Bonjour à tous… Puisque vous êtes, Sandra Freeman, Stéphane Paoli et vous auditrices-auditeurs de France-Inter, curieux comme des belettes, laissez-moi profiter du travail patient de mes confrères, pour tenter de satisfaire votre insatiable curiosité. Que font les Obama, aujourd’hui ? Réponse dans le PARISIEN Dimanche : le Président quitte Paris à la mi-journée, après une visite à Beaubourg. Son épouse Michelle et ses deux filles, Malia et Sasha, déjeunent à l’Elysée. Rendez-vous à midi, pour un lunch à la française. Les Sarkozy ont invité Louis, le dernier fils du Président de la République et Aurélien, le petit garçon de Carla Bruni-Sarkozy. Madame Marisa Bruni-Tedeschi sera là, elle aussi et l’on peut imaginer que tout le monde chantera au dessert « Happy birthday to you » en l’honneur de la petite Sasha Obama, qui fête ses huit ans à Paris. Un jour de fête des Mères et un lendemain de commémoration du débarquement. Bon anniversaire Sasha ! Bonne fête maman ! On ne vous dira pas… parce que ce n’est ni le lieu, ni le moment, que la fête des Mères a été inscrite au calendrier en 1941, par Philippe Pétain, chef d’un Etat français qui guillotinait les faiseuses d’ange et voulait célébrer la fécondité ! Dieu merci, comme le constate ce matin dans le PARISIEN, ma consoeur Florence Deguen, la fête des Mères 2009 n’a plus rien à voir avec celle de nos parents. « Une maman aujourd’hui, c’est autant une confidente qu’un adulte dépositaire de l’autorité. Elle est désormais celle qui protège, écoute, conseille, sollicite des avis, elle aussi. Quelquefois une amie, un double ». Le sociologue Eric Donfu ajoute à cela, qu’avec les recompositions familiales, les aléas affectifs, la mère est un repère, un port d’ancrage avec lequel on entretient une relation de compréhension mutuelle. Et elle en est ravie, c’est une manière pour elle de rester jeune. Pedro Almodovar montre bien cela au cinéma et n’a pas fini de dire, comme vous peut-être : « Tout sur ma mère ! » Le JOURNAL DU DIMANCHE s’inquiète cependant du marketing ambiant, parti à la conquête des nouvelles mamans. Jeunes mères, attention, écrit Charlotte Langrand, vous êtes devenues les cibles de marchands habiles qui veulent réhabiliter la puériculture à l’ancienne. Une tendance qui fait controverse. On veut profiter de votre fragilité, pour vous déboussoler. Gare aux cours de portage de bébé en écharpe, aux techniques d’emmaillotage à l’ancienne et à la mode de l’allaitement prolongé. Autrefois, souligne le JOURNAL du DIMANCHE, les jeunes mamans, se rassuraient en s’adressant à l’entourage familial. Aujourd’hui, elles demandent à leurs amies ou à Internet des conseils pas forcément gratuits. « Jeu, set et mode » titre le BIEN-PUBLIC de Dijon. Et tandis que le journal l’ALSACE de Mulhouse se félicite de voir notre continent faire la fête aux manans, le magazine ELLE rappelle à ses lectrices, qu’il leur reste 3 semaines de régime facile, pour perdre une taille avant l’été. A Montpellier, MIDI-LIBRE oublie totalement les mères de famille à la fête aujourd’hui, pour saluer la gay-pride qui a rassemblé hier 13.000 montpelliérains entre les jardins du Peyrou et la place de la Comédie. Le monde syndical était associé à la parade, souligne MIDI-LIBRE, en légende d’une photo de une, montrant deux garçons s’embrassant résolument… Je vous l’avais dit en commençant. On est curieux, comme des belettes et intéressés par le dîner parisien, qu’ont partagé hier au soir Barack Obama, sa femme et ses deux filles. La presse nous le dit. Le restaurant choisi était la Fontaine de Mars, rue Saint-Dominique, non loin de la Tour-Eiffel, dans le 7ème arrondissement. Les Obama ont pris des côtelettes d’agneau, des îles flottantes. Ils ont bu de l’eau et ont payé de leur poche 300 euros. Ils ont dîné en paix, dans un salon privé à l’étage… sur des nappes à carreaux rouges et blancs, comme les aimaient Verlaine et Rimbaud. Avouez que c’est étonnant, ce goût des Présidents américains pour nos grands établissements ou nos petits caboulots. Les Clinton… c’était la table de l’Ami Louis, près des Arts et Métiers, qui les attirait. Une table recommandée par Jacques Chirac. Les Bush… Madame George Bush en particulier, c’était la Cigale Récamier, près de l’Hôtel Lutétia, dans le 7ème arrondissement de la capitale… Mitterrand, lui, emmenait plutôt ses invités prestigieux au Divellec, rue de l’Université ou à la Gauloise, ou au Pichet, près des Champs Elysées. Giscard, pour sa part, célébrait ses anniversaires dans un restaurant un peu canaille, rue des Prouvaires, près des halles, à la Tour Montlhéry. Mais j’arrête-là, ce petit tour du Paris de la Gastronomie, sur lequel, Français, Françaises, nous avons tant à dire, et tant à écrire. C’est Jean-Robert Pitte, l’ancien Président de Paris Sorbonne, qui publie ce mois-ci chez Fayard, un livre intitulé « A la table des Dieux ». Un livre que présente cette semaine Perico Legasse dans MARIANNE, avec ce titre « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu pries ». Et Perico de commenter : « ah, si seulement les Français savaient qu’ils doivent à la tradition juive et à l’Egypte ancienne, leur passion pour le foie gras ». Mais vous allez me dire, que j’oublie ce matin, et les commémorations d’hier sur les plages du débarquement, et l’Europe, et la crise, et les corps retrouvés de l’Airbus d’Air France. Que non pas. Je détache du JOURNAL du DIMANCHE cette chronique de Franz-Olivier Giesbert, qui commence ainsi : « Et bien tant pis, je vais vous parler d’Europe. Assez de Déroulède, assez de chauvinisme. Si vous voulez des raisons de voter, pensez aux artistes européens, pensez à la musique européenne. Pensez à Koenigsbourg, pensez à Chartres. Pensez à Daniel Cordier, compagnon secrétaire de Jean Moulin ». Et Giesbert conclut, en évoquant son père… Oui son père, un GI américain qui débarqua en Normandie le 6 juin 1944, entre Vierville et Colleville-sur-Mer, là précisément où tout le débarquement a failli échouer. J’ai toujours une pensée pour lui et même un peu plus, ce jour-là. Il a tout perdu là-bas. Ses amis, sa jeunesse, son innocence, sa joie de vivre. La quasi-totalité de la première vague a été fauchée. Il n’en parlait jamais. Sauf pour dire que la mer était rouge de sang. Que les soldats vomissaient dans les barges canardées, quand ils ne faisaient pas sous eux. Que si l’on saisissait un bras dans l’écume, il n’y avait souvent rien au bout. Qu’il n’avait jamais eu aussi peur de sa vie. Que, malgré toutes ses décorations, il n’était pas un héros, juste un survivant. Et Franz-Olivier Giesberg conclut ; « Comme tous les enfants de GI américains et de soldats britanniques, canadiens ou polonais, je suis donc heureux que Barack Obama soit venu rendre hommage avec Nicolas Sarkozy et le prince Charles, à tous les morts du débarquement. Mais en observant le président américain, incarnation d’un pays qui se réinvente sans cesse, la meilleure bonne nouvelle des dernières années, j’ai senti cette pinçure au cœur que mon père aurait, j’en suis sûr, éprouvée. Pourquoi l’Europe n’est-elle pas capable elle aussi d’un semblable sursaut ? ». Comme l’écrit Eric Fottorino dans LE MONDE daté dimanche-lundi : « on a besoin d’Europe. Aujourd’hui comme jamais ». Ce que confirme Alexis Brézet dans le FIGARO Magazine, en saluant l’ami américain de Nicolas Sarkozy et des Français. « Comme toutes les histoires de famille, c’est une très vieille histoire, tissée de générosités folles et de mesquineries sans nom ». Mais il conclut : « Il n’y a peut-être pas si loin de la plage d’Omaha aux élections européennes ».

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