Martin, Bertrand, Dominique et les autres...

Savez-vous quel est le nom de famille le plus porté dans l'Hexagone ? Ce n’est pas ‘Durand’. Ce n’est pas non plus ‘Dupont’ avec un ‘T’, ni même ‘Dupond’ avec un ‘D’, non : c’est ‘Martin’. La France compte aujourd'hui quelques 250.000 ‘Martin’. Viennent ensuite les ‘Bernard’, puis les ‘Thomas’, puis les ‘Petit’. ‘Durand’ et ‘Dupont’ ne sont pas dans le palmarès, sachant que cet engouement pour le patronyme ‘Martin’ dépasse en outre nos frontières, ainsi que nous l'explique Pascal Paillardet dans les colonnes de LA VIE. Il y a trois millions de ‘Martin’ en Espagne, 73.000 en Grande-Bretagne, près de 60.000 en Allemagne, et plusieurs milliers en Belgique, en Suisse, en Italie, ainsi qu'aux Pays-Bas. Mais comment cela s'explique-t-il ? Réponse d'une généalogiste : « Ce succès est indiscutablement lié à la figure de Saint-Martin, saint majeur de la chrétienté très populaire au Moyen-Âge, lorsque sont apparus les premiers patronymes. Quand les noms de famille ont été forgés, vers les douzième et treizième siècles, le tiers d'entre eux fut alors dérivé d'un prénom. » Martin, en premier lieu, et Bernard en second. Des noms de saints très populaires, qui étaient considérés comme des protecteurs de l'enfance.

Saint-Martin, que l'hebdomadaire catholique a choisi de mettre à sa Une cette semaine, avec une représentation qui le montre sur son cheval en train de découper son manteau d'officier, afin d'en offrir la moitié à un pauvre grelottant pied nus sur la route. C'était en 338, et à l'époque ledit Martin était soldat en garnison dans la ville d'Amiens... Et c'est la nuit suivante qu'il a vu, en songe, le Christ revêtu du même manteau et lui disant : « Ce que tu fais au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que tu le fais » , raconte l'Evangile. Plus tard, il vécut en ermite, après avoir passé des années à courir les villes et les campagnes pour évangéliser la Gaulle. L'année prochaine, les catholiques célèbreront le 1.700ème anniversaire de sa naissance. Mais ces festivités débuteront dès la semaine prochaine, à l'occasion de la saint Martin, avec une messe à Tour et une marche jusqu'à la basilique Saint-Martin.

La saint Martin, c'est le 11 novembre. Et la saint Bertrand, c'est le 6 septembre. Bertrand : nom de famille de la tête de liste du parti les Républicains des régionales dans le Nord. Xavier Bertrand, dont la campagne fait la Une de LA VOIX DU NORD, qui nous explique de quelle manière il fait payer ses colistiers. L'article est signé Bruno Renoul et Sébastien Leroy. Son titre : « Pour être éligible sur la liste de Xavier Bertrand, il faut avancer 7.000 euros. » 7000 euros : le montant forfaitaire de participation aux frais de campagne demandé par le directeur de campagne Gérald Darmanin. Et sur ce point, il ne transige pas : « S’il n’y a pas le chèque de 7.000 euros en face de votre signature, vous aurez beau être le roi de Chine, vous ne serez pas sur la liste » , a-t-il expliqué récemment lors d’une réunion interne… Une déclaration qui en a choqué plus d’un, rapportent mes confrères.

« Mettre un prix d’entrée, en soi ça ne me choque pas, mais 7.000 euros, c’est vraiment trop élevé » , explique ainsi un militants des Jeunes Républicains du Nord. « Pour plein de monde, poursuit-il, c’est impossible de sortir une telle somme. Gérald Darmanin a dit clairement que si tu ne peux pas payer, c’est ‘au revoir’. Mais avec ce principe, on aura aucun jeune ou presque en position éligible. » De fait, la liste déposée mercredi compte quelques jeunes pousses, mais elle fait surtout une large place aux élus déjà installés. Des élus qui ont donc accepté de sortir les 7.000 euros réclamés par le directeur de campagne de Xavier Bertrand…

Une autre liste continue par ailleurs de faire polémique : c’est celle déposée par Dominique Reynié, tête de liste ‘Les Républicains’ en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Une liste qui ne correspond pas à celle qui avait été validée par les instances du parti. Il en a notamment rayé deux noms, dont celui du secrétaire départemental du parti. « Reynié, gentleman emmerdeur » , titreLE PARISIEN, tandis que LIBERATION raconte comment « Reynié a braqué Sarkozy » . Désormais, l’ancien chef de l'Etat ne veut plus le prendre au téléphone et ses proches parlent d'une situation totalement surréaliste, d'un désastre pour la campagne. « S'il ne corrige pas sa copie, dit l'un d'eux, il sera abattu sans sommation, politiquement, humainement et financièrement. » Cependant, le politologue sera présent ce samedi, au conseil national du parti consacré au scrutin régional, un conseil qui doit ratifier les listes des candidats. Le jour de la saint Dominique, c'est le 8 août. N'empêche, aujourd’hui, ce devrait être sa fête.

De son côté,LE FIGARO rapporte que Nadine Morano assistait hier soir à sa dernière séance plénière au conseil régional de Lorraine. Sa dernière, car elle a donc été désinvestie par son parti de la liste qu'elle conduisait en Meurthe-et-Moselle. Hasard du calendrier : cette dernière séance tombait le jour de son anniversaire. « Et c'est vrai, confie-t-elle, que ce hasard me fait un petit pincement au cœur, mais j'ai reçu des tas de cadeaux, des fleurs, des chocolats, et même des mots doux... » On imagine que ces cadeaux et ces mots doux ne lui ont été remis que par ses amis de "race blanche"...

Et, puis, pour revenir d'un mot sur les régionales dans le Nord, CHALLENGE nous apprend que le socialiste Frédéric Cuvillier est persuadé qu'il arrivera à faire battre Marine Le Pen. Pourquoi ? Parce que le jour de l'élection, le 6 décembre, c'est celui de la saint Nicolas et que, ce jour-là, normalement, dit-il,« on célèbre la générosité, la solidarité et l'esprit de partage » L'esprit de partage, comme à la saint Martin.

Tous les journaux reviennent aussi sur l'annonce de Bernard Cazeneuve hier : réactiver le contrôle aux frontières à l'approche de la COP 21. C'est le dossier à la Une du LE PARISIEN : « La France renforce ses frontières » . Mais la mesure provoque le scepticisme dans les éditos. Ainsi, pour Raymond Couraud, dans L'ALSACE qui estime que « ce plan sécuritaire est surtout révélateur de la politique élyséenne. La réussite du sommet de la COP 21 est un objectif prioritaire qui doit servir à sauver la peau de l’ours polaire et celle d’un président électoralement en péril. Nul ne doit troubler ce raout planétaire. » De son côté, Didier Rose, dans sLES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE , estime, lui, que « restreindre la libre circulation va éveiller de nouvelles craintes. Sur l’espace Schengen. Celui-ci était censé ne pas accroître l’insécurité en Europe, écrit-il.Et voir la France se claquemurer est donc contradictoire et désarçonnant. Sauf pour les nationalistes, qui trouvera là une validation à leurs discours xénophobes. »

__

La COP 21 côté sécuritaire... Mais les journaux abordent aussi les questions de fond. Ainsi LIBERATION qui propose tout un dossier pour « expliquer le climat aux enfants » . En l’occurrence, le quotidien nous propose une série de livres. Des livres à destination d’un jeune public, qui détaillent pourquoi, et de quelle manière protéger notre environnement.

On peut, par ailleurs, les inciter à feuilleter le dernier numéro du mensuel ALTERNATIVES ECONOMIQUES . Certes, c'est une lecture un petit peu pointue, mais le papier consacré au Bengladesh est tout à fait à leur portée... Le Bengladesh, l'un des pays les plus pauvres du monde, et dans le même temps l'un des pays les plus exposés au dérèglement climatique. Au Nord, il subit la fonte des glaces de l'Himalaya. Au sud, il fait face à la montée des eaux de l'Océan Indien. Sachant qu'une bonne moitié de la population vit à moins d'une centaine de kilomètres des côtes, où frappent des cyclones de plus en plus violents... Il faut donc construire tout à la fois des digues et des logements plus résistants, et pour ça, il faut de l’argent. Mais ce sont uniquement les plus fortunés qui ont les moyens de se payer des habitations "en dur". Conséquence : les victimes des catastrophes climatiques, ce sont donc avant tout les plus pauvres des pauvres.

Pour sensibiliser les jeunes, on peut également leur glisser à l'oreille cette phrase de Geronimo, le célèbre guerrier apache : « Quand les forêts, le ciel et la mer seront vides, on se rendra compte que l'argent ne se mange pas. » Je répète parce que c'est formidablement bien dit : « Quand les forêts, le ciel et la mer seront vides, on se rendra compte que l'argent ne se mange pas. » Citation piochée dans les colonnes de SOCIETY , au cœur d'une réjouissante interview donnée par l'acteur Pierre Richard, lequel confie qu'il est tout bonnement terrifié par la disparition des forêts de l'Amazonie.

Les forêts, c'est d'ailleurs le thème du dossier de MON QUOTIDIEN, le journal des 10-14 ans qui, ce matin, se fait l'écho de cette invention étonnante : un livre qui, quand on le plante, se transforme ensuite en arbre. Pour fabriquer des livres, on sait qu'il faut des arbres. Juste retour des choses et retour à la terre : cette fois, ce sont les livres qui deviennent des arbres. C'est une initiative d'une maison d'édition située en Argentine dont le responsable explique : « Nous voulions rappeler aux enfants que la lecture est très utile pour apprendre de nouvelles choses, et leur dire aussi qu'ils pouvaient agir eux-mêmes pour protéger l'environnement. » D'où l'invention de ce bouquin qui raconte l'histoire d'un petit garçon qui part à l'aventure dans la forêt. Son titre, c'est « Mon père était dans la jungle » . Un livre qui, une fois planté, se détruit peu à peu et libère des graines placées à l'intérieur. Lesquelles donnent ensuite des arbres. Peut-être dès la saint Martin.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.