Bonjour à tous. Au Kiosque aujourd’hui : la femme, la crise, la poésie ; et le printemps qui est évident ! C’est Alain Borer qui s’en réjouit dans LIBERATION en repoussant de toutes ses forces « la négativité ambiante ». Il faut dire que Monsieur Borer enseigne la littérature en France et en Californie, qu’il est « Président du Printemps des poètes » et poète lui-même, très attaché à Rimbaud, auquel il a consacré trente ans de sa vie. D’où ce rappel légitime sous sa plume, « du génie de la langue française qui distingue le Tu et le Vous, selon la qualité de la relation. Génie de la précision aussi qui fait que l’on sait toujours grâce aux accords des participes et des pronoms, de quoi il retourne à chaque endroit d’une phrase. Hélas s’attriste le poète invité par LIBE, c’est cela qui s’effondre, non pas dans les banlieues, mais dans le discours de nos élites. Et Alain Borer d’expliquer qu’il a entendu la semaine dernière sur une chaîne publique, Jérôme Clément, PDG d’Arte, parler des photos qu’il avait « découvert ». Sur France Culture, c’est Alexandre Adler qui aurait osé évoquer la crise « auquel » nous sommes confrontés. Yves Michaud est coupable lui aussi d’un crime parallèle quand il a dit sur France Inter : la lenteur avec « lequel ». Idem pour Jean-Marie Colombani, qui aurait fait trois fautes d’accord de participe dans une seule « Rumeur du monde ». Et qu’on ne dise pas, à l’invité de LIBERATION, ce samedi, que la langue évolue. Selon lui « c’est une rivière qui coule » parce que nous serions désormais entourés par des Bac plus 15, qui ont raté leur cours moyen 2ème année. Et le professeur Rimbaldien de dénoncer alors dans un même mouvement deux comiques qui ne seraient que des pitres vulgaires : Bigard et Guillon, avant de s’en prendre à François Fillon, qui n’est pas François Villon et François Coppée qu’il ne faut pas confondre avec Jean-François Copé. Voilà ce que c’est que de transformer les étudiants en clients, conclut-il, en déplorant la fracture entre le réel et le symbolique. La politique s’occupe du réel, mais le symbolique, on l’oublie, c’est la signification. Roland Barthes disait que le symbolique est ce qui signifie deux fois. La colombe désigne l’oiseau et signfie la Paix. Et Alain Borer de s’écrier : gare à la fracture symbolique pire que la fracture sociale. Gare à la disparition des corps intermédiaires. Sarkozy-Berlusconi, kif-kif bourricot. Quant à moi, je pars ce week-end en TGV. La motrice s’appelle Vouvray et je blague comme chaque week-end : aller à Tours, c’est aller à Thouars. Poésie encore, avec le 8 mars des femmes et cette affirmation de FRANCE SOIR qui désigne cinq femmes incarnant le XXIème siècle. Sophie Marceau, Audrey Pulvar, Rachida Dati, Rama Yade et Kristin Baker. Le Readers’digest publie un sondage établi à partir de 3 critères : indépendance, dynamisme et responsabilité. Auraient le profil idéal, selon la revue : Rachida Dati, Rama Yade, Sophie Marceau mais aussi Claire Chazal, Ingrid Betancourt et Simone Veil. FRANCE SOIR ajoute à cela un regret de Christine Lagarde expliquant qu’une chose l’étonne beaucoup : « le manque de solidarité des femmes, au sein des organisations et des entreprises». « Il n’y a pas », dit-elle, « assez de solidarité entre nous ». La ministre de l’économie s’inquiète aussi d’une situation étrange, qui fait qu’en début de carrière, il y a à peu près égalité de traitements entre les hommes et les femmes. Mais après, au fur et à mesure de l’avancement, l’écart se creuse. A côté de l’interview de Madame Lagarde, ce tableau chiffré (à méditer) sur la place des femmes dans la France d’aujourd’hui. 31 millions de femmes dans notre pays, 54,1 % de la population. Avec des pensions de retraite, inférieures de 38 % sur celles des hommes. Des salaires moyens, bruts, inférieurs de 19 % et un taux de chômage de 9,6… quand il est de 8 pour les hommes. Mais il y a pire. En France, tous les 3 jours, une femme meurt sous les coups de son compagnon. 34 % des Françaises s’estiment victimes de discrimination au travail. 46 % des Français croient devoir affirmer qu’être enceinte constitue un inconvénient dans une carrière. 36 %... un peu moins… estiment qu’être mère de famille gêne considérablement les perspectives d’avancement. La CROIX veut aller au-delà de ce constat en se demandant si Internet n’est pas un nouvel outil dans la vie familiale et professionnelle des femmes. Et le quotidien chrétien de citer à cet égard, le livre d’Isabelle Juppé, intitulé : « la Femme digitale». Dans cet ouvrage, paru aux éditions Lattès, Madame Juppé écrit en effet que la clé de l’émancipation des femmes reste l’éducation. Et selon elle, réduire la fracture numérique entre les hommes et les femmes, peut donner partout, l’heure de la libération de ces dernières. La REPUBLIQUE DU CENTRE, confirme elle aussi que le combat des femmes continue, mais qu’un travail énorme reste à faire. Combat qui a commencé en France, il y a bien longtemps, avec Séverine, Louise Weiss, Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi, François Giroud, Simone Veil… J’en oublie. Mais on se souviendra d’elles… Comme Claude Lanzmann, dont tous les hebdomadaires parlent aujourd’hui et qui rappellent qu’il a été, 7 ans durant, le 6ème homme de Simone, l’auteur du deuxième Sexe. Et comment ne pas se souvenir de notre Jean Ferrat, des années 70… et de la chanson aussi symbolique que réelle : « Le poète a toujours raison Qui détruit l’ancienne oraison L’image d’Eve et de la pomme Face aux vieilles malédictions Je déclare avec Aragon La femme est l’avenir de l’homme Pour accoucher sans la souffrance Pour le contrôle des naissances Il a fallu des millénaires Si nous sortons du moyen-âge Vos siècles d’infini servage Pèsent encore lourd sur la terre Il faudra réapprendre à vivre Ensemble écrire un nouveau livre Redécouvrir tous les possibles Chaque chose enfin partagée Tout dans le couple va changer D’une manière irréversible. Le poète a toujours raison Qui voit plus haut que l’horizon Et le futur est son royaume Face aux autres générations Je déclare avec Aragon La femme est l’avenir de l’homme ». Dieu me garde d’oublier, en me noyant dans les yeux d’Elsa… et Nicolas Sarkozy, et la crise. Sur le premier, deux informations. Le FIGARO nous apprend que le 3 avril prochain le Président français et Barack Obama, se retrouvent ensemble sur les plages du débarquement. Seconde information, dans le PARISIEN, un sondage CSA, sur la cote de confiance du chef de l’Etat qui remonte de 3 points. Idem pour Fillon : plus 4… Il faut dire qu’un bonheur n’arrive jamais seul. L’éditorial du MONDE salve ce matin, la sagesse du chef de l’Etat. Oui… Oui, j’ai bien lu : Sage Sarkozy. Sage, d’avoir renvoyé à plus tard les réformes de la Commission Balladur. Touche pas à ma région, titre encore OUEST-FRANCE, à propos d’un problème éternel dans notre pays. Où commence la région, où finit la province ! Osons entrer dans l’avenir, dit François-Régis Hutin. La crise… Comment vous tenez bon, dans le PARISIEN. La crise, sans criser ose LIBE. Tandis que l’HUMA cite Rimbaud : « La seule chose insupportable, c’est que rien n’est supportable ».

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