Bonjour à tous… « Dites-moi où, n'en quel pays, Est Flora la belle Romaine, Archipiades, ne Thaïs, Qui fut sa cousine germaine, … Semblablement, où est la Reine Qui commanda que Buridan Fût jeté en un sac en Seine ? Mais où sont les neiges d'antan ? ». A cette question, vieille de six siècles, la presse répond aujourd’hui que les neiges du temps jadis sont aux Etats-Unis ! Très précisément entre Baltimore et Washington où l’on battrait un record météo datant de 1922 ! C’est-à-dire d’hier, juste avant le réchauffement planétaire qui inquiète si fort l’écologie moderne. Mais la neige tombe aussi en notre pays, où deux skieurs sont morts, victimes d’avalanche à la Foux d’Allos et à Isola 2000, au-dessus de Nice. Les risques de coulées blanches son élevés dans les Alpes du Sud, et la PROVENCE, le DAUPHINE, NICE MATIN s’en inquiètent autant que l’EST REPUBLICAIN de Nancy. Lequel quotidien rappelle que les gendarmes de Xonrupt qui veillent sur le massif vosgien, ont du porter secours l’année dernière à 149 personnes coupables d’imprudences. C’est dire si les neiges d’antan, chères à François Villon sont aussi en France cette saison. Et c’est de l’or blanc, pour l’économie du pays ! Même si les DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE rappellent aujourd’hui les dégâts provoqués par les hivers trop rudes dans les forêts vosgiennes. A Bourges, le BERRY REPUBLICAIN n’a pas, quant à lui, ce genre de soucis. Il fête ce matin son Salon du livre d’Histoire en même temps que le mille centième anniversaire de l’Abbaye de Cluny. Un complexe monastique, qui parmi ses visiteurs illustres peut s’enorgueillir d’avoir compté : Saint-Louis, Louis XIV, Danielle Mitterrand et bien avant eux le théologien breton Abélard. Abélard, dont Villon (encore lui) dans sa ballade des Dames du Temps jadis : « Où est la très sage Héloïs, Pour qui fut châtré et puis moine Pierre Abelard à Saint-Denis Pour son amour eut cette essoine » Traduisez : ennui, même si une castration est un gros souci. Au chapitre des soucis moindres : les résultats footballistiques d’hier. Le journal MIDI LIBRE exulte pour Montpellier qui poursuit sa folle épopée et a battu Boulogne hier, par 2 buts à zéro. OUEST-FRANCE applaudit au succès époustouflant de Rennes sur Bordeaux, battu 4 à 2. Le journal SUD-OUEST en revanche fait grise mine, autant que Laurent Blanc, même si Bordeaux reste en tête du championnat. Le JOURNAL du DIMANCHE est nettement plus affligé quand il titre en grand sur la défaite du PSG, face à Lorient hier au Parc des Princes. Trois buts lorientais dans le museau. D’où ce commentaire sévère du PARISIEN ce matin : « Quatrième défaite d’affilée pour les hommes de Kombouaré ! Le PSG touche le fond ». C’est la défaite de trop, renchérit l’EQUIPE. Laquelle attend beaucoup des Bleus, en rugby cet après-midi à Murrayfield, contre les Ecossais. C’est à 16 heures ! Il faut gagner… insiste à Toulouse la DEPECHE du MIDI, en rappelant qu’en 1910 les Français faisaient leur apprentissage contre les équipes britanniques et perdaient tous les matches. Un siècle plus tard, les Bleus doivent faire oublier cette humiliation nationale ! Au charbon… les bleus, s’écrit aussi l’EQUIPE en prévenant que gagner contre les Ecossais à Murrayfield, ça va être plutôt dur…. dur ! J’ajoute à ce chapitre, une lecture, en page 15 du MONDE daté dimanche-lundi.. C’est un portrait à ne pas rater du plus célèbre rugbyman, anglais Jonny Wilkinson. Portrait réalisé par Jérôme Fenoglio, d’un garçon qui a signé cette saison à Toulon et qui incarne, selon mon confrère du MONDE, tout ce que le rugby peut encore comporter de vertueux aujourd’hui. Wilkinson serait même pour le pédopsychiatre Marcel Rufo un esprit sain dans un corps sain, après avoir été longtemps en enfant anxieux. Il pourrait être notre psy à tous, selon Rufo. Il faut dire que Wilkinson trouve des réponses à ses tourments dans la physique quantique, le bouddhisme et l’autodérision. Mieux, il plaque et bute, pour vous et moi, et l’explique en déclarant : « Je ne joue plus pour des questions d’identité personnelle, mais pour donner du plaisir, à ceux qui regardent ». Identité personnelle, identité nationale… clap de fin, demain lundi, pour le fameux débat dont le JOURNAL du DIMANCHE nous dit qu’il fut impossible. Selon le JOURNAL du DIMANCHE, François Fillon va tenter de mettre fin à trois mois de polémiques, au terme d’un séminaire gouvernemental sur la question. Fin donc, d’un débat douteux, comme l’écrit Claude Askolovitch qui a interviewé l’historien Benjamin Stora. Lequel déclare que le ministre Eric Besson a agi trop vite et avec légèreté en ignorant les intellectuels et en montrant qu’il ne connaît pas la France. André Glucksmann réplique à cela, que le débat n’a pas eu lieu. Pour débattre, insiste Glucksmann, il faut être deux. Or en France, la gauche ne débat plus. Elle conteste, manifeste, dénonce, mais ne se confronte plus, argument contre argument… Et Glucksmann de conclure… Après bientôt trois ans à l’Elysée, il reste à acquérir pour Nicolas Sarkozy, une légitimité supplémentaire qui lui permette de mieux aborder les questions historiques. Roland Cayrol dans le MONDE, s’interroge sur la chute de popularité du Président, dans les sondages d’opinion. « Il y a », dit-il, « à coup sûr un pilote dans l’avion… Mais a-t-il un cap, une direction. On ne change la société qu’avec son consentement ». Là-dessus c’est Wolinski qui croque, dans le JOURNAL du DIMANCHE, Eric Besson magnifiant son nouveau pacte républicain sur son dossier. Le Ministre de l’immigration est à la tribune et lance : « Les personnes ayant une tronche pas catholique sont priées d’aller voir ailleurs, si j’y suis ». Dessin réplique de Plantu, à la une du MONDE. Martine Aubry sur un énorme éléphant rose donne des coups de boutoir à un vieux chêne qui n’est autre que Georges Frêche et tente de le déraciner. « Dites-moi où, n’en quel pays… »

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