Bonjour à tous. « Pour faire une bonne revue de presse, il faut se lever de bon matin, préparer le pastis et sans cesse raconter des blagues avec les mains… Ah que c’est bon la bouillabaisse, ah mon dieu que c’est bon, bon, bon ». C’est Fernandel qui chantait ça au temps où l’on pouvait boire sans précaution et applaudir des élus qui promettaient de demander « plus à l’impôt et moins au contribuable ». Fini ce temps-là. Désormais, il faut se persuader avec le ministre du budget Eric Woerth, interviewé par le PARISIEN, que la taxe carbone n’est pas un nouvel impôt. De la même façon, nous devons croire avec Brice Hortefeux invité du JOURNAL DU DIMANCHE, que la tolérance zéro sera au rendez-vous bientôt. A gauche, à droite, aux universités d’été, dans les syndicats, dans les journaux, certains persistent et doutent du volontarisme affiché par un pouvoir confronté aux désordres nationaux et internationaux. Voyez plutôt, dans le JOURNAL DU DIMANCHE, Bernard Thibault qui juge imprévisible le climat social de la rentrée. « J’ai rencontré mardi dernier en tête à tête, le Président de la République », déclare le secrétaire général de la CGT, « et je n’ai pas entendu un message rassurant. Nous ne sommes pas sortis de la crise systémique. Les choses peuvent basculer d’un côté comme d’un autre. Il n’y a rien d’écrit, ni pour les salariés, ni pour les directions d’entreprises, ni pour le gouvernement. Les scénarios préétablis peuvent être démentis du jour au lendemain. Cela fait dix ans que je suis à ce niveau de responsabilités, je dis cela avec un peu d’expérience. Mais je ne crois pas que la passivité l’emportera. Les postiers se mobilisent contre la privatisation d’un service public, les agents de la SNCF se préparent à combattre la restructuration du fret ». Et Bernard Thibault d’ajouter que la situation est alarmante, avec une production retombée à son niveau d’il y a douze ans. On ne peut plus, dit-il, continuer d’assister au dépeçage de l’appareil industriel, au motif que des actionnaires réclament toujours plus de rendements. Olivier Jay, qui interroge pour le JOURNAL DU DIMANCHE le leader syndicaliste, lui rappelle alors, les faibles mobilisations sociales du printemps dernier. Réplique de Bernard Thibault : « Ce qui s’est passé en mai-juin 2009 ne contredit pas la formidable expression du début de l’année. Mais si les salariés pensent qu’on ne peut rien changer, le climat général en pâtira ». Et voici sa conclusion, nourrie de son dernier entretien en tête à tête avec Nicolas Sarkozy : « Le gouvernement a lui aussi conscience d’être sur un fil tendu. Le Président de la République a des discours très forts sur les banques, par exemple, mais très en décalage avec la réalité. Il nous dit que le monde de demain ne sera pas celui d’hier. Cela reste à prouver. Quant aux colères légitimes des salariés des entreprises injustement condamnées, il ne faut pas en faire des bandes dessinées. Molex, New-Fabris restent des cas isolés ». On cherche à effrayer les grands-mères au fond des campagnes. Au passage, Bernard Thibault s’oppose d’un mot à la taxe carbone. « C’est une injustice », dit-il. Ce n’est pas l’avis de Georges-Marc Benamou, qui attend néanmoins dans NICE-MATIN des précisions sur la fameuse contribution climat-énergie. Mon confrère pourra se reporter à la lecture du PARISIEN AUJOURD’HUI en France et à la déclaration du ministre du budget, Eric Woerth. Lequel persiste et signe avec une réponse en couleurs. « Non », répète-t-il, « la taxe n’est pas un nouvel impôt. Oui, nous créons une contribution verte, mais pour les contribuables et pour l’Etat, l’opération sera blanche, puisque cette contribution sera intégralement reversée aux Français ». Hier, à Seignosse, Alain Juppé paraissait en douter avant de proposer d’appeler un chat, un chat et un nouvel impôt, un nouvel impôt. Dans la même interview du PARISIEN, le ministre du budget ne voit pas comment à gauche Martine Aubry allait vivre avec Marielle de Sarnez. En revanche, il juge l’UMP assez soudé pour rassembler Philippe de Villiers et Jean-Marie Bockel. Philippe de Villiers, dont Georges-Marc Benamou dans sa chronique de NICE-MATIN fait un « coq vieilli », forcé et contraint d’aller rendre les armes à son suzerain, Nicolas Sarkozy. Frédéric Mitterrand, le ministre de la culture, semble quant à lui beaucoup plus libre de ses mouvements. La preuve, toute la presse ce dimanche considère qu’à Seignosse hier, le successeur de Christine Albanel a été accueilli comme une star, au campus des jeunes de l’UMP. Mais une partie seulement des médias relève la façon dont le nouveau ministre de la culture a opposé l’élégance du service public, à la vulgarité de certaines chaines commerciales. C’était dit et montré sur la 2, hier au soir, mais oublié sur TF1. La question posée à Frédéric Mitterrand était pourtant claire et la réponse aussi précise que plaisante. « Qu’allez-vous faire, contre la vulgarité de la téléréalité », demandait un SMS. Réponse du ministre, soigneusement reprise ce matin en page 4 du PARISIEN : « Mais rien », répond-il. « Nous sommes dans une société libre ou personne n’est obligé de regarder la téléréalité. Hier soir, j’étais dans ma chambre d’hôtel et à la télévision il y avait « Secret Story » sur TF1 et, sur France 2, ô merveille, il y avait… moi ! » Et de conclure sous les rires : « Et vous voudriez que j’exerce une censure sur une télévision où on passe à la fois l’horreur de la vulgarité et la quintessence de la culture ? ». Au premier rang, le ministre du travail, Xavier Darcos, confie, amusé : « Entendre les jeunes populaires, clamer « Mitterrand avec nous », on n’est pas venu pour rien ! Quelques scoops désagréables avant de conclure. Selon le JOURNAL DU DIMANCHE, il n’y a pas que le prix des cigarettes qui va augmenter. Le forfait hospitalier devrait faire un bond de 25%. 20 euros la journée au lieu de 16. Et une série de médicaments, sirops, antalgiques, etc, pourront être moins remboursés. Ce qui n’empêche pas « Carrefour » de nous inviter à positiver, même si le quotidien est difficile et l’avenir incertain. Et l’entreprise de distribution, de proposer à chacun de manger un repas équilibré pour un euro. Dans son éditorial de l’EST REPUBLICAIN, Michel Wagner s’émeut de la contrition qu’on nous impose. Mouchez-vous dans votre coude. Triez vos ordures. Eteignez vos veilleuses. Vous êtes coupables, forcément coupables. Et oui, nous pêchons par imprudence, comme Angelo, le Hussard sur le toit, de Jean Giono.

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