour traiter de ce vrai grand sujet d’actualité, d’une énergie douce non polluante, mais qui ne représente pour l’instant que 1% de la production mondiale d’électricité. Avec des pays plus attachés que d’autres, à ce type de recherche… la Chine, l’Allemagne, l’Espagne, les Etats-Unis, le Japon et l’Italie. Mais, et je le disais en commençant, en parlant des trois héros distingués ce week-end par les journaux. Qui préside le comité scientifique de la conférence de l’énergie solaire photovoltaïque de Valence ? Un Français, Daniel Lincot, dont Hervé Kempf du MONDE fait le portrait. Breton, né en 54, Daniel Lincot, physicien, directeur de recherche au CNRS et partenaire d’EDF est engagé dans ce type de recherche depuis 30 ans. Un jour, il sera peut-être Prix Nobel et les télés ne manqueront pas de se précipiter sur son téléphone, pour l’interviewer. Il parle dans LE MONDE aujourd’hui, et dit à propos de sa présidence à Valence. «On oublie que l’effet voltaïque a été découvert par un Français Antoine Becquerel en 1839, et que dans les années 70, la France était en pointe dans l’énergie solaire. Ma désignation est le signe que les Français sont de retour sur la scène de la recherche ». Et le même Daniel Lincot qui fit sa thèse sur les phénomènes d’interface entre matériaux d’expliquer qu’à l’époque, c’était mal vu par les physiciens de s’intéresser au photovoltaïque. Un mot encore à Valence, 200 spécialistes internationaux, les pairs de notre chercheur héroïque, ont signé un texte pour accélérer le mouvement en direction de l’énergie solaire dont je détache ces 4 lignes… «L’humanité fait face au défi dramatique créé par l’épuisement progressif des carburants fossiles et l’accélération du changement climatique. L’utilisation des énergies renouvelables est devenue une nécessité urgente et absolue». J’en viens au héros… de la page 7 du FIGARO… Jean-Christophe Parisot… Il est préfet et tétraplégique… et myopathe. Il a 41 ans, et a pris ses fonctions à Cahors en début de semaine. Il a fait sienne la devise de Gambetta : «L’avenir n’est interdit à personne». Il répond dans LE FIGARO à Agnès Leclerc: «Je suis préfet avant d’être handicapé. J’espère mettre à profit ma situation pour que l’on prenne l’habitude de voir un handicapé dans un uniforme brodé de feuilles de chêne. Cette image doit devenir banale». Ce qui n’est pas banal en revanche, tous vos journaux en parlent ce matin… Il y aurait eu à Rennes un procès pour braquage, reporté pour cause de ramadan. Nous avons demandé à Fadela Amara ce qu’elle pensait de cette affaire. Voici sa réponse : «Je ne vais pas commenter une décision de justice. Je respecte l’indépendance de la justice». Normal, elle est ministre. Et elle ajoute «Je suis profondément féministe et laïque, je dirais que cette affaire me dérange». Elle nous dérange aussi.

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