Pour chauffer les salles et soigner son entrée en scène, rien de tel qu’un bon morceau de musique !

Quand on est un homme politique, c’est important, l’entrée en scène. Et quand, en prime, on postule à la magistrature suprême, l’ambiance des meetings est, tout le monde le sait, capitale. Or, ainsi que l’explique ce matin Nathalie Schuck dans les colonnes du PARISIEN – AUJOURD’HUI EN FRANCE, chacun des candidats à l’Elysée a désormais choisi son tube de campagne. C’est un incontournable de la communication politique. Et mieux vaut ne pas se rater : Manuel Valls l’a appris à ses dépens.

Pour sa première réunion publique début décembre, c’est sur le très rock et un brin ringard The Final Countdown – le décompte final, que l’ex-Premier ministre a fait son entrée.

Fallait-il y voir, s’interroge ma consœur, « une façon de mettre en avant son énergie, lui qui pratique la boxe et avoue en privé qu’il ‘adore’ Chuck Norris ? » Ou bien « s’agissait-il d’un jeu de mot en rapport avec la brièveté de la campagne de la primaire de la gauche ? » Toujours est-il que les tube du groupe suédois Europe sent franchement la naphtaline depuis sa sortie il y 30 ans. Jacques Chirac l’avait déjà utilisé en 1988 pour sa campagne présidentielle. Pour la musique, donc, c’est raté… Et pour le reste, ce n’est pas mieux, si l’on en croit LE MONDE, qui évoque « une campagne sur la défensive ». Comment changer sans se renier ? Manuel Valls semble pour l’instant incapable de résoudre équation, et cette contradiction, de l’avis de journal. Ses récents revirements sur plusieurs sujets, comme le 49.3, ont davantage dérouté que convaincu, et le candidat peine vraiment à faire peau neuve.

Lui, en revanche, il ne cesse de jouer sur le renouveau : la photo d’Emmanuel Macron, à la Une du FIGARO : « Pendant la primaire socialiste, Emmanuel Macron trace sa route ».

L’ex-ministre de l’Economie n’a pas l’intention de laisser le PS occuper tout l’espace médiatique. Bien au contraire, il va multiplier les déplacements durant tout le mois de janvier. Hier, il était à Nevers, en terre mitterrandienne. Aujourd’hui, il sera en Auvergne, et le week-end prochain à Lille et en Bretagne. Et pour la musique des meetings, il a notamment choisi le morceau électro-jazz Closer du groupe norvégien Lemaître, un morceau sorti l’an dernier. Deux pleines pages sur Macron dans le quotidien de Serge Dassault. Où on lit, notamment, que François Bayrou pourrait décider de s’allier avec lui… La thèse est étrange, tant le président du Modem a critiqué le candidat du mouvement En Marche !, allant jusqu’à l’accuser d’être un hologramme, et « le candidat des forces de l’argent ». Mais récemment, le ton s’est adouci, et François Bayrou a confié à un proche qu’il pourrait finalement le rejoindre. Dans l’équipe d’Emmanuel Macron, on s’étonne, on doute, mais très vite, on vante « la logique d’une telle alliance »… Et puis, le fait est que François Bayrou ne cesse d’égratigner François Fillon : « Les orientations de Fillon inquiètent », lance-t-il ainsi dans LE MONDE.

François Fillon, que l’on retrouve à la Une de LIBERATION, sous ce titre : « Coincé ».

Malgré le scepticisme qui règne jusque dans son propre camp, le candidat à la présidentielle refuse de modifier le projet de rupture libérale avec lequel il a gagné la primaire de la droite. Et le journal d’expliquer que François Fillon a sans doute été trop optimiste, en pensant notamment qu’il réussirait à convaincre les fonctionnaires de travailler plus sans être augmentés.

Alors, je ne sais pas quelle sera la musique des meetings de François Fillon – LE PARISIEN ne le dit pas, mais il décrit en revanche celle de Marine Le Pen : une chevauchée orchestrale de cuivres et de percussions. Un titre qu’on retrouve sur le site du FN. On aime ou on n’aime pas… Chacun se fait son idée…

Sachant donc qu’il y a souvent de gros ratés, comme le choix malheureux d’Hillary Clinton il y a quelques mois… Affaiblie par une méchante pneumonie, la candidate défaite du parti démocrate avait choisi de reprendre sa campagne avec le tube I feel Good – autrement dit, Je me sens bien – et ce, pour signifier que ses ennuis de santé étaient désormais derrière elle. Mais elle avait, semble-t-il, oublié que son auteur, James Brown, avait justement été emporté en 2006… par une vilaine pneumonie !

C’était il y a deux ans. L’attentat à CHARLIE HEBDO.

Deux ans précisément. Mais la plupart des cérémonies d’hommage ayant déjà eu lieu, le sujet ne fait pas la Une ce matin… On notera cependant le témoignage, dans LA PROVENCE, du fils du policier tué par les frères Kouachi : « Mon père est un héros », dit-il. De son côté, LE FIGARO nous explique que des victimes de la prise d’otage de l’Hyper-Cacher vont lancer aujourd’hui de nouvelles procédures administratives contre l’Etat. Des plaintes pour négligences… Certaines vivent d’ailleurs « avec la honte d’être encore en vie », confie un médecin dans les colonnes du journal. A ce propos, je vous conseille aussi la lecture du portrait que signe Elise Vincent dans LE MONDE : portrait du sociologue Farhad Khosrokhavar, un pionnier, en France, de l’étude des mécanismes socioreligieux à l’œuvre dans le terrorisme actuel. Un homme de 68 ans qui rejette les projecteurs de la médiatisation – d’ailleurs, c’est le tout premier portrait auquel il a accepté de se prêter. Pourtant, tous ses confrères du petit monde des sciences sociales admettent qu’il est aujourd’hui l’un des plus lumineux spécialistes des questions de radicalisation. C’est, du reste, à lui que l’on doit l’un des premiers ouvrages sur le djihadisme ‘local’ – un ouvrage publié quinze jours avant la tuerie à CHARLIE HEBDO.

Une nouvelle polémique dans l’Education

C’est la Une du PARISIEN – AUJOURD’HUI EN FRANCE : « La grammaire, c’est fini ? » questionne le quotidien. Les compléments d’objet directs ou indirects sont désormais remplacés par le prédicat. Pour les uns, c’est un nouvel outil pédagogique. Pour les autres, c’est une menace sur l’apprentissage de la langue française. Et puis, pour les parents, c’est très, très compliqué de savoir comment aider leurs enfants à comprendre…

L’enquête flippante du matin est à lire dans LE FIGARO.

Selon une étude américaine, 12% des pilotes de ligne seraient dépressifs, et 4% auraient même régulièrement des pensées suicidaires… Près de deux ans après le crash d’un Airbus de la Germanwings, intentionnellement provoqué par le copilote de l’appareil, la santé mentale des personnels navigants fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions. En France, deux à trois pilotes sont déclarés inaptes tous les mois, et ce, pour motifs psychiatriques, par le Conseil médical de l’aéronautique civile.

Plus réjouissant dans le supplément culture du journal : cette initiative du chef d’orchestre Kent Nagano, qui dirige l’Orchestre symphonique de Montréal – un programme expérimental afin d’enseigner la musique dès la maternelle, dès l’âge de 4 ou 5 ans. Mais pas de la simple initiation, non : de la pratique intensive. Du solfège, du violon, du piano, à raison de quinze heures par semaine. Et pendant trois ans, des chercheurs vont étudier les effets de cette pratique intensive sur les enfants concernés, de même que sur leur famille. Le postulat étant que la pratique de la musique permet un meilleur développement moteur et cognitif. D’ailleurs, Kent Nagano lui-même s’y est mis très tôt. Et, pour lui, c’était une vraie chance : « Cet apprentissage, dit-il, a d’abord fait de moi un homme libre de choisir sa destinée. »

D’ailleurs, on devrait tous avoir droit à de la bonne musique. Pas simplement les hommes, mais aussi les animaux. C’est en tout cas ce que pense David Teie, un musicien américain qui vient de sortir Music for Cats, premier album entièrement concocté à l’intention des chats… C’est à lire dans le quinzomadaire SOCIETY. Les cinq titres de disques, que l’on pourrait décrire comme de la musique classique agrémentée de sons animaliers – des ronronnements, des chants d’oiseaux, le bruit du lait qu’on lape – ces cinq titres sont censés apaiser les animaux, et visiblement, ça fonctionne, si l’on croit les propriétaires de matous. Ça fonctionne même tellement bien que l’album, sorti en octobre, est arrivé en tête des ventes de musique classique sur Itunes, et il s’est fait une place dans le Top 40 en Angleterre… Par voie de conséquence, le compositeur envisage désormais de renouveler l’expérience avec d’autres animaux. Pas les chiens, trop complexe – il y trop de races, trop de différences de caractère… Mais il se pourrait cependant qu’il écrive bientôt des musiques à l’intention des chevaux. Ensuite, imaginons : y aura peut-être les poules, les canards, les poissons… et puis, pourquoi pas, les animaux politiques ! Mais bon, pour l’heure, il n’y a que les chats, de la musique pour les chats, que je ne vous ferai pas entendre, car ça pourrait vous endormir. Et là, je préfère vous réveiller !

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