Bonjour à tous… Je devrais dire à toutes, puisque Demain sera féminin ! - C’est à une femme que l’on doit ce slogan très prémonitoire des mouvements de l’opinion en direction du sexe prétendu faible : Madame Nathalie Rastoin, directrice de l’agence de publicité Ogilvy, dont les clients s’appellent : IBM, Motorola, les Caisses d’Epargne, les salades Bonduelle, et les piles Duracell, dont on connaît les petits lapins frénétiques ! Le Point consacre une pleine page ce matin, à Madame Rastoin, qui inventa, autrefois pour « Les 3 Suisses », le fameux slogan : Demain sera féminin ! Aujourd’hui, la directrice de l’agence Ogilvy assure le planning stratégique de la candidate du Parti socialiste. C’est elle, assure Emanuel Beretta qui fournit les idées les plus originales de la méthode « Ségolène Royal ». Il faut dire, explique mon confrère du Point que Madame Rastoin est une businesse-woman de 46 ans, très intuitive, bosseuse, et capable de disséquer mille dossiers d’enquêtes prospectives, sur les attentes, les fameuses attentes des français. « En 80 dit-elle, la publicité était une façon de s’intéresser à la société… C’était l’époque des premières études, sur le style de vie, de nos concitoyens. Aujourd’hui, dans les enquêtes d’opinion, on trouve cent pistes de réflexion conduisant, pouvant mener à une citoyenneté active. Je ne suis pas au Parti socialiste, confie encore le coach de Madame Royal, je n’ai pas ma carte de militante, mais je suis une social-démocrate qui croit à la société civile. » Il n’empêche précise Le Point, que Nathalie Rastoin, n’est pas tout à fait novice en politique. En 1989, elle conseillait déjà Madame Frédérique Bredin, lancée alors, et victorieusement à la conquête de la maire de Fécamp. C’est dans son sillage, qu’elle fit la connaissance de François Hollande et sympathisa, non seulement avec Ségolène Royal, mais aussi avec un groupe de publicitaires amis du Parti socialiste, dont Monsieur Christophe Lambert, passé aujourd’hui, chez Nicolas Sarkozy ! Pour le reste, conclut Le Point, on peut dire, que l’inspiratrice de Madame Royal est tombée toute petite dans la politique. En effet qui ignore à Marseille la dynastie des Rastoin. Le grand-père Edouard, polytechnicien et dernier grand fabricant d’huiles du port phocéen. Et Gilbert, le père, énarque conseiller référendaire à la Cour des Comptes et grand commis de l’Etat, auquel on doit notre Institut national de la Consommation. Et aussi la beauté de Marseille, qu’il a su préserver par un long combat des appétits immobiliers ! Bref, bon sang ne saurait mentir… Même si Gilbert Rastoin le papa de Nathalie, coach de Madame Royal, soucieux comme elle d’urbanisme démocratique était membre du RPR ! Mais foin des étiquettes, puisque « Demain sera féminin ! » Et quand je dis demain, c’est une façon de parler puisque si vous vous arrêtez, comme moi, au Kiosque-relais de la Gare Montparnasse, vous aurez dès aujourd’hui à la seule contemplation du présentoir de presse, un sacré choc ! Couverture du Point… « Ségolène Royal, les secrets d’un hold-up ». Couverture de Paris-Match, Ségolène Royal, l’irrésistible ascension ! Couverture de VSD : Ségolène Royal, face aux épreuves ! Heureusement, que l’Express tranche, avec les secrets de jeunesse de Nicolas Sarkozy qu’on voit très 68, avec des cheveux, joli garçon, charmant… et Gala, avec le sourire de la princesse Letizia, enceinte une deuxième fois ! Et puisque j’y suis, sachez que Laure Manaudu est en couverture de l’Equipe Magazine, et qu’elle fête ses vingt ans sur un rêve exprimé dans France-Soir, « J’ai envie d’avoir un enfant. » Ca doit être possible… Sachez aussi, que Boris Cyrulnik, nous apprend tout dans le Nouvel Observateur sur ce qu’il convient de faire pour être heureux, tandis que Le Figaro Magazine interroge opportunément : « Le cerveau a-t-il un sexe ! » Juste au-dessus d’ailleurs de cette question du « Fig-Mag » en surtitre, cette information puisée dans les dernières enquêtes d’opinion… « Ségolène Royal est en baisse de 7 points. » Encore faut-il donner honnêtement l’étiage des amours et des désamours pour tout le monde. Madame Royal est étalonnée à 52, au lieu de 59 ! Monsieur Sarkozy est à 50 (moins 3) devant Jean-Louis Borloo à 42, et Michèle Alliot-Marie à 35. Villepin à 29, gagne quatre points, derrière François Bayrou, à 32. A gauche, c’est Bernard Kouchner qui tient le mieux à 43, devant Jack Lang à 36 mais en baisse de 4 points… Delanoë est à 33, DSK à 29, et Laurent Fabius à 16. Tout ça, ça a l’air d’une feuille de température. Mais je me demande si les derniers cités doivent s’émouvoir quand on sait qu’il reste 7 mois à couvrir avant l’élection présidentielle… à couvrir et à courir… Et quand on connaît les dangers de la surexposition médiatique. La lumière de la télé, ça vous éclaire un visage, mais ça brûle aussi et ça consume quelquefois les lucioles qui s’approchent un peu trop de la lampe cathodique. Claude Imbert en parle très bien justement dans son éditorial du Point, quand il écrit ceci… « Dociles à leur plan média, ou mis à nu sur commande, nos champions politiques ne circulent plus que dans un flux d’images. Images de leur fonction, de leur quant-à-soi, de leur intimité, de leurs amours ! Blogs – et bientôt vidéo-blogs – où s’épanche leur ego. Bref, surexposés ! Une certaine idée ombreuse du pouvoir, poursuit Imbert, de ses rouages secrets, de ses mécanismes cachés se dissipe sous les projecteurs étincelants. Notre œil n’a pas encore accommodé le changement. Un sacré changement ! Car c’est bel et bien notre démocratie qui change. Avec ses bataillons de sondages et son carrousel médiatique, une démocratie dite d’opinion investit notre espace public, notre démocratie dite représentative, ses partis, son parlement, ses notables font le dos rond sous les injonctions de l’opinion et s’affolent de ses emballements, de ses fringales. Et Claude Imbert de conclure : « C’est que notre « système » n’a pas encore trouvé dans ses institutions, dans ses mœurs et chez des acteurs d’une autre trempe ce qui adapterait le théâtre politique à cette nouvelle arène. » L’article est intitulé : « L’opinion et ses fringales »… Le sujet avait inquiété « Marianne » la semaine passée… Danger écrivait l’hebdo de Jean-François Kahn, danger, on manipule l’information. Cette semaine, c’est l’hebdomadaire chrétien La Vie, qui titre : « La télévision joue le spectacle, mais où est donc passé le débat politique ? » On le trouve encore au Kiosque dans certains journaux, sous certaines plumes, comme à la radio bien sûr. Tenez, lisez plutôt, dans La Croix, la splendide chronique de Bruno Frappat sur le mur… Le mur que les Etats-Unis, vont construire, à la frontière du Mexique. Frappat, l’évoque et il évoque aussi tous les murs de l’Histoire, les grands, les petits, et la façon qu’ont toujours eu les peuples de passer, par-dessus, dessous, de les contourner. Depuis la muraille de Chine, jusqu’aux nôtres, les petits murs à Cachan ou ailleurs. Murs de pierre, murs de mots, murs de haine et de mépris, murs de slogans… Parler, parler, écrit Bruno Frappat… Mais comment se parler, si l’on ne s’écoute pas ? Comment parler si on n’a même plus le droit de « l’ouvrir », si complexe que soit le sujet ? Comment expliquer aux générations qui montent que l’on a tout à gagner à entendre un point de vue différent du sien et que c’est même un enrichissement ? La parole de l’autre, souvent, vous modifie, vous déstabilise positivement, vous fait découvrir de nouvelles échappées, à l’écart de vos certitudes. Mais non, mais non. Et voici sa conclusion : « la télévision est là, avec ces incessants « talk-shows » nocturnes à vous gâter l’intelligence, à laisser n’importe quel terroriste du verbe faire exploser ses bombinettes à fragmentations verbales et vous n’avez que le droit de subir ou d’appuyer sur le bouton « Arrêt ». Demain sera féminin… hier… l’était déjà Pierre Weill… Eh oui, moi je me souviens des femmes avec lesquelles on dansait sur la musique de Claude Luther… Je l’ai connu au Slow club, rue de Rivoli. C’était dans une cave et les femmes étaient tellement belles.

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