Bonjour à tous, Heureux citoyens de l’Hexagone… Vous disposez ce matin d’un bien dont ont été privés Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marie-Georges Buffet, Cécile Duflos, François Bayrou et Jean-Pierre Raffarin partis ensemble de Villacoublay pour Beyrouth au Liban avant l’heure du laitier et, évidemment, celle des journaux. Reste néanmoins à cette dream team démocratique envolée vers l’Orient compliqué la presse d’hier, vendredi, à peine défraichie, et nos meilleurs hebdomadaires, lesquels parlent beaucoup d’elle et plus encore de lui, Nicolas Sarkozy. Le président de la République dont Le Nouvel Economiste, journal des pouvoirs d’aujourd’hui, nous dit qu’il ne revendique rien de ces prédécesseurs, mais qu’il se voudrait bien et De Gaulle, et Pompidou, et Mitterrand ; et c’est pour cela que nous assurons, selon Henri Lauray, à une prise en charge totale des problèmes français par le chef de l’Etat, lequel bouscule tout, se mesure à tout le monde, tout le temps, et s’oppose aussi cavalièrement à un premier ministre qui marche à l’ombre. L’éditorialiste du Nouvel Economiste appelle ça « élyséeification », entendez syndrome d’un président passé par le sommet de l’Etat pour arriver à Matignon. Et voilà pourquoi, conclut Henri Lauray, après le Sarkozy de l’ouverture, le Sarkozy bling-bling, le Sarko jeune marié, nous avons un président de combat qui se bouge sur un rythme ébouriffant aux termes d’une année d’apprentissage et de formation permanente d’où la crainte, dans le cercle de ses amis disparus, de voir Nicolas Sarkozy perdre le rapport au réel mais, demande Henri Lauray, est ce qu’il peut perdre pied malgré les malchances du moment : pétrole cher, pouvoir d’achat, désarroi populaire – that is the question ! Jeudi soir, jeudi soir, 40 minutes durant à l’Elysée, Nicolas Sarkozy recevant les amis de Claude Imbert du Point qu’il venait de décorer, a répondu précisément à cette interrogation d’Henri Lauray. On dit que je m’occupe tout, mais j’ai été élu pour çà, et quand je délègue à tel ou tel et que l’on échoue, c’est moi qui paye l’addition. Et le président de la République d’en profiter pour administrer une leçon bien sentie aux journaux et aux livres qui campent au trou de serrure de sa chambre à coucher au lieu de se soucier des problèmes de fond de la Nation. C’est ainsi qu’il a salué Franz-Olivier Giesbert du Point à qui l’on doit un dossier « Sarkozy chez les psys » d’un « bonjour, le psychanalysé reconnaissant vous remercie ». Broutille selon Giesbert qui, devant nous, a fait mine de répliquer qu’un psy est un psy, et que le pire serait d’investiguer un jour du côté, non pas de la psychanalyse, mais de la psychiatrie. Mesure pour mesure il y a dans Sud-Ouest aujourd’hui samedi sous le crayon du caricaturiste une meilleure critique, peut-être, du Sarkozysme. Le dessin est titré « Mille suppressions d’emplois à Météo France », et au-dessous mal protégés du déluge sous leurs parapluies on voit Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy. Profitons du changement climatique, dit le président de la République, puisque tout le monde sait que l’on va avoir désormais un temps pourri. Supprimez-moi les météorologues, ça nous fera des fonctionnaires en moins. Fallait y penser, commente Xavier Bertrand, vous êtes un génie, chef. Claude Imbert, dans son éditorial du Point, en juge autrement quand il demande à ses lecteurs : vous, vous pensiez que Nicolas Sarkozy réformerait sur un chemin de roses, vous pensiez qu’en fermant une caserne, une école, un guichet public, un tribunal, un hôpital, on n'échauderait personne. Allons donc !, répond Imbert à sa propre question : Le fer de la réforme mord un pays plus abîmé qu’il ne croit. 25 longues années ont, en France, mutilé le volume et la valeur du travail, sacralisé l’assistance, libéré la triche, gonflé des déficits publics que Bruxelles coiffe du bonnet d’âne. La Nation, pleurant les effets dont elle aura chéri les causes, enregistre quelques modestes répits - sur le chômage, sur la croissance - dans la maussaderie générale. C’est rudement bien écrit. Je poursuis un temps, c’est toujours Claude Imbert qui parle, mais la France aperçoit une classe moyenne à la ramasse, et jusque dans nos rues, une pauvreté rampante. Enfin, comble d’infortune, une crise financière venue d’ailleurs et un choc pétrolier achèvent de lui donner le bourdon. Dans cette mêlasse, le pouvoir n’a pas tort de multiplier les fronts de réformes, de presser l’une quand l’autre patine. Leur ubiquité sature les oppositions, met dans l’ombre quelques pertes de face. Mais, conclut Imbert, sur les grands chantiers sensibles, éclairés a giorno, il faut bien que l’intérêt national assène à découvert des évidences qu’aucun pouvoir de droite ou de gauche ne devrait esquiver. Fin de citation. C’est à la troisième page du Point ce matin. Attention, attention tout de même à la réforme à coups de marteau réplique Jacques Julliard dans Le Nouvel Observateur avant d’évoquer dans un post-scriptum ce qu’il appelle « l’amendement scélérat » de deux députés de la majorité obscurs et attachés, selon lui, à vouloir supprimer la loi Lang sur le prix unique du livre. Le Nouvel Observateur taille d’ailleurs un peu plus large en ouvrant avec Carole Barjon un dossier sur l’opération « Reconquête de l’opinion » par un Nicolas Sarkozy qui aurait choisi, écrit Le Nouvel Obs, de faire l’impasse sur sa popularité en 2008 et en 2009 pour rebondir en 2010. Mais est-ce bien sûr ! Dans Libération, l’écrivain-éditeur grec, Takis Teodoropoulos, doute un peu du couple qu’ont formé hier à Athènes le premier ministre Caramanlis et Nicolas Sarkozy. Où vont-ils, écrit-il, on ne sait pas. C’était plus clair, selon l’écrivain-éditeur, en 1963, quand Caramanlis, le tonton de l’actuel ministre grec, et De Gaulle, en visite à Athènes, bousculaient ensemble la vie politique du pays. Mais au moins, conclut l’écrivain, dans Libération aujourd’hui, c’est vers la dernière page, Sarkozy est venu en Grèce, lui aussi, et après tout c’est ce qui compte. Salut identique avec plus d’enthousiasme néanmoins au Figaro ce matin où l’on se félicite d’une visite à Beyrouth au Liban du président rassemblant les siens. Et François Hollande, et Marie-Georges Buffet, et François Bayrou, et Devedjian, et François Fillon venus, vous le savez, dans un autre avion parce que l’on n’envoie jamais dans le même avion sous la cinquième République, et le président, et le premier ministre. On ne sait jamais. Grande première diplomatique, s’exclame Le Figaro en manchette, tandis qu’Alexandre Adler, dans sa chronique, félicite son journal, le premier à avoir écrit que ça se réchauffait rudement entre la France et la Syrie. Faut dire d’ailleurs qu’a été viré le chef des services secrets dont on peut penser qu’à Damas il a œuvré directement ou indirectement dans la mort de Rafic Hariri, l’ancien premier ministre assassiné. Gare à l’impasse tout de même, réplique Libération, à propos de ce voyage au Liban. Libération fait la fine bouche et parle, je cite, de chefs de partie en vadrouille au Liban avec Nicolas Sarkozy. La presse quotidienne régionale n’exulte pas sur ce sujet, elle non plus, elle est toute occupée par le tennis, le football et le prix du baril à 139 dollars, 138 comme l’écrit Franck De Bont dans Sud-Ouest, il va falloir apprendre à vivre autrement. En 2002, il le rappelle lui aussi, le baril de pétrole, ça paraît loin, coûtait 20 dollars. Il sera à 140, 150 dollars demain. Quid du chauffage au fuel, des courses en voiture à la grande surface, des fruits importés hors saison, du prix du train, du prix de la viande, etc…. etc… Et mon 4 x 4, et votre 4 x 4, Stéphane Paoli, (« SMART »), fini les illusions, écrit l’éditorialiste, aux gouvernements, aux gouvernements de la planète d’atténuer, s’ils le peuvent, le choc pétrolier pour ceux qui en sont les victimes principales. A part ça, à part ça, vous, vous êtes au Festival du Mot à La Charité sur Loire, je regrette de ne pas être avec vous, mais moi, hier au soir, j’étais dans les arènes de Bayonne et j’y étais, et j’y étais, pas pour une corrida, pas pour des taureaux, c’est pas la saison, et pourquoi j’y étais, pour un concert absolument formidable avec Paxti, avec Tina Arena, avec au programme Philippe Lavil, eh oui Philippe Lavil, et, et, et, Touré Kunda. Ecoutez formidable, est-ce que ce monde est sérieux. Eh bien oui, il était joyeux et sérieux. Il y avait, il y avait, tenez-vous bien, 8.000 personnes dans les arènes de Bayonne pour le 25ème anniversaire de France Bleu Pays Basque. Et étaient là, étaient là le maire de la ville, le député-maire, Jean Grenet, et notre décidément cher président de Radio France, Jean-Paul Cluzel. Et vous n’y étiez pas, on a remarqué ça.

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