Bonjour à toutes et à tous… La mort de Roger Gicquel nous rappelle le temps où la radio-télévision publique ne jouissait pas des libertés d’aujourd’hui. Il y avait un cordon ombilical entre le gouvernement et les responsables de l’Office de la Radiodiffusion Télévision Française, l’ORTF ! Beaucoup s’en inquiétaient, y compris Alain Peyrefitte, le ministre de l’information, qui proposa en 1964 au Chef de l’Etat de le couper, pour répondre à l’évolution de la société. Vous n’y pensez pas, lui répondit de Gaulle, vos journalistes ne s’intéressent qu’à ce qui est moche. Il nous faudrait des espèces de Michel Droit. Et puis couper le cordon, ça n’a jamais empêché les mères abusives ! C’est dans ce contexte qu’une génération de journalistes dut exercer, avant et après 68, un métier pour le moins difficile. Roger Gicquel qui fut steward sur UTA et comédien, avant de commencer une carrière de reporter en 1961, au Parisien Libéré, put le vérifier entre 68 et 73, à France Inter où il fut chargé de la revue de presse. Il y eut bien au début des années 1970, une évolution dans le traitement de l’information, mais le Président Pompidou entreprit de la retarder dans notre maison, comme à la télévision, sièges selon lui de la voix de la France. Entre 1973 et 1974, Roger Gicquel, déjà journaliste emblématique, comme le souligne ce matin le PARISIEN, fut nommé directeur de l’information à l’ORTF. Deux ans plus tard, il présente le 20 heures de TF1, où il adopta le style personnalisé qui faisait le succès des chaînes se télévisions américaines. « Il fut le premier à apporter l’émotion au JT », rappelle ce matin Philippe Gildas interviewé par le PARISIEN. « On était concurrents mais amis »… dit aussi Patrick Poivre d’Arvor. « Il avait le ton », souligne de son côté Michel Drucker, avant d’ajouter « qu’il ne séparait pas l’information du commentaire. Mieux, il la prenait à son compte ». Ce qui vaudra bien sûr à Roger Gicquel quelques déboires, avec la fameuse phrase, jetée à la une du journal télévisé lors de l’assassinat du petit Philippe Bertrand à Troyes : « La France a peur ». Les quotidiens dominicaux rappellent tous, ces quatre morts de trop, datés de 1976, d’un présentateur consciencieux, pourtant en phase avec l’émotion du public et des hommes politiques de l’époque… « Oui, la France a peur, et nous avons peur… » avait dit très précisément le bon confrère, mort hier à 77 ans des suites d’un accident cardiaque. Entre 87 et 94, Roger Gicquel était revenu ici à France Inter et il s’amusait volontiers du sketch devenu culte, qu’avait signé Coluche en 80. Sketch sur la publicité-télé dans lequel le comique trublion disait : « Quand il y a un avion qui s’écrase dans le monde… c’est toujours sur les pompes de Roger Gicquel ». Allez savoir si aujourd’hui, les animateurs pris par le temps raccourci de l’info et la multiplicité des catastrophes qui endeuillent la planète, ne sont pas contraints à plus d’indifférence et d’insensibilité. Et plus de variétés aussi. Tenez, hier samedi, le JOURNAL du DIMANCHE, mettait à la une de sa première édition, Simone Veil, symbole vivant de la libération de la femme. L’ancienne présidente du Parlement européen est toujours présente aujourd’hui dans le JDD, mais renvoyée en pages 14 et 15. Actualité oblige, et variétés aussi. C’est Olivia Ruiz et ses deux victoires de la musique hier, qui créent la surprise et figure donc en photo mouvante à la place de Madame Veil, à la une ! La MONTAGNE de Clermont-Ferrand n’échappe pas à ce mouvement vers l’instant de l’info… l’hyper présent. Je cite la manchette du journal dans lequel écrivait la grand Vialatte. Olivia Ruiz et Biolay… artistes de l’année. MIDI-LIBRE… s’en tient à Frêche mais remarque que Madame Hélène Mandraux revient sur l’actuel Président de région. OUEST-FRANCE, personnalise moins son édition dominicale, mais signale que les Côtes d’Armor ont vingt ans… Avant… c’étaient les Côtes du Nord… Quant à la PROVENCE, elle remarque sans trop d’émotion que les riches vivent au soleil : la preuve, 31.000 contribuables du Sud-Est paient l’impôt sur la fortune. Il revient enfin au COURRIER PICARD et au POPULAIRE du CENTRE de titrer sur la visite «rassurante » de Nicolas Sarkozy aux agriculteurs, du Salon de la Porte de Versailles. Salon qui ferme ses portes ce soir. Mention spéciale au MONDE daté dimanche-lundi… avec les pages qui méritent, qui que vous soyez, et quoi que vous pensiez, votre lecture attentive dès aujourd’hui. Je commence par la une, avec le dessin de Plantu où l’on voit l’Islande qui se noie dans sa dette face à un pingouin et deux ours blancs, surpris. Autant que nous quand nous avons appris, que par référendum, 200.000 Islandais ont dit non, au remboursement de la dette de 4 milliards de dollars aux banques anglaises et néerlandaises. En dernière page, Pierre Antoine Delhonnais se demande lui, si le capitalisme financier n’est pas macho et ce qui se serait passé, si la banque Lehman Brothers s’était appelée Lehman Sisters ! A lire aussi dans le MONDE… une (et vous me pardonnerez l’adjectif) une excellente interview de Monsieur Eric Besson. Et en première page… la Journée Internationale de la femme, que le MONDE anticipe de 24 heures. Je résume notre position avec une voix pour m’aider, celle de Julio Inglesias. « Vous les femmes, vous le charme Vos sourires nous attirent nous désarment Vous les anges, adorables Et nous sommes nous les hommes pauvres diables. Avec des milliers de roses on vous entoure On vous aime et sans le dire on vous le prouve On se croit très forts on pense vous connaître On vous dit toujours, vous répondez peut-être ».

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