Bonjour à tous… « Nous avons connu une semaine extraordinaire » a déclaré hier, Barack Obama en décorant dans le Kentucky, les commandos qui ont tué Ben Laden. … Vous avez fait un bon boulot, a commenté dans la foulée, le Président américain, avant d’ajouter : « Le chef terroriste qui a frappé notre Nation le 11 septembre ne nous menacera plus, mais la lutte antiterroriste va continuer… Et elle sera dure ! ». Autrement dit, l’Amérique a gagné une bataille, mais pas la guerre… Et là-dessus, depuis cinq jours, le débat dans tous les médias, comme à la table familiale, est largement ouvert. Voyez à cet égard la presse hebdomadaire, du POINT à l’EXPRESS, et du FIGARO MAGAZINE au NOUVEL OBSERVATEUR, sans oublier CHARLIE-HEBDO et VSD. J’ajoute avant de citer les uns et les autres, que dans cette affaire, comme le reconnaît le Herald Tribune, les considérations politiques et morales, se mêlent et interfèrent. Autant les lire sereinement, sans passion, ni colère. Claude Imbert dans le POINT, le dit très bien en préambule, quand il note « que l’aire de civilisation arabo-musulmane de 310 millions d’âmes, est de plus en plus divisée et complexe ». La mort de Ben Laden, l’attentat de Marrakech, l’intervention en Libye, la répression féroce en Syrie, sont autant de fils disparates d’un indémêlable sac de nœuds. C’est ça, souligne Imbert, qui atteste la gestation du monde arabe. Mais nul ne sait de quoi elle accouchera. Et l’éditorialiste du POINT de s’engager clairement en écrivant, je le cite, « la grande et bonne nouvelle de la mort de Ben Laden survient alors que les révoltes éveillent l’espérance démocratique, sans la coiffer du croissant coranique ». Et il ajoute : « La mort de Ben Laden, icône du terrorisme islamiste, réconforte derrière l’Amérique d’Obama, qui en a bien besoin, le moral des vraies démocraties ». « C’est pourquoi », conclut sur ce point Claude Imbert, « nous aimons saluer, dans la coïncidence des symboles, le déclin d’un fanatisme dont l’Islam est la première victime ». Alexis Brézet, dans son éditorial du FIGARO-MAGAZINE s’engage de la même façon, quand il écrit : « Oui, justice est faite… avant de polémiquer, contre ce qu’il appelle les ligues de vertus démocratiques et de morales médiatiques ». A tous ceux qui ont les mains pures, mais qui n’ont pas de mains, l’éditorialiste du FIGARO MAGAZINE lance : « Barack Obama a fait ce qu’il fallait, comme il fallait. Non, l’Occident avec ses valeurs de liberté et d’humanité, n’est pas voué éternellement à prendre des coups, sans jamais les rendre ». Les démocrates sincères, qui cherchent à tâtons, à Tunis, au Caire ou à Damas des solutions, voient eux aussi dans l’élimination de Ben Laden, un encouragement à persévérer dans leur mouvement. Au passage, l’éditorialiste du FIG-MAG évoque l’argument de ceux, qui eussent préféré un procès, pour Ben Laden. « Allons donc », écrit-il… Qu’espérait-on ? Un grand procès à La Haye, avec avocats médiatiques et caméras en bataille. Une tribune internationale qui aurait permis au fondateur d’Al Qaïda de prêcher la guerre sainte depuis le box des accusés ». Christophe Barbier, dans son éditorial de l’EXPRESS, adopte lui aussi un ton churchillien et gaullien, quand il écrit que jamais les démocraties ne doivent céder à l’ennemi, qu’il soit dictateur sanguinaire ou terroriste illuminé. Pactiser, c’est perdre – Acheter sa tranquillité, c’est creuser sa tombe – Seule, leur propre faiblesse de caractère peut vaincre les démocraties. Lesquelles ne meurent que quand elles acceptent l’idée de la mort. Et mon confrère de l’EXPRESS d’ajouter, de 1940 à 2001, la défaite n’a qu’un synonyme : le renoncement. C’est l’esprit de Munich qui a été frappé aussi dans le repaire de Ben Laden. Barbier, comme Imbert d’écrire que l’élimination de Ben Laden est une bonne nouvelle… Même s’il ajoute, in fine : « Jamais l’arbre de la démocratie ne poussera sur des cadavres, même ceux de ses ennemis ». Ce qui revient à dire, que pour mon confrère : Ben Laden mort, les périls demeurent. Et nous ne sommes pas sortis de l’auberge !. Jean Daniel dans le NOUVEL OBSERVATEUR salue de son côté ce qu’il appelle « la fin d’une utopie meurtrière » avant d’envisager le monde d’après Ben Laden. L’éditorialiste du NOUVEL OBS, ne dit pas justice est faite, mais écrit, que les fanatiques semeurs de terreur à Marrakech, ne se doutaient pas, que deux jours après leur forfait, Ben Laden serait éliminé avec tant d’éclat. Ceci posé, Jean Daniel remarque, que ce n’est pas Bush qui venge l’Amérique, mais Obama. Supposez que Bush soit là, que n’eût-on pas dit… A Moscou, à Pékin et au Vénézuéla, le monde arabo-islamique, se serait déchainé contre l’Amérique. Souvenons-nous, poursuit Jean Daniel, du sociologue français, Jean Baudrillard, qui faisait un héros du chef terroriste. Celui qui affrontait génialement le grand Satan américain. Celui qui avait organisé les plus purs attentats de tous les siècles. Et l’éditorialiste du NOUVEL OBS, de conclure… « Dieu merci, Obama n’est pas Bush… C’est lui qui a prononcé au Caire, il n’y a pas si longtemps un discours historique. Discours dans lequel il préconisait avec solennité la réconciliation entre les Etats-Unis et l’islam et promettait de ne jamais compromettre leurs nouveaux rapports ! ». VSD, sous la plume de Philippe Bourbeillon, choisit de faire plus carré, en titrant… sur une vengeance américaine… Comme dans un western. Et l’éditorialiste d’en conclure : Dix ans après le 11 septembre 2001, et deux guerres… Obama gagne son étoile de shérif universel et au passage une réélection nettement plus confortable. C’est dire si mon confrère de VSD a pris le temps de faire court. Je vais faire comme lui, en vous invitant à regarder le dessin de Charb, à la une de CHARLIE HEBDO. Il a transformé Ben Laden en Elvis avec une manchette… « Il est vivant ». En page 2, pardonnez-moi, mais deux dessins m’ont fait rire. Un de Luz… où l’on voit Ben Laden regardant François Hollande à la télé… ces commandos US sont derrière, Ben Laden ne les voit pas… et commente, ce sont ses derniers mots… « Hollande est parti trop tôt ». Cabu, lui aussi, a fait très fort… Il croque le Mollah Omar en Rolls. Légende : « Fini la mobylette… il hérite de la voiture de fonction de Ben Laden ». La Porsche Panamera de Ramzy Khiroum. La presse en a fait des tonnes. Je ne voulais pas y revenir. Mais à propos de cette voiture stationnant Place des Vosges, avec y entrant ou en sortant, Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn. Me revient le souvenir contraire d’une presse accusant Laurent Fabius de démagogie… quand il prétendait aller en vacances à moto et se nourrir de carottes râpées… Dur, dur, pour les candidats éventuels à l’Elysée. Ils ne doivent pas posséder de Château à Bity en Corrèze... Ne pas se faire offrir des diamants par Bokassa… etc… et faire comme dans la chanson d’autrefois… Entendez : « Pour promener Mimi Ma petite amie Mimi Et son grand frère Toto J’ai une auto Je l’ai payée 300 balles Chez Monsieur Hannibal Marchand de l’occasion : 3 rue de Lyon ».

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